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Étiemble (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070300110
Éditeur : Gallimard (1966)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 126 notes)
Résumé :
Ce poème s'appelle « Roman » : c'est qu'il est un roman, au sens ancien du mot, au sens des romans médiévaux ; et surtout parce que, malgré le caractère autobiographique, ce poème est plus que le récit - journal ou mémoires - de la vie de l'auteur, un roman qui en est tiré. Il faut le lire dans le contexte de l'œuvre d'Aragon. Il s'agissait ici d'éviter les redites : on n'y trouvera pas le côté politique des Yeux et la Mémoire ou les heures de la Résistance de La Di... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
michfred
michfred20 mai 2015
  • Livres 4.00/5
Le Roman inachevé a le goût des chansons qu'on fredonne, des vers qu'on se récite à mi-voix comme pour bercer un enfant..On y revoit les deux guerres et la main salvatrice d'Elsa qui hisse le poète vers la vie...Aragon est notre dernier poète populaire.
Les vers , souvent, s'accrochent à une mélodie de Ferré, à une voix connue, Ferré, toujours, mais aussi Ferrat et Montand...Aragon a accompagné nos rêves, nos luttes, nos regrets..
L'homme s'est souvent trompé, et n'a pas toujours eu la lucidité ou le courage de ses compagnons de route ou de ses frères en poésie - il faut relire Signoret ou Claude Roy...- mais j'oublie toute ses petites et grandes faiblesses quand je lis "La guerre et ce qui s'en suit ", "le front aux vitres..." ou quand je chantonne "Un jour, un jour":
Un jour, pourtant, un jour viendra
Couleur d'orange,
Un jour de palme, un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue, où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche..
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Tempuslegendae
Tempuslegendae21 mars 2013
  • Livres 5.00/5
Dans «Je n'ai jamais appris à lire», Louis ARAGON affirme au regard de sa création romanesque: «Mes romans, je les ai lus», soulignant de ce fait une transparence du “je” de l'écrivain, à quoi fait écho une autre litanie dans «Blanche ou l'Oubli»: «Je ne suis que parole de Marie-Noire, “Marie-Noire m'imagine”. Mais c'est une façon de dire que ce “je” n'existe que dans le langage poétique moderne. Attention: cette idée n'appartient qu'à moi, elle est donc opposable.
ARAGON est bien plus qu'écrivain puisqu'il est poète. Comprendre ceci reviendrait presque à suivre la courbe de sa personnalité, celle de son oeuvre journalistique, romanesque et poétique. Il faudrait la tresser avec toute l'histoire de la littérature du XXème, notamment avec tous ses enthousiasmes. Toute l'oeuvre du poète semble venir peu à peu de son «jaillissement» naturel et lyrique, de l'ivresse de l'analyse qu'il porte gratuitement aux oeuvres qui l'entourent.
Dans «son roman inachevé», ARAGON se révèle de façon très personnelle (la ponctuation y est absente, car peut-être inutile):
«Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
Á quoi bon puisque c'est encore
Moi qui me traine et m'éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j'ai cru trouver un pays
Coeur léger coeur changeant coeur lourd
Le temps de rêver est bien court
Que faut-il faire de mes jours
Que faut-il faire de mes nuits
Je n'avais amour ni demeure
Nulle part où je vive ou meure
Je passais comme la rumeur
Je m'endormais comme le bruit…»
Une volonté lucide de décrire, avec des mots simples, des situations complexes et des rapports subtils d'idées, rend sa prose lointaine, au rythme souple, varié, aux efflorescences baroques. Parfois, j'ai l'impression de lire du Sartre. Or cette prose dense, compacte, obstinée, presque indisciplinée, est bien celle d'ARAGON. Ne nous y trompons pas!
Nous avons face à nous un poète qui ne se définit jamais dans le présent, il évolue sans cesse; il parle d'avenir. Grâce à quoi le devenir de l'homme est loin d'être la prolongation d'une ligne abstraite et continue, mais "l'imaginaire de nos désirs et leur violence". D'ailleurs, il le dit dans «Blanche ou l'Oubli»: «Ce que nous cherchons est tout».
Non, la poésie ne s'éteindra pas.
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Away--x
Away--x08 octobre 2014
  • Livres 3.00/5
Ce recueil-ci contient énormément de poèmes parlant de la guerre.
Disons tout simplement qu'ils m'ont (beaucoup) moins touchée que les habituels poèmes adressés à Elsa. Je suis venue à bout du livre en me forçant un peu.
Challenge ABC 2014/2015
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Moan
Moan03 avril 2012
  • Livres 4.00/5
Les poèmes d'amour d'Aragon à Elsa sont tout simplement magnifiques!!!!
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lecteur84
lecteur8409 avril 2014
  • Livres 4.00/5
le passé et le souvenir traine au début du receuil comme un regret une pensée triste,puis l'amour y entre...et on se laisse porter
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Citations & extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
MoovanseMoovanse14 juillet 2015
Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes

Ni l'orgue ni la prière aux agonisants

Onze ans déjà que cela passe vite onze ans

Vous vous étiez servi simplement de vos armes

La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes

Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants

L'affiche qui semblait une tache de sang

Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles

Y cherchait un effet de peur sur les passants



Nul ne semblait vous voir français de préférence

Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant

Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants

Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE

Et les mornes matins en étaient différents



Tout avait la couleur uniforme du givre

À la fin février pour vos derniers moments

Et c'est alors que l'un de vous dit calmement

Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre

Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand



Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses

Adieu la vie adieu la lumière et le vent

Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent

Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses

Quand tout sera fini plus tard en Erivan



Un grand soleil d'hiver éclaire la colline

Que la nature est belle et que le cœur me fend

La justice viendra sur nos pas triomphants

Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline

Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant



Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent

Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps

Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant

Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir

Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.







Strophes pour se souvenir (Le Roman Inachevé)





"72 ans après la disparition des membres du groupe Manouchian, il est plus que jamais essentiel de garder vivante leur mémoire. A travers leur courage, leur humanisme, leur espoir sans faille en un avenir meilleur ou encore leur lutte contre la haine et le fascisme, ils ont œuvré pour la paix. Arméniens, espagnols, italiens, roumains, hongrois, polonais ou encore français, ces hommes et ces femmes ont su unir leur force au service l’émancipation humaine. Combattants de la liberté et de la fraternité, ils incarneront à jamais le visage de la Résistance."



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Philippe-rodolphePhilippe-rodolphe05 septembre 2012
EST-CE AINSI QUE LES HOMMES VIVENT





Tout est affaire de décor

Changer de lit changer de corps

À quoi bon puisque c'est encore

Moi qui moi-même me trahis

Moi qui me traîne et m'éparpille

Et mon ombre se déshabille

Dans les bras semblables des filles

Où j'ai cru trouver un pays.



Coeur léger coeur changeant coeur lourd

Le temps de rêver est bien court

Que faut-il faire de mes nuits

Que faut-il faire de mes jours

Je n'avais amour ni demeure

Nulle part où je vive ou meure

Je passais comme la rumeur

Je m'endormais comme le bruit.



C'était un temps déraisonnable

On avait mis les morts à table

On faisait des châteaux de sable

On prenait les loups pour des chiens

Tout changeait de pôle et d'épaule

La pièce était-elle ou non drôle

Moi si j'y tenais mal mon rôle

C'était de n'y comprendre rien



Est-ce ainsi que les hommes vivent

Et leurs baisers au loin les suivent



Dans le quartier Hohenzollern

Entre La Sarre et les casernes

Comme les fleurs de la luzerne

Fleurissaient les seins de Lola

Elle avait un coeur d'hirondelle

Sur le canapé du bordel

Je venais m'allonger près d'elle

Dans les hoquets du pianola.



Le ciel était gris de nuages

Il y volait des oies sauvages

Qui criaient la mort au passage

Au-dessus des maisons des quais

Je les voyais par la fenêtre

Leur chant triste entrait dans mon être

Et je croyais y reconnaître

Du Rainer Maria Rilke.



Est-ce ainsi que les hommes vivent

Et leurs baisers au loin les suivent.



Elle était brune elle était blanche

Ses cheveux tombaient sur ses hanches

Et la semaine et le dimanche

Elle ouvrait à tous ses bras nus

Elle avait des yeux de faïence

Elle travaillait avec vaillance

Pour un artilleur de Mayence

Qui n'en est jamais revenu.



Il est d'autres soldats en ville

Et la nuit montent les civils

Remets du rimmel à tes cils

Lola qui t'en iras bientôt

Encore un verre de liqueur

Ce fut en avril à cinq heures

Au petit jour que dans ton coeur

Un dragon plongea son couteau



Est-ce ainsi que les hommes vivent

Et leurs baisers au loin les suivent.
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mariecesttoutmariecesttout19 avril 2014
Je traîne après moi trop d'échecs et de mécomptes

J'ai la méchanceté d'un homme qui se noie

Toute l'amertume de la mer me remonte

Il me faut me prouver toujours je ne sais quoi

Et tant pis qui j'écrase et tant pis qui je broie

Il me faut prendre ma revanche sur la honte



Ne puis je donner de la douleur Tourmenter

N'ai je pas à mon tour le droit d'être féroce

N'ai je pas à mon tour droit à la cruauté

Ah faire un mal pareil aux brisures de l'os

Ne puis je avoir sur autrui ce pouvoir atroce

N'ai je pas assez souffert assez sangloté



Je suis le prisonnier des choses interdites

Le fait qu'elles le soient me jette à leurs marais

Toute ma liberté quand je vois ses limites

Tient à ce pas de plus qui la démontrerait

Et c'est comme à la guerre il faut que je sois prêt

D'aller où le défi de l'ennemi m'invite



Toute idée a besoin pour moi d'un contrepied

Je ne puis supporter les vérités admises

Je remets l'évidence elle même en chantier

Je refuse midi quand il sonne à l'église

Et si j'entends en lui des paroles apprises

Je déchire mon coeur de mes mains sans pitié



Je ne sais plus dormir lorsque les autres dorment

Et tout ce que je pense est dans mon insomnie

Une ombre gigantesque au mur où se déforme

Le monde tel qu'il est que follement je nie

Mes rêves éveillés semblent des Saint Denis

Qui la tête à la main marchent contre la norme



Inexorablement je porte mon passé

Ce que je fus demeure à jamais mon partage

C'est comme si les mots pensés ou prononcés

Exerçaient pour toujours un pouvoir de chantage

Qui leur donne sur moi ce terrible avantage

Que je ne puisse pas de la main les chasser



Cette cage des mots il faudra que j'en sorte

Et j'ai le coeur en sang d'en chercher la sortie

Ce monde blanc et noir où donc en est la porte

Je brûle à ses barreaux mes doigts comme aux orties

Je bats avec mes poings ces murs qui m'ont menti

Des mots des mots autour de ma jeunesse morte



+ Lire la suite
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mariecesttoutmariecesttout06 mars 2008
Les mots qui ne sont pas d'amour



Il est inutile de geindre

Si l'on acquiert comme il convient

Le sentiment de n'être rien

Mais j'ai mis longtemps pour l'atteindre



on se refuse longuement

De n'être rien pour qui l'on aime

Pour autrui rien par soi-même

Ca vous prend on ne sait comment



On se met à mieux voir le monde

Et peu à peu ça monte en vous

Il fallait bien qu'on se l'avoue

Ne serait-ce qu'une seconde



Une seconde et pour la vie

Pour tout le temps qui vous demeure

Plu n'importe qu'on vive ou meure

Si vivre et mourir n'ont servi



soudain la vapeur se renverse

Toi qui croyais faire la loi

Tout existe et bouge sans toi

Tes beaux nuages se dispersent



Tes monstres n'ont pas triomphé

Le chant ne remue pas les pierres

Il est la voix de la matière

Il n'y a que des faux Orphée



L'effet qui formerat la cause

Est pure imagination

Renonce à la création

Le mot ne vient qu'après la chose



Et pas plus l'amour ne se crée

Et pas plus l'amour ne se force

Aucun dieu n'est pris sous l'écorce

Qu'il t'appartienne délivrer



Ce ne sont pas les mots d'amour

Qui détournent les tragédies

Ce ne sont pas les mots qu'on dit

Qui changent la face des jours



Le malheur où te voilà pris

Ne se règle pas au détail

Il est l'objet d'une bataille

Dont tu ne peux payer le prix



Apprends qu'elle n'est pas la tienne

Mai bien la peine de chacun

Jette ton coeur au feu commun

Qu'est-il de tel que tu y tiennes



Seulement qu'il donne une flamme

Comme une rose du rosier

Mêlée aux flammes du brasier

Pour l'amour de l'homme et la femme



Va Prends leur min Prends le chemin

Qui te mène au bout du voyage

Et c'est la fin du moyen âge

Pour l'homme et la femme demain



Cela fait trop longtemps que ça dure

Le Saint-Empire des nuées

Ah sache au moins contribuer

A rendre le ciel moins obscur



Qui sont ces gens sur les coteaux

Qu'on voit tirer contre la grêle

Mais va partager leur querelle

Qu'il ne pleuve plus de couteaux



Peux-tu lisser le feu
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OrpheaOrphea13 novembre 2011
Que serais-je sans toi qui vint à ma rencontre.

Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant.

Que cette heure arrêtée au cadran de la montre.

Que serais-je sans toi que ce balbutiement.



J'ai tout appris de toi sur les choses humaines.

Et j'ai vu désormais le monde à ta façon.

J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines

Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines.

Comme au passant qui chante, on reprend sa chanson.

J'ai tout appris de toi jusqu'au sens de frisson.



J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne.

Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu

Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne.

Tu m'as pris par la main, dans cet enfer moderne

Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux.

Tu m'as pris par la main comme un amant heureux.



Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes.

N'est-ce pas un sanglot que la déconvenue

Une corde brisée aux doigts du guitariste

Et pourtant je vous dis que le bonheur existe.

Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.

Terre, terre, voici ses rades inconnues.
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