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ISBN : 2714455794
Éditeur : Belfond (2013)


Note moyenne : 3.54/5 (sur 164 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Une maternité. Chaque porte ouvre sur l'expérience singulière d'une femme tout juste accouchée. Sensible, vulnérable, Béatrice, qui travaille là, reçoit de plein fouet ces moments extrêmes.

Les chambres 2 et 4 ou encore 7 et 12 ravivent son passé de danse... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par marina53, le 25 mars 2014

    marina53
    Comme tous les matins, Béatrice enfile sa blouse rose. Auxiliaire de puéricultrice, elle a délaissé sa vie d'avant. Sa vie de danseuse, sa vie de bohème, sa vie avec Gabor, son mari violoniste, ses amis Paolo, le batteur, Pierre et Pierre, un couple homosexuels travestis, ses voyages à travers l'Europe au gré des dates de concert, l'insouciance, la vie au jour le jour, le public en admiration devant son corps nu et harmonieux se déhanchant au rythme de la musique, laissant entrevoir tout le bonheur, l'amour et la sensualité qu'il dégage. Mais, les aléas de la vie font qu'elle a tout quitté pour se «ranger». Dans son travail, elle n'est pas épanouie, elle déprime, elle ne dort plus, elle vit seule et ne supporte pas les conversations de ses collègues. Chaque jour, elle doit faire face à la détresse, au désarroi, à la tristesse, à la peur ou la joie de ces mamans mais aussi à la mort. Elle vit intensément et profondément le vécu et le ressenti de ces femmes. Ce métier qu'elle n'a pas choisi la ramène immanquablement à sa propre histoire.
    Julie Bonnie explore le corps humain intimement. de sa vie de danseuse nue, épanouie, sans complexe, libre avec et dans son corps, Béatrice entrevoit tout autrement le corps et est confrontée à une autre nudité. Entre les fausses-couches et les césariennes, on se balade de chambre en chambre, on compatit, on souffre ou l'on s'insurge. Alternant le passé tumultueux et terriblement vivant de Béatrice et ses journées dans la clinique où elle se sent à la fois prisonnière et désarmée, Julie Bonnie nous livre un roman des plus intimes, émouvant et poignant et met en avant cet objet de désir, sexuel, de dégoût, de plaisir, de malheur, d'enfantement, à la fois fort ou fragile, docile ou indomptable.
    Chambre 2... entrez sur la pointe des pieds...
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    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 10 décembre 2013

    canel
    Aujourd'hui, Béatrice est auxiliaire de puériculture dans une maternité. Ce boulot lui pèse : l'ambiance entre collègues, la douleur des femmes lorsque "ça" se passe mal - vraiment mal ou lorsqu'elle-même le ressent comme tel et noircit le tableau. Et puis Béatrice vit seule, ou quasi, elle est insomniaque, déprimée, épuisée.
    Hier, Béatrice était danseuse, merveilleuse, heureuse, amoureuse. Une vie tourbillonnante et éblouissante parmi une joyeuse troupe de saltimbanques. Musique, jeunesse, rire, fête. De vrais amis, un mari et des enfants formidables avec elle sur les routes.
    La narration alterne entre ces deux périodes de la vie de Béatrice. Nostalgie des belles années vs malaise présent. Soleil vs ombre. Energie et bonheur vs fatigue et désespoir.
    Sentiments très divers et contradictoires en lisant ce livre et après l'avoir refermé.
    Beaucoup de réflexions intéressantes sur la féminité, la maternité (accouchement, allaitement, blues post-partum...), le deuil, mais aussi sur l'environnement professionnel.
    Des moments magnifiques, intenses, bouleversants.
    Et puis, hélas, des tournures et 'postures' affectées, artificielles et déjà tellement vues/lues, plus particulièrement sur les moments heureux.
    Un beau livre émouvant, quoi qu'il en soit. J'en retiendrai au moins cette expression "enfant né mort", tellement plus évocatrice que le terme officiel "enfant mort-né"...
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    • Livres 3.00/5
    Par bilodoh, le 28 février 2014

    bilodoh
    C'est difficile d'affronter la réalité de la dépression ou de la maladie mentale, parce qu'on y reconnait souvent une part de soi-même. Oui, la maternité et le travail à l'hôpital, ce n'est pas toujours facile et toutes connaissent un jour ou l'autre des moments de découragement.

    Pour l'auxiliaire de puériculture Béatrice, c'est plus grave, elle est dépressive, elle ne dort plus et elle voit tout en noir. Elle ne perçoit plus autour d'elle que les malheurs, les femmes qui souffrent et pour qui l'enfantement est un drame. Pas de place pour les femmes ordinaires, elle raconte un concentré d'enfants qui meurent, de mères accablées ou indifférentes et de pères absents.

    Des bribes de son passé expliquent que Béatrice était autrefois danseuse qui a vécu son corps librement et avec intensité. Elle ressent avec le même excès la souffrance des corps malmenés par l'accouchement, la césarienne ou les règles strictes du milieu hospitalier. Elle éprouve aussi une grande solitude, car elle a vécu le rejet social et se sent toujours mal à l'aise dans la rigueur de sa blouse rose et dans ses rapports avec ses collègues. Ajoutez à cela un milieu de travail stressant, côtoyant la vie et la mort, et nous avons un portrait très sombre de la maternité.

    Un court roman, touchant de vulnérabilité, où transpire la détresse de la dépression.
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    • Livres 4.00/5
    Par Sando, le 06 septembre 2013

    Sando
    Béatrice est auxiliaire de puériculture. Chaque jour, elle lutte contre la révolte et le mal-être qui la rongent depuis qu'elle doit revêtir cette blouse rose, trop étriquée pour elle, et côtoyer le désarroi et la détresse de jeunes mères bien souvent dépassées après leur accouchement. Car, si les instants de bonheur pur réchauffent le cœur, cette ancienne danseuse assiste également chaque jour à des drames intimes : bébés morts nés, dénis de grossesse, malformations, instincts maternels qui ne se réveillent pas, mères qui culpabilisent et tombent dans la dépression… Autant de souffrances qu'elle doit affronter avec professionnalisme et distance, pour ne pas être elle-même submergée, alors que son cœur crie à l'intérieur… Mais comment devenir hermétique à la douleur des autres quand on est une femme passionnée et vulnérable ?
    Avec ce premier roman, Julie Bonnie nous offre un texte criant de réalisme, éblouissant par sa force et sa justesse. On navigue sans cesse entre le passé bohème de cette jeune danseuse, éprise de liberté, qui passera plusieurs années sur les routes avec sa troupe d'artistes, et son quotidien oppressant, à l'opposé de ce dont elle a toujours rêvé, où l'on découvre ce qui se cache derrière ses portes des chambres de la maternité que l'on ouvre l'une après l'autre… le corps est au centre du récit, corps libéré, épanoui, artistique, ou au contraire, corps souffrant, déformé, rejeté. Que dire de plus si ce n'est que ce texte m'a émue aux larmes, m'a bouleversée par sa maturité, sa beauté et la sincérité qui s'en dégage. Un premier roman magnifique qu'il serait vraiment dommage de manquer !
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    • Livres 4.00/5
    Par nastie92, le 03 mars 2014

    nastie92
    Julie Bonnie nous invite à une promenade dans une maternité.
    Béatrice y travaille et nous emmène avec elle de chambre en chambre, d'histoire en histoire, de drame en drame. Car Béatrice voit surtout les histoires dramatiques. Comme si elle n'entrait que dans les chambres dans lesquelles se jouaient des choses terribles, comme si elle évitait soigneusement celles des histoires heureuses. Mais peut-être est-ce elle, Béatrice, qui voit tout à travers un prisme déformant, qui ne lui fait voir que le côté sombre de chaque aventure qu'est une naissance ?
    Car Béatrice n'a pas été gâtée par la vie, loin de là. Alors comment fait-elle cette écorchée vive pour tenir dans son travail ? C'est la question que je me suis posée, de façon de plus en plus insistante au fil des pages. Difficile d'être quotidiennement confrontée à toutes ces naissances, à ces couples, à ces histoires qui la renvoient sans arrêt à sa propre histoire, à sa propre expérience de la maternité, à sa vie d'autrefois, à ses blessures, à ses fêlures.
    J'ai beaucoup apprécié cette lecture, ces observations si justes et sensibles autour de la naissance. Bien sûr, Julie Bonnie ne nous montre que le côté obscur, mais c'est un choix, et son livre est très cohérent.
    Pour voir le côté lumineux, il y a d'autres ouvrages, comme par exemple "Lettre à une mère" de René Frydman.
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Critiques presse (3)


  • Lhumanite , le 18 novembre 2013
    Elle a un grand appétit de vivre et écrit avec sincérité. Julie Bonnie, qui est aussi chanteuse, violoniste et guitariste, a des mots comme tout le monde, mais, chez elle, ils sont catapultés.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • LeMonde , le 02 septembre 2013
    C'est un livre de deuils et de renaissances. Un hymne heurté, d'une grâcieuse simplicité, aux inadaptés, à ceux qui se relèvent difficilement d'avoir connu le malheur ou le bonheur, et qui doivent pourtant avancer.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LaLibreBelgique , le 27 août 2013
    Un roman charnel, hommage touchant au corps des femmes
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique

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Citations et extraits

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  • Par Juin, le 22 août 2014

    Elle a un sourire magnifique. Francesca ne supporte pas l'injustice, ou l'hypocrisie.
    Elle, elle ne se tait jamais.
    A tel point d'ailleurs qu'elle est toujours en colère. Ses yeux virent au noir, elle regarde ses sabots, et quand elle relève la tête c'est un orage qui s'abat sur le monde. Cette fille a l'énergie de la tempête. Et ses couleurs.
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  • Par canel, le 08 décembre 2013

    Je voulais être danseuse. Je crois que ce qui m'importait le plus, à l'époque, c'était qu'on me regarde. Je passais des heures devant la glace, touchant mes hanches, attrapant mes seins. Je maîtrisais à merveille toutes les moues sexy des actrices qui paradaient sur les cartes postales en noir et blanc épinglées sur mon mur. J'étais Bardot, j'étais Monroe. Je me trouvais aussi belle qu'elles, et mon avenir était tout tracé. Danseuse, puis actrice. Je danserais, puis je serais repérée, puis je serais adulée et malheureuse et je mourrais. (...)
    Montrer mon corps, que je trouvais sublime, est devenu, à cette époque, un besoin, une urgence. Oui, j'étais celle qui finit nue sur la table quand la musique est trop belle. J'étais une Marilyn de province, prête à tout montrer à chaque instant pour être "repérée", pour qu'on me regarde.
    (p. 29-30)
    [aux jeunes filles/femmes qui rêvent de gloire et se brûlent les ailes]
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  • Par RAMSES1967, le 24 juillet 2013

    Tous les matins,
    on commence par la chambre 2.

    C'est comme ça, tous les jours pareil, sans exception, pour chaque équipe.
    La dame du 2 n'est jamais partie.
    Elle est là depuis plusieurs années, personne ne sait plus vraiment.
    Dans sa chambre, le temps s'est arrêté.
    On en rigole, parfois, avec les collègues.
    - Tu imagines, si on restait toute la journée à la 2 ? Peut-être qu'on ne vieillirait pas.
    - Avec un argument comme ça, on aurait plutôt intérêt à la louer...
    - Oui. Ça, au moins, ça nous changerait notre salaire !
    Mais le travail nous appelle, alors arrêter le temps n'est pas d'actualité. Il faut avancer.
    Dans la salle de soins, je pose mes affaires. J'ai un panier rempli de bazar, des compresses, du désinfectant, des disques, mes demandes de congés, une clope. J'ai à manger dans un tupperware. Je n'aime pas dire «gamelle», signe que je ne suis pas encore adaptée. Il y a d'autres mots que je n'arrive pas à dire, comme «j'embauche», le truc «à» bidule, les «chefs».
    Quand j'ai posé mon panier, après être passée par les vestiaires pour mettre ma blouse vieux rose et avoir commencé à sentir des nausées parce que je ne supporte pas le travail, je dis bonjour les filles d'un ton enjoué, ou qui essaie de l'être.
    Et je sors mon sourire.
    Ce sont essentiellement des femmes qui travaillent en maternité, les hommes sont trop fragiles, le peu que j'ai croisés craquent très vite, ce n'est pas beau à voir.
    Les filles lèvent la tête, qu'elles ont plongée dans un grand seau d'eau sale, leurs visages sont dégoulinants - la nuit a été dure -, les yeux ont peur, mais me voir est un soulagement, elles vont pouvoir «me les passer», comme on passe le fusil dans les tours de garde.
    - Je te souhaite bien du courage.
    Je sais. J'aurai la même tête que vous ce soir. Douze heures dans la chair humaine, nue dans la neige, nue dans le feu, nue quand il est vital de se couvrir.
    Commence alors la présentation du service, chambre par chambre, femme par femme, âme humaine par âme humaine, drame par drame, vie par vie. En quelques mots : enfant, mort, anorexie, trisomie, hémorragie, déchirure, antécédents, pleurs, peurs, angoisse, nuit, crevasses, engorgement, tire-lait, solitude, mari, fausse couche, interruption médicale de grossesse, césarienne en urgence, utérus, ligature, psychosocial, infection, maltraitance, lien maternel, fragilité, dépression, périnée
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  • Par Aproposdelivres, le 26 septembre 2013

    C'est comme ça, tous les jours pareil, sans exception, pour chaque équipe.
    La dame du 2 n'est jamais partie.
    Elle est là depuis plusieurs années, personne ne sait plus vraiment.
    Dans sa chambre, le temps s'est arrêté.
    On en rigole, parfois, avec les collègues.
    - Tu imagines, si on restait toute la journée à la 2 ? Peut-être qu'on ne vieillirait pas.
    - Avec un argument comme ça, on aurait plutôt intérêt à la louer...
    - Oui. Ça, au moins, ça nous changerait notre salaire !
    Mais le travail nous appelle, alors arrêter le temps n'est pas d'actualité. Il faut avancer.
    Dans la salle de soins, je pose mes affaires. J'ai un panier rempli de bazar, des compresses, du désinfectant, des disques, mes demandes de congés, une clope. J'ai à manger dans un tupperware. Je n'aime pas dire « gamelle », signe que je ne suis pas encore adaptée. Il y a d'autres mots que je n'arrive pas à dire, comme « j'embauche », le truc « à » bidule, les « chefs ».
    Quand j'ai posé mon panier, après être passée par les vestiaires pour mettre ma blouse vieux rose et avoir commencé à sentir des nausées parce que je ne supporte pas le travail, je dis bonjour les filles d'un ton enjoué, ou qui essaie de l'être.
    Et je sors mon sourire.
    Ce sont essentiellement des femmes qui travaillent en maternité, les hommes sont trop fragiles, le peu que j'ai croisés craquent très vite, ce n'est pas beau à voir.
    Les filles lèvent la tête, qu'elles ont plongée dans un grand seau d'eau sale, leurs visages sont dégoulinants - la nuit a été dure -, les yeux ont peur, mais me voir est un soulagement, elles vont pouvoir «me les passer», comme on passe le fusil dans les tours de garde.
    - Je te souhaite bien du courage.
    Je sais. J'aurai la même tête que vous ce soir. Douze heures dans la chair humaine, nue dans la neige, nue dans le feu, nue quand il est vital de se couvrir.
    Commence alors la présentation du service, chambre par chambre, femme par femme, âme humaine par âme humaine, drame par drame, vie par vie. En quelques mots : enfant, mort, anorexie, trisomie, hémorragie, déchirure, antécédents, pleurs, peurs, angoisse, nuit, crevasses, engorgement, tire-lait, solitude, mari, fausse couche, interruption médicale de grossesse, césarienne en urgence, utérus, ligature, psychosocial, infection, maltraitance, lien maternel, fragilité, dépression, périnée.
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  • Par petitsoleil, le 14 janvier 2014

    C'est comme ça.
    Mais quand Francesca est là, les choses prennent de l'envergure. Francesca ne laisse rien passer. Elle ne se tait pas, elle épingle, elle arrête.
    Elle tient tête, elle défend.
    Elle ressort les dossiers et invective.
    - Dites-moi, si vous aviez vécu l'accouchement tel qu'il est décrit dans ce dossier, ne seriez-vous pas en train de vous plaindre ?
    A mon avis, plus que d'un "recadrage", c'est de la morphine qu'il faudrait à cette dame.

    Je souris intérieurement, merci.
    Francesca est juste, ne se laisse jamais aller au commérage, au lieu commun.
    Heureusement qu'il y a des gens comme elle dans les hôpitaux, on devrait leur décerner des médailles.
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