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ISBN : 2070300110
Éditeur : Gallimard (1966)


Note moyenne : 3.97/5 (sur 79 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Ce poème s'appelle « Roman » : c'est qu'il est un roman, au sens ancien du mot, au sens des romans médiévaux ; et surtout parce que, malgré le caractère autobiographique, ce poème est plus que le récit - journal ou mémoires - de la vie de l'auteur, un roman qui en est ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Tempuslegendae, le 21 mars 2013

    Tempuslegendae
    Dans «Je n'ai jamais appris à lire», Louis ARAGON affirme au regard de sa création romanesque: «Mes romans, je les ai lus», soulignant de ce fait une transparence du “je” de l'écrivain, à quoi fait écho une autre litanie dans «Blanche ou l'oubli»: «Je ne suis que parole de Marie-Noire, “Marie-Noire m'imagine”. Mais c'est une façon de dire que ce “je” n'existe que dans le langage poétique moderne. Attention: cette idée n'appartient qu'à moi, elle est donc opposable.
    ARAGON est bien plus qu'écrivain puisqu'il est poète. Comprendre ceci reviendrait presque à suivre la courbe de sa personnalité, celle de son œuvre journalistique, romanesque et poétique. Il faudrait la tresser avec toute l'histoire de la littérature du XXème, notamment avec tous ses enthousiasmes. Toute l'œuvre du poète semble venir peu à peu de son «jaillissement» naturel et lyrique, de l'ivresse de l'analyse qu'il porte gratuitement aux œuvres qui l'entourent.
    Dans «son roman inachevé», ARAGON se révèle de façon très personnelle (la ponctuation y est absente, car peut-être inutile):
    «Tout est affaire de décor
    Changer de lit changer de corps
    Á quoi bon puisque c'est encore
    Moi qui me traine et m'éparpille
    Et mon ombre se déshabille
    Dans les bras semblables des filles
    Où j'ai cru trouver un pays
    Cœur léger cœur changeant cœur lourd
    Le temps de rêver est bien court
    Que faut-il faire de mes jours
    Que faut-il faire de mes nuits
    Je n'avais amour ni demeure
    Nulle part où je vive ou meure
    Je passais comme la rumeur
    Je m'endormais comme le bruit…»
    Une volonté lucide de décrire, avec des mots simples, des situations complexes et des rapports subtils d'idées, rend sa prose lointaine, au rythme souple, varié, aux efflorescences baroques. Parfois, j'ai l'impression de lire du Sartre. Or cette prose dense, compacte, obstinée, presque indisciplinée, est bien celle d'ARAGON. Ne nous y trompons pas!
    Nous avons face à nous un poète qui ne se définit jamais dans le présent, il évolue sans cesse; il parle d'avenir. Grâce à quoi le devenir de l'homme est loin d'être la prolongation d'une ligne abstraite et continue, mais "L'Imaginaire de nos désirs et leur violence". D'ailleurs, il le dit dans «Blanche ou l'oubli»: «Ce que nous cherchons est tout».
    Non, la poésie ne s'éteindra pas.
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    • Livres 4.00/5
    Par lecteur84, le 09 avril 2014

    lecteur84
    le passé et le souvenir traine au début du receuil comme un regret une pensée triste,puis l'amour y entre...et on se laisse porter

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    • Livres 4.00/5
    Par Moan, le 03 avril 2012

    Moan
    Les poèmes d'amour d'Aragon à Elsa sont tout simplement magnifiques!!!!

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    • Livres 5.00/5
    Par Manuchon49, le 02 août 2011

    Manuchon49
    1956: entrée des chars à Budapest. L'heure de la remise en cause pour les irréductibles écrivains staliniens. L'heure d'un retour sur soi et son passé pour Aragon qui amorce alors une timide remise en cause. L'adepte du "mentir-vrai" accepte d'ôter ici le masque à l'occasion d'une splendide autobiographie en vers qui passe en revue les principaux épisodes de sa fabuleuse existence, de sa naissance honteuse à sa conversion au communisme en passant par les folles années surréalistes aux côtés de Breton. En renouant avec une forme de sincérité le poète renoue également avec sa plus belle poésie comme en témoignent les nombreuses adaptations de ses poèmes chantées par Léo Ferré.
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    • Livres 1.00/5
    Par rolandm1, le 12 novembre 2013

    rolandm1
    Roman écrit en forme de poésie : pour ceux qui aiment la poésie, je conseillerai, mais après 136 pages des 246, j'ai mis le livre de côté pour commencer "Les bonnes" de Jean Genet.
    La poésie : ou on aime, ou on aime pas, c'est tout.

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Citations et extraits

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  • Par lecteur84, le 09 avril 2014

    Une femme c'est une porte qui s'ouvre sur l'inconnu
    une femme cela vous envahit comme chante une source
    une femme toujours c'est comme le triomphe des pieds nus
    L'éclair qu'on rejoint à la course.

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  • Par lecteur84, le 09 avril 2014

    On dirait que de la semaine il n'est resté que les dimanches
    tous les jardins de mon enfance écartent l'été de leurs branches
    la mer ouvre son émeraude à ce jeune homme que je fus.

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  • Par lecteur84, le 09 avril 2014

    déjà la pierre pense où votre nom s'inscrit
    déjà vous n'êtes plus qu'un mot d'or sur nos places
    déjà le souvenir de vos amours s'efface
    déjà vous n'êtes plus que pour avoir péri.

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  • Par Philippe-rodolphe, le 05 septembre 2012

    EST-CE AINSI QUE LES HOMMES VIVENT


    Tout est affaire de décor
    Changer de lit changer de corps
    À quoi bon puisque c'est encore
    Moi qui moi-même me trahis
    Moi qui me traîne et m'éparpille
    Et mon ombre se déshabille
    Dans les bras semblables des filles
    Où j'ai cru trouver un pays.

    Coeur léger coeur changeant coeur lourd
    Le temps de rêver est bien court
    Que faut-il faire de mes nuits
    Que faut-il faire de mes jours
    Je n'avais amour ni demeure
    Nulle part où je vive ou meure
    Je passais comme la rumeur
    Je m'endormais comme le bruit.

    C'était un temps déraisonnable
    On avait mis les morts à table
    On faisait des châteaux de sable
    On prenait les loups pour des chiens
    Tout changeait de pôle et d'épaule
    La pièce était-elle ou non drôle
    Moi si j'y tenais mal mon rôle
    C'était de n'y comprendre rien

    Est-ce ainsi que les hommes vivent
    Et leurs baisers au loin les suivent

    Dans le quartier Hohenzollern
    Entre La Sarre et les casernes
    Comme les fleurs de la luzerne
    Fleurissaient les seins de Lola
    Elle avait un coeur d'hirondelle
    Sur le canapé du bordel
    Je venais m'allonger près d'elle
    Dans les hoquets du pianola.

    Le ciel était gris de nuages
    Il y volait des oies sauvages
    Qui criaient la mort au passage
    Au-dessus des maisons des quais
    Je les voyais par la fenêtre
    Leur chant triste entrait dans mon être
    Et je croyais y reconnaître
    Du Rainer Maria Rilke.

    Est-ce ainsi que les hommes vivent
    Et leurs baisers au loin les suivent.

    Elle était brune elle était blanche
    Ses cheveux tombaient sur ses hanches
    Et la semaine et le dimanche
    Elle ouvrait à tous ses bras nus
    Elle avait des yeux de faïence
    Elle travaillait avec vaillance
    Pour un artilleur de Mayence
    Qui n'en est jamais revenu.

    Il est d'autres soldats en ville
    Et la nuit montent les civils
    Remets du rimmel à tes cils
    Lola qui t'en iras bientôt
    Encore un verre de liqueur
    Ce fut en avril à cinq heures
    Au petit jour que dans ton coeur
    Un dragon plongea son couteau

    Est-ce ainsi que les hommes vivent
    Et leurs baisers au loin les suivent.
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  • Par mariecesttout, le 06 mars 2008

    Les mots qui ne sont pas d'amour

    Il est inutile de geindre
    Si l'on acquiert comme il convient
    Le sentiment de n'être rien
    Mais j'ai mis longtemps pour l'atteindre

    on se refuse longuement
    De n'être rien pour qui l'on aime
    Pour autrui rien par soi-même
    Ca vous prend on ne sait comment

    On se met à mieux voir le monde
    Et peu à peu ça monte en vous
    Il fallait bien qu'on se l'avoue
    Ne serait-ce qu'une seconde

    Une seconde et pour la vie
    Pour tout le temps qui vous demeure
    Plu n'importe qu'on vive ou meure
    Si vivre et mourir n'ont servi

    soudain la vapeur se renverse
    Toi qui croyais faire la loi
    Tout existe et bouge sans toi
    Tes beaux nuages se dispersent

    Tes monstres n'ont pas triomphé
    Le chant ne remue pas les pierres
    Il est la voix de la matière
    Il n'y a que des faux Orphée

    L'effet qui formerat la cause
    Est pure imagination
    Renonce à la création
    Le mot ne vient qu'après la chose

    Et pas plus l'amour ne se crée
    Et pas plus l'amour ne se force
    Aucun dieu n'est pris sous l'écorce
    Qu'il t'appartienne délivrer

    Ce ne sont pas les mots d'amour
    Qui détournent les tragédies
    Ce ne sont pas les mots qu'on dit
    Qui changent la face des jours

    Le malheur où te voilà pris
    Ne se règle pas au détail
    Il est l'objet d'une bataille
    Dont tu ne peux payer le prix

    Apprends qu'elle n'est pas la tienne
    Mai bien la peine de chacun
    Jette ton coeur au feu commun
    Qu'est-il de tel que tu y tiennes

    Seulement qu'il donne une flamme
    Comme une rose du rosier
    Mêlée aux flammes du brasier
    Pour l'amour de l'homme et la femme

    Va Prends leur min Prends le chemin
    Qui te mène au bout du voyage
    Et c'est la fin du moyen âge
    Pour l'homme et la femme demain

    Cela fait trop longtemps que ça dure
    Le Saint-Empire des nuées
    Ah sache au moins contribuer
    A rendre le ciel moins obscur

    Qui sont ces gens sur les coteaux
    Qu'on voit tirer contre la grêle
    Mais va partager leur querelle
    Qu'il ne pleuve plus de couteaux

    Peux-tu lisser le feu
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