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ISBN : 2207249328
Éditeur : Denoël (1999)


Note moyenne : 3.37/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La vieille sorcière vous fait peur ? Osez lire son histoire et vous comprendrez que, comme tant d'humains solitaires, elle ne fait que chercher un vain un être auquel donner son affection. Comme la fermière de la vallée perdue qui attend, coeur battant... qui attend quo... > voir plus
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  • Par VALENTYNE, le 02 octobre 2012

    - Et maintenant, demanda-t-elle, si vous me disiez qui vous êtes exactement ?
    Le voyageur spectral, voyant dans son visage celui d’une enfant triste qu’il aurait pu rencontrer longtemps auparavant, entrepris de raconter son passé :
    -« J’ai « vécu » deux cents ans en un lieu situé non loin de Vienne. Pour survivre, assailli par les athées aussi bien que par les vrais croyants, je me suis réfugié dans les bibliothèques parmi des piles de livres poussiéreux pour m’y nourrir de mythes et d’histoires de cimetières. J’ai fait des festins de minuit en me repaissant de la panique et de la terreur déclenchées par des chevaux qui se cabrent, des chiens hurlant à la lune, des chats détalant en trombe, des pierres tombales qui s’effritent en morceaux. Au fil des années, mes congénères du monde invisible ont disparu l’un après l’autre à mesure que les châteaux tombaient en ruine et que les propriétaires de jardins hantés les louaient à des clubs de femmes ou à des chaînes hôtelières. Evincés que nous étions, nous avons cessé de rôder de par le monde pour être engloutis par le bitume et le béton, par les marécages de l’incrédulité, du doute, du mépris ou de la plus complète dérision. Avec l’incrédulité croissant au même rythme que la population, tous mes amis fantômes ont fui. Je suis le dernier, et j’essaie de traverser l’Europe dans ce train, pour aller me mettre à l’abri dans les recoins sombres d’un manoir, là où les hommes ont encore peur des formes brumeuses des âmes errantes. Il n’y a plus que l’Angleterre et l’Ecosse où je puisse trouver asile ! ».
    Le son de sa voix s’estompa et fit place au silence.
    - Et comment vous appelez vous ? interrogea-t-elle au bout d’un temps.
    - Je n’ai plus de nom, murmura-t-il. Un millier de brouillards ont envahi mon caveau de famille. Un millier de pluies ont mouillé ma tombe. La mention gravée sur la stèle s’est peu à peu effacée sous l’effet de la brume, de l’eau et du soleil. Les fleurs et les herbes sauvages, les poussières du marbre, ont recouvert mon nom. »

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