> Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)

ISBN : 2742771476
Éditeur : Actes Sud (2007)


Note moyenne : 3.53/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
15 août 1945, la défaite du Japon est consommée.
Au quartier général des forces armées de Kyushu, l'île du Sud-Ouest de l'archipel, ordre est donné par l'état-major d'abattre les derniers américains prisonniers. L'officier Takuya Kiyohara, fidèle à sa hiérarchie,... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par BMR, le 08 juillet 2010

    BMR
    Fin 1945, au lendemain de la reddition de l'Empereur du Pays du Soleil Levant : les cendres des villes japonaises pilonnées pendant plus d'un an par les américains sont encore tièdes, l'écho des deux bombes atomiques résonne encore.
    À peine descendus de leurs bombardiers B-29 dans lesquels ils écoutaient du jazz en rasant les plus grandes villes de l'archipel et décimant les populations civiles, les américains entament une série de procès contre les "criminels de guerre" japonais.
    Les gradés se suicident à la chaîne pour échapper à la honte d'une arrestation par les vainqueurs arrogants.
    Ancien officier de la défense anti-aérienne, Takuya vient d'être démobilisé. Lui-même a décapité, sur ordre, un aviateur US tombé de son bombardier.
    Soucieux d'échapper à une condamnation (et certainement à une pendaison), il abandonne maison et famille et prend la fuite à travers le pays ravagé, en proie à la famine.
    De son écriture minimale et distanciée, Akira Ysohimura décortique avec une précision chirurgicale les absurdités de la guerre et les états d'âme de la population japonaise, l'arrogance des vainqueurs et l'humiliation des vaincus.
    Derrière sa prose d'apparence lisse et mesurée, on devine les failles laissées par ces terribles événements.
    Mais Akira Yoshimura est trop fin pour se contenter de fustiger l'arrogance des armées d'occupation. Ce n'est pas son but et il ne défend pas de thèse : dans le même chapitre où il se demande si les américains considéraient les japonais vraiment comme des êtres humains pour oser ces bombardements massifs, il rapporte le sort réservé aux malheureux parachutés, jusqu'à la vivisection pratiquée par les médecins militaires nippons curieux de découvrir les secrets de ces grands gaillards blonds.
    Chacun lira donc ces pages avec ses propres yeux, qui ne sont pas japonais.
    Même la relecture (on avait découvert cette Guerre des jours lointains, il y a quatre ans) semble apporter un éclairage encore différent.
    Pour notre part, on y a redécouvert l'ingéniosité des militaires américains, toujours prompts à inventer de nouvelles stratégies guerrières quelque soit l'époque et le lieu : après les premiers essais à Dresde et Hambourg, le Japon eut droit à l'extermination massive de ses villes et de sa population civile, jusqu'à la solution finale avec Little Boy et Fat Man.
    Poursuivi par ces horreurs et la crainte de la police militaire, Takuya parcourt son pays ravagé, en plein désarroi, en pleine famine aussi puisque même le riz est devenu une denrée rare.
    Dans cet ouvrage tout comme dans Naufrages, Akira Yoshimura démontre encore une fois sa maîtrise d'une langue sobre et sèche qui convient parfaitement à cette histoire sombre, aux relents de fin du monde.
    Yoshimura a rédigé là un devoir de mémoire : ce qui doit être dit (et écrit) avant d'autoriser l'oubli.
    Un livre où l'on découvre la guerre du côté des perdants.

    Lien : http://bmr-mam.over-blog.com/article-bouquin-la-guerre-des-jours-533..
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par monito, le 07 septembre 2009

    monito
    La littérature japonaise contemporaine est souvent l'expression de la trace indélébile du dernier conflit mondial et notamment des 6 et 9 août 1945. YOSHIMURA ne fait pas exception, toutefois sa Guerre des jours lointains, au-delà d'une longue description des bombardements américains jusqu'à la reddition nippone, pose de nombreuses questions.
    Elle pose la question de la culpabilité. Elle pose la question de la proportionnalité d'un acte meurtrier : vit-on mieux, est-il plus grave de tuer consciemment, de ses mains, un homme ou de larguer aveuglement des bombes qui en tuent plusieurs centaines à la fois ?
    La fuite du héros jusqu'à son jugement et sa sortie de prison ne font pas l'objet d'émotion outrancière, c'est toute la force de l'ouvrage, une certaine distance, même du héros vis à vis de lui-même.
    Assez noir, ce roman laisse planer l'espoir par une végétation renaissante. Il montre aussi la rapidité avec laquelle l'Homme oublie et passe à autre chose. Les nouvelles habitudes de vie des Japonais de par l'occupation américaine est symptomatique, parfois même douloureux. La description d'un Japon d'après guerre est utile pour des occidentaux qui connaissent mal l'Asie.
    Ce roman donne une vision sobre et franche du Japon et souligne également que quel que soit le camp auquel on appartient, la guerre ne finit jamais vraiment tant son souvenir est prégnant. Un beau roman.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par syrilnicolas, le 12 janvier 2012

    syrilnicolas
    C'est l'histoire d'une fin de guerre. Nous sommes au Japon, en 1945. Takuya est militaire. Il est coordinateur des informations liées à la surveillance aérienne. Il passe ses journées à scruter ses écrans de contrôle. Parmi les nuées d'avions américains qui obscurcissent le ciel, des bombardiers sont abattus. Les soldats sont faits prisonniers. Premier choc culturel pour Takuya qui rencontre ses ennemis.
    Sur ses écrans, deux points minuscules apparaissent. Ce sont des B29 qui transportent LA bombe au-dessus d'Hiroshima et de Nagasaki.
    L'empereur du Japon annonce la capitulation du pays. Dans l'urgence, la décision tombe : les prisonniers américains seront exécutés. Takuya, rongé par la haine, se porte volontaire et commet ce que les tribunaux d'occupation qualifieront de crime de guerre.
    Il sera alors obligé de fuir dans un Japon d'immédiate après-guerre plongé dans l'abattement, la misère et l'humiliation.
    Superbement bien écrit, c'est une photographie de l'intérieur d'un pays vaincu. Famine, maladie, pauvreté, de nombreux fléaux balayent ce Japon que se pensait invincible. L'histoire est toujours écrite par les vainqueurs. Pour une fois, le lecteur peut passer de l'autre côté.
    N'excusant ni n'accablant aucun camp, Akira Yoshimura raconte cette courte période entre l'effondrement d'une nation, de son peuple et sa renaissance. La fuite en avant de Takuya nous emmène au plus profond de l'âme japonaise, de sa survie, de ses forces et de ses faiblesses. de cette âme à jamais marquée par deux journées d'août 1945 où le ciel a pris feu.
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    • Livres 3.00/5
    Par Anassete, le 20 avril 2011

    Anassete
    A lire davantage comme un roman mémorial qu'un roman cathartique. Comme d'autres l'ont déjà dit, le style qui ressort de ce livre est chirurgical (donc on connaît chaque mouvement aérien des américains et chaque frappe) mais aussi froid.
    Écrire sur une telle période demande toujours de la distance, il faut donc en tenir compte si on veut se lancer dans cette lecture. Cela ne va pas dire pour autant qu'on ne ressent aucune émotion à la lecture, attention !
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Citations et extraits

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  • Par BMR, le 08 juillet 2010

    [...] Soudain, il se demanda comment vivaient les officiers américains. Pour la plupart, ils étaient sans doute déjà rentrés au pays, où ils devaient recevoir les honneurs de la victoire. Peut-être que, de retour dans leur village, ils avaient été serrés dans les bras de la population et portés en triomphe jusque chez eux. Beaucoup parmi eux avaient sans doute été décorés pour avoir tué un grand nombre de soldats dans les combats. Lui, il avait tué un soldat américain. Un grand jeune homme blond qui avait participé aux bombardements incendiaires sur les villes japonaises, précipitant dans la mort un nombre impressionnant de vieillards, de femmes et d'enfants. Son acte de tuer cet homme lui aurait peut-être valu une décoration à la fin de la guerre en cas de victoire, mais dans le cas présent, il le plaçait en position de se retrouver la corde au cou. [...] Il avait du mal à accepter ce paradoxe.
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  • Par BMR, le 08 juillet 2010

    [...] Il avait souvent entendu dire que telle ou telle ville avait été détruite par les bombes incendiaires, mais le spectacle horrible auquel il était confronté dépassait de loin tout ce qu'il aurait pu imaginer. Les flammes innombrables se pressaient en une immense déferlante en pleine tempête sur une mer démontée. Son visage était chaud comme s'il avait été brûlé.
    La fumée qui arrivait lui faisait mal aux yeux. Il n'y avait ni installations militaires, ni usines d'armements en ville, l'escadron de B-29 avait largué ses bombes incendiaires avant de repartir en sens inverse dans l'unique but de réduire en cendres les habitations et de massacrer les habitants. Il réalisa que la scène qu'il avait sous les yeux s'était répétée dans un certains nombre de villes de toutes les régions du Japon, précipitant de nombreux civils dans la mort.
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  • Par BMR, le 08 juillet 2010

    [...] Takuya avait imaginé la silhouette de l'homme à l'intérieur de son bombardier, en train de se balancer sur un rythme de jazz. L'ennemi était inexcusable. Il fallait lui enlever la vie en contrepartie de ses nombreuses victimes.
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