ISBN : 2844180663
Éditeur : La Part Commune (2004)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Le Désespéré est à la fois une autobiographie romancée et un prétexte à méditations lyriques et mystiques. Le héros Caïn Marchenoir y raconte sa vie avec Véronique. L'histoire est librement inspirée de la vie de Léon Bloy qui se révèle un romancier singulier : les événe... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par Alcapone, le 17 janvier 2012

    Alcapone
    Celui que Léon Bloy a choisi comme héros pour son roman Le désespéré est un jeune écrivain accablé par l'infortune. Marchenoir ainsi qu'il se prénomme, possède une plume redoutable que tous les journalistes de ce Paris fin de siècle (19e) craignent. Bravant les codes de la littérature à la mode de l'époque, cet insoumis ne jure que par la vérité mais à quel prix ? Quitte à braver la médiocrité des grands de ce monde, Marchenoir terrorise ses adversaires par sa plume virulente. On le méprise pour sa pauvreté mais on le craint pour son esprit. Marchenoir veut écrire l'oeuvre de sa vie. Mais la pauvreté, cette tare que même la religion n'a pas réussi à rendre respectable, est sa plus grande calamité ("Indicutablement, la Pauvreté est le plus énorme des crimes, et le seul qu'aucune circonstance ne saurait atténuer aux yeux d'un juge équitable. (...) Aussi, le genre humain ne s'y est jamais trompé, et l'infaillible instinct de tous les peuples, en n'importe quel lieu de la terre, a toujours frappé d'une identiqueréprobation les titulaires de la guenille et du ventre creux."p. 420) Contraint de mendier auprès de ces gens qu'il abhorre, Marchenoir s'abandonne à un amour impossible pour la belle Véronique. Cette femme autrefois dite La Ventouse, était une prostituée dont les armes ont anéantis plus d'une volonté. de leur rencontre par une nuit glaciale, naît une relation insensée qui transforme la belle en une dévote religieuse des plus fanatiques. Refusant tout d'abord cette idylle impossible, Marchenoir stimule à son insu chez la jeune femme, une dévotion et un sens du sacrifice frisant la folie...
    S'il est un passage qui doit décrire Le désespéré, le voici : "Il y a en moi un instinct de révolte si sauvage que rien n'a pu le dompter. J'ai fini par renoncer à l'expulsion de cette bête féroce et je m'arrange pour n'en être pas dévoré. Que puis-je faire de plus ? Les uns lui font la guerre, les autres lui font l'amour. Il parait que je suis très fort, comme vous le dites, puisque j'ai été honoré de la compagnie habituelle du roi des monstres : le Désespoir." p.177.
    Publié en 1886, ce premier roman de Léon Bloy est plus un prétexte pour le célèbre pamphlétaire de critiquer la société, que d'écrire un roman autobiographique mais on y retrouve tout de même des éléments de sa biographie mêlés à des pensées. le récit est entrecoupé de passages incendiaires sur différents sujets. Tout le monde en prend pour son grade et l'homme ne mâche pas ses mots. Brûlant par-ci, lapidant par là, Léon Bloy, réputé pour sa virulence, n'en finit pas d'assassiner ses contemporains. A bas les Victor Hugo, les Baudelaires et autres Mallarmé ! Cette poésie qu'il juge mièvre n'est pas digne que l'on s'y noie avec mélancolie. Seuls Barbey d'Aurevilly et Villiers d'Adam gardent grâce à ses yeux. A bas les religieux et leur foi ! Seule compte la Foi Absolue, celle qui appartient aux vrais chrétiens. Tombant parfois dans le mysticisme, l'homme clame son dégoût de cette société où tout n'est que "boue". Il lacère, il éviscère les hommes de son temps, les met à nu, les écorche verbalement. Rien n'échappe à sa plume meurtrière. Et quelle plume ! Si l'homme a tendance à digresser, sa faconde éblouit et parfois épuise par sa grandiloquence. le roman abonde de métaphores religieuses et scatologiques parfois difficile à saisir, mais si l'on parvient à passer le cap, alors quelle expérience ! Pour preuve, voici comment l'auteur envisage le "hasard" : "A ses yeux, le mot Hasard était un intolérable blasphème qu'il s'étonnait toujours, malgré l'expérience de son mépris, de rencontrer dans les bouches soit-disant chrétiennes (...). Alors moi, catholique, je lui crache à la figure, à ce rival de mon Christ (...)." p.164. A travers les mots de Marchenoir, voici encore comment il se décrit : "Si je profane les puants ciboires qui sont les vases sacrés de la religion démocratique, je dois bien compter qu'on me les retournera sur ma tête, et les rares esprits qui se réjouiront de mon audace ne s'armeront, assurément pas, pour me défendre. Je combattrai seul, et je succomberai seul, et ma belle sainte priera pour le repos de mon âme, voilà tout... Peut-être aussi, ne succomberais-je pas. Les téméraires ont été, quelques fois, les victorieux." p.181. L'écriture de Bloy est si volubile et imagée que la lecture de ce roman peut s'avérer éprouvante mais c'est toujours enrichissant que de se frotter à de tels esprits. Et bien que Le désespéré de Bloy dérange, énerve, fatigue, tourmente, il suscite malgré tout la curiosité...

    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.com/2012/01/le-desespere..
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    • Livres 4.00/5
    Par Tibere, le 26 janvier 2012

    Tibere
    Véhémence, ressentiment et frustration. le miroir à l'envers d'un Chateaubriand catholique heureux. Mais quelle plume!
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  • Par lauravanelcoytte, le 27 juin 2010

    lauravanelcoytte
    Langue de Bloy
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Citations et extraits

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  • Par Prigent, le 03 août 2010

    Je regarde l'état de comédien comme la honte des hontes. J'ai là-dessus les idées les plus centenaires et les plus absolues. La vocation du théâtre est, à mes yeux, la plus basse des misères de ce monde abject et la sodomie passive est, je crois, un peu moins infâme. Le bardache, même vénal, est, du moins, forcé de restreindre, chaque fois, son stupre à la cohabitation d'un seul et peut garder encore - au fond de son ignominie effroyable, - la liberté d'un certain choix. Le comédien s'abandonne, sans choix, à la multitude, et son industrie n'est pas moins ignoble, puisque c'est son corps qui est l'instrument du plaisir donné par son art.
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  • Par Prigent, le 03 août 2010

    Les catholiques modernes, monstrueusement engendrés de Manrèze et de Port-Royal, sont devenus, en France, un groupe si fétide que, par comparaison, la mofette maçonnique ou anticléricale donne presque la sensation d'une paradisiaque buée de parfums, et Dieu sait pourtant que, de ce côté-là, les intelligences et les coeurs n'ont plus grand'chose à recevoir, maintenant, pour leur porcine réintégration, de l'animale Circé matérialiste !
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  • Par Alcapone, le 17 janvier 2012

    Je taille mes projectiles avec le plus d'art que je puis et, je me ruine à choisir, pour cet usage, les plus dispendieuses matières. L'un de mes rêves est d'être un joailler de malédictions. p.355
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  • Par Prigent, le 03 août 2010

    Le christianisme, qui n'avait su ni vaincre ni mourir, fit alors comme tous les conquis. Il reçut la loi et paya l'impôt. Pour subsister, il se fit agréable, huileux et tiède. Silencieusement, il se coula par le trou des serrures, s'infiltra dans les boiseries, obtint d'être utilisé comme essence onctueuse pour donner du jeu aux institutions et devint ainsi un condiment subalterne, que tout cuisinier politique put employer ou rejeter à sa convenance. On eut le spectacle, inattendu et délicieux, d'un christianisme converti à l'idolâtrie païenne, esclave respectueux des conculcateurs du Pauvre, et souriant acolyte des phallophores.
    Miraculeusement édulcoré, l'acsétisme ancien s'assimila tous les sucres et tous les onguents pour se faire pardonner de ne pas être précisément la volupté, et devint, dans une religion de tolérance, cette chose plausible qu'on pourrait nommer le catinisme de la piété.
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  • Par Prigent, le 03 juillet 2010

    Attendre cinquante siècles à la marge enluminée d'un livre d'heures saturé de poésie, comme un de ces expectants patriarches, au sourire fidèle, qui regardent sempiternellement pousser des cèdres sortis de leur ventre, passe encore.
    Mais attendre sur un trottoir venu de Sodome, en plein milieu de la retape électorale, dans le voisinage immédiat de l'Américain ou de Tortoni, avec la crainte ridicule de mettre le pied dans la figure d'un premier ministre ou d'un chroniqueur, c'est décidément au-dessus des forces d'un homme !
    C'est pourquoi tout ce qui a quelque quantité virile, depuis une trentaine d'années, se précipite éperdument au désespoir. Cela fait toute une littérature qui est véritablement une lilttérature de désespérés. C'est comme une loi toute despotique à laquelle il ne semble pas qu'aucun plausible poète puisse désormais échapper.
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Michel Houellebecq 2
Au lendemain du Goncourt, sa caméra sous le bras, Joseph Vebret est retourné voir Michel Houellebecq pour www.BibliObs.com. Il revient ici sur le «choc physique» éprouvé dans la cohue chez Drouant, sur son «envie de se radicaliser», et sur la «ligne hyperchiante qu'il s'était fixée» pour écrire ses premiers livres. S'est-il assagi? Se considère-t-il comme un sociologue? L'auteur de «la Carte et le territoire» répond dans cette «Causerie littéraire» où il est encore question de Léon Bloy et de style, dont l'intégralité sera à lire dans le n°27 du «Magazine des livres» (en kiosque le 20 novembre)








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