Heinrich Böll est l'écrivain le plus connu et le plus représentatif de l' Allemagne de l'après-guerre (Allemagne de l'Ouest) et a occupé dans la littérature allemande d'après-guerre une place comparable à celle de Camus ou
Sartre en France, par ses succès et aussi par son influence.
Le roman a été publié en 1974, et s'inscrit dans le contexte de l'époque : au début des années 70, l'Allemagne fédérale connaît une vague de terrorisme menée par la RAF, Fraction Armée Rouge, qui va conduire l'Etat allemand à réagir en traquant les terroristes.
Heinrich Böll manifeste son inquiétude sur les dérives au niveau des libertés individuelles et surtout il tient à protester contre les excès d'un certain type de presse .
L'action se déroule sur quatre jours, avec des retours en arrière. Au début un fait divers : le meurtre d'un journaliste par une employée de maison ; Katarina Blum.
Le narrateur reconstitue la genèse du meurtre et réalise une enquête à partir des témoignages des proches, amis, employeurs, ainsi que des procès-verbaux d'interrogatoires.
Au fil de l'enquête, on découvre que la meurtrière a été la victime d'un journaliste sans scrupules qui invente de toutes pièces un complot terroriste dont elle serait l'instigatrice, aux fins de satisfaire un public en quête de sensationnel.
Un roman dur, que beaucoup considèrent comme la meilleure satire politique et sociale de l'Allemagne d'après-guerre.
Un sujet intemporel : la manipulation de l'opinion publique par un certain type de presse.
Un tableau très documenté sur l'Allemagne de l'après-guerre.