Note moyenne : 3.75/5 (sur 24 notes)
Le Chevalier des touches2Ajouter à mes livres
Le Chevalier des Touches est cruel dans sa vengeance.
Egalement, lors de la première expédition des Douze, à Avranches, on apprend que la Hocson, la gardienne de prison, a perdu son fils dans d'atroces conditions, «non pas tué au combat, mais après le co... > voir plus
Résistance et insoumission. J'ignorais tout de cet auteur jusqu'à il y a peu. Bien décidé à entreprendre l'oeuvre, le hasard m'a mis dans les mains ce livre. Dès les premières pages j'ai bien senti que j'abordais quelque chose qui allait m'emmener plus loin qu'un simple plaisir de lecture. Barbey d'Aurevilly a cet indéniable talent de pouvoir en quelques mots bien choisis et placés de planter un décor, une ambiance, un fait d'arme. Comment ne pas tomber sous le charme de ces descriptions de cette ville de Normandie pluvieuse et ténébreuse. le conciliabule, au coin du feu de ces vieillards, qui fait la trame du roman vaut à lui seul la lecture. Les descriptions des visages, des tempéraments pénètrent le lecteur et impriment une ambiance qui enveloppe le récit d'un charme envoûtant. J'ai eu le sentiment d'être au carrefour de la littérature. Est-ce Jules qui emprunte ou tous les autres qui se sont inspirés de lui ? Je l'ignore, mais il est certain que cet auteur trop peu connu, à mon sens, mérite toute notre attention. On peut lire ce livre de plusieurs manières, roman historique, roman d'aventures, roman de résistance. Car on sent bien dès le début que ces vieillards vont nous enseigner qu'ils sont les témoins d'un passé héroïque mais révolu. Que l'histoire en marche a écrasé ces résistants qui ont lutté pour des idées qui n'ont pas triomphé. Roman sur la fidélité d'un groupe à un homme, d'un peuple à son histoire, fidélité à son roi jusqu'à la mort. Oui décidément un beau livre, une belle leçon de courage et d'amour.
Habitant la Normandie, je me devais de lire cet auteur. J'ai bcp aimé la langue maniérée et flamboyante, assez viellote qui dépeint de façon colorée les personnages, les situations et les lieux.
Les yeux de l’abbé de Percy n’étaient pas des yeux : c’étaient deux petits trous ronds, sans sourcils, sans paupière, et la prunelle de ce bleu, impatientant à regarder (tant il était vif !), était si disproportionnée et si large que ce n’était pas l’orbe de la prunelle qui tournait sur le blanc de l’œil, mais la lumière qui faisait une perpétuelle et rapide rotation sur les facettes de saphir de ces yeux de lynx… Les verra-t-on d’ici, ces yeux-là ?… Mais quand on les avait vus en réalité, on ne pouvait plus les oublier.