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> Dominique Jean (Traducteur)

ISBN : 2070762238
Éditeur : Gallimard (2001)


Note moyenne : 3.72/5 (sur 157 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« Miss Grey était une étrange créature ; jamais elle ne flattait et elle était loin de leur faire assez de compliments ; mais, quand elle parlait d'elles ou de quoi que ce fût qui les concernât en termes élogieux, elles pouvaient avoir la certitude que sa bonne opinion ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 03 septembre 2011

    juliette2a
    J'ai découvert Anne Brontë avec "Agnes Grey" et j'ai bien fait car c'est un livre magnifique.
    J'adore le personnage d'Agnès Grey voulant aider sa famille en se proposant d'exercer le métier d'institutrice dans plusieurs familles.
    Mais cela se révélera plus compliqué que ce qu'elle avait pu imaginer...
    En effet, la première famille concernée, les Bloomfield, se montre très désagréable envers Agnès.
    Ainsi elle est renvoyée après plusieurs mois de travail.
    Malgré cela, Agnès veut continuer à donner des leçons et rentre finalement chez les Murray, plus polis mais tout aussi stupides que les Bloomfield.
    Ici, elle croisera la personne de Mr. Weston, le nouveau pasteur du village qui s'avère être très généreux et aimable envers les plus pauvres comme Agnès...
    J'aime beaucoup le style d'Anne et j'ai dévoré ce livre...
    A lire pour Anne Brontë (qui est aussi douée que ses deux soeurs), et pour cette belle histoire d'amour) !
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    • Livres 4.00/5
    Par vilvirt, le 29 décembre 2011

    vilvirt
    Issue d'une famille modeste dont les préceptes et la sagesse l'ont amené à devenir une jeune fille douce et aimante, Agnès Grey, fille de pasteur, décide de devenir gouvernante. Persuadée de pouvoir aider sa famille qui vit dans une grande précarité depuis un revers de fortune, elle s'engage à ses dix-huit ans chez les Bloomfield, de riches propriétaires terriens dont elle doit élever les enfants. Forte de son enseignement, consciente de ses qualités mais surtout très naïve, Agnès est persuadée de pouvoir faire du bon travail et d'aimer ces enfants dont on va lui permettre de faire l'éducation. Curieuse et pleine de bonne volonté, elle est déterminée à se prouver à elle-même mais surtout aux siens qu'elle est une jeune fille parfaitement apte à supporter ces nouvelles responsabilités et à apporter sa contribution au foyer familial. Malheureusement, Agnès déchante très vite en prenant conscience de la lourde charge que représente son nouveau métier, car l'éducation de jeunes enfants n'est pas du tout une partie de plaisir, particulièrement quand les enfants sont des petits monstres cruels, encouragés dans leur égoïsme par des parents stupides et hypocrites.
    Cette première plongée au coeur de la bourgeoisie de l'époque est un formidable témoignage du métier dur et peu gratifiant de gouvernante, pour lequel les femmes de l'époque devait souvent sacrifier beaucoup de leur valeur aux dépends de l'autorité de leurs supérieurs.
    Destinée à s'effacer devant les autres, condamnée à subit le joug de ses jeunes élèves, leurs méfaits et leur insolence perpétuelle, sans parler de l'arrogance des parents persuadés de la valeur et des qualités de leur progéniture, Agnès ne tarde pas à sombrer peu à peu dans la tristesse et la morosité. Seules les quelques visites qu'on l'autorise à faire à ses parents et à sa soeur lui permettent de supporter le poids de cette vie qu'elle s'est choisie, mais qui ne la satisfait pas.
    Et pourtant, lorsqu'elle quitte les Bloomfield, Agnès Grey décide de renouveler l'expérience auprès des Murray, une autre grande famille respectable de la région, dont les enfants plus âgés lui donnent l'espoir de pouvoir accomplir la tâche qu'elle s'est fixée. Mais c'est sans compter sur l'arrogance et la vanité des filles de la maison, la méchanceté des garçons, et une fois encore, l'indolence et l'aveuglement des parents.
    Premier et court roman d'Anne Brontë (l'une des trois soeurs que je connaissais le moins) publié en 1847 sous pseudonyme, cette plongée au coeur de l'Angleterre du XIXème a été une vraie surprise en cette fin d'année ! Rédigée à la première personne, la narration pleine de style et de pudeur est un plaisir que j'ai dégusté jusqu'à la fin. Anne Brontë s'inspire du récit de sa propre vie et met en lumière les différences sociales de son époque caractérisées par l'opposition de son personnage principal (issu d'un milieu modeste) aux exigeants propriétaires terriens qui l'emploient et dont les principales préoccupations se concentrent sur le statut, les apparences et la fortune, dénigrant au passage tout ce qui sert de valeur de référence à Agnès.
    Ce récit pourrait facilement nous rappeler celui de Jane Eyre imaginé par Charlotte Brontë, et pourtant nous sommes loin du souffle romantique et parfois même gothique de ce grand classique de la littérature anglaise. Ici, pas de riche aristocrate ni de demeure mystérieuse battue par les vents, pas de lourds secrets de famille ni d'héritage tombé du ciel, et au final peu d'évènements palpitants et de scènes tragiques. La subtilité de caractère des personnages laisse à désirer, certains étant même très proches de la caricature. Oui, il est question ici d'une gouvernante timide et effacée, et peut-être aussi d'une idylle pour laquelle j'ai dû attendre les dernières pages, mais on est loin de l'oeuvre magistrale de Jane Eyre ou de la noirceur des Hauts de Hurlevent dont les émotions et les sentiments, les paysages et particulièrement la lande anglaise, étaient si bien rendus.
    Agnès est bonne et pleine de qualités qui m'ont parfois, je dois l'avouer, un tout petit peu agacée - car disons-le franchement, Agnès n'est que douceur et abnégation ! Mais elle est surtout soumise, quasi invisible pour les visiteurs qui se rendent chez les Murray ou fréquentent les demoiselles de la maison, et chez elle il y a peu ou pas de passion, le moindre sentiment un peu explosif dans son caractère étant aussitôt étouffé sous le rappel des Sainte Ecritures. Agnès fait - comme on dit - contre mauvaise fortune bon coeur et apprend à se résigner et à accepter toute forme de déception. A sa place, je pense que j'aurais distribué quelques coups de pieds aux fesses - chose qui, bien entendu, ne se faisait pas à l'époque dans une telle société ! Comparée aux différents membres des familles dans lesquelles elle enseigne, Agnès fait presque figure de sainte, distribuant conseils judicieux et paroles réconfortantes, aussi bien autour d'elle que dans les milieux plus modestes, notamment lors de ses visites chez les paysans des environs. Mais cette jeune fille nous reste définitivement sympathique, et on ne souhaite qu'une chose, qu'elle aussi puisse trouver le bonheur et l'accomplissement dans la voie qu'elle s'est choisie.
    Dans cet ouvrage, Anne Brontë ne se contente pas d'évoquer la situation précaire des gouvernantes et leur situation souvent complexe parmi des gens aux intérêts radicalement différents, elle nous permet d'entrevoir aussi de manière plus générale la position délicate des femmes de cette époque devant subvenir à leurs besoins, et la soumission qui est leur lot quotidien, présente aussi bien dans les milieux modestes que dans la société aisée des aristocrates. Ainsi, Rosalie, la fille des Murray, doit-elle absolument obtenir un titre et épouser leur voisin le plus proche - lors Ashby - malgré sa laideur et ses vices - dont l'alcool n'est pas le moindre. Sa situation est peut-être la plus pathétique, car Rosalie obtient la richesse mais se voit privée de l'innocence et des plaisirs de la jeunesse, et se retrouve au final très insatisfaite et cloîtrée aux côtés d'un époux égoïste et d'une belle-mère autoritaire.
    La morale de l'histoire est assez simple, mais revient à dire que les comportements les plus justes et les plus généreux apportent plus sûrement le bonheur qu'autre chose. Et que cultiver la générosité vous rend meilleur. Des préceptes que les riches Murray sont incapables d'appliquer, uniquement conduits dans leur choix par leur égoïsme et leur vanité.
    Une belle histoire qui donne envie de relire Jane Eyre pour en savourer toute la complexité que l'on ne retrouve pas dans Agnès Grey, mais une oeuvre plus terre à terre qui offre tout de même le grand avantage de nous faire découvrir une autre des soeurs Brontë dont la retenue et la simplicité m'ont conquise.

    Lien : http://tranchesdelivres.blogspot.com/2011/12/issue-dune-famille-mode..
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    • Livres 5.00/5
    Par Liver, le 30 août 2013

    Liver
    Chez les Brontë, demandez Anne! Elle a écrit ici un roman des plus agréables, issu de ses propres expériences de "préceptrice", fait de comportements observés avec subtilité et de caractères finement décrits. Un petit bijou de fraîcheur, plus profond qu'il n'en a l'air, servi par un style léger et efficace. A découvrir.
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    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 23 décembre 2007

    Woland
    Agnes Grey
    Traduction : Georges Pernoud pour les éditions Marguerat
    Comme Charlotte, comme Emily et comme Branwell, le frère "maudit", Ann Brontë participa à la rédaction des "Juvelinia," ces récits d'enfance qui formèrent la plume des Brontë et leur goût exacerbé pour le romantisme. Comme ses deux soeurs, elle écrivit poèmes (mais beaucoup plus religieux et moins "païens" que ceux d'Emily) et romans. Comme pour elles, ce sont ses poésies qui furent éditées en premier et à compte d'auteur. Et tout comme à elles, on lui demanda la rédaction d'un roman.
    Avec "Les Hauts de Hurle-Vent", "Agnès Grey" fut cependant le seul manuscrit à se retrouver édité en 1846, sous le pseudonyme de Acton Bell. Bizarrement, cette histoire (que, pour ma part, j'ai toujours trouvée assez plate) est celle qui se rapproche le mieux, surtout par le style, de l'oeuvre de Jane Austen. Un ingrédient majeur cependant y fait défaut : la causticité qui rend les romans d'Austen si plaisants et si modernes.
    Dans "Agnès Grey" donc, pas de flamboyant Mr Rochester et encore moins d'Heathcliffe. Rien qu'un clergyman, Mr Weston. Soyons justes : cet ecclésiastique dont Agnes fait la connaissance alors qu'elle est gouvernante chez les Murray, nous apparaît très tôt comme pourvu d'une personnalité moins falote qu'à l'habitude. Ce vicaire est un homme au caractère ferme qui, s'il lui arrive - ce qui est normal - de citer les Ecritures, n'hésite pas à montrer l'exemple en les pratiquant lui-même. En cela, il est exceptionnel et, par des touches timides, çà et là, on soupçonne bien que sa créatrice l'a dotée de qualités que son état de jeune célibataire bien née lui interdisait d'évoquer en termes précis.
    Face à lui, une toute jeune fille - la vingtaine à peu près - que les malheurs financiers de sa famille (devinez quoi ? Agnès est née, elle aussi, dans une famille de pasteurs rigoltourne ) a réduite à gagner sa vie et qui, au sortir d'une première et désastreuse expérience de gouvernante chez ces arrogantes caricatures que sont les Bloomfield, parvient à se placer dans une famille un peu plus correcte mais non moins snob, les Murray de Horton-Lodge.
    Si le lecteur s'attendait à rencontrer une deuxième Jane Eyre, il est bien déçu. Agnès a été élevée dans un milieu familial tout à fait douillet et dans les normes. Il n'y a rien en elle des excès de joie ou de douleur sans cesse réprimés par Jane, rien non plus de son sens affuté de l'analyse. Agnès est beaucoup plus passive. Elle n'entend pas s'opposer aux événements : elle se contente de les subir avec résignation. A une condition seulement : qu'ils ne s'opposent pas à ce que lui dicte sa conscience.
    Sans crainte d'exagérer, on peut convenir d'ailleurs que, pour le lecteur moderne, l'intérêt majeur du livre réside dans l'opposition entre cette résignation digne et nécessaire et celle dans laquelle finit par tomber l'élève préférée d'Agnès, Rosalie, lorsqu'elle accepte les avantages (= la richesse, le statut social) mais aussi les graves inconvénients (= l'ivrognerie, la stupidité du conjoint) d'une union avec lord Ashby.
    Toutes deux sont révélatrices de la condition imposée à la femme par l'époque victorienne. Son seul droit : se soumettre. Certes, il lui reste la possibilité de se révolter mais, si elle la choisit, elle choisit avec elle le "Péché" ou la mésalliance. Les héroïnes d'Austen elles-mêmes n'ont jamais osé le faire - c'est tout dire.
    Hélas ! dans "Agnès Grey", la critique sociale se fait d'une voix si douce, si ténue, si polie et l'héroïne - au demeurant fort sympathique - est si heureuse de voir arriver à la fin, et non sans quelques aventures, l'homme à qui elle n'a jamais cessé de penser et qui la protègera désormais pourvu qu'elle se soumette à sa volonté, que le lecteur peine à l'entendre.
    (On m'a assuré néanmoins que, dans son second roman, "La châtelaine de Wildfell Hall", Ann Brontë était passée à la vitesse supérieure en dépeignant entre autres le calvaire enduré par une femme forcée de subir l'ivrognerie de son époux.)
    Pour en revenir à son premier opus, "Agnès Grey", ajoutons que, de tous les romans des soeurs Brontë, il se révèle comme le plus autobiographique. A sa décharge, on dira que, comme "Les Hauts ..." et "Jane Eyre" sont en général lus avant lui, l'impression qu'il produit ne peut que pâtir d'une si vigoureuse concurrence. Pourtant, au-delà des différences formelles, on reste songeur devant ces thèmes récurrents de l'alcool destructeur, de la folie et aussi de la violence, qui surgissent aussi bien chez Charlotte et Emily, les deux "romantiques", que chez Ann, plus discrète et plus pratique. Tous résonnent en nous comme les échos torturés de l'autodestruction à laquelle s'adonna leur frère, Branwell.
    Et l'on ne peut s'empêcher de penser que la fameuse toile peinte au temps de leur jeunesse par celui-ci, et de laquelle lui-même, dans une crise de délire alcoolique, s'effaça avec rage, était prophétique : les trois soeurs demeurent, un peu raides mais bien vivantes, dévouées en silence à la mémoire d'un fantôme dont on distingue encore l'ombre polie, ce frère tant aimé à qui, par leurs propres créations, elles ont quand même réussi à conférer une immortalité brillante, sauvage et passionnée. ;o)
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  • Par Bene31, le 17 décembre 2013

    Bene31
    Dans la famille Brontë, je voudrais la benjamine, Anne. Ses deux sœurs ont marqué mon adolescence, mais je n'avais rien lu d'Anne. C'est chose faite aujourd'hui ! Parfois le plaisir qu'apporte la lecture des sœurs Brontë peut vite déclencher une Brontë-mania, je n'en ai jamais été atteinte ! J'ai d'ailleurs passé un excellent moment en compagnie d'Agnès Grey, je l'ai dévoré. Il faut dire qu'après Vallès, l'écriture d'Anne Brontë m'a parue limpide et rafraîchissante.
    Agnès Grey est largement autobiographique, la jeune Agnès, fille de pasteur décide de devenir gouvernante pour venir en aide financièrement à sa famille. Sa première expérience est de courte durée, les enfants dont elle a la charge sont de stupides petits monstres et Agnès est vite renvoyée par les parents peut être encore plus stupides que leur progéniture. Après ce baptême du feu, la douce Agnès commence à perdre ses illusions aussi bien sur son rôle de gouvernante que sur les préceptes d'éducation en vigueur chez les familles aisées, si éloignés de l'éducation qu'elle et sa sœur ont reçu. Quand bien même, Agnès persévère, convaincue du bien-fondé de sa démarche, toutes les familles ne sont pas comme ça. Effectivement, Agnès est engagée par une nouvelle famille, les enfants sont plus âgés. Mais Agnès n'est une fois de plus pas appréciée à sa juste valeur dans la famille Murray. Rosalie et Mathilde les deux jeunes filles dont elle s'occupe sont des pestes. Heureusement que dans les parages il y a le beau M. Weston, le vicaire, dont la simple évocation met Agnès en joie.
    Si avec les sœurs Brontë on s'attend à un récit sombre dans la campagne anglaise, ce n'est pas le cas ici. Ce n'est pas un récit complexe mais peut-être plus profond qu'il n'y paraît puisque que c'est un excellent témoignage sur l'éducation et la condition des femmes.

    Lien : http://bene31.canalblog.com/archives/2013/12/17/28655073.html
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Citations et extraits

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  • Par juliette2a, le 16 janvier 2012

    Sa taille était un peu, bien peu, au-dessus de la moyenne. La coupe de sa figure aurait pu être trouvée trop carrée pour être belle, mais cela m’annonçait un caractère décidé. Ses cheveux, d’un brun foncé, n’étaient pas soigneusement bouclés comme ceux de M. Hatfield, mais simplement brossés sur le côté d’un front large et blanc ; les sourcils étaient, je crois, trop proéminents, mais au-dessous étincelait un œil d’une singulière puissance, brun de couleur, petit et un peu enfoncé, mais d’un éclat brillant et plein d’expression. Il y avait du caractère aussi dans la bouche, quelque chose qui annonçait la fermeté de dessein et le penseur ; et quand il souriait… mais je ne dirai rien de cela maintenant : car, au moment dont je parle, je ne l’avais jamais vu sourire, et son apparence générale ne me donnait point l’idée que ce fût un homme aussi simple et aussi affable que me l’avaient dépeint les paysans. J’avais depuis longtemps mon opinion formée sur lui ; et, quoi que pût dire miss Murray, j’étais convaincue que c’était un homme d’un sens ferme, d’une foi robuste, d’une piété ardente, mais réfléchi et sévère. Et quand je trouvai qu’à ces excellentes qualités il joignait aussi une grande bonté et une grande douceur, cette découverte me fit d’autant plus de plaisir que je m’y attendais moins.
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  • Par Metaphore, le 29 octobre 2012

    Je m’éveillai de bonne heure le matin du troisième jour après mon retour d’Ashby-Park ; le soleil brillait à travers les jalousies, et je pensai combien il serait agréable de traverser la ville calme et de faire une promenade solitaire sur la plage pendant que la moitié du monde était encore au lit. Je ne fus pas longtemps à former ce désir ni lente à l’accomplir. Naturellement je ne voulais pas déranger ma mère ; je descendis donc sans bruit et j’ouvris doucement la porte. J’étais habillée et dehors quand l’horloge sonna six heures moins un quart. J’éprouvai un sentiment de vigueur et de fraîcheur en traversant les rues ; et lorsque je fus hors de la ville, quand mes pieds foulèrent le sable, quand mon visage se tourna vers l’immense baie, aucun langage ne peut décrire l’effet produit sur moi par le profond et pur azur du ciel et de l’Océan, le soleil dardant ses rayons sur la barrière semi-circulaire de rochers escarpés surmontés de vertes collines, la plage douce et unie, les rochers au loin dans la mer, semblables, avec leur vêtement de mousse et d’herbes marines, à des îles de verdure, et par-dessus tout la vague étincelante. Puis, quelle pureté et quelle fraîcheur dans l’air ! il y avait juste assez de chaleur pour faire aimer la fraîcheur de la brise, et juste assez de vent pour tenir toute la mer en mouvement, pour faire bondir les vagues sur la grève, écumantes et étincelantes, et se pressant joyeusement les unes sur les autres. La solitude était complète ; nulle créature animée que moi ; mon pied était le premier à fouler ce sable ferme et uni, sur lequel le flux avait effacé les plus profondes empreintes de la veille, ne laissant çà et là que de petites mares et de petits courants.
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  • Par lucettegardou, le 09 octobre 2012

    Il n’était point de promesse trop brillante ni trop extravagante pour l’espérance qui me parlait à l’oreille. Je ne croyais pas la moitié de ce qu’elle me disait ; je prétendais même rire de tout ; mais j’étais beaucoup plus crédule que je ne le supposais : car, pourquoi mon cœur tressaillait-il lorsque j’entendais frapper à la porte extérieure, et que la servante venait nous dire qu’un gentleman désirait me voir ? Et pourquoi étais-je de mauvaise humeur tout le reste de la journée, parce que ce visiteur n’était autre qu’un maître de musique qui venait nous offrir ses services ? Qu’est-ce qui suspendait pendant un moment ma respiration, lorsque le facteur ayant apporté une couple de lettres, ma mère me disait : « Tenez, Agnès, voilà pour vous, » et m’en jetait une ? Qu’est-ce qui me faisait refluer le sang au visage, quand je voyais que l’adresse était de la main d’un homme ? Et pourquoi ce sentiment de désespoir qui m’accablait quand, ayant déchiré l’enveloppe, je m’apercevais que ce n’était qu’une lettre de Mary, dont, pour une raison ou pour une autre, son mari avait écrit l’adresse ?
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  • Par Vadaeme, le 04 septembre 2013

    "Je parle par expérience, croyez-moi. Il fut un temps où je pensais comme vous; du moins, j'étais absolument persuadée qu'un foyer et ses affections sont les seules choses capables de faire supporter la vie; que, si j'en étais un jour privée, l'existence me deviendrait un fardeau. Et maintenant je n'ai plus de foyer - à moins que vous ne fassiez aux deux pièces de mon meublé l'honneur de les appeler de ce nom; et il n'y a pas douze mois j'ai perdu l'être le plus cher qui me restât. Et voyez: non seulement je vis, mais je ne suis pas entièrement vidé de tout espoir et de toute douceur de vivre, même cette vie d'ici-bas - quoique, je dois le reconnaitre, je ne puisse entrer, fût-ce dans la plus humble chaumière, à la tombée de la nuit, quand tous ses habitants sont rassemblés paisiblement autour de l'âtre, sans éprouver quelque chose comme de l'envie..."
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  • Par Hildebald, le 19 novembre 2012

    Le cœur humain est comme le caoutchouc : un faible effort l’allonge, un grand ne le rompt pas. Si un peu plus que rien peut le troubler, il ne faut guère moins que tout pour le briser.

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Bande annonce du film Les soeurs Brontë (1979) dans lequel Charlotte Brontë évoque certains épisodes de sa vie avec sa famille dans l'Angleterre du début du XIXe siècle.











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