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ISBN : 2846822506
Éditeur : P.O.L. (2009)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 623 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
À quelques mois d'intervalle, la vie m'a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d'un enfant pour ses parents, celle d'une jeune femme pour ses enfants et son mari. Quelqu'un m'a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n'écris-tu pas no... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Magenta, le 20 mai 2013

    Magenta
    Il est toujours assez difficile pour moi de parler de mon ressenti à la lecture d'un livre d'Emmanuel Carrère.
    J'aime ses livres, j'aime leur sujet, j'aime beaucoup son style d'écriture, les sentiments qu'il fait passer au lecteur mais je pense que c'est l'homme lui-même que je n'aime pas. le fait qu'il ait toujours besoin de parler de lui, avec une assez haute opinion d'ailleurs, de ramener tout à lui, me le rend...pas antipathique, non... Disons, c'est plus juste, qu'il me met mal à l'aise.
    Par contre, comme nous sommes ici pour parler d'ouvrages et non d'hommes, c'est bien cinq étoiles que lui mets parce que j'aime vraiment ses livres.
    J'étais un peu inquiète au début, ça parlait du tsunami de 2004. Je me suis dit non...pas encore...
    Et non! Pas du tout!
    Mais c'est bien à partir d'un évènement qui a changé la vie de milliers de personnes, sans toucher la sienne, qu'indirectement, il a changé aussi la vie de l'auteur.
    Et c'est à partir d'un autre évènement qui ne le touche pas directement non plus, la mort de sa belle-sœur qu'il ne connaissait pas, qu'il va changer sa façon de voir la vie, son bonheur, l'importance de certaines choses qu'on pourrait croire anodines. Tout en nous racontant la vie d'autres personnes, il insinue la sienne dans l'histoire et c'est là qu'il est excessivement intéressant finalement!
    C'est pour tout ça, pour tout ce qu'il fait passer dans ses livres, toutes ces émotions, que j'aime Emmanuel Carrère,
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    • Livres 4.00/5
    Par latina, le 24 mai 2012

    latina
    Une vague d'espoir m'a envahie en lisant ce très beau texte, véridique. le tsunami ? La perte d'un enfant ? Oui…mais la vie, avec l'acceptation des horreurs subies, reprend ses droits et ça, chapeau ! le cancer plie l'être humain, l'handicape avant de le tordre dans des souffrances indicibles ? Oui, mais l'homme, la femme décrits dans ces lignes s'adaptent, au prix d'une volonté, d'un amour, d'un désir de vivre malgré tout, même diminués.
    Pour tout ça, pour ces valeurs positives, je dis oui ! Oui à ce livre plein d'humanité, oui à cet auteur franc et honnête. Oui à ces "autres vies que la mienne" !
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    • Livres 5.00/5
    Par marina53, le 23 janvier 2013

    marina53
    C'est un titre porteur et tellement évocateur... Emmanuel Carrère nous parle d'autres vies, de la vie des personnes qu'il croise sur sa route, des amis intimes ou non mais qui ont tous laissé leurs empreintes à un moment donné.
    Ces autres vies, ce sont celles de Jérôme et Delphine, les parents de la petite Juliette emportée par le tsunami, au Ski Lanka en décembre 2004. Emmanuel Carrère, en gage d'amitié envers ce couple les aidera autant qu'il le pourra à surmonter ce deuil, autant que cela puisse être possible.
    Ces vies, ce sont celles de Juliette, la sœur de la compagne d'Emmanuel Carrère, magistrate. Atteinte d'un cancer à l'âge de 18 ans, elle s'en remettra mais la maladie, sournoise, reviendra quelques années plus tard.
    Ces vies, ce sont aussi celles d'Emilie, de Clara et de Diane, les trois petites filles de Juliette qui devront apprendre à vivre sans leur maman.
    Ces vies, ce sont celles aussi d'Etienne, ami et collègue de Juliette. Réunis dans le même drame de la maladie puisqu'il est amputé d'une jambe, ces deux êtres vont défendre de manière féroce et terriblement efficace les couples surendettés, les situations précaires dans lesquelles ils se sont engouffrés et dont ils n'arrivent plus à sortir.
    Emmanuel Carrère décrit avec justesse et énormément d'émotion tous ces destins croisés. Il y a à la fois plusieurs livres dans ce même ouvrage, on y parle de tsunami, de mort, de cancer, de surendettement, de justice, d'amour, d'amitié... Autant de sujets qui ont marqué l'auteur au cours de ces quelques années et qui nous prouvent, à travers ce récit, l'importance des gens qui nous entourent, leur interaction sur notre propre destin. Un peu comme un journal, il raconte d'une façon si passionnée, émouvante et parfois terrible, tout simplement, la vie. Avec justesse et sobriété, il s'est mis à l'écart pour nous montrer au grand jour les héros du quotidien.
    D'autres vies que la mienne, si cela m'était possible...
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    • Livres 4.00/5
    Par Kittiwake, le 24 février 2012

    Kittiwake
    «Ecrire sur ce qui me fait le plus peur au monde : la mort d'un enfant pour ses parents, celle d'une jeune femme pour ses enfants et son mari»
    C'est pourtant ce que nous propose Emmanuel Carrère. On est d'emblée dans le drame : au Sri Lanka lors du tsunami de 2004 qui dévasta en quelques instants les côtes de nombreux pays d'Asie. L'auteur s'y trouve, sa famille est indemne, autour de lui d'autres ont eu moins de chance : une petite fille a disparu, et retrouver son corps parmi les milliers de victimes sera un but commun pour le groupe; une jeune femme ne sait si son mari est vivant ou mort : ils étaient en voyage de noces. En France se joue en même temps un autre drame : la maladie. Juliette, soeur de la compagne de l'auteur, vit ses derniers instants, baissant les armes devant le cancer qui la ronge.
    Exposé de cette façon, le sujet est plombant. Et c'est là que la magie de cette écriture fait merveille. Pas de lourdeur, pas d'apitoiement, juste un regard de témoin, à la fois interrogatif quant à la signification que tout cela peut avoir, et plein de compassion, et près à revoir ce qui construit sa vie, à l'aune de ces malheurs accumulés
    Ces êtres atteints à différents degrés ont pour point commun de faire partie d'un réseau de relations familiales ou professionnelles suffisamment proches pour partager les plus difficiles moments d'une vie : ruptures, maladie, mort. Et sous la plume d'Emmanuel Carrère, ils apparaissent comme de belles personnes, avec leurs doutes, leurs angoisses, et leur désir de bien faire. J'ai particulièrement apprécié la personnalité du juge, ami de Juliette. Il faut vraiment s'appeler Emmanuel Carrère pour réussir à me convaincre que le Droit est un domaine attrayant et que je me passionne pour le fonctionnement des affaires de surendettement! Chaque livre de cet auteur m'a embarqué dans son univers : c'est pourquoi, malgré le peu d'intérêt que j'éprouve pour le personnage évoqué, je vais me plonger dans Limonov

    Lien : http://kittylamouette.blogspot.com/2012/02/dautres-vies-que-la-mienn..
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    • Livres 5.00/5
    Par Malaura, le 30 avril 2011

    Malaura
    Témoin du tsunami en Décembre 2004, E. Carrère rentre à Paris avec sa compagne Hélène, avec l'intention d'écrire sur le drame. Quelques semaines plus tard, la soeur d'Hélène est emportée par un cancer. Juge spécialisée dans les affaires de surendettement, elle partageait l'expérience de la maladie et la passion de son métier avec son collègue de travail Etienne.Mêlée à celle du tsunami, E. Carrère raconte l'histoire de ces deux juges qui ont passé leur vie à combattre maladie et pauvreté.
    Un récit autobiographique superbe de sobriété, de puissance, de retenue.On en déguste les phrases mesurées, simples et lumineuses, les laissant retentir au plus profond de soi. Livre de l'intime: l'intime des autres, celui de l'auteur et le nôtre car chacun peut y déceler quelque chose qui le renvoit à lui, à ses troubles, ses peurs, sa vie. Livre d'amour, de maladie, de deuil.Livre du tragique...sans pathos. Livre de la vie...sa dureté et parfois sa douceur.Tout simplement beau et poignant.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Minh Tran Huy pour le Magazine Littéraire

    Emmanuel Carrère publie, en mars, aux éditions P.O.L. D'autres vies que la mienne. Le récit de l'amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d'un cancer, tous deux juges, en charge des affaires de surend... > lire la suite

    Critique de qualité ? (6 l'ont appréciée)

Critiques presse (1)


  • Actualitte , le 17 avril 2013
    Quelques touches de pathos alimenteront la compassion du lecteur alors que, plongé bien au chaud dans on petit bonheur personnel préservé, il ne songe, avec la mère de Napoléon, qu'à se répéter : « Pourvou qué ça douré ! »
    Lire la critique sur le site : Actualitte

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Citations et extraits

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  • Par Magenta, le 21 mai 2013

    Cette détresse véritablement panique, Pierre Cazenave l'analyse comme le sursaut désespéré de cet être clandestin qui, au fond de soi, n'a jamais eu droit à l'existence et qui soudain entend que ses jours sont comptés.
    Pour qui a toujours eu le sentiment d'exister, l'annonce de la mort est triste, cruelle, injuste, mais on peut l'intégrer à l'ordre des choses.
    Mais pour qui, au fond de lui, a toujours eu l'impression de ne pas exister vraiment? De n'avoir pas vécu?
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  • Par Magenta, le 21 mai 2013

    Nous éprouvions que nos corps étaient fragiles. Je regardais celui d'Hélène, si beau, si accablé de fatigue et d'effroi. Je n'éprouvais pas de désir mais une pitié déchirante, un besoin de prendre soin, de protéger, de garder toujours. Je pensais : elle pourrait être morte aujourd'hui. Elle m'est précieuse. Tellement précieuse. Je voudrais qu'un jour elle soit vieille, que sa chair soit vieille et flapie, et continuer à l'aimer. Ce qui avait eu lieu durant ces cinq jours et qui prenait fin là, à ce moment précis, nous a submergés. Une vanne s'ouvrait, libérant un flot de chagrin, de soulagement, d'amour, tout cela mêlé. J'ai serré Hélène dans mes bras et dit : je ne veux plus qu'on se quitte, plus jamais. Elle a dit : moi non plus, je ne veux plus qu'on se quitte.
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  • Par Chrys, le 25 novembre 2010

    P156:
    " ...je suis terriblement choqué par les gens qui vous disent qu'on est libre, que le bonheur se décide, que c'est un choix moral. Les professeurs d'allégresse pour qui la tristesse est une faute de goût, la dépression une marque de paresse, la mélancolie un péché. Je suis d'accord, c'est un péché, c'est même le péché mortel, mais il y a des gens qui naissent pécheurs, qui naissent damnés, et que tous leurs efforts, tout leur courage, toute leur bonne volonté n'arracheront pas à leur condition. Entre les gens qui ont un noyau fissuré et les autres, c'est comme entre les pauvres et les riches, c'est comme la lutte des classes, on sait qu'il y a des pauvres qui s'en sortent mais la plupart, non, ne s'en sortent pas, et dire à un mélancolique que le bonheur est une décision, c'est comme dire à un affamé qu'il n'a qu'à manger de la brioche."
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  • Par Chrys, le 25 novembre 2010

    P238: J'en ai marre!
    " C'est une phrase très simple mais extrêmement importante, parce que c'est une phrase qu'on s'interdit. On s'interdit de la prononcer, mais autant que possible de la penser. Parce que si on commence à penser: "J'en ai marre", on se retrouve assez vite à penser: "ce n'est pas juste" et : "je pourrais avoir une autre vie". Or ces pensées-là sont insupportables. Si on commence à se dire: "ce n'est pas juste", on ne peut plus vivre. Si on commence à se dire que la vie pourrait être différente, qu'on pourrait courir comme tout le monde pour attraper le métro ou jouer au tennis avec les enfants, la vie est pourrie. (...) Il n'empêche que ce sont des pensées qui existent et que cela ne fait pas de bien non plus d'employer toute son énergie à faire comme si elles n'existaient pas. C'est compliqué, de s'accommoder de ces pensées-là."
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  • Par Chrys, le 25 novembre 2010

    P181: Le surendetté "passif" (à distinguer du surendetté "actif")
    "A celui-ci, on ne peut pas faire grief de consommer avec excès et d'user sans discernement du crédit, tout simplement parce qu'il est pauvre, très pauvre, et qu'il n'a d'autre choix qu'emprunter pour remplir son caddie de paquets de nouilles. C'est le RMIste de plus de cinquante ans, ou la femme seule avec des enfants, au chômage, sans qualification, sans autre perspective, dans le meilleur des cas, que de trouver un emploi à temps partiel, précaire et mal payé, avec l'effet pervers classique que travailler, si elle y arrive, sera finalement moins avantageux pour elle que vivoter des aides à quoi elle peut prétendre. ceux-là n'ont que des dettes et rien pour les payer. Leurs dossier se retrouvent en piles sur le bureau du juge d'instance."
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J'ai rarement lu une biographie aussi vraie, aussi riche, aussi forte que cette dernière écrite par Carrère...








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