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ISBN : 2081309548
Éditeur : Flammarion (2013)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.12/5 (sur 2849 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Lorsque Mr Earnshaw ramène d’un voyage un enfant abandonné, Heathcliff, les réactions de ses enfants évoquent les orages qui s’abattent sur le domaine des Hauts du Hurlevent. Le fils Hindley n’accepte pas cet enfant sombre et lui fait vivre un enfer. La fille, Catherine, se lie très vite à lui, d’un amour insaisissable et fusionnel. Tous trois grandissent, dans cet amas de sentiments aussi forts qu’opposés. Heathcliff devient un homme sans scrupule, qui jure de se venger des deux hommes ayant empêché le déploiement de son amour: Hindley, le frère ennemi, et Edgar, le mari de Catherine. La destruction de ces deux familles et de leurs descendances constitue alors son seul objectif. Dans les paysages sauvages et immuables des landes du Yorkshire, les déchirements sont nombreux, et cohabitent dans une passion extrême et des tourments destructeurs...
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par isajulia, le 14 avril 2013

    isajulia
    Encore une histoire qui m'a profondément ébranlée.
    Dès les premières pages, l'auteure nous entraîne dans ce tourbillon familial des plus destructeurs qui va engendrer une terrible vengeance.
    L'amour qui lie Heathcliff et Catherine est le ciment de ce roman si oppressant. Ce qui aurait pu être une belle histoire, par l'incompréhension et les principes qu'elle chamboule, laisse dans son sillage malheur et folie.
    Ce très beau roman est un pur bijou dans l'analyse psychologique des personnages.
    Emily Bronte décortique l'âme humaine avec précision et nous offre le portrait d'un homme torturé et rongé par le chagrin qui pousse la colère et la haine à la limite du supportable, pour lui et ceux qui seront amenés à l'entourer.
    Jamais un amour impossible n'aura été si fort et si beau, ce récit m'a retourné le coeur et m'a énormément marquée. A lire et à relire!
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    • Livres 4.00/5
    Par belette2911, le 29 septembre 2012

    belette2911
    Ce que Edmond Dantès avait fait avec finesse, Heathcliff l'a fait avec rudesse... Ce que le premier avait réalisé avec une ruse magistrale, le second a fait dans le registre bestial.
    De quoi je parle ? de vengeance, pardi ! Mais là où je donnais raison à Dantès (le comte de Monte-Cristo), l'approuvant, même, je ne suis pas du même avis pour la vengeance d'Heathcliff.
    Ce roman, il traînait dans ma PAL depuis tellement longtemps que son prix était encore en francs belge, c'est vous dire ! Acheté en 1997 ou 98, je l'avais entamé avant de le refermer. Je n'étais pas prête à le lire à ce moment là.
    Profitant de deux challenges (voir fin de la critique), je me suis décidée à le sortir pour enfin le lire.
    Bien que je l'ai moins apprécié que "Jane Eyre", la lecture m'a entrainé dans cette ambiance sombre et morose, sans que j'éprouve de l'amitié pour les personnages principaux, hormis Hareton.
    Attention, je ne veux pas dire que les personnages manquent d'épaisseur, non, que du contraire !
    C'est que certains m'ont tapés sur les nerfs, tant ils étaient susceptibles de déclencher chez moi de l'amour, de l'amitié, de la colère, voire de la haine... Oui, tous ces sentiments à l'égard de chaque personnage.
    Catherine Earnshaw est une petite fille fort gâtée, assez égoïste, nombriliste. Pourtant, elle aura de l'amitié pour le petit bohémien ramené par son père, par un soir très sombre.
    Bien qu'étant tout le temps avec lui, bien que l'aimant, elle le sacrifiera pour un mariage avec un pâle type nommé Edgar Linton. Là, je l'ai maudite, moi aussi. Pourtant, j'ai souffert avec elle.
    Son frère, Hindley, fut un salaud avec Heathcliff, et lorsqu'il deviendra veuf, il finira alcoolo, brutalisant son fils, le tuant, presque.
    Le fameux Edgard Linton est, limite, une couille molle, le vieux Joseph récite la Bible mais ne l'applique guère et le pire sera le fils d'Heathcliff, une sorte d'hypocondriaque gémissant à qui j'aurais bien collé un coup de pied dans le fondement.
    Quand à Cathy, la fille de Catherine, elle se comportera bien sottement avec la gémisseur de service, ne s'améliorant que sur la fin du roman.
    Pareils sentiments contradictoires pour Heathcliff, qui, bien que je l'ai approuvé dans la première partie de sa vengeance, sur Hindley (le frère aîné de Catherine, pour ceux qui ne suivent pas), je n'ai pas aimé qu'il laisse le petit Hareton (le fils de Hindley) sans éducation, faisant de lui presque une bête.
    Heathcliff n'a aucun scrupule et comme il a juré de se venger des deux hommes qu'il estime être les responsable de l'empêchement de son amour pour Catherine (Hindley, le frère ennemi, et Edgar, le mari de Catherine), il ira jusqu'au bout, détruisant tout sur son passage, ne rêvant que d'asservir le descendant de la famille Earnshaw afin que le fils du maître soit un serf sur ses propres terres. Violent !
    La destruction de ces deux familles et de leurs descendances constitue alors son seul objectif, son leitmotiv, et au final, j'éprouvais une sorte de gêne car il pousse la vengeance trop loin, même sur l'unique fille de son amour, Catherine.
    Ce livre m'a remué les tripes, oppressé, dérangé, presque.
    Heathcliff est comme un vampire qui veut sucer la vie de ses ennemis à petites gorgées, les faisant mourir à petit feu.
    Pour ce qui est de la description des lieux, c'est tout simplement magnifique, on a l'impression d'être sur la lande et je comprend mieux quand Phoebe, personnage de la série "Friends" qui, parlant de ce livre, disait à Rachel que "la lande symbolise le caractère sauvage d'Heathcliff" (Saison 5, épisode 9).
    Ce que j'ai aimé aussi, c'est la narration. Toute l'histoire étant racontée par Helen Dean (dite parfois Nelly) à Lockwood. C'est une narration qui se fait même "en tiroir" parfois, Nelly racontant ce qu'un personnage lui a raconté ou écrit. C'est spécial, mais terriblement efficace.
    Par contre, les mariages entre cousins, ça passe moins bien chez moi, même si la loi tolère les mariages au quatrième degré.
    Ici, on sent bien que la série Dallas a dû s'en inspirer, parce que Heathcliff qui épouse la sœur d'Edgar (le mari de Catherine, son amour), son fils Linton qui épousera la fille qu'Edgar a eu avec Catherine et celle-ci qui, veuve, se remariera avec le neveu de sa mère...
    Bigre ! Comment diable une fille de pasteur, sortant peu (Internet loin d'être inventé) et d'à peine trente ans, a donc telle bien pu nous sortir un roman aussi noir ?
    Pas de sexualité "apparente", mais on frôle la nécrophilie lorsque Heathcliff avoie avoir fait ouvrir le cercueil de Catherine, des années plus tard, pour contempler son visage.
    Bref, une lecture éprouvante, remuante, oppressante, la lande et son brouillard envahissant votre corps, sans oublier les fantômes qui parcourent les lieux. Un seul rayon de soleil dans tout le roman : la fin.
    Aucun regret d'avoir attendu si longtemps pour le lire, ça en valait la peine. Il me fallait juste attendre le bon moment. Ne passez pas à côté.
    Livre lu dans le cadre du challenge "Romans cultes" organisé par Métaphore ainsi que dans le challenge commun "PAL Noire à Zéro - Vingt mille lieues sous mes étagères" où je suis en partenariat avec "Les livres de Georges".

    Lien : http://the-cannibal-lecteur.jimdo.com/9-romans-classiques/#11
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    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 30 juin 2012

    Aline1102
    Mr Lockwood a envie de s'isoler de la société à laquelle il appartient. C'est pourquoi il vient de louer Thrushcross Grange, une imposante propriété située dans un coin désolé du nord de l'Angleterre. Il compte y passer quelques mois et, afin d'être immédiatement en bons termes avec son propriétaire, un certain Mr Heathcliff, il décide d'aller le saluer chez lui, à Hurle-Vent.

    Mais Lockwood ne reçoit pas l'accueil escompté; en fait, il a plutôt l'impression que sa présence dérange les taciturnes habitants de l'étrange demeure.

    Pas découragé pour autant, Lockwood décide de rendre une seconde visite à Heathcliff. Malheureusement pour notre brave héros, une tempête de neige l'empêche de quitter Hurle-Vent, où il doit passer une nuit qu'il n'oubliera sans doute jamais.

    Lockwood fait un rêve dans lequel un fantôme, celui de la propriétaire de la chambre où on l'a logé, une certaine Catherine Earnshaw tente de pénétrer dans la pièce en brisant la fenêtre. Cette aventure semble bouleverser Heathcliff quand Lockwood la lui relate...

    De retour dans sa demeure de location, Lockwood désire en apprendre plus sur son étrange propriétaire et sur la mystérieuse Catherine. Et, justement, Ellen Dean, sa gouvernante, connaît tout ce beau monde depuis sa plus tendre enfance, puisqu'elle a été élevée à Hurle-Vent avec Heathcliff, Catherine et Hindley, le frère de cette dernière. Priée de raconter tout ce qu'elle sait de cette étrange famille, Mrs Dean se lance dans un récit où la passion le dispute au surnaturel.

    Magnifique!

    Les émotions humaines les plus intenses sont exploitées par Emily Brontë dans ce chef d'oeuvre de la littérature anglaise: amour, haine, vengeance, rancune. Les fantômes du passé ne manquent pas non plus et sont finalement aussi consistants que les personnages "réels" de l'histoire: ils apportent une dimension exceptionnelle au récit, une sorte de nostalgie des jours anciens et une certaine envie de retrouver ceux qui sont partis. C'est d'ailleurs ce que ressent le malheureux Heathcliff.

    Malheureux, Heathcliff ? Oui, dans une certaine mesure. Même si, bien souvent, il agit de façon absolument révoltante, on ne peut s'empêcher de lui trouver des excuses. Enfant trouvé par le vieux Mr Earnshaw et ramené à Hurle-Vent, il est très mal accueilli par Hindley (le fils d'Earnshaw) et ces deux-là se détesteront toute leur vie. Par contre, il s'entend vite très bien avec Catherine Earnshaw qui, à son contact, devient une véritable sauvageonne. Et, alors qu'ils grandissent, cette belle amitié se transforme en passion dévorante...

    Ces deux-là se sont aimés très fort, trop fort même et le feu de leur passion mutuelle les a détruits. Il a consumé les forces physiques de Catherine, l'a réduite à l'ombre d'elle-même et a fini par la tuer. Et Heathcliff, quant à lui, en est devenu fou. Furieux d'être séparé de Catherine par le mariage de celle-ci avec le jeune Linton, d'abord, et par la mort ensuite, Heathcliff donne l'impression d'avoir perdu la tête le soir même du décès de Catherine. Heathcliff, s'il a survécu physiquement à sa bien-aimée, est néanmoins mort en même temps qu'elle et le monde des vivants l'importe peu: c'est sans doute l'une des raisons qui explique son comportement; comme si ses mauvaises actions ne pouvaient plus lui valoir aucun châtiment à venir, du moins aucun aussi fort que la mort de Catherine.

    Au-delà de cette histoire d'amour aussi belle que terrible, Wuthering heights est aussi marqué par bon nombre de personnages sympathiques. le vieux Mr Earnshaw m'a semblé être un homme bon et honnête. Hindley, malgré ses travers, est bien à plaindre et se révèle assez amusant dans certains passages du roman. Et la brave Mrs Dean, Nell de son petit nom, se révèle une conteuse hors pair! Tous animent le récit, tous sont attachants à leur façon et apportent une magnifique profondeur au roman.
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    • Livres 5.00/5
    Par Sando, le 24 septembre 2014

    Sando
    Comme il est déroutant de passer de la bonne société d'Elizabeth Bennett à celle, tellement plus rustre, de Heathcliff ! Après la lecture hautement romantique d'« Orgueil et préjugés » j'ai décidé de poursuivre ma découverte des classiques de la littérature anglaise avec l'œuvre d'Emily Brontë : « Les Hauts de Hurle-Vent ».

    Cette fois, l'atmosphère est beaucoup plus sombre, beaucoup plus torturée. La lande anglaise dans laquelle évoluent les personnages offre un paysage sauvage, indomptable et parfois hostile. le froid et la rudesse ambiante créent un climat ombrageux, propice aux amours tumultueuses que connaîtront Catherine Earnshaw et Heathcliff. de l'orgueil et des préjugés il y en a beaucoup dans ce microcosme que forment les Hauts et le domaine de Thrushcross Grange. le pardon en revanche se fait plus rare…

    Emily Brontë nous dépeint des amours passionnées dans ce qu'elles peuvent avoir de plus tempétueux et de plus destructeur. La frontière entre la haine et l'amour y est parfois si mince qu'il est difficile de déterminer ce qui anime les différents protagonistes. Impossible de rester insensible face à ce déferlement de sentiments qui anime Catherine et Heathcliff.

    Cruauté, vengeance, rancœur et folie sont au cœur des intrigues qui se jouent entre les personnages, au point de se transmettre à leur descendance. « Les Hauts de Hurle-Vent » est une tragédie sublime, à l'ambiance romantique et gothique particulièrement enveloppante, qui nous mène au fin fond de la lande anglaise. Un classique à lire et à relire !
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    • Livres 5.00/5
    Par Demoiselle-Coquelicote, le 19 février 2014

    Demoiselle-Coquelicote
    Je voulais relire ce classique que j'avais adoré il y a quelques années mais dont mes souvenirs étaient très flous. Qu'à cela ne tienne, je me suis lancée dans la relecture, mais tant qu'à faire, en VO. C'était absolument génial, mais je ne le conseille pas du tout pour ceux qui tâtonnent encore à lire en anglais, surtout si vous ne connaissez pas déjà l'histoire, car si l'écriture est magnifique, elle est aussi très difficile. Je précise que j'ai commencé ma lecture avec la version numérique gratuite sur ma liseuse, puis, arrivée aux trois-quarts, je me suis rendue compte que j'avais la version papier quelque part, et j'ai terminé comme ça.

    Je vous fais un petit synopsis, mais je vous préviens, comme c'est un classique, ma chronique contiendra des spoils. Vous voilà prévenus ! Les hauts de Hurlevent sont la demeure ancestrale de la famille Earnshaw, perdue dans des landes désolées de l'Angleterre. A la fin du XVIIIème siècle, Mr Earnshaw y vit avec son épouse et leurs deux enfants, Catherine et Hindley. Parmi leurs domestiques se trouvent Joseph et Nelly. de retour d'un voyage en ville, il ramène un petit garçon de l'âge de Catherine, dont on ignore d'où il vient, qui sont ses parents, son âge et même son nom. Un enfant probablement abandonné, qui ressemble physiquement à un gitan. Calme et taciturne, le garçon, finalement appelé Heathcliff, se lie d'amitié avec Catherine et s'attire les faveurs de Mr Earnshaw, mais Hindley ne supporte pas que l'affection de sa famille lui soit volée ainsi, et martyrise Heathcliff, qui disparaîtra quelques temps après la décès de Mr Earnshaw. Des années plus tard, il revient, déterminé à rendre la monnaie de sa pièce à tous ceux qui lui ont causé du tort, Hindley le premier, mais aussi les Linton, habitants de Thrushcross Grange et proches de Catherine. Cette histoire nous est racontée par Mr Lockwood, au début du XIXème siècle, alors qu'il est locataire de Thrushcross Grange, et qu'il en apprend tous les détails par Nelly, devenue gouvernante de la demeure.
    Parlons d'abord de la structure du récit, qui semble avoir dégoûter plus d'un lecteur au fil des années ! 90% du temps, la narration est une mise en abîme. Les premiers chapitres, c'est Mr Lockwood qui parle. Comme il est curieux et que très rapidement il se retrouve confiné dans sa chambre, il demande à Nelly de lui raconter l'histoire des habitants des Hauts de Hurlevent. La majorité des chapitres sont donc en fait la voix de Nelly, rapportée par Mr Lockwood au lecteur. Et bien sûr, Nelly fait elle-même parler les différents personnages de l'histoire. Ajoutons à cela que l'histoire se déroule sur un laps de temps assez long, et donc sur deux générations, et que la deuxième génération est nommée d'après la première, avec des noms qui se ressemblent ou sont identiques (prénoms ou noms de famille). En général, à ce stade, on a perdu tout le monde. Parce que oui, Les hauts de Hurlevent est un livre qui demande au lecteur de suivre. Ce n'est pas compliqué ; mais si vous en tentez la lecture à un moment où vous êtes fatigués, ou vous n'avez pas envie, ou vous n'êtes pas du tout bien disposés envers ce roman, bah c'est fini. Par contre, si vous faites un effort, si vous vous laissez emporter par cette histoire violente et cette écriture toute en beauté, vous serez subjugués.

    Ceci étant dit, passons aux personnages. Mr Lockwood, narrateur officiel et locataire de Thruschross Grange, n'est pas très intéressant de mon point de vue. Je le vois comme figurant le lecteur : il arrive presque à la fin de l'histoire, et nourrit rapidement une fascination assez malsaine pour les drames des Hauts et de la Grange. Il montre un peu ce qu'on est censés penser et ressentir, mais personnellement je ne suis pas toujours d'accords avec lui. D'ailleurs, il se contredit assez facilement. Mais je crois qu'il a été inséré pour nous aider à prendre de la distance de temps à autres par rapport à l'histoire, pour nous secouer et nous ramener quelquefois à la réalité, mais aussi pour que l'on s'interroge sur les réelles motivations des personnages.

    J'ai beaucoup aimé Ellen Dean, dite Nelly. Si je ne dis pas de bêtise et si j'ai bien tout compris, elle était la sœur de lait de Hindley, le fils de Mr Earnshaw. Elle a vécu la majeure partie de sa vie aux Hauts, et est la mieux placée pour connaître toute l'histoire, et nous la raconter. Sans être bigote, elle possède un grand sens moral et une réserve d'amour et de compassion quasi-inépuisable. Elle est également très courageuse, se battant pour ce en quoi elle croit et pour protéger autant que possible ses maîtres et maîtresses successifs. Dans toute cette folie et cette violence, elle est la voix de la raison et la voie à suivre. Elle m'a émue plus d'une fois dans les sentiments qu'elle porte aux gens qui l'entourent, même lorsqu'ils ne le méritent pas vraiment. Elle m'a par exemple touchée lorsqu'on l'a forcée à abandonner Hareton, dont elle s'occupait depuis la naissance. Sa relation avec Cathy Linton est aussi très belle : nourrice, confidente, amie… Et pas un instant elle ne faillit.

    Mr et Mrs Earnshaw ont peu d'importance. Ce sont les premiers à mourir, à être emportés par la valse qui nous devient rapidement familière. Cependant, c'est bien Mr Earnshaw qui a tout déclenché en ramenant Heathcliff chez lui et en le traitant comme l'un de ses enfants. On ne voit quasiment pas son épouse, mais il me semble qu'elle se comporte plutôt mal envers le petit gitan entré chez elle, ce qui constitue sûrement l'une des causes de la noirceur d'Heathcliff, leur fils aîné Hindley étant sûrement le responsable principal. Dès le début, il ne peut supporter Heathcliff et le martyrise autant que possible. La placidité du garçon l'énerve encore plus. Il fait tout pour le faire enrager, le faire gronder par les adultes, et pour le séparer de Catherine, qui elle nourrit rapidement une profonde affection pour son nouveau compagnon de jeu. Je ne crois pas qu'Hindley soit véritablement quelqu'un de mauvais. Il nourrit la jalousie des enfants envers ceux qui reçoivent plus d'attention, fait de mauvais choix et finit très mal. Il n'aurait peut-être pas si mal tourné sans le décès de sa femme, Frances, personnage qui ne sert qu'à porter Hareton dans le monde. Et puis l'alcool, ça n'a jamais aidé personne (ni l'addiction au jeu). Je n'arrive tout de même pas à l'apprécier, car à un moment il traite quasiment Heathcliff comme un esclave, et surtout il se comporte très mal envers son propre fils, Hareton. le passage où il le lâche au-dessus de ma balustrade de l'escalier m'a bouleversée…

    Dans les serviteurs, celui qui reste tout du long, en plus de Nelly, c'est Joseph. Je crois que c'est le seul personnage que je déteste vraiment. Il est l'exemple type des gens étroits d'esprit, qui se veulent pieux et profondément religieux mais n'ont aucune bonté d'âme et provoquent toujours des catastrophes. Il pousse au vice chaque personne un peu faible qu'il fréquente. C'est le cas pour Hindley, qu'il sert bien mal, mais surtout d'Hareton, qu'il « éduque » de la pire façon possible. Je ne pense pas non plus qu'il ait encouragé la clémence d'Heathcliff… Je ne me souviens plus comment sont traduits les passages où il parle dans la version française, mais en tout cas en VO c'est quasiment incompréhensible, un patois vulgaire de paysan. Je ne comprenais qu'un mot sur trois, mais suffisamment pour saisir le sens (de toute façon toujours méchant) de ce qu'il disait. Ma version papier était pas mal parce qu'il y avait des petites notes qui expliquait certains mots difficiles de vocabulaire. le dictionnaire d'Oxford dans la liseuse est très pratique aussi, mais pas pour les mots de patois.

    Il faut que je parle un peu des Linton tout de même. Propriétaires originels de Thrushcross Grange, ils ne sont pas méchants, mais un peu sots, manquent de tact et blessent eux aussi Heathcliff, en se comportant comme s'ils lui étaient infiniment supérieurs, les parents comme les enfants. Il y a une sorte de parallèle avec la famille Earnshaw, car là aussi on trouve deux enfants, l'aîné et la cadette, Edgar et Isabella. Ils sont plutôt d'une nature douce, contrairement aux Earnshaw et à Heathcliff, facilement brutaux. Edgar se révèle un très bon père et semble avoir voué une véritable affection à Catherine, en dépit de son comportement un peu regrettable lorsqu'il était adolescent. Isabella a moins de chance que lui finalement, car elle s'entiche de la mauvaise personne, vit des moments très difficiles et voit son caractère se durcir à force de subir des méchancetés. Elle finit par s'échapper et mettre au monde un fils, mais quel fils… Sa fin est peut-être bien l'une des moins enviables du roman. Seule, exclue de la seule famille qui lui reste… Je vais parler ici rapidement de Linton Heathcliff, son fils donc. Il hérite à la fois de la fragilité physique des Linton et du caractère mauvais de son père, Heathcliff. Là encore, s'il avait vécu avec son oncle Edgar Linton et sa cousine Cathy, peut-être que sa personnalité aurait pu évoluer dans un meilleur sens. Emily Brontë nous fait croire pendant un moment que l'affection que Cathy lui porte pourrait être une bonne chose, nous détournant ainsi du but principal et de l'homme véritablement destiné à Cathy.
    Venons-en au noyau dur : Heathcliff, Catherine, Hareton et Cathy. Heathcliff, avec Nelly et Joseph, est le personnage qui vit le plus longtemps dans cette histoire. Tout commence avec son arrivée. Difficile de dire qui il est vraiment. Je pense au départ un être taciturne, facilement solitaire, mais capable de fortes affections et d'une nature très intelligente. Les trop nombreuses vexations subies dans son enfance l'ont transformé en une sorte de monstre humain, où un seul sentiment domine : la passion, sous toutes ses formes. Lors de son retour, les choses auraient pu se passer différemment. Certes, il gardait rancune aux Linton et à Hindley pour ce qu'ils lui avaient fait, mais si Catherine n'avait pas été mariée, s'ils avaient pu s'avouer leurs sentiments, les évènements auraient pris un tour très différent. A sa mort, il ne reste que l'aveuglant désir de vengeance, de soumettre chaque être à un sort aussi peu enviable que le sien propre, précipitant ainsi les Hauts et la Grange dans un cercle de malheur. C'est son personnage qui donne lieu aux plus beaux monologues du roman.

    Finalement, on voit très peu Catherine en comparaison, car c'est sa mort qui « déclenche » Heathcliff et change le destin des autres personnages. Mais on la voit suffisamment pour comprendre qu'elle est l'exact alter ego d'Heathcliff. La même passion, la même violence, les mêmes humeurs, mais un statut différent : bien née, et femme. L'un des thèmes abordé à travers son personnage m'a cette fois beaucoup marquée, alors que je n'en avais aucun souvenir de ma première lecture, et peut-être même n'avais-je pas compris la chose comme ça. A mon sens, Catherine fait un bon gros déni de grossesse. Elle a épousé Edgar Linton parce que c'était le meilleur parti possible d'un point de vue rationnel, et puis de toute façon Heathcliff s'était barré. Mais elle ne l'aime pas, et c'est à peine si elle a du respect pour lui. le petite Cathy arrive sans crier gare ou presque, et le sujet est tellement passé sous tabou… le rapport à la maternité est en général traité de façon très particulière, les mères ne sont pas vraiment aimantes, les grossesses ne sont pas mentionnées ou sont carrément cachées… Peut-être est-ce dû au fait qu'Emily Brontë n'a pas connu de véritable figure maternelle. En même temps, Nelly est une « maman de substitution » géniale, et représente certainement l'idéal d'Emily en la matière.

    Génération suivante, Hareton et Cathy. Hareton a un bien triste sort : il paye les fautes de son père, Hindley. J'ai toujours un grand moment d'émotion et de stress lors du passage de la balustrade que j'ai déjà mentionné. Pourtant, au début, on pourrait croire que ça va aller, là encore grâce à la bonne Nelly. Mais Heathcliff ne l'entend pas de cette oreille et exerce la majeure partie de sa vengeance sur lui, en le réduisant à l'état de domestique dans sa propre maison, en lui dissimulant son passé, en le spoliant de tous ses biens, et en le privant de la culture la plus élémentaire. le pauvre Hareton se trouve alors à la portée de Joseph et devient un rustre. Heureusement, les choses finissent bien pour lui, et ça reste un petit bonheur chamallow pour moi.
    Cathy Linton aussi s'en tire très bien par rapport aux autres : son père l'adore littéralement, Nelly lui pardonne tous ses caprices, toutes ses fautes et toutes ses petites méchancetés. On sent combien l'influence de Nelly est bénéfique. Cathy aussi est courageuse, parfois même un peu téméraire, et si elle se montre mauvaise à certains moments, elle garde toujours la capacité d'aimer sans faire souffrir les autres. Elle aussi tombe dans les pièges posés par Heathcliff, mais à un moment où le cercle de la vengeance s'est épuisé. Heathcliff a fait tout ce qu'il pouvait pour tout détruire mais Catherine le hante toujours, et sa dernière solution réside dans la mort. En disparaissant, il laisse le champ libre à Cathy et Hareton, il les libère sans le vouloir (et sans le savoir même, puisqu'il me semble qu'il voulait faire un testament de telle sorte qu'ils n'auraient rien, mais n'en a pas eu le temps). Certes, à part Nelly ils n'ont plus personne, mais il ne tient qu'à eux de bien repartir, de se construire un bel avenir, et c'est comme ça que j'entends la fin du roman.

    Quelques mots sur l'écriture et l'ambiance, tout de même. Une plume superbe, torturée, très imagée et imaginative aussi. Les sentiments sont décrits à la perfection et toujours de manière subtile. Emily Brontë nous fascine pour le destin d'un être qui se comporte très, très mal, et nous interroge sur la nature humaine, dans une espèce de huis clos de landes magistralement mis en scène, malgré la faiblesse de certains personnages qui ne sont pas assez travaillés. On en parle souvent comme d'un roman gothique, dans l'acceptation du XIXème siècle, et je suis d'accord. C'est sombre, ténébreux, avec les résurgences de spectres ici et là, des mentions de créatures folkloriques et des personnages qui perdent de vue le réel pour les fantaisies de l'esprit.

    Je crois que je vais m'arrêter là, ce n'est plus une chronique, c'est un véritable commentaire de texte !

    Lien : http://sans-grand-interet.cowblog.fr/wuthering-heights-3244193.html
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Citations et extraits

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  • Par Bellisa55, le 24 septembre 2014

    Tu dis que je t'ai tuée, hante-moi alors ! Les victimes hantent leurs meurtriers, je crois. Je sais que des fantômes ont erré sur la terre. Sois toujours avec moi... prends n'importe quelle forme... rends-moi fou ! mais ne me laisse pas dans cet abîme où je ne puis te trouver.

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  • Par Priscilla29, le 22 juillet 2010

    _ Pas du tout, c'est le meilleur! Les autres n'intéresseraient que la satisfaction de mes caprices et aussi celle d'Edgar. Mais celui-là intéresse quelqu'un qui réunit en sa personne tout ce que je ressens pour Edgar et pour moi-même. C'est une chose que je ne puis exprimer. Mais sûrement vous avez, comme tout le monde, une vague idée qu'il y a, qu'il doit y avoir en dehors de vous une existence qui est encore votre. A quoi servirait que j'eusse été créée, si j'étais toute entière contenue dans ce que vous voyez ici ? Mes grandes souffrances dans ce monde ont été les souffrances d'Heathcliff, je les ai toutes guettées et ressenties dès leur origine. Ma grande raison de vivre, c'est lui. Si tout le reste périssait et que lui demeurât, je continuerais d'exister; mais si tout le reste demeurait et que lui fût anéanti, l'univers me deviendrait complètement étranger, je n'aurais plus l'air d'en faire partie. Mon amour pour Linton est comme le feuillage dans le bois : le temps le transformera, je le sais bien, comme l'hiver transforme les arbres. Mon amour pour Heathcliff ressemble aux roches immuables qui sont en dessous: source de peu de joie apparente, mais nécessaire. Nelly, je suis Heathcliff! Il est toujours, toujours dans mon esprit ; non comme un plaisir, pas plus que je ne suis toujours un plaisir pour moi même, mais comme mon propre être. Ainsi, ne parlez plus de notre séparation ; elle est impossible et ...

    Elle s'arrêta et se cacha le visage dans les plis de ma robe. Mais je la repoussai violemment. Sa folie avait mis ma patience à bout.
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  • Par Karineetseslivres, le 05 décembre 2008

    Catherine Earnshaw, puisses-tu ne pas trouver le repos tant que je vivrai ! Tu dis que je t'ai tuée, hante-moi, alors ! Les victimes hantent leurs meurtriers, je crois. Je sais que des fantômes ont erré sur la terre. Sois toujours avec moi... prends n'importe quelle forme... rends-moi fou ! mais ne me laisse pas dans cet abîme où je ne puis te trouver. Oh ! Dieu ! c'est indicible ! je ne peux pas vivre sans ma vie ! je ne peux pas vivre sans mon âme !
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  • Par Maykeiza, le 06 décembre 2008

    Mes grandes souffrances dans ce monde ont été les souffrances de Heathcliff, je les ai toutes guettées et ressenties dès leur origine. Ma grande raison de vivre, c'est lui. Si tout le reste périssait et que lui demeurât, je continuerais d'exister ; mais si tout le reste demeurait et que lui fût anéanti, l'univers me deviendrait complètement étranger, je n'aurais plus l'air d'en faire partie. Mon amour pour Linton est comme le feuillage dans les bois : le temps le transformera, je le sais bien, comme l'hiver transforme les arbres. Mon amour pour Heathcliff ressemble aux rochers immuables qui sont en dessous : source de peu de joie apparente, mais nécessaire. Nelly, je suis Heathcliff ! Il est toujours, toujours dans mon esprit ; non comme un plaisir, pas plus que je ne suis toujours un plaisir pour moi-même, mais comme mon propre être.
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  • Par Woland, le 24 juillet 2009

    [...] ... - "Je vais vous dire ce que j'ai fait hier. J'ai fait enlever, par le fossoyeur qui creusait la tombe de Linton, la terre sur son cercueil à elle, et je l'ai ouvert. J'ai cru un instant que j'allais rester là : quand j'ai revu sa figure - c'est encore sa figure ! - le fossoyeur a eu du mal à me faire bouger ; mais il m'a dit que l'air l'altèrerait. Alors, j'ai rendu libre l'un des côtés du cercueil, que j'ai ensuite recouvert ; pas le côté près de Linton [le mari de Catherine, dont Heathcliffe est resté atrocement jaloux], que le diable l'emporte ! Son cercueil, à lui, je voudrais qu'il eût été soudé au plomb. Puis j'ai soudoyé le fossoyeur pour qu'il enlevât ce côté quand je serai couché là, et qu'il fasse subir la même opération à mon cercueil, que je ferai disposer en conséquence. Et alors, quand Linton viendra nous voir, il ne pourra plus s'y reconnaître !

    - Vous avez agi d'une façon indigne, Mr Heathcliff !" m'écriai-je. "N'avez-vous pas eu honte de troubler les morts ?

    - Je n'ai troublé personne, Nelly, et je me suis procuré à moi-même quelque soulagement. Je vais maintenant me sentir bien mieux ; et vous aurez plus de chances de me maintenir sous terre, quand j'y serai. L'avoir troublée ? Non, c'est elle qui m'a troublé, nuit et jour, pendant dix-huit ans ... sans cesse, sans remords ... jusqu'à la nuit dernière ; et la nuit dernière, j'ai été tranquille. J'ai rêvé que je dormais de mon dernier sommeil à côté d'elle, mon coeur immobile contre le sien et ma joue glacée contre la sienne.

    - Et si elle avait été réduite en poussière, ou pis encore, de quoi auriez-vous donc rêvé ?

    - Que je me réduisais en poussière avec elle et que j'étais encore plus heureux ! ... [...]
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Bande annonce du film Les soeurs Brontë (1979) dans lequel Charlotte Brontë évoque certains épisodes de sa vie avec sa famille dans l'Angleterre du début du XIXe siècle.








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