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ISBN : 2253004758
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1974)


Note moyenne : 4.2/5 (sur 668 notes) Ajouter à mes livres
Lorsque Mr Earnshaw ramène d’un voyage un enfant abandonné, Heathcliff, les réactions de ses enfants évoquent les orages qui s’abattent sur le domaine des Hauts du Hurlevent. Le fils Hinldey n’accepte pas cette enfant sombre et lui fait vivre un enfer. La fille, Catherine, se lie très vite à lui, d’un amour insaisissable et fusionnel. Tous trois grandissent, dans cet amas de sentiments aussi forts qu’opposés. Heathcliff devient un homme sans scrupule, qui jure de se venger des deux hommes ayant empêché le déploiement de son amour: Hindley, le frère ennemi, et Edgar, le mari de Catherine. La destruction de ces deux familles et de leurs descendances constitue alors son seul objectif. Dans les paysages sauvages et immuables des landes du Yorkshire, les déchirements sont nombreux, et cohabitent dans une passion extrême et des tourments destructeurs.
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Ellcrys, le 18 mai 2010

    Ellcrys
    Je reste subjuguée par ce roman. Même après avoir refermé le livre, bien longtemps après l'avoir refermé même, les personnages continuent de m'habiter. Je suis agréablement surprise par le talent d' Emily Brontë, qui dit-on ne sortait que très peu de chez elle (sauf pour aller à l'église et se promener sur le lande, dixit sa soeur). Elle qui est morte à vingt-huit ans et qui ne semble pas avoir connu la passion, décrit parfaitement les sentiments troublant qui hantent chaque page de l'ouvrage.
    Ce roman est magnifiquement écrit : les paysages se dressaient devant mes yeux. La lande, Thrushcross Grange, les Hauts... m'ont bouleversés, charmés, tout comme l'écriture poétique de l'auteur. A l'image des sentiments auxquels sont en proie les protagonistes du roman, j'ai ressenti tantôt de l'amour, de l'amitié, tantôt de la haine, de la colère à l'égard parfois d'un même personnage. Comme j'ai aimé Catherine Earnshaw et sa fille Cathy Linton ; comme j'ai haïe parfois Heathcliff et comme parfois je l'ai aimé. Souvent je l'ai compris... J'ai tout de suite eu un sentiment de méfiance à l'égard de Joseph. J'ai aimé comme un frère Hareton. Chaque personnage, en fait, ne m'a pas laissée indifférente, car le talent d' Emily Brontë est là : psychologie des personnages rondement mené, sentiments renduent à la perfection, caractère des personnages éblouïssant... J'ai été émerveillée par la passion qui existait entre Catherine Earnshaw et Heathcliff. Je vivais cette passion comme si c'était la mienne. L'auteur l'écrit si parfaitement que ce sentiment si puissant s'est inscrit en moi.
    Ce classique anglais, annoncé comme le plus célèbre de XIXème siècle m'a vraiment passionné. Impossible de quitter cette lecture, même dans mes rêves, Catherine, Heathcliff et tous les autres me hantaient, un peu comme le fantôme de Catherine hantait le malheureux et haineux Heathcliff. Jamais un roman ne m'avait emmené autant au plus profond de mon être, là où tous sentiments s'entrechoquent, se cotoient. Je déifie d'ors et déjà Emily Brontë. Elle est sans conteste un auteur de talent et son récit restera à jamais inscrit dans mon âme. Merci Miss Brontë.
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    Critique de qualité ? (44 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 23 décembre 2007

    Woland
    Wuthering Heights
    Traduction : Frédéric Delebecque
    Pour le lecteur du XXIème siècle un tant soit peu féru de littérature du XIXème, "Les hauts de hurle-vent" est un véritable coup de poing qu'il reçoit, bouche bée, en plein dans l'estomac.
    Où diable donc cette fille de pasteur protestant, qui ne se plaisait que dans la solitude grandiose mais effrayante du Nord du Yorkshire et qui mourut la trentaine à peine achevée, sans avoir pratiquement rien connu du reste de l'univers, oui, dans quels tréfonds de la conscience collective a-t-elle pu puiser cette lave noire, brûlante et tempétueuse qui constitue les fondements mêmes des "Hauts ..." ?
    Déjà, le style surprend. C'est un caractère plus masculin que féminin qui se révèle ici. Mais cela va bien plus loin : le trait est ferme, dur, précis ; la construction, en dépit de ses récits emboîtés, a la solidité du granit ; les héros maudits sont d'une seule pièce - et seule la mort parvient à démasquer cette complexité qu'ils n'ont jamais cherché à comprendre en eux parce qu'ils voulaient trop en jouir ; les autres personnages (Lockwood, Nelly Dean, Isabel et Edgar Linton, l'affreux Joseph, les Earnshaw, grand-père, père et fils, le fils Heathcliffe ...), plus francs sans doute et moins volontaires que le couple Catherine-Heatcliffe, forment un choeur à la hauteur du texte et des paysages. Quant aux décors, à mi-chemin entre le gothique radcliffien et la tradition terrienne qu'illustrera plus tard Thomas Hardy, ils sont parfaits.
    Si l'on excepte les conventions en vigueur à l'époque dans la société anglaise et qui, bien entendu, réapparaissent çà et là, "Les hauts de hurle-vent" pourrait passer pour avoir été écrit au XXème siècle.
    C'est aussi l'un des plus belles histoires de fantômes et de vampires qu'il m'ait jamais été donné de lire. Car Heathcliffe se comporte bel et bien comme un vampire qui, poussé par la vengeance, veut enlever la vie à ceux qu'il hait. C'est à croire que, tel un vampire, il ne peut survivre que s'il pille la force vitale des autres. D'ailleurs, quand sa complaisance pour Hareton lui fait comprendre que cet instinct est moribond, Heathcliffe se tourne directement vers la Mort, afin d'y retrouver Cathy. Il retourne, semble-t-il, là d'où il était venu, enfant mystérieux et à demi-muet qu'un soir de tempête, le Hasard avait placé sur la route du vieux Mr Earnshaw.
    Les fantômes sont nombreux et, en bons fantômes, impalpables : lorsqu'il passe la nuit chez Heathcliffe, Mr Lockwood est vite persuadé d'avoir eu affaire à celui de Cathy. Et lorsqu'il en parle à son hôte, celui-ci, si sarcastique qu'il soit, paraît touché. A la fin du roman, lorsque la Mort aura uni Heathcliffe et Catherine, un petit berger jurera même à Mrs Dean "les" avoir vus, "là-bas" ...
    Jusque dans leurs apparitions spectrales, ils conservent d'ailleurs quelque chose qui continue à évoquer le vampirisme.
    Dans ce roman atypique, dont on devine combien il put choquer les bien-pensants, la perversion gît aussi tout au fond de la passion qui lie Heathcliffe à Catherine Earnshaw. L'un comme l'autre, ils ressemblent à de jeunes fauves pour lesquels les conventions sociales n'existent pas. Certes, ils ne sont pas frère et soeur mais il y a un curieux relent d'inceste dans certains mariages que nous égrène Emily Brontë : Heathcliffe épouse la soeur d'Edgar, son fils épousera la fille d'Edgar et de Catherine et celle-ci se remariera avec le neveu de sa mère ... (L'un des autres héros de la fratrie Brontë était, soulignons-le, lord Byron.)
    La sexualité n'est évidemment pas abordée au grand jour mais celle d'Heathcliffe, Bunuel ne s'y est pas trompé, a des airs de nécrophilie. Edgar Linton est efféminé (en tous cas au début) alors que Catherine Earnshaw a quelque chose de masculin, etc, etc ... Mis à part Heathcliffe et Hareton Earnshaw d'ailleurs, les hommes sont bien maltraités dans ce roman.
    Un livre étrange dans tous les sens du mot, une espèce d'ovni littéraire au style résolument moderne, l'une des plus belles perles noires de la littérature anglaise. ;o)
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 11 février 2011

    LiliGalipette
    Roman d'Emily Brontë. Lecture commune avec Anne et Cynthia.
    Dans la lande anglaise, il y a un lieu appelé Les Hauts de Hurle-Vent. "Wuthering est un provincialisme qui désigne d'une façon expressive le tumulte de l'atmosphère auquel sa situation expose cette demeure en temps d'ouragan." (p. 26) Ce domaine est celui d'Heathcliff, un homme ombrageux, violent, cupide, avare et avide de vengeance. Mr Lockwood, qui loue Thrushcross Grange, une propriété d'Heathcliff, découvre de la bouche de la femme de charge de la maison, Mrs Nelly Dean, l'histoire des quarante dernières années au cœur desquelles Heathcliff laisse l'image d'un despote rongé par la haine.
    Heathcliff a été recueilli par Mr Earnshaw qui l'a élevé comme un fils, comme le plus précieux de ses enfants. Si Catherine, la fille de la maison s'attache passionnément au jeune étranger, le fils de Mr Earnshaw, Hindley exprime une jalousie sans borne. À la mort du chef de famille, Hindley martyrise les deux enfants qui accumulent les effronteries et les insolences et se moquent bien de l'autorité du fils aîné. Dès l'enfance, Catherine appartient à Heathcliff et Heathcliff est tout acquis à Catherine. Mais en grandissant, Catherine est poussée vers de plus hautes aspirations et elle épouse Edgar Linton, de Thrushcross Grange. Heathcliff disparaît alors trois ans et revient riche et animé d'une haine qu'alimente un désir de vengeance insatiable. Son dessein est simple : il veut se rendre maître des Hauts de Hurle-Vent et de Thrushcross Grange et asseoir sa domination sur les familles Earnshaw et Linton. À coup de mariages désastreux et de manipulations odieuses, il tisse une toile infâme dans laquelle chacun est pris mais qui le laisse plus seul que jamais, désespérant de posséder Catherine.
    La passion destructrice qui unit Catherine et Heathcliff les fait entrer au panthéon des amoureux littéraires. Leurs déclarations d'amour rivalisent d'intensité mais se croisent souvent sans se rencontrer. Catherine a épousé Linton sous le coup d'une vague affection très vite submergée par le sentiment unique et ravageur qu'elle éprouve jusqu'à la fin pour Heathcliff. "Aussi ne saura-t-il jamais comme je l'aime, et non parce qu'il est lui, [...], mais parce qu'il est plus moi-même que je ne le suis. De quoi que soient faites nos âmes, la sienne et la mienne sont pareilles et celle de Linton est aussi différente des nôtres qu'un rayon de lune d'un éclair ou que la gelée du feu. [...] Mes grandes souffrances dans ce monde ont été celles d'Heathcliff, je les ai toutes guettées et ressenties dès leur origine. Ma grande raison de vivre, c'est lui. Si tout le reste périssait et que lui demeurât, je continuerai d'exister ; mais si tout le reste demeurait et que lui fût anéanti, l'univers ne deviendrait complétement étranger, je n'aurais plus l'air d'en faire partie. Mon amour pour Linton est comme le feuillage dans les bois : le temps le transformera, je le sais bien, comme l'hiver transforme les arbres. Mon amour pour Heathcliff ressemble aux rochers immuables qui sont en dessous : source de peu de joie apparente, mais nécessaire. Nelly, je suis Heathcliff ! II est toujours, toujours dans mon esprit ; non comme un plaisir, pas plus que je ne suis toujours un plaisir pour moi-même, mais comme mon propre être. Ainsi, ne parlez plus de notre séparation, elle est impossible." (pp. 111-112-113)
    À la mort de Catherine, qui part en accouchant d'une petite fille, Heathcliff défie son fantôme de venir le hanter : "Catherine Earnshaw, puisses-tu ne pas trouver le repos tant que je vivrai ! Tu dis que je t'ai tuée, hante-moi, alors! Les victimes hantent leur meurtrier, je crois. Je sais que des fantômes ont erré sur la terre. sois toujours avec moi... prends n'importe quelle forme... rends-moi fou ! mais ne me laisse pas dans cet abîme où je ne peux te trouver. Oh ! Dieu ! c'est indicible ! je ne peux pas vivre sans ma vie ! je ne peux pas vivre sans mon âme." (p. 209) Heathcliff est un personnage ouvertement torturé et ambivalent qui porte sur son visage la marque de ses démons."Il a le physique d'un bohémien au teint basané, le vêtement et les manières d'un gentleman." (p. 28) "Ce qu'est Heathliff : un être resté sauvage sans raffinement, sans culture; un désert aride d'ajoncs et de basalte." (p. 135) Et pourtant, aussi aride qu'est son âme, son imagination n'est jamais en reste pour créer les scenarii les plus abjects.
    Ce roman donne la part belle aux personnages secondaires. le plus réussi, à mon sens, est Joseph, l'homme à tout faire de Hurle-Vent. Il était là avant Heathcliff et il y reste longtemps après. Maladivement attaché aux Earnshaw, il méprise toute autre personne. Chrétien radical voire illuminé, il use de la Bible comme d'un rempart contre les péchés, baragouinant dans une langue incertaine les malédictions qu'il lance aux quatre vents. Joseph est "le plus odieux et le plus infatué pharisien qui ait jamais torturé une Bible afin d'en recueillir les promesses pour lui-même et d'en jeter les malédictions sur ses voisins." (p. 68)
    Le récit est rapporté des années plus tard par une domestique mais la narration est telle que l'action se déroule à chaque page. le reste du roman n'est qu'artifice : l'arrivée de Mr Lockwood et sa longue maladie (six mois) ne sont que des prétextes pour poser le cadre d'un récit qui dépasse le personnage initial. Quelque volonté qu'il ait d'entrer dans l'histoire des héros, il y manque à chaque fois. Il incarne en cela le lecteur qui assiste, médusé et sans pouvoir, à l'histoire en marche. Mrs Dean est la voix narratrice par excellence et quelle mémoire ! Elle retranscrit au mot et à l'accent près des dialogues vieux de vingt ans. le réalisme littéraire n'est pas ce qui importe ici : ce qui compte, c'est qu'une voix s'élève du silence pour rendre vie à deux êtres si impétueux que la mort seule aura su les contenter en les réunissant.
    Relire ce roman est un plaisir intense. Renouer avec Catherine et Heathcliff, c'est retrouver de vieux compagnons. Je ne me lasse pas de ce texte fougueux et grandiloquent, où la haine alimente l'amour dans un creuset impétueux fait de vengeance et de domination. L'histoire a un peu vieilli, on sourit à l'évocation des émotions tellement fortes qu'elles causent des maladies mortelles. La faiblesse du jeune Linton Heathcliff est caricaturale, tout comme le sont les sentiments que s'échangent et s'opposent les personnages. L'amour, la haine, le mépris, le remords, tous sont poussés aux extrêmes limites de la nature humaine. Il est impossible de ne pas le sentir. Mais le roman marque d'autant plus les esprits qu'il assume jusqu'au bout l'absolu des caractères et des passions qu'il développe. Je ne peux que conseiller la lecture de ce texte. Ne criez pas au romantisme, c'est mieux que cela !

    http://lililectrice.canalblog.com/archives/2011/02/12/20353554.html
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par lilyathnaa, le 06 octobre 2011

    lilyathnaa
    « Les hauts de hurle vent sont des terres balayées par les vents du nord, une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff …»
    Saga familiale à l'intrigue fascinante, Les hauts de hurle-vent est pour certains, le roman le plus remarquable de la langue anglaise du XIXème siècle. Ce superbe livre raconte une terrible histoire d'amour et la vengeance d'un homme humilié. le décor général semble ténébreux, froid, cloisonné. L'ambiance y est nébuleuse, brumeuse, sournoise. Il vente et il pleut à longueur de journées sur les landes du Yorkshire, sous un orage perpétuel. Un récit où entre l'amour et la haine, il n'ya qu'un pas, fait de croisements et de déchirements, de passion dévorante, de violence démoniaque et de tourments destructeurs.
    Les personnages sont à la fois sombres et illuminée, tant acteurs, témoins que victimes, parfait mariage « entre le ciel et l'enfer ». Nous sommes frappés d'emblée par l'étrangeté et la sauvagerie des caractères, mais ces derniers demeurent attachants nonobstant .Les réactions sont démentielles, régies par des puissances infernales qui échappent à la volonté des uns et à la mauvaise foi des autres.
    Alliance intime entre l'angoisse et le ravissement, plénitude et douleur extrêmes, ce roman est ancré dans un tumulte désolé, imperturbable, proche d'un déterminisme forcené dans un climat inégalé de hantise.
    Drame générationnel, où chacun perçoit la tragédie en héritage, les thèmes du malheur et du mal-être confèrent au récit des lignes d'une profondeur déconcertante .L' omniprésence de la mort obsédante, les paysages immuables, l'univers métaphorique, la beauté des mots, font de ce pur chef d'œuvre un grand poème lyrique. Les mises en abysse sont finement maitrisées et les différents narrateurs qui racontent les quarante ans durant lesquels se déroule l'histoire, n'altèrent en rien l'unicité du texte. L'écriture est délicieuse, le phrasé noble, la langue subtile. Les envolées lyriques, le style élégant, les innombrables retours en arrière, les descriptions pointues apportent un cachet exceptionnel à ce roman de l'époque victorienne.
    Nous sentons clairement au fil des pages ce rapport à la terre et au travail tenace, ce romantisme à peine voilé des héros, cette cruauté mentale. On peut parler alors d'un roman « expressionniste », quasi métaphysique, d'un mélodrame de damnations éternelles. L'amour incestueux, le crime, la folie façonnent irrévocablement les destins des personnages .Les dialogues y prennent une part considérable, chargés d'une véritable « électricité morale ». C'est révulsant et ensorcelant, grisant.
    Les hauts de hurle-vent c'est bien sûr et surtout cet amour insaisissable entre Catherine et Heathcliff depuis leurs six ans. Elevés comme frères et sœurs, inséparables, fusionnels, ils s'aimeront envers et contre tous, contre eux-mêmes. Mais en grandissant, les circonstances de la vie prennent le dessus sur la magie de l'enfance. Chacun empruntera un long chemin tortueux, ils se perdront… pour mieux se retrouver .Faisant preuve d'une domination physique et psychique désarmante, Heathcliff est le Monte Cristo du Yorkshire, en plus implacable. Il se complait dans un sadisme sinistre, un masochisme dangereux.
    Ce personnage redoutable, foncièrement mauvais, ne s'accomplit réellement qu'en présence de « Cathy » comme lui seul aime à l'appeller. C'est son alter ego féminin, pour le meilleur comme pour le pire. Elle, de son coté n'en est pas moins coupable. A la suite d'un quiproquo qui va tout bouleverser par sa faute, et de la scène mémorable avec Nelly, Catherine tranche. C'est Edgar qu'elle épousera, le garçon de Thuscross Grange, l'ennemi désigné de Heathclif depuis leur première rencontre, il ya très longtemps. Autant dire qu'Edgar contraste de façon saisissante avec les deux compères. C'est un beau garçon, sensible doux, raffiné, et par conséquent, résolument faible.
    Après une longue absence, le retour de Heathcliff constitue un tournant majeur. Jeune, l'enfant adoptif des Ernshaw, jalousé,méprisé et malmené par Hindley, frère de Catherine, qui n'a jamais supporté ce « bohémien de malheur »que son père a ramené d'un voyage, prendra sa revanche sur la vie : on ne guérit pas de son enfance. Débute alors une fureur vengeresse intense, une rancune impitoyable.
    L'héritier va être réduit en esclavage. « Les Hauts » vont changer de propriétaire. Ainsi, une kyrielle de rebondissements commence. Catherine Ernshaw devenue Catherine Linton, aura une fille qui elle, deviendra Catherine Heathcliff, puis Catherine Ernshaw junior, épouse de Hareton, fils de Hindlley, son oncle .Le fils d'Isabelle Linton et de Heathcliff, sera Linton Heathcliff, fils de la sœur d'Edgar Linton, marié à Catherine Ernshaw mère…C'est vous dire toute la complexité de cette fresque savamment orchestrée où une malédiction pèsera sur toute la descendance « jusq'au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste »
    Entre temps, un sinistre événement anéantira Heathclif et montrera au grand jour son infime sensibilité, une faiblesse insoupçonnée. Mais le héros n'en est pas forcément un, car on ne joue pas impunément avec l'âme d'un homme.
    Les années passent et il la rejoindra.
    Les hauts de hurle-vent se révèle être un «  roman gothique humanisé », concluant de façon sublime sur l'image des deux amants que rien n'a pu séparer, pas même leurs tombes…
    Après lecture et relectures, on ne peut qu'admirer la plume de la paisible Emily en se demandant comment , diable, cette fille de pasteur, vivant recluse auprès de son frère et de ses sœurs, eut le coup de génie un jour, d'imaginer cette abominable et merveilleuse histoire.
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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 03 septembre 2011

    juliette2a
    "Les hauts de hurlevent" d'Emily Brontë est tout simplement parfait...
    J'ai adoré cette histoire qui (et je me le demande) a été mal reçu à sa sortie en 1847(je crois pour la date).
    Le style tout à fait différent de ses soeurs m'a rendu vraiment satisfaite.
    Dès les premiers chapitres j'ai été subjuguée par ce merveilleux roman.
    Les personnages d'Heathcliff et de Catherine Earnshaw (future Catherine Linton) m'ont ensorcelés.
    Je pensais, tout au long de l'histoire, que j'étais à la place de Nelly Dean, la narratrice, et je n'arrive toujours pas à sortir du récit...
    Très beau livre à lire absolument !
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Citations et extraits

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  • Par Priscilla29, le 22 juillet 2010

    _ Pas du tout, c'est le meilleur! Les autres n'intéresseraient que la satisfaction de mes caprices et aussi celle d'Edgar. Mais celui-là intéresse quelqu'un qui réunit en sa personne tout ce que je ressens pour Edgar et pour moi-même. C'est une chose que je ne puis exprimer. Mais sûrement vous avez, comme tout le monde, une vague idée qu'il y a, qu'il doit y avoir en dehors de vous une existence qui est encore votre. A quoi servirait que j'eusse été créée, si j'étais toute entière contenue dans ce que vous voyez ici ? Mes grandes souffrances dans ce monde ont été les souffrances d'Heathcliff, je les ai toutes guettées et ressenties dès leur origine. Ma grande raison de vivre, c'est lui. Si tout le reste périssait et que lui demeurât, je continuerais d'exister; mais si tout le reste demeurait et que lui fût anéanti, l'univers me deviendrait complètement étranger, je n'aurais plus l'air d'en faire partie. Mon amour pour Linton est comme le feuillage dans le bois : le temps le transformera, je le sais bien, comme l'hiver transforme les arbres. Mon amour pour Heathcliff ressemble aux roches immuables qui sont en dessous: source de peu de joie apparente, mais nécessaire. Nelly, je suis Heathcliff! Il est toujours, toujours dans mon esprit ; non comme un plaisir, pas plus que je ne suis toujours un plaisir pour moi même, mais comme mon propre être. Ainsi, ne parlez plus de notre séparation ; elle est impossible et ...

    Elle s'arrêta et se cacha le visage dans les plis de ma robe. Mais je la repoussai violemment. Sa folie avait mis ma patience à bout.
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  • Par Maykeiza, le 06 décembre 2008

    Mes grandes souffrances dans ce monde ont été les souffrances de Heathcliff, je les ai toutes guettées et ressenties dès leur origine. Ma grande raison de vivre, c'est lui. Si tout le reste périssait et que lui demeurât, je continuerais d'exister ; mais si tout le reste demeurait et que lui fût anéanti, l'univers me deviendrait complètement étranger, je n'aurais plus l'air d'en faire partie. Mon amour pour Linton est comme le feuillage dans les bois : le temps le transformera, je le sais bien, comme l'hiver transforme les arbres. Mon amour pour Heathcliff ressemble aux rochers immuables qui sont en dessous : source de peu de joie apparente, mais nécessaire. Nelly, je suis Heathcliff ! Il est toujours, toujours dans mon esprit ; non comme un plaisir, pas plus que je ne suis toujours un plaisir pour moi-même, mais comme mon propre être.
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  • Par Karineetseslivres, le 05 décembre 2008

    Catherine Earnshaw, puisses-tu ne pas trouver le repos tant que je vivrai ! Tu dis que je t'ai tuée, hante-moi, alors ! Les victimes hantent leurs meurtriers, je crois. Je sais que des fantômes ont erré sur la terre. Sois toujours avec moi... prends n'importe quelle forme... rends-moi fou ! mais ne me laisse pas dans cet abîme où je ne puis te trouver. Oh ! Dieu ! c'est indicible ! je ne peux pas vivre sans ma vie ! je ne peux pas vivre sans mon âme !
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  • Par Woland, le 24 juillet 2009

    [...] ... - "Je vais vous dire ce que j'ai fait hier. J'ai fait enlever, par le fossoyeur qui creusait la tombe de Linton, la terre sur son cercueil à elle, et je l'ai ouvert. J'ai cru un instant que j'allais rester là : quand j'ai revu sa figure - c'est encore sa figure ! - le fossoyeur a eu du mal à me faire bouger ; mais il m'a dit que l'air l'altèrerait. Alors, j'ai rendu libre l'un des côtés du cercueil, que j'ai ensuite recouvert ; pas le côté près de Linton [le mari de Catherine, dont Heathcliffe est resté atrocement jaloux], que le diable l'emporte ! Son cercueil, à lui, je voudrais qu'il eût été soudé au plomb. Puis j'ai soudoyé le fossoyeur pour qu'il enlevât ce côté quand je serai couché là, et qu'il fasse subir la même opération à mon cercueil, que je ferai disposer en conséquence. Et alors, quand Linton viendra nous voir, il ne pourra plus s'y reconnaître !

    - Vous avez agi d'une façon indigne, Mr Heathcliff !" m'écriai-je. "N'avez-vous pas eu honte de troubler les morts ?

    - Je n'ai troublé personne, Nelly, et je me suis procuré à moi-même quelque soulagement. Je vais maintenant me sentir bien mieux ; et vous aurez plus de chances de me maintenir sous terre, quand j'y serai. L'avoir troublée ? Non, c'est elle qui m'a troublé, nuit et jour, pendant dix-huit ans ... sans cesse, sans remords ... jusqu'à la nuit dernière ; et la nuit dernière, j'ai été tranquille. J'ai rêvé que je dormais de mon dernier sommeil à côté d'elle, mon coeur immobile contre le sien et ma joue glacée contre la sienne.

    - Et si elle avait été réduite en poussière, ou pis encore, de quoi auriez-vous donc rêvé ?

    - Que je me réduisais en poussière avec elle et que j'étais encore plus heureux ! ... [...]
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  • Par zazimuth, le 24 août 2010

    Telle était sa parfaite idée du bonheur céleste. La mienne était de me balancer dans un arbre au vert feuillage bruissant, quand souffle un vent d’ouest et que de beaux nuages blancs glissent rapidement dans le ciel; quand non seulement les alouettes, mais les grives, les merles, les linottes, les coucous prodiguent de tous côtés leur musique; quand on aperçoit la lande au loin, coupée par de frais vallons noyés dans l’ombre; et, tout près, de grands tertres couverts d’herbe haute ondulant en vagues sous la brise; des bois et de l’eau tumultueuse, le monde entier en mouvement et frémissant de joie. Il aimait à voir tout reposer dans une extase de paix ; j’aimais à voir tout étinceler et danser dans un glorieux jubilé. Je prétendais que son paradis ne serait qu’à moitié vivant ; il disait que le mien serait ivre. Je prétendais que je m’endormirais dans le sien ; il disait qu’il ne pourrait pas respirer dans le mien.
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Extrait du film "Les hauts de hurlevent" de Peter Kosminsky (1992) .








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