> Gaëtan Picon (Autre)
> Patrick Berthier (Autre)

ISBN : 2070360628
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 137 notes) Ajouter à mes livres
On causait à cœur ouvert. Hector Merlin seul ne riait pas. Lucien lui demanda la raison de sa raison. - Mais je vous vois entrant dans le monde littéraire et journaliste avec des illusions. Vous croyez aux amis. Nous sommes tous amis ou ennemis selon les circonstances..... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par nastasiabuergo, le 08 mars 2012

    nastasiabuergo
    Quand bien même n'aurait-il écrit que cet unique roman que Balzac eût été, sans nul doute, l'un de nos plus grands écrivains de langue française. Balzac déploie dans ce livre sa quintessence, celle qui en fait un pilier de la littérature française et mondiale. Pas UN Balzac, mais LE Balzac, le MAGIC-BALZAC comme on le rêve: riche, tonique, corrosif, lucide, drôle et tout, vraiment tout ce qu'on peut attendre d'un roman du XIXème siècle. Chapeau bas Monsieur Balzac; On a beau dire, on a beau faire, ils ne sont pas si nombreux ceux qui vous arrivent à la cheville et, s'il fait moins vibrer les trémolos du pathos que ne le fait Victor Hugo, ne nous y trompons pas, cette œuvre est du calibre des Misérables.
    Je vous propose bien humblement un bref aperçu du roman qui compte trois parties intitulées: les deux poètes, un grand homme de province à Paris & les souffrances de l'inventeur.
    La première partie nous présente, vous l'imaginez, les deux amis : l'un, David Séchard, fils d'un imprimeur d'Angoulême, économe, la tête sur les épaules, qui a fait des études à Paris et qui a surtout compris qu'il ne pourrait jamais compter sur son père, aussi avare dans son genre que le père Grandet (voir Eugénie Grandet) ce qui n'est pas peu dire. L'autre, Lucien Chardon, fils d'un apothicaire, issu d'une branche noble par sa mère, les "de Rubempré", possède un talent littéraire indéniable et semble attiré par le grand monde et les lumières de la grande ville comme les papillons sur les lampes à incandescence. La question étant de savoir s'il se brûlera les ailes auprès de Madame de Bargeton, une célébrité aristocratique locale. le titre pourrait presque, à l'extrême limite, vous donner un tout petit indice, mais je n'en suis pas bien sûre...
    La deuxième partie, comme son nom l'indique, déplace l'un des personnages principaux, Lucien Chardon (ou de Rubempré selon qu'on considère ou non son ascendance noble du côté maternel), d'Angoulême à Paris. Lucien quitte tout pour les beaux yeux de Madame de Bargeton, une aristocrate provinciale qui s'est éprise de lui. Très vite, le grand monde va se charger d'exclure ce rejeton illégitime de la noblesse et donc, de faire cesser l'admiration de Mme de Bargeton pour son petit protégé de poète. En moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, seul et avec le coût exorbitant de la vie Parisienne, Lucien se retrouve dans l'indigence la plus noire, avec pour seul espoir, sa jeunesse et son talent de plume. Il a le bonheur de faire la connaissance de Daniel d'Arthez, jeune écrivain incorruptible, initiateur du Cénacle, cercle d'amoureux des arts, prêts à tout pour aller jusqu'au bout de leur art sans tremper jamais dans aucune compromission, d'aucune sorte. Lucien sera très vite fasciné par cet droiture morale, cet ascétisme de pensée et de travail, dont les résultats commencent à porter leurs fruits dans son esprit critique et dans son maniement de la plume. Cependant, Lucien, pauvre comme les pierres va lorgner abondamment vers les lumières du journalisme et ses succès faciles richement rétribués. L'ascension de Lucien va être fulgurante, lui permettant au passage de tailler des costards à ses vieilles connaissances angoumoisines qui l'ont si lâchement laissé tomber à son arrivée dans la capitale. Néanmoins, être talentueux n'est pas sans risque, comme vous le découvrirez à la lecture de ses pages.
    Balzac nous offre des pages sublimes et dresse un portrait corrosif et peu flatteur tant du journalisme que du monde de l'édition. Un portrait qui sent éminemment le vécu et qui ne semble pas avoir pris une ride. Les requins et les fourbes d'aujourd'hui ne sont guère différents de ceux d'hier. C'est en cela que l'universalité et le talent de visionnaire De Balzac était (Baudelaire s'en émerveillait), est et demeurera impressionnant.
    Dans la troisième partie, après ce long épisode Parisien ayant Lucien pour protagoniste principal, Balzac poursuit en synchronique avec la destinée de sa sœur Ève et de David Séchard, restés à Angoulême dans le même temps. L'auteur y développe, avec un luxe qui sent trop le vécu pour ne pas avoir son origine dans ses propres mésaventures personnelles, la savante machinerie de l'extorsion de l'invention d'un concurrent par le biais des lois, le concours des créanciers et l'entremise des hommes sensés être les garants de l'équité sociale. Ainsi, David Séchard, mis dans de cruels draps par les trois faux billets de mille francs signé à son insu par Lucien, se retrouve entre les griffes voraces des frères Cointet, imprimeurs, usuriers et banquiers d'Angoulême. Malgré la défense héroïque du secret de fabrication de David par les deux infortunés époux Séchard, le destin s'acharne à leur vider les poches (enfin, le destin, c'est surtout les frères Cointet, Petit-Claud, l'avoué véreux, le fourbe Cérizet, l'avare père Séchard et Lucien involontairement par-dessus le marché).
    Lucien, voyant dans quelle déroute il a mis sa sœur et son beau-frère est prêt au sacrifice suprême, mais il rencontre un bien singulier prêtre, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à un ancien bagnard qu'on a bien connu dans Le Père Goriot...
    Balzac règle ses comptes avec les usuriers, banquiers, notaires, avocats et autres juges. Bref, une fin sublime pour ce roman qui ne l'est pas moins, et de bout en bout, mais tout ceci, vous l'aurez compris, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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  • Par Aela, le 15 février 2011

    Aela
    les illusions perdues sont le coeur de La comédie humaine. Leur rédaction va durer six années et ce roman est considéré par Balzac lui-même comme "l'oeuvre capitale dans l'oeuvre" (lettre à Mme Hanska). Il réunit des personnages typés et contrastés: Lucien de Rubempré, Vautrin, Rastignac, Bolondet..dont certains reviendront dans d'autres oeuvres de Balzac.
    Un très beau tableau de la noblesse de Province et la complexité d'une époque mise à jour.
    Un héros poète et dévoré d'ambition qui quitte Angoulême pour Paris; qui connaît un parcours mouvementé: journalisme, poésie..mais qui se voit à la fin abandonné par tous.
    Un très beau roman de la désillusion et de l'échec ayant pour cadre une société bouleversée par la révolution industrielle.
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    • Livres 5.00/5
    Par Corboland78, le 23 mars 2012

    Corboland78
    Le repos forcé m'a donc permis de lire en toute quiétude le roman entamé fin décembre. Toutes les conditions étaient requises pour l'apprécier dans les meilleures conditions car ce n'est pas le genre d'œuvre qu'on peut lire dans le métro. le roman De Balzac est découpé en trois parties et il n'y a pas de chapitres intermédiaires permettant des pauses impromptues. Il faut se lancer dans la lecture de longs passages sans craindre d'être stoppé dans son élan et ne reposer le livre que lorsque l'intrigue le permet. Ce roman est le condensé ou l'illustration parfaite de sa géniale Comédie Humaine. Comment un homme peut-il écrire autant, si bien, avec une telle cohérence globale ? Je ne vais pas me lancer dans une analyse poussée du roman encore moins de l'œuvre titanesque De Balzac, d'autres plus calés que moi l'ont déjà fait et le referont encore. Néanmoins je constate une nouvelle fois que la lecture des grands classiques de la littérature permet de remettre les choses à leur place, de nombreux livres sont édités, beaucoup sont très agréables à lire mais entre un bon livre et un chef-d'œuvre il y a une différence que même le béotien remarque. Aussi quand je parcours certaines critiques dithyrambiques sur des best-sellers à peine éclos des imprimeries Brodard et Taupin à La Flèche (Sarthe) -par exemple- je leur accole un bémol d'emblée. Pour en revenir aux Illusions perdues (et non pas Les illusions perdues) « l'absence d'article défini – cas unique chez Balzac- montre clairement le caractère absolu de la désillusion » vous en sortirez étourdi et sonné par le machiavélisme des personnages où l'intérêt et l'ambition priment sur tout autre sentiment, les alliances se font et se défont au gré des rebondissements. Lucien de Rubempré pauvre poète monté d'Angoulême à Paris nous permettra d'évoluer dans le monde de la littérature, de la presse, du théâtre, de la bourgeoisie et de l'aristocratie où tous ont partie liée selon le sens du vent. L'intrigue est puissante, atterrante quand Lucien trahira ses amis ou ruinera sa famille, éblouissante quand Balzac démonte sous nos yeux tous les mécanismes économiques et moraux qui enrichissent ou ruinent ses personnages. Paru vers 1840 le livre reste terriblement moderne et tout aussi extraordinaire. Chef-d'œuvre s'il faut encore le répéter.
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    • Livres 4.00/5
    Par alicejo, le 05 mars 2012

    alicejo
    Dire que j'ai totalement adoré ce roman serait mentir. Certaines longueurs, notamment dans la seconde partie "Un grand homme de province à Paris" ont même failli me faire abandonner cette lecture.
    Loin de moi l'idée de faire une critique de ce monstre de la littérature classique, je ne me sens vraiment pas de taille.
    Juste un conseil pour ceux que ce genre de lecture pourrait rebuter : ne pas hésiter à survoler les passages qui pourraient vous ennuyer car la lecture vaut vraiment la peine d'être menée jusqu'au bout et me voilà même curieuse de savoir ce qui arrive à Lucien dans Splendeurs et misères des courtisanes. Qui l'eut cru ?!
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    • Livres 5.00/5
    Par jsgandalf, le 17 avril 2012

    jsgandalf
    Dire des Illusions perdues qu'il fait partie des meilleurs livres De Balzac n'apporte rien. Pour Proust c'est même le meilleur. Pourtant c'est vrais. Pour moi c'est resté un roman formateur, je l'ai lu à vers dix huits ans et j'en suis resté marqué à vie. le parcour de Lucien donne envie de le voir réussir, d'arrivé à devenir un grand écrivain. La capitale vat lui faire perdre ses illusions sur le monde littéraire. Doucement le héros devient antihéros et glisse vers la facilité. l'amour l'abandonnera plusieur fois. Même l'amitié ne survivera pas.
    A la fin dans un état d'extrème confision il livrera même son âme au diable... Enfinça cette une autre histoire (de La comédie humaine).
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Citations et extraits

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  • Par alicejo, le 25 janvier 2012

    Vous et votre mère , vous avez tout fait pour le mettre au-dessus de sa position ; mais en excitant son ambition, ne l' avez-vous pas imprudemment voué à de grandes souffrances ? Comment se soutiendra- t -il dans le monde où le portent ses goûts ? Je le connais ! il est de nature à aimer les récoltes sans le travail. Les devoirs de société lui dévoreront son temps, et le temps est le seul capital des gens qui n'ont que leur intelligence pour fortune ; il aime à briller , le monde irritera ses désirs qu'aucune somme ne pourra satisfaire , il dépensera de l'argent et n'en gagnera pas ; enfin, vous l'avez habitué à se croire grand ; mais avant de reconnaître une supériorité quelconque, le monde demande d'éclatants succès. Or, les succès littéraires ne se conquièrent que dans la solitude et par d'obstinés travaux .
    Que donnera Mme de Bargeton à votre frère en retour de tant de journées passées à ses pieds ? Lucien est trop fier pour accepter ses secours, et nous le savons encore trop pauvre pour continuer à voir sa société, qui est doublement ruineuse. Tôt ou tard cette femme abandonnera notre cher frère après lui avoir fait perdre le goût du travail, après avoir développé chez lui le goût du luxe, le mépris de notre vie sobre, l'amour des jouissances, son penchant à l' oisiveté, cette débauche des âmes poétiques. Oui, je tremble que cette grande dame ne s'amuse de Lucien comme d'un jouet : ou elle l'aime sincèrement et lui fera tout oublier, ou elle ne l'aime pas et le rendra malheureux , car il en est fou.
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  • Par alicejo, le 23 février 2012

    Vous croyez aux amis. Nous sommes tous amis ou ennemis selon les circonstances. Nous nous frappons les premiers avec l’arme qui devrait ne nous servir qu’à frapper les autres. Vous vous apercevrez avant peu que vous n’obtiendrez rien par les beaux sentiments. Si vous êtes bon, faites-vous méchant. Soyez hargneux par calcul. Si personne ne vous a dit cette loi suprême, je vous la confie et je ne vous aurai pas fait une médiocre confidence. Pour être aimé, ne quittez jamais votre maîtresse sans l’avoir fait pleurer un peu ; pour faire fortune en littérature, blessez toujours tout le monde, même vos amis, faites pleurer les amours-propres : tout le monde vous caressera.
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  • Par Frenhofer, le 20 juillet 2011

    Le génie arrose ses oeuvres de ses larmes. Le talent est une créature morale qui a, comme tous les êtres, une enfance sujette à des maladies. La société repousse les talents incomplets comme la nature emporte les créatures faibles ou mal conformées. Qui veut s'élever au-dessus des hommes doit se préparer à une grande lutte, ne reculer devant aucune difficulté. Un grand écrivain est un martyr qui ne mourra pas, voilà tout.
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  • Par Frenhofer, le 18 juillet 2011

    -Ce pauvre garçon est singulièrement ennuyeux, dit du Châtelet en souriant quand la portière fut refermée.
    -Il en est ainsi de tous ceux qui ont un monde de pensées dans le coeur et dans le cerveau. Les hommes qui ont tant de choses à exprimer en de belles oeuvres longtemps rêvées professent un certain mépris pour la conversation, commerce où l'esprit s'amoindrit en se monnayant, dit la fière Nègrepelisse qui eut encore le courage de défendre Lucien, moins pour Lucien que pour elle-même.
    -Je vous accorde volontiers ceci, reprit le baron, mais nous vivons avec les personnes et non avec les livres.
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  • Par Zabou, le 26 juillet 2010

    Lorsque l'union des âmes a été parfaite comme elle le fut au début de la vie entre Ève et Lucien, toute atteinte à ce beau idéal du sentiment est mortelle. Là où des scélérats se raccommodent après des coups de poignard, les amoureux se brouillent irrévocablement pour un regard, pour un mot. Dans ce souvenir de la quasi-perfection de la vie du coeur se trouve le secret de séparations souvent inexplicables. On peut vivre avec une défiance au coeur, alors que le passé n'offre pas le tableau d'une affection pure et sans nuages ; mais, pour deux êtres autrefois parfaitement unis, la vie, quand le regard, la parole exigent des précautions, devient insupportable.
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