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> Gaëtan Picon (Autre)
> Patrick Berthier (Autre)

ISBN : 2070360628
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 469 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
On causait à cœur ouvert. Hector Merlin seul ne riait pas. Lucien lui demanda la raison de sa raison. - Mais je vous vois entrant dans le monde littéraire et journaliste avec des illusions. Vous croyez aux amis. Nous sommes tous amis ou ennemis selon les circonstances..... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 18 avril 2013

    Nastasia-B
    Une grande inspiration, un œil décidé et c'est parti pour cette critique qui me tient tant à cœur. C'est que j'ai peine à vous dire tout l'amour que j'ai pour Balzac en général et pour les Illusions Perdues en particulier.
    Il est tellement malmené au lycée, on lui fait porter un tel chapeau à mon pauvre petit Honoré, on nous donne souvent tellement peu envie de s'aller essayer à la Comédie Humaine que s'en est presque consternant. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir varié tant la taille que le type de ses écrits, mais tout tourne autour de 4 ou 5 titres qu'on se refile d'année scolaire en année scolaire, comme un vilain rhume.
    Ici, vous êtes au centre de l'édifice énorme, labyrinthique, monumental que constitue la Comédie Humaine, au cœur du donjon, pilier porteur essentiel.
    Quand bien même n'aurait-il écrit que cet unique roman que Balzac eût été, sans nul doute, l'un de nos plus grands écrivains de langue française.
    L'auteur déploie dans ce livre sa quintessence, celle qui en fait un géant de la littérature française et mondiale. Pas UN Balzac, mais LE Balzac, le MAGIC-BALZAC comme on le rêve : riche, tonique, corrosif, lucide, drôle et tout, vraiment tout, ce qu'on peut attendre d'un roman du XIXème siècle.
    Chapeau bas Monsieur Balzac ; on a beau dire, on a beau faire, ils ne sont pas si nombreux ceux qui vous arrivent à la cheville et, s'il fait moins vibrer les trémolos du pathos que ne le fait Victor Hugo, ne nous y trompons pas, cette œuvre est du calibre des Misérables, aussi franche et savoureuse que Le Comte De Monte-Cristo, les deux seuls romans francophones de ce siècle à pouvoir faire moindrement le poids face à ce monstre sublime que nous a légué Honoré de Balzac.
    La première partie intitulée Les Deux Poètes nous présente, vous l'imaginez, les deux amis : l'un, David Séchard, fils d'un imprimeur d'Angoulême, économe, la tête sur les épaules, qui a fait des études à Paris et qui a surtout compris qu'il ne pourrait jamais compter sur son père, aussi avare dans son genre que le père Grandet (voir Eugénie Grandet) ce qui n'est pas peu dire. L'autre, Lucien Chardon, fils d'un apothicaire, issu d'une branche noble par sa mère, les " de Rubempré ", possède un talent littéraire indéniable et semble attiré par le grand monde et les lumières de la grande ville comme les papillons sur les lampes à incandescence.
    La question étant de savoir s'il se brûlera les ailes auprès de Madame de Bargeton, une célébrité aristocratique locale. Le titre du roman pourrait presque, à l'extrême limite, vous donner un tout petit indice, mais je n'en suis pas bien sûre...
    La deuxième partie, Un Grand Homme De Province À Paris, comme son nom l'indique, déplace l'un des personnages principaux, Lucien Chardon (ou de Rubempré selon qu'on considère ou non son ascendance noble du côté maternel), d'Angoulême à Paris.
    Lucien quitte tout pour les beaux yeux de Madame de Bargeton, une aristocrate provinciale qui s'est éprise de lui. Très vite, le grand monde va se charger d'exclure ce rejeton illégitime de la noblesse et donc, de faire cesser l'admiration de Mme de Bargeton pour son petit protégé de poète.
    En moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, seul et avec le coût exorbitant de la vie parisienne, Lucien se retrouve dans l'indigence la plus noire, avec pour seul espoir, sa jeunesse et son talent de plume. Il a le bonheur de faire la connaissance de Daniel d'Arthez, jeune écrivain incorruptible, initiateur du Cénacle, cercle d'amoureux des arts, prêts à tout pour aller jusqu'au bout de leur art sans tremper jamais dans aucune compromission, d'aucune sorte.
    Lucien sera très vite fasciné par cet droiture morale, cet ascétisme de pensée et de travail, dont les résultats commencent à porter leurs fruits dans son esprit critique et dans son maniement de la plume.
    Cependant, Lucien, pauvre comme les pierres, va lorgner abondamment vers les lumières du journalisme et ses succès faciles, richement rétribués. L'ascension de Lucien va être fulgurante, lui permettant au passage de tailler des costards à ses vieilles connaissances angoumoisines qui l'ont si lâchement laissé tomber à son arrivée dans la capitale.
    Néanmoins, être talentueux n'est pas sans risque, comme vous le découvrirez à la lecture de cette partie.
    Balzac nous offre des pages sublimes et dresse un portrait corrosif et peu flatteur tant du journalisme que du monde de l'édition. Un portrait qui sent éminemment le vécu et qui ne semble pas avoir pris une ride.
    Les requins et les fourbes d'aujourd'hui ne sont guère différents de ceux d'hier. C'est en cela que l'universalité et le talent de visionnaire de Balzac était (Baudelaire s'en émerveillait), est et demeurera impressionnant.
    Dans la troisième et dernière partie baptisée Les Souffrances De L'Inventeur, après ce long épisode parisien ayant Lucien pour protagoniste principal, Balzac poursuit en synchronique avec la destinée de sa sœur Ève et de David Séchard, restés à Angoulême dans le même temps.
    L'auteur y développe, avec un luxe qui sent trop le vécu pour ne pas avoir son origine dans ses propres mésaventures personnelles, la savante machinerie de l'extorsion de l'invention d'un concurrent par le biais des lois, le concours des créanciers et l'entremise des hommes sensés être les garants de l'équité sociale. Ainsi, David Séchard, mis dans de cruels draps par les trois faux billets de mille francs signés à son insu par Lucien, se retrouve entre les griffes voraces des frères Cointet, imprimeurs, usuriers et banquiers d'Angoulême.
    Malgré la défense héroïque du secret de fabrication de David par les deux infortunés époux Séchard, le destin s'acharne à leur vider les poches (enfin, le destin, c'est surtout les frères Cointet, Petit-Claud, l'avoué véreux, le fourbe Cérizet, l'avare père Séchard et Lucien involontairement par-dessus le marché).
    Lucien, voyant dans quelle déroute il a mis sa sœur et son beau-frère est prêt au sacrifice suprême, mais il rencontre un bien singulier prêtre, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à un ancien bagnard qu'on a bien connu dans Le Père Goriot...
    Balzac règle ses comptes avec les usuriers, banquiers, notaires, avocats et autres juges. Bref, une fin sublime pour ce roman qui ne l'est pas moins, et de bout en bout, mais tout ceci, vous l'aurez compris, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose, le mieux, et de loin, que vous ayez à faire, c'est de le lire. Je vous rembourse la différence si vous n'y trouvez pas votre compte et n'êtes pas satisfaits.
    P. S. : c'est dans ce roman que Balzac invente un néologisme qui fera long feu, notamment via Jacques Brel, à savoir la " soulographie ".
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    • Livres 5.00/5
    Par Aaliz, le 22 janvier 2013

    Aaliz
    Ce roman est d'une richesse incroyable, il nous brosse un tableau des plus précis de la vie aussi bien parisienne que provinciale au tout début du XIX ème siècle.
    Balzac tire à boulets rouges sur la presse, le monde du spectacle, la banque, la justice et les tout débuts du système capitaliste. Et encore une fois, à travers des personnages magnifiquement bien campés, il expose aux yeux du lecteur toute l'étendue des bassesses dont l'homme est capable.
    A travers le personnage de Lucien et ceux de sa famille, il illustre la question de l'ascension sociale à cette époque et nous en montre les redoutables obstacles.
    Le roman se compose de 3 parties (selon mon découpage personnel). La première présente la famille de Lucien, son environnement provincial et relate son introduction dans la haute société angoumoisine. Dans la deuxième partie, Lucien vise plus haut encore et débarque dans ce Paris qui le fait tant rêver et lui semble si prometteur mais qui ne sera pour lui que désillusions. Dans la troisième partie, c'est le retour à Angoulême avec une plongée dans les affaires de la petite imprimerie familiale aux prises avec ses concurrents et l'espionnage industriel.
    Ce qui rend ce roman extrêmement réaliste et vivant, c'est que Balzac s'est inspiré de sa propre expérience et qu'il y parle de ses propres désillusions. Comment ne pas faire le rapprochement entre l'auteur et Lucien qui souhaite à tout prix devenir un écrivain reconnu et qui se heurte à un milieu difficile, fermé et surtout soumis au bon-vouloir de la presse ? Même chose lorsque Lucien embrasse la profession de journaliste.
    Bref on sent que Balzac maîtrise à fond son sujet nous offrant des pages incroyablement détaillées sur le monde de l'imprimerie, de la banque et de la justice ( il y est même allé un peu fort là, je n'ai rien compris du tout …)
    Plus que ça encore, Balzac était quand même plutôt visionnaire. C'est incroyable de constater qu'au tout début du XIXème siècle, il a pu sentir la dimension que prendrait le pouvoir de la presse et ses propos sonnent de façon très actuelle :
    « le Journal au lieu d'être un sacerdoce est devenu un moyen pour les partis ; de moyen, il s'est fait commerce ; et comme tous les commerces, il est sans foi ni loi. Tout journal est, comme le dit Blondet, une boutique où l'on vend au public des paroles de la couleur dont il les veut. S'il existait un journal des bossus, il prouverait soir et matin la beauté, la bonté, la nécessité des bossus. Un journal n'est plus fait pour éclairer, mais pour flatter les opinions. Ainsi, tous les journaux seront dans un temps donné lâches, hypocrites, infâmes, menteurs, assassins ; ils tueront les idées, les systèmes, les hommes, et fleuriront par cela même. »
    L'intrigue est magistralement menée du début à la fin, on va de rebondissements en rebondissements, on s'apitoie sur le pauvre Lucien pour mieux pester contre lui quelques pages plus loin.
    Les personnages De Balzac sont véritablement représentatifs de la nature humaine, aucun n'est tout blanc ou tout noir, on les voit changer, évoluer, se comporter différemment en fonction de leur situation.
    On retrouve aussi de vieilles connaissances rencontrées dans Le Père Goriot ou La duchesse de Langeais et on réalise qu'on s'est probablement mépris sur certains d'entre eux ( n'est-ce pas Eugène ?). Une surprise attend le lecteur à la fin ( d'où l'intérêt de lire Le Père Goriot avant) et qui me rend impatiente de savoir ce qu'il adviendra dans Splendeur et misère des courtisanes.
    Beaucoup de thèmes sont donc abordés à travers ce roman qui constitue apparemment une sorte de concentré de ce que Balzac a pu écrire dans ses autres textes. Autant dire qu'on y trouve de tout et qu'on ne peut absolument pas s'ennuyer : amours déçus, trahisons, célébrité, déchéance, misère, jalousies en tout genre, égoïsme, amour familial, amitié, pardon, chantage, passion, fièvre et acharnement du chercheur et j'en oublie !
    J'ai aussi adoré les descriptions de Paris ( celle de la Galerie des Bois ) où vraiment Balzac retranscrit l'atmosphère, l'ambiance du lieu à un point qu'on s'y croirait.
    Voilà, je ne vois pas ce que je pourrais ajouter de plus sans trop en dévoiler. J'avais très peur de me lancer dans cette lecture, je m'imaginais un sujet plutôt austère et le nombre de pages m'intimidait aussi. Mais je suis ô combien heureuse d'avoir tenté l'aventure tout de même car Illusions perdues est, pour l'instant, le meilleur classique qu'il m'ait été donné de lire.
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    • Livres 5.00/5
    Par petch, le 11 mai 2013

    petch
    Lu il y a une quinzaine d'années, j'ai pris un très grand plaisir à retrouver cette histoire certes classique (mais bon Balzac c'est classique non ?) mais au combien intemporelle des papillons de province attirés par les lumières de la capitale et s'y brûlant les ailes. le papillon ici c'est Lucien de Rubempré qui pour arriver à ses fins (l'amour, la gloire et la fortune pour faire court) mettra en péril financier et plongera dans la désespérance sa sœur, sa mère, son beau-frère et ami. La description de la bourgeoisie de province angoumoise est redoutable et saisissante, mais les artifices de la société parisienne en prennent également largement pour leur grade. On retrouve dans ce livre le portraitiste au vitriol qu'est Balzac (deux exemples parmi tant et tant au fil de ces pages : le portrait du père Séchard, et de son avarice, type « Le Père Goriot », et celui de Louise de Bargenton, muse de Lucien tour à tour délaissée et sans états d'âme). On appréciera aussi les descriptions fines et détaillées de divers corps de métier liés à l'écriture: les imprimeurs, Les journalistes, les éditeurs.
    Une fois l'histoire connue, la relecture de ce livre est un régal, et le titre de l'œuvre De Balzac (La comédie humaine) prend tout son sens dans ce roman fleuve aux accents de modernité. le volume unique constituant « Illusions perdues » est dû au regroupement de trois romans séparés publiés sur une petite dizaine d'années entre 1837 et 1845. Je conseille vivement cette version du livre de poche de 2006, et l'imposant travail d'explication et de notification effectué par P. Berthier, spécialiste de littérature du XIXème siècle. Ces apports au fil du texte sont souvent très érudites mais diablement intéressantes, en particulier sur le passage entre les trois romans initiaux et le roman unique (liens entre les différentes parties, problèmes de chronologie dans l'histoire,…). le texte De Balzac s'agrémente ainsi de nombreuses notes de bas de page décrivant par le menu les différentes versions publiées dans la très renommée édition Furne, les tournures de style typiques du XIXème siècle et aujourd'hui désuètes, les fautes de style assez nombreuses commises par Balzac. La langue française utilisée dans ce roman est une véritable gourmandise.
    La lecture est parfois difficile, le mode « feuilleton » dans lequel ce texte fut initialement publié explique les longueurs du texte (Le feuilletoniste du XIXème siècle était rémunéré au mot), les passages abordant les problèmes d'argent sont assez complexes et parfois rébarbatifs. Mais l'universalité des personnages et des thèmes sociétaux abordés, la complexité des personnages et le regard féroce De Balzac sur ces contemporains et sur la société font pour moi de ce roman, avec sa suite « Splendeurs et misères des Courtisanes » un véritable chef d'œuvre de la littérature.
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  • Par Aela, le 15 février 2011

    Aela
    les illusions perdues sont le coeur de La comédie humaine. Leur rédaction va durer six années et ce roman est considéré par Balzac lui-même comme "l'oeuvre capitale dans l'oeuvre" (lettre à Mme Hanska). Il réunit des personnages typés et contrastés: Lucien de Rubempré, Vautrin, Rastignac, Bolondet..dont certains reviendront dans d'autres oeuvres de Balzac.
    Un très beau tableau de la noblesse de Province et la complexité d'une époque mise à jour.
    Un héros poète et dévoré d'ambition qui quitte Angoulême pour Paris; qui connaît un parcours mouvementé: journalisme, poésie..mais qui se voit à la fin abandonné par tous.
    Un très beau roman de la désillusion et de l'échec ayant pour cadre une société bouleversée par la révolution industrielle.
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    • Livres 5.00/5
    Par Corboland78, le 23 mars 2012

    Corboland78
    Le repos forcé m'a donc permis de lire en toute quiétude le roman entamé fin décembre. Toutes les conditions étaient requises pour l'apprécier dans les meilleures conditions car ce n'est pas le genre d'œuvre qu'on peut lire dans le métro. le roman De Balzac est découpé en trois parties et il n'y a pas de chapitres intermédiaires permettant des pauses impromptues. Il faut se lancer dans la lecture de longs passages sans craindre d'être stoppé dans son élan et ne reposer le livre que lorsque l'intrigue le permet. Ce roman est le condensé ou l'illustration parfaite de sa géniale Comédie Humaine. Comment un homme peut-il écrire autant, si bien, avec une telle cohérence globale ? Je ne vais pas me lancer dans une analyse poussée du roman encore moins de l'œuvre titanesque De Balzac, d'autres plus calés que moi l'ont déjà fait et le referont encore. Néanmoins je constate une nouvelle fois que la lecture des grands classiques de la littérature permet de remettre les choses à leur place, de nombreux livres sont édités, beaucoup sont très agréables à lire mais entre un bon livre et un chef-d'œuvre il y a une différence que même le béotien remarque. Aussi quand je parcours certaines critiques dithyrambiques sur des best-sellers à peine éclos des imprimeries Brodard et Taupin à La Flèche (Sarthe) -par exemple- je leur accole un bémol d'emblée. Pour en revenir aux Illusions perdues (et non pas Les illusions perdues) « l'absence d'article défini – cas unique chez Balzac- montre clairement le caractère absolu de la désillusion » vous en sortirez étourdi et sonné par le machiavélisme des personnages où l'intérêt et l'ambition priment sur tout autre sentiment, les alliances se font et se défont au gré des rebondissements. Lucien de Rubempré pauvre poète monté d'Angoulême à Paris nous permettra d'évoluer dans le monde de la littérature, de la presse, du théâtre, de la bourgeoisie et de l'aristocratie où tous ont partie liée selon le sens du vent. L'intrigue est puissante, atterrante quand Lucien trahira ses amis ou ruinera sa famille, éblouissante quand Balzac démonte sous nos yeux tous les mécanismes économiques et moraux qui enrichissent ou ruinent ses personnages. Paru vers 1840 le livre reste terriblement moderne et tout aussi extraordinaire. Chef-d'œuvre s'il faut encore le répéter.
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Critiques presse (1)


  • Bibliobs , le 15 juillet 2013
    Qui est-il, ce Lucien Chardon, dit de Rubempré ? Une crapule ambitieuse ? Un sage moderne, qui a compris que l’existence est vaine hors des honneurs stupides de ce bas-monde ? [...] un journaliste. Avant Bourdieu, avant Mélenchon, Balzac nous dit tout sur la presse parisienne et ceux qui la font.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs

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Citations et extraits

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  • Par PiertyM, le 31 août 2014

    A force de parler, un homme finit par croire à ce qu'il dit; tandis qu'on peut agir contre sa pensée sans la vicier, et faire gagner un mauvais procès sans soutenir qu'il est bon, comme le fait l'avocat plaidant.

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  • Par PiertyM, le 31 août 2014

    Tout journal est une boutique où l'on vend au public des paroles de la couleur dont il les veut. S'il existait un journal des bossus, il prouverait soir et matin la beauté, la bonté, la nécessité des bossus.

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  • Par PiertyM, le 31 août 2014

    Tout s'excuse et se justifie à une époque où l'on a transformé la vertu en vice, comme on a érigé certains vices en vertus.

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  • Par PiertyM, le 31 août 2014

    L'intelligence est le levier avec lequel on remue le monde.

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  • Par Nastasia-B, le 02 mai 2013

    Tous les journaux seront dans un temps donné, lâches, hypocrites, infâmes, menteurs, assassins ; ils tueront les idées, les systèmes, les hommes, et fleuriront par cela même. Ils auront le bénéfice de tous les êtres de raison : le mal sera fait sans que personne en soit coupable. Je serai moi Vignon, vous serez toi Lousteau, toi Blondet, toi Finot, des Aristide, des Platon, des Caton, des hommes de Plutarque ; nous serons tous innocents, nous pourrons nous laver les mains de toute infamie. Napoléon a donné la raison de ce phénomène moral ou immoral, comme il vous plaira, dans un mot sublime que lui ont dicté ses études sur la Convention : Les crimes collectifs n’engagent personne . Le journal peut se permettre la conduite la plus atroce, personne ne s’en croit sali personnellement.
    - Mais le pouvoir fera des lois répressives, dit Du Bruel, il en prépare.
    - Bah ! que peut la loi contre l’esprit français, dit Nathan, le plus subtil de tous les dissolvants.
    - Les idées ne peuvent être neutralisées que par des idées, reprit Vignon. La terreur, le despotisme peuvent seuls étouffer le génie français dont la langue se prête admirablement à l’allusion, à la double entente. Plus la loi sera répressive, plus l’esprit éclatera, comme la vapeur dans une machine à soupape. Ainsi, le roi fait du bien, si le journal est contre lui, ce sera le ministre qui aura tout fait, et réciproquement. Si le journal invente une infâme calomnie, ou la lui a dite. À l’individu qui se plaint, il sera quitte pour demander pardon de la liberté grande. S’il est traîné devant les tribunaux, il se plaint qu’on ne soit pas venu lui demander une rectification ; mais demandez-la-lui ? il la refuse en riant, il traite son crime de bagatelle. Enfin il bafoue sa victime quand elle triomphe. S’il est puni, s’il a trop d’amende à payer, il vous signalera le plaignant comme un ennemi des libertés, du pays et des lumières. Il dira que monsieur Un Tel est un voleur en expliquant comment il est le plus honnête homme du royaume. Ainsi, ses crimes, bagatelles ! ses agresseurs, des monstres ! et il peut en un temps donné faire croire ce qu’il veut à des gens qui le lisent tous les jours. Puis rien de ce qui lui déplaît ne sera patriotique, et jamais il n’aura tort. Il se servira de la religion contre la religion, de la charte contre le roi ; il bafouera la magistrature quand la magistrature le froissera ; il la louera quand elle aura servi les passions populaires. Pour gagner des abonnés, il invitera les fables les plus émouvantes, il fera la parade comme Bobèche. Le journal servirait son père tout cru à la croque au sel de ses plaisanteries, plutôt que de ne pas intéresser ou amuser son public. Ce sera l’acteur mettant les cendres de son fils dans l’urne pour pleurer véritablement, la maîtresse sacrifiant tout à son ami.
    - C’est enfin le peuple in-folio, s’écria Blondet en interrompant Vignon.
    - Le peuple hypocrite et sans générosité, reprit Vignon, il bannira de son sein le talent comme Athènes a banni Aristide. Nous verrons les journaux, dirigés d’abord par des hommes d’honneur, tomber plus tard sous le gouvernement des plus médiocres qui auront la patience et la lâcheté de gomme élastique qui manquent aux beaux génies, ou à des épiciers qui auront de l’argent pour acheter des plumes. Nous voyons déjà ces choses-là ! Mais dans dix ans le premier gamin sorti du collège se croira un grand homme, il montera sur la colonne d’un journal pour souffleter ses devanciers, il les tirera par les pieds pour avoir leur place.
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