Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique



> Étiemble (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070300110
Éditeur : Gallimard (1966)


Note moyenne : 3.98/5 (sur 88 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Ce poème s'appelle "Roman": c'est qu'il est un roman, au sens ancien du mot, au sens des romans médiévaux ; et surtout parce que, malgré le caractère autobiographique, ce poème est plus que le récit - journal ou mémoires - de la vie de l'auteur, un roman qui en est tiré... > voir plus
Lire un extrait Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (9)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Tempuslegendae, le 21 mars 2013

    Tempuslegendae
    Dans «Je n'ai jamais appris à lire», Louis ARAGON affirme au regard de sa création romanesque: «Mes romans, je les ai lus», soulignant de ce fait une transparence du “je” de l'écrivain, à quoi fait écho une autre litanie dans «Blanche ou l'oubli»: «Je ne suis que parole de Marie-Noire, “Marie-Noire m'imagine”. Mais c'est une façon de dire que ce “je” n'existe que dans le langage poétique moderne. Attention: cette idée n'appartient qu'à moi, elle est donc opposable.
    ARAGON est bien plus qu'écrivain puisqu'il est poète. Comprendre ceci reviendrait presque à suivre la courbe de sa personnalité, celle de son œuvre journalistique, romanesque et poétique. Il faudrait la tresser avec toute l'histoire de la littérature du XXème, notamment avec tous ses enthousiasmes. Toute l'œuvre du poète semble venir peu à peu de son «jaillissement» naturel et lyrique, de l'ivresse de l'analyse qu'il porte gratuitement aux œuvres qui l'entourent.
    Dans «son roman inachevé», ARAGON se révèle de façon très personnelle (la ponctuation y est absente, car peut-être inutile):
    «Tout est affaire de décor
    Changer de lit changer de corps
    Á quoi bon puisque c'est encore
    Moi qui me traine et m'éparpille
    Et mon ombre se déshabille
    Dans les bras semblables des filles
    Où j'ai cru trouver un pays
    Cœur léger cœur changeant cœur lourd
    Le temps de rêver est bien court
    Que faut-il faire de mes jours
    Que faut-il faire de mes nuits
    Je n'avais amour ni demeure
    Nulle part où je vive ou meure
    Je passais comme la rumeur
    Je m'endormais comme le bruit…»
    Une volonté lucide de décrire, avec des mots simples, des situations complexes et des rapports subtils d'idées, rend sa prose lointaine, au rythme souple, varié, aux efflorescences baroques. Parfois, j'ai l'impression de lire du Sartre. Or cette prose dense, compacte, obstinée, presque indisciplinée, est bien celle d'ARAGON. Ne nous y trompons pas!
    Nous avons face à nous un poète qui ne se définit jamais dans le présent, il évolue sans cesse; il parle d'avenir. Grâce à quoi le devenir de l'homme est loin d'être la prolongation d'une ligne abstraite et continue, mais "L'Imaginaire de nos désirs et leur violence". D'ailleurs, il le dit dans «Blanche ou l'oubli»: «Ce que nous cherchons est tout».
    Non, la poésie ne s'éteindra pas.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 20         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Away--x, le 08 octobre 2014

    Away--x
    Ce recueil-ci contient énormément de poèmes parlant de la guerre.
    Disons tout simplement qu'ils m'ont (beaucoup) moins touchée que les habituels poèmes adressés à Elsa. Je suis venue à bout du livre en me forçant un peu.
    Challenge ABC 2014/2015

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par lecteur84, le 09 avril 2014

    lecteur84
    le passé et le souvenir traine au début du receuil comme un regret une pensée triste,puis l'amour y entre...et on se laisse porter

    Commenter     J’apprécie          0 10         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Moan, le 03 avril 2012

    Moan
    Les poèmes d'amour d'Aragon à Elsa sont tout simplement magnifiques!!!!

    Commenter     J’apprécie          0 10         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Manuchon49, le 02 août 2011

    Manuchon49
    1956: entrée des chars à Budapest. L'heure de la remise en cause pour les irréductibles écrivains staliniens. L'heure d'un retour sur soi et son passé pour Aragon qui amorce alors une timide remise en cause. L'adepte du "mentir-vrai" accepte d'ôter ici le masque à l'occasion d'une splendide autobiographie en vers qui passe en revue les principaux épisodes de sa fabuleuse existence, de sa naissance honteuse à sa conversion au communisme en passant par les folles années surréalistes aux côtés de Breton. En renouant avec une forme de sincérité le poète renoue également avec sa plus belle poésie comme en témoignent les nombreuses adaptations de ses poèmes chantées par Léo Ferré.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la critique

> voir toutes (48)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par PiertyM, le 14 novembre 2014

    Comme il a vite entre les doigts passé
    Le sable de jeunesse
    Je suis comme un qui n'a fait que danser
    Surpris que le jour naisse
    J'ai gaspillé je ne sais trop comment
    La saison de ma force.

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la citation

  • Par PiertyM, le 14 novembre 2014

    Celui qui croit pouvoir mesurer le temps avec les saisons
    Est un vieillard déjà qui ne sait regarder qu'en arrière.

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

  • Par PiertyM, le 14 novembre 2014

    Ce qu'il m'aura fallu de temps pour tout comprendre
    Je vois souvent mon ignorance en d'autres yeux
    Je reconnais ma nuit je reconnais ma cendre
    Ce qu'à la fin j'ai su comment le faire entendre
    Comment ce que je sais le dire de mon mieux.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

  • Par PiertyM, le 14 novembre 2014

    Jeunes gens le temps est devant vous comme un cheval échappé
    Qui le saisit à la crinière entre ses genoux qui le dompte
    N'entend désormais que le bruit des fers de la bête qu'il monte
    Trop à ce combat nouveau pour songer au bout de l'équipée.

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la citation

  • Par Philippe-rodolphe, le 05 septembre 2012

    EST-CE AINSI QUE LES HOMMES VIVENT


    Tout est affaire de décor
    Changer de lit changer de corps
    À quoi bon puisque c'est encore
    Moi qui moi-même me trahis
    Moi qui me traîne et m'éparpille
    Et mon ombre se déshabille
    Dans les bras semblables des filles
    Où j'ai cru trouver un pays.

    Coeur léger coeur changeant coeur lourd
    Le temps de rêver est bien court
    Que faut-il faire de mes nuits
    Que faut-il faire de mes jours
    Je n'avais amour ni demeure
    Nulle part où je vive ou meure
    Je passais comme la rumeur
    Je m'endormais comme le bruit.

    C'était un temps déraisonnable
    On avait mis les morts à table
    On faisait des châteaux de sable
    On prenait les loups pour des chiens
    Tout changeait de pôle et d'épaule
    La pièce était-elle ou non drôle
    Moi si j'y tenais mal mon rôle
    C'était de n'y comprendre rien

    Est-ce ainsi que les hommes vivent
    Et leurs baisers au loin les suivent

    Dans le quartier Hohenzollern
    Entre La Sarre et les casernes
    Comme les fleurs de la luzerne
    Fleurissaient les seins de Lola
    Elle avait un coeur d'hirondelle
    Sur le canapé du bordel
    Je venais m'allonger près d'elle
    Dans les hoquets du pianola.

    Le ciel était gris de nuages
    Il y volait des oies sauvages
    Qui criaient la mort au passage
    Au-dessus des maisons des quais
    Je les voyais par la fenêtre
    Leur chant triste entrait dans mon être
    Et je croyais y reconnaître
    Du Rainer Maria Rilke.

    Est-ce ainsi que les hommes vivent
    Et leurs baisers au loin les suivent.

    Elle était brune elle était blanche
    Ses cheveux tombaient sur ses hanches
    Et la semaine et le dimanche
    Elle ouvrait à tous ses bras nus
    Elle avait des yeux de faïence
    Elle travaillait avec vaillance
    Pour un artilleur de Mayence
    Qui n'en est jamais revenu.

    Il est d'autres soldats en ville
    Et la nuit montent les civils
    Remets du rimmel à tes cils
    Lola qui t'en iras bientôt
    Encore un verre de liqueur
    Ce fut en avril à cinq heures
    Au petit jour que dans ton coeur
    Un dragon plongea son couteau

    Est-ce ainsi que les hommes vivent
    Et leurs baisers au loin les suivent.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          1 18         Page de la citation

> voir toutes (78)

Videos de Louis Aragon

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Louis Aragon

F. Poulenc 2 Poèmes de Louis Aragon: C by Mi-kyung Kim 김미경








Sur Amazon
à partir de :
7,59 € (neuf)
3,89 € (occasion)

   

Faire découvrir Le Roman inachevé par :

  • Mail
  • Blog

Découvrez la collection Folio

> voir plus

Lecteurs (319)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz