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ISBN : 2266249002
Éditeur : Pocket (2014)


Note moyenne : 3.46/5 (sur 233 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Une maternité. Chaque porte ouvre sur l'expérience singulière d'une femme tout juste accouchée. Sensible, vulnérable, Béatrice, qui travaille là, reçoit de plein fouet ces moments extrêmes.
Les chambres 2 et 4 ou encore 7 et 12 ravivent son passé de danseuse nue ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par marina53, le 25 mars 2014

    marina53
    Comme tous les matins, Béatrice enfile sa blouse rose. Auxiliaire de puéricultrice, elle a délaissé sa vie d'avant. Sa vie de danseuse, sa vie de bohème, sa vie avec Gabor, son mari violoniste, ses amis Paolo, le batteur, Pierre et Pierre, un couple homosexuels travestis, ses voyages à travers l'Europe au gré des dates de concert, l'insouciance, la vie au jour le jour, le public en admiration devant son corps nu et harmonieux se déhanchant au rythme de la musique, laissant entrevoir tout le bonheur, l'amour et la sensualité qu'il dégage. Mais, les aléas de la vie font qu'elle a tout quitté pour se «ranger». Dans son travail, elle n'est pas épanouie, elle déprime, elle ne dort plus, elle vit seule et ne supporte pas les conversations de ses collègues. Chaque jour, elle doit faire face à la détresse, au désarroi, à la tristesse, à la peur ou la joie de ces mamans mais aussi à la mort. Elle vit intensément et profondément le vécu et le ressenti de ces femmes. Ce métier qu'elle n'a pas choisi la ramène immanquablement à sa propre histoire.
    Julie Bonnie explore le corps humain intimement. de sa vie de danseuse nue, épanouie, sans complexe, libre avec et dans son corps, Béatrice entrevoit tout autrement le corps et est confrontée à une autre nudité. Entre les fausses-couches et les césariennes, on se balade de chambre en chambre, on compatit, on souffre ou l'on s'insurge. Alternant le passé tumultueux et terriblement vivant de Béatrice et ses journées dans la clinique où elle se sent à la fois prisonnière et désarmée, Julie Bonnie nous livre un roman des plus intimes, émouvant et poignant et met en avant cet objet de désir, sexuel, de dégoût, de plaisir, de malheur, d'enfantement, à la fois fort ou fragile, docile ou indomptable.
    Chambre 2... entrez sur la pointe des pieds...
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    • Livres 5.00/5
    Par latina, le 17 décembre 2014

    latina
    Je me suis immergée dans un cri. Un long cri de souffrance hurlé par la narratrice, Béatrice, une ex-danseuse nue.
    Ex-danseuse nue ? Je vous vois déjà en train de rigoler doucement. Eh bien je la défends, cette jeune femme fragile ! Elle a vécu son métier comme une passion, elle a dansé pour s'exprimer, elle a glorifié le corps féminin. le « Cabaret de l'Amour », le groupe dont elle faisait partie, était heureux, amoureux de la musique et de la liberté. Ils ont eu 2 enfants, amoureux de leurs parents.
    Et puis le drame est survenu. Et puis elle est devenue auxiliaire de puériculture dans un hôpital. Et puis elle n'en pouvait plus...
    C'est ça qu'elle nous raconte. Son passé et son présent. Son passé fantasque, déroulé mais quelquefois difficile, son présent raide, convenu mais toujours déchirant.
    Comme elle est au bord du gouffre, elle perçoit avec acuité le mal-être, le désespoir, le vide de ces « mères-là », celles qu'on regarde avec un brin de mépris ou avec une bonne dose de condescendance.
    Comme elle est instinctive, elle « vit » les bébés, contrairement aux autres sages-femmes, aguerries : « Moi, j'écoute la peau. La peau livre les secrets. Prenez un bébé dans vos mains et fermez les yeux. Oubliez que vous avez peur parce que vous croyez que vous allez le casser. Fermez les yeux et écoutez la peau, les muscles, l'ondulation des chairs. Laissez parler votre peau et laissez la peau du nouveau-né vous répondre. Vous entendrez une sonate de peau. »
    Difficile, insurmontable de concilier cette implosion de souffrance et cette explosion des corps, ce besoin intense d'entrer en contact et cette barrière institutionnelle.
    Difficile, oui. Insurmontable.
    « Il faut trouver une place dans la vie, il faut trouver des alliés, des gens qui vous ressemblent. Il faut donc assassiner tout ce qui dépasse, découper chaque morceau de ma chair et de mon esprit qui ne rentre pas dans le moule ».
    Difficile de s'extraire d'un livre pareil, d'un style mis à nu, de propos pleins de faiblesse et de force, sans aucun penchant pour les lieux communs, explosif.
    Difficile.
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    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 10 décembre 2013

    canel
    Aujourd'hui, Béatrice est auxiliaire de puériculture dans une maternité. Ce boulot lui pèse : l'ambiance entre collègues, la douleur des femmes lorsque "ça" se passe mal - vraiment mal ou lorsqu'elle-même le ressent comme tel et noircit le tableau. Et puis Béatrice vit seule, ou quasi, elle est insomniaque, déprimée, épuisée.
    Hier, Béatrice était danseuse, merveilleuse, heureuse, amoureuse. Une vie tourbillonnante et éblouissante parmi une joyeuse troupe de saltimbanques. Musique, jeunesse, rire, fête. De vrais amis, un mari et des enfants formidables avec elle sur les routes.
    La narration alterne entre ces deux périodes de la vie de Béatrice. Nostalgie des belles années vs malaise présent. Soleil vs ombre. Energie et bonheur vs fatigue et désespoir.
    Sentiments très divers et contradictoires en lisant ce livre et après l'avoir refermé.
    Beaucoup de réflexions intéressantes sur la féminité, la maternité (accouchement, allaitement, blues post-partum...), le deuil, mais aussi sur l'environnement professionnel.
    Des moments magnifiques, intenses, bouleversants.
    Et puis, hélas, des tournures et 'postures' affectées, artificielles et déjà tellement vues/lues, plus particulièrement sur les moments heureux.
    Un beau livre émouvant, quoi qu'il en soit. J'en retiendrai au moins cette expression "enfant né mort", tellement plus évocatrice que le terme officiel "enfant mort-né"...
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    • Livres 3.00/5
    Par bilodoh, le 28 février 2014

    bilodoh
    C'est difficile d'affronter la réalité de la dépression ou de la maladie mentale, parce qu'on y reconnait souvent une part de soi-même. Oui, la maternité et le travail à l'hôpital, ce n'est pas toujours facile et toutes connaissent un jour ou l'autre des moments de découragement.

    Pour l'auxiliaire de puériculture Béatrice, c'est plus grave, elle est dépressive, elle ne dort plus et elle voit tout en noir. Elle ne perçoit plus autour d'elle que les malheurs, les femmes qui souffrent et pour qui l'enfantement est un drame. Pas de place pour les femmes ordinaires, elle raconte un concentré d'enfants qui meurent, de mères accablées ou indifférentes et de pères absents.

    Des bribes de son passé expliquent que Béatrice était autrefois danseuse qui a vécu son corps librement et avec intensité. Elle ressent avec le même excès la souffrance des corps malmenés par l'accouchement, la césarienne ou les règles strictes du milieu hospitalier. Elle éprouve aussi une grande solitude, car elle a vécu le rejet social et se sent toujours mal à l'aise dans la rigueur de sa blouse rose et dans ses rapports avec ses collègues. Ajoutez à cela un milieu de travail stressant, côtoyant la vie et la mort, et nous avons un portrait très sombre de la maternité.

    Un court roman, touchant de vulnérabilité, où transpire la détresse de la dépression.
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    • Livres 4.00/5
    Par Sando, le 06 septembre 2013

    Sando
    Béatrice est auxiliaire de puériculture. Chaque jour, elle lutte contre la révolte et le mal-être qui la rongent depuis qu'elle doit revêtir cette blouse rose, trop étriquée pour elle, et côtoyer le désarroi et la détresse de jeunes mères bien souvent dépassées après leur accouchement. Car, si les instants de bonheur pur réchauffent le cœur, cette ancienne danseuse assiste également chaque jour à des drames intimes : bébés morts nés, dénis de grossesse, malformations, instincts maternels qui ne se réveillent pas, mères qui culpabilisent et tombent dans la dépression… Autant de souffrances qu'elle doit affronter avec professionnalisme et distance, pour ne pas être elle-même submergée, alors que son cœur crie à l'intérieur… Mais comment devenir hermétique à la douleur des autres quand on est une femme passionnée et vulnérable ?
    Avec ce premier roman, Julie Bonnie nous offre un texte criant de réalisme, éblouissant par sa force et sa justesse. On navigue sans cesse entre le passé bohème de cette jeune danseuse, éprise de liberté, qui passera plusieurs années sur les routes avec sa troupe d'artistes, et son quotidien oppressant, à l'opposé de ce dont elle a toujours rêvé, où l'on découvre ce qui se cache derrière ses portes des chambres de la maternité que l'on ouvre l'une après l'autre… le corps est au centre du récit, corps libéré, épanoui, artistique, ou au contraire, corps souffrant, déformé, rejeté. Que dire de plus si ce n'est que ce texte m'a émue aux larmes, m'a bouleversée par sa maturité, sa beauté et la sincérité qui s'en dégage. Un premier roman magnifique qu'il serait vraiment dommage de manquer !
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Critiques presse (3)


  • Lhumanite , le 18 novembre 2013
    Elle a un grand appétit de vivre et écrit avec sincérité. Julie Bonnie, qui est aussi chanteuse, violoniste et guitariste, a des mots comme tout le monde, mais, chez elle, ils sont catapultés.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • LeMonde , le 02 septembre 2013
    C'est un livre de deuils et de renaissances. Un hymne heurté, d'une grâcieuse simplicité, aux inadaptés, à ceux qui se relèvent difficilement d'avoir connu le malheur ou le bonheur, et qui doivent pourtant avancer.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LaLibreBelgique , le 27 août 2013
    Un roman charnel, hommage touchant au corps des femmes
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique

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Citations et extraits

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  • Par Zalvec, le 16 mai 2015

    Cette contraction géante n'était rien d'autre qu'un orgasme géant.

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  • Par jg69, le 07 mai 2015

    N'oublions pas les blouses horribles, en nylon, qui commencent à bien puer à la mi-journée, les gardes de douze heures, dans les tongs, les pieds gonflés, les cernes qui se creusent, les bijoux interdits, les bourrelets à cause de l'élastique à la taille qui serre trop, les ballonnements, le gavage au chocolat, et les repas avalés en une seconde. L'âge, les bas de contention, les varices et les ceintures dorsales.
    ET le salaire de merde.
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  • Par jg69, le 07 mai 2015

    Quand la chirurgienne lui a découpé le ventre, elle lui a aussi découpé l'âme. Mais les chirurgiens ne savent pas ce qu'ils découpent. On leur a appris la chair, la peau, l'utérus, le muscle.
    Pas l'âme.

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  • Par jg69, le 07 mai 2015

    Moi, j'écoute la peau. La peau livre les secrets. Prenez un bébé dans vos mains et fermez les yeux. Fermez les yeux et écoutez la peau, les muscles, l'ondulation des chairs. Laissez parler votre peau et laissez la peau du nouveau-né vous répondre. Vous entendrez une sonate de peau.

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  • Par jg69, le 07 mai 2015

    Je ne sais pas si c'est un passage obligé, mais quand on a perdu un bébé on se rend compte qu'on peut donner la mort. … On ne pense pas assez à la mort quand on donne la vie.

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