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ISBN : 2070363597
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 74 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le chauffeur n'avait plus le loisir de ralentir...
Immobile, le ventre à toucher le capot, les pieds joints, fouquet enveloppa d'un mouvement caressant la carrosserie de la voiture qui filait contre lui ; un instant, il donna l'impression qu'il allait abandonner ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par gill, le 22 novembre 2012

    gill
    Albert Quentin ne descendra plus le Yang-Tsé-Kiang une nuit sur deux.
    Il a commencé à sucer des bonbons, quelques temps après qu'il eut décidé de cesser de boire, et a dû, les premiers temps se cramponner à son bureau de la réception, surtout quand l'heure de l'apéritif ramenait les hommes au Stella, l'hôtel-restaurant qu'il tient avec Suzanne, sa femme.
    A la suite d'un bombardement meurtrier, en 1944, sur la petite ville normande de Tigreville, il a joué sa destinée dans un serment d'ivrogne : "Si je rentre dans mon hôtel, si Suzanne à la tombée du jour rallume l'enseigne..."
    Lorsque dix ans plus tard, sa soif calmée, le café a périclité, les affaires de l'hôtel marchent plutôt bien.
    Gabriel Fouquet vient de Paris et s'installe à l'hôtel.
    Il est venu voir sa fille, en pension à Tigreville, qu'il veut ramener à Paris et, chaque soir, boit plus que mesure, noyant sa détresse d'avoir manqué son mariage et sa vie de père, d'avoir gâché irrémédiablement son destin.
    Le couple d'hôteliers le prend en amitié et s'inquiète pour lui, jusqu'à ce moment où Albert, oubliant son fameux serment, prenne avec lui une cuite fameuse dont Tigreville se souviendra toujours...
    Ce roman est une fiction puissante et délicate à la fois, truculente et fine. le talent d'Antoine Blondin fait de ce récit une histoire sensible et humaine où se rencontrent deux colosses pleins de trop de vie et qui pourtant, fragiles, sont égarés dans la vie, comme ces singes qui en Orient, désemparés par les grands froids, descendent jusqu'à la ville....
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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 14 décembre 2011

    lecassin
    "Un singe en hiver", est, pour ma part, le summum de l'œuvre… Celui après quoi tout semble fade. Et puis : qui n'a pas lu « Un singe en hiver » l'a forcement vu ; adapté au cinéma par Henri Verneuil avec Jean Gabin, Jean Paul Belmondo et Noël Roquevert. le thème : la tentation alcoolique.
    Albert Quentin est un vieux buveur repenti, fidèle à son serment de renoncer à l'alcool (qui le transportait régulièrement dans son bateau descendant le fleuve jaune) si par bonheur il réchappe au bombardement particulièrement intense de ce 13 juillet 1944 sur Tigreville.
    C'est le cas. Tout en respectant son serment, il vit paisiblement aux cotés de son épouse dans son hôtel, le Stella, sur la côte Normande quand…
    Quand Gabriel Fouquet « débarque », lui-même alcoolique, en mal tendresse, à la recherche d'un regard de la part de sa fille interne dans un pensionnat de la ville. Fouquet, à l'instar de Quentin jeune, c'est un aristocrate de la chopine, un artiste. Point de Yang-tse Kiang, pour ce qui le concerne… mais l'Espagne, la corrida, le flamenco. Quentin tiendra-t-il ?
    D'aucuns prétendent qu'Antoine Blondin ne s'est pas beaucoup fatigué pour imaginer les « espagnolades » de Fouquet, lui qui toréait les autos à l'aide de son veston en guise de muleta. Il reste qu'« Un singe en hiver » sent vraiment le vécu et l'auteur y développe une thèse qui n'appartient qu'à lui en matière d'alcoolisme : il y a ceux qui ont le vin petit, la cuite mesquine, bref, ceux qui ne méritent pas de boire… et les autres, plus rares, les artistes : ceux que l'alcool transfigure et transporte dans leur imaginaire obsessionnel.
    Pour Blondin, foin des petits, des mesquins, avec Quentin et Fouquet, on est dans le haut de gamme, dans la haute picole - comme il y a une haute couture -, épique, noble, artistique … Ici, Monsieur, on n'est pas bourré, on est ivre, on n'est pas puéril, on est ardent.
    Un chef d'œuvre.
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    • Livres 5.00/5
    Par herveGAUTIER, le 26 juillet 2014

    herveGAUTIER
    N°769 – Juillet 2014.
    UN SINGE EN HIVER – Antoine Blondin- Adaptation cinématographique d'Henri Verneuil (1962).
    A quoi ça tient les serments d'ivrogne ! Albert Quentin, patron d'un hôtel-restaurant, ancien fusilier-marin en Chine pendant son service militaire a promis, pendant le bombardement de 1944 de Tigreville, une petite station balnéaire de la côte normande, de ne plus boire s'il en réchappait. C'était l'époque ou le service militaire était une période incontournable, un rituel initiatique. Si on ne l'avait pas fait on n'était pas un homme, c'est à tout le moins ce qu'on disait ! Quentin en a la nostalgie parce que ces années se confondaient avec l'alcool. Quentin est un homme de parole et il mène une vie tranquille aux côtés de Suzanne, sa femme, c'est à dire un quotidien dédié au régime sec, et ce pendant quinze ans. Il déserte même le café de son voisin. Mais voilà qu'un jeune publicitaire, Gabriel Fouquet, débarque un beau jour et s’installe dans l'hôtel de Quentin. Lui, il boit pour oublier l'échec de sa vie sentimentale avec Claire et l'alcool le transporte en Espagne où vit son amie, chacun son voyage ! Et d'ailleurs il vient à Tigreville voir sa fille, pensionnaire dans une institution. L'Espagne, il en rêve au point de parler aux incrédules clients du café de son soleil, de son flamenco, de ses taureaux et, joignant le geste à la parole va jusqu'à interrompre la circulation de cette petite ville en transformant la rue principale en arène. Sauf que, pour lui, les voitures sont autant de taureaux, ce qui déplaît à la maréchaussée. Pour Quentin, c'est le signal qu'il attendait depuis longtemps, il reconnaît en Fouquet un compagnon qui comme lui n'a « ni le vin petit ni la cuite mesquine », le délivre de la perspective d'une nuit passée en cellule de dégrisement et nos deux compères s'en vont arroser cela dans un bar un peu louche qui surplombe la ville « Les gastronomes disent que c'est une maison de passe et les vicelards un restaurant chinois. », indique-t-il en guide averti. Ils connaîtront ensemble deux jours d'ivresse conclus par un mémorable feux d'artifice improvisé sur la plage pour lequel Landru, un commerçant local, s'associe à eux pour lui aussi s'offrir son quart d'heure colonial.
    Après cette « nuit d'ivresse » qu'ils illustrent en chantant la fameuse chanson « Nuit de Chine », ils reprendront chacun leur vie d'avant, Quentin en rentrant à l’hôtel et en allant, comme chaque année visiter la tombe de son père, Fouquet en emmenant avec lui sa fille. Dans le train qui les emmène vers leur destination respective, la petite demande à Quentin de lui raconter une histoire avant de prendre sa correspondance. Un peu tristement il conclut « En Chine, quand les grands froids arrivent, dans toutes les rues des villes, on trouve des tas de petits singes égarés sans père ni mère. On sait pas s'ils sont venus là par curiosité ou bien par peur de l'hiver, mais comme tous les gens là-bas croient que même les singes ont une âme, ils donnent tout ce qu'ils ont pour qu'on les ramène dans leur forêt, pour qu'ils trouvent leurs habitudes, leurs amis. C'est pour ça qu'on trouve des trains pleins de petits singes qui remontent vers la jungle ».
    Je revois toujours ce film avec plaisir et émotion à cause du jeu des acteurs mais aussi des somptueux dialogues de Michel Audiard.
    ©Hervé GAUTIER – Juillet 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com

    Lien : http://hervegautier.e-monsite.com
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    • Livres 4.00/5
    Par UnCahierBleu, le 10 mars 2013

    UnCahierBleu
    Un singe en hiver est l'histoire d'une rencontre entre deux hommes qui pourraient être père et fils. Quentin reconnaît en Fouquet celui qu'il a été avant de faire à sa femme la promesse de ne plus jamais boire. Ils se lient tous les deux d'amitié. Fouquet, qui semble débarquer de nulle part, rappelle à Quentin les singes égarés qu'il a vus lors de ses voyages en Chine :
    Fouquet et Quentin semblent tous deux traîner le même mal de vivre. Ils cherchent dans l'alcool un refuge, une porte ouverte sur l'imaginaire. C'est un alcoolisme plutôt festif, qui conduit vers des voyages réinventés, qui « introduit une dimension supplémentaire dans l'existence », « une sorte d'embellie », et qui donne toutes les audaces, comme celle de faire éclater dans les cieux de Tigreville encore marqués par les bombardements de la Seconde guerre mondiale le plus beau des feux d'artifice improvisés. Mais c'est aussi un alcoolisme parfois douloureux, surtout pour les femmes qui vivent à leurs côtés.
    A Tigreville, Fouquet est venu voir sa fille, mais il ne sait pas comment l'aborder. Alors qu'il l'observe à son insu, il la devine menacée par un chagrin d'amour dont il voudrait la protéger. Ces pages sur ce père qui ne sait pas bien comment jouer son rôle, mais qui regarde sa fille avec infiniment de tendresse, sont parmi les plus belles et les plus touchantes du roman.
    Le style de Blondin est superbe. Son roman se lit en souriant avec les larmes aux yeux, tant il déborde à la fois de mal de vivre et de désir de vivre. Mais je vous rassure, c'est le désir de vivre qui l'emporte à la fin. Et on sort de cette lecture regonflé à bloc, mais avec quand même besoin d'un petit verre…

    Lien : http://uncahierbleu.wordpress.com/2012/11/11/un-singe-en-hiver-antoi..
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    • Livres 5.00/5
    Par Store, le 05 octobre 2014

    Store
    Blondin, c'est une plume.
    L'assurance de l'émerveillement, une lecture qui laisse baba tant les bons mots, les phrases qu'on pourraient qualifier de punchline se multiplient. Mais ce serait réducteur tant tout fait sens, tant le style ne se limite justement pas à étirer les mirettes, ne se contente pas de faire sourire. le phrasé est toujours accompagné d'une image, il renvoie, il signifie.
    Ce style justement, inimitable sert un ton, si particulier, un soupçon tragi-comique, une lecture qui touche énormément.
    Ps: le film est tout autant à conseiller que le roman.
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Critiques presse (1)


  • Liberation , le 14 juin 2011
    Blondin le stendhalien y distribue ses doubles, à Paris, en Normandie, en Charente, comme des cailloux sur un chemin qui le ramène toujours au lieu perdu de son enfance.
    Lire la critique sur le site : Liberation

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Citations et extraits

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  • Par tamara29, le 20 janvier 2013

    Sait-on jamais ce que c’est. Ce va-et-vient aux abîmes est un trajet solitaire. Ceux qui remontent de ces gouffres se sont cherchés sans se rejoindre. Seule, la cruauté du jour rassemble leur troupeau errant. Ils renaissent douloureusement et se retournent : la nuit a effacé la trace de leur pas. Les ivresses, si contagieuses, sont incommunicables.

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  • Par gill, le 10 octobre 2012

    "Raconte-moi une histoire", demanda-t-elle en se blottissant un peu.
    Fouquet ne savait pas d'histoire.
    "Inventes-en une. Tu le faisais quand j'étais jeune" insista-t-elle comiquement.
    C'est alors qu'il lui raconta celle du singe en hiver.
    "Elle est vraie, dit-il, mon ami de tout à l'heure me l'a apprise, il n'y a pas longtemps : aux Indes, ou en Chine, quand arrivent les premiers froids, on trouve un peu partout des petits singes égarés là où ils n'ont rien à faire.
    Ils sont arrivés là par curiosité, par peur ou par dégoût. Alors, comme les habitants croient que même les singes ont une âme, ils donnent de l'argent pour qu'on les ramène dans leurs forêts natales où ils ont leurs habitudes et leurs amis.
    Et des trains remplis d'animaux remontent vers la jungle.
    - Il en a vu des singes comme cela ?
    - Je crois bien qu'il en a vu au moins un.
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  • Par eternel, le 03 octobre 2011

    En revanche ,à ta place je m'inquiéterais d'avoir un mari qui vient de découvrir que tout ce qui était rassurant était ennuyeux, comme ces souvenirs qui nous entourent, dont on ne peut rien retrancher, auxquels on ne peut rien ajouter, parmi lesquels nous allons bientôt prendre la pose à notre tour ; car nous arrivons à la dernière étape denotre vie...

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  • Par Dejonghe, le 13 février 2014

    Si quelque chose devait me manquer, ce ne serait pas le vin mais l'ivresse. Comprends-moi : des ivrognes vous ne connaissez que les malades, ceux qui vomissent, et le brutes, ceux qui recherchent l'agression à tout prix; il y a aussi les princes incognito qu'on devine sans parvenir à les identifier. Ils sont semblables à l'assassin du fameux crime parfait, dont on ne parle que lorsqu'il est raté. Ceux-ci, l'opinion ne les soupçonne même pas; ils sont capables des plus beaux compliments ou des plus vives injures; ils sont entourés de ténèbres et d'éclairs; ce sont des funambules persuadés qu'ils continuent de s'avancer sur le fil alors qu'ils l'ont déjà quitté, provoquant les cris d'admiration ou d'effroi qui peuvent les relancer ou précipiter leur chute; pour eux, la boisson introduit une dimension supplémentaire dans l'existence, surtout s'il s'agit d'un pauvre bougre d'aubergiste comme moi, une sorte d'embellie, dont tu ne dois pas te sentir exclue d'ailleurs, et qui n'est sans doute qu'une illusion, mais une illusion dirigée...
    Voilà ce que je pourrais regretter. Tu vas imaginer que je fais l'éloge de l'ivresse parce que Fouquet traverse une mauvaise passe actuellement et que ce garçon me plaît bien, en cela tu aurais raison pour une bonne part; autrement, je ne me permettrais pas d'agiter ce spectre devant toi, que j'ai tant tourmentée autrefois et qui m'as entouré d'une façon si vaillante.
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  • Par lecassin, le 14 décembre 2011

    Une nuit sur deux, Quentin Albert descendait le Yang-tsé-Kiang dans son lit-bateau : trois mille kilomètres jusqu'à l'estuaire, vingt -six jours de rivière quand on ne rencontrait pas les pirates, double ration d'alcool de riz si l'équipage indigène négligeait de se mutiner. Autant dire qu'il n'y avait pas de temps à perdre.

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