ISBN : 2846822506
Éditeur : P.O.L. (2009)


Note moyenne : 4.04/5 (sur 380 notes) Ajouter à mes livres
À quelques mois d'intervalle, la vie m'a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d'un enfant pour ses parents, celle d'une jeune femme pour ses enfants et son mari. Quelqu'un m'a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n'écris-tu pas no... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par latina, le 24 mai 2012

    latina
    Une vague d'espoir m'a envahie en lisant ce très beau texte, véridique. le tsunami ? La perte d'un enfant ? Oui…mais la vie, avec l'acceptation des horreurs subies, reprend ses droits et ça, chapeau ! le cancer plie l'être humain, l'handicape avant de le tordre dans des souffrances indicibles ? Oui, mais l'homme, la femme décrits dans ces lignes s'adaptent, au prix d'une volonté, d'un amour, d'un désir de vivre malgré tout, même diminués.
    Pour tout ça, pour ces valeurs positives, je dis oui ! Oui à ce livre plein d'humanité, oui à cet auteur franc et honnête. Oui à ces "autres vies que la mienne" !
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    Critique de qualité ? (25 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Kittiwake, le 24 février 2012

    Kittiwake
    «Ecrire sur ce qui me fait le plus peur au monde : la mort d'un enfant pour ses parents, celle d'une jeune femme pour ses enfants et son mari»
    C'est pourtant ce que nous propose Emmanuel Carrère. On est d'emblée dans le drame : au Sri Lanka lors du tsunami de 2004 qui dévasta en quelques instants les côtes de nombreux pays d'Asie. L'auteur s'y trouve, sa famille est indemne, autour de lui d'autres ont eu moins de chance : une petite fille a disparu, et retrouver son corps parmi les milliers de victimes sera un but commun pour le groupe; une jeune femme ne sait si son mari est vivant ou mort : ils étaient en voyage de noces. En France se joue en même temps un autre drame : la maladie. Juliette, soeur de la compagne de l'auteur, vit ses derniers instants, baissant les armes devant le cancer qui la ronge.
    Exposé de cette façon, le sujet est plombant. Et c'est là que la magie de cette écriture fait merveille. Pas de lourdeur, pas d'apitoiement, juste un regard de témoin, à la fois interrogatif quant à la signification que tout cela peut avoir, et plein de compassion, et près à revoir ce qui construit sa vie, à l'aune de ces malheurs accumulés
    Ces êtres atteints à différents degrés ont pour point commun de faire partie d'un réseau de relations familiales ou professionnelles suffisamment proches pour partager les plus difficiles moments d'une vie : ruptures, maladie, mort. Et sous la plume d'Emmanuel Carrère, ils apparaissent comme de belles personnes, avec leurs doutes, leurs angoisses, et leur désir de bien faire. J'ai particulièrement apprécié la personnalité du juge, ami de Juliette. Il faut vraiment s'appeler Emmanuel Carrère pour réussir à me convaincre que le Droit est un domaine attrayant et que je me passionne pour le fonctionnement des affaires de surendettement! Chaque livre de cet auteur m'a embarqué dans son univers : c'est pourquoi, malgré le peu d'intérêt que j'éprouve pour le personnage évoqué, je vais me plonger dans Limonov

    Lien : http://kittylamouette.blogspot.com/2012/02/dautres-vies-que-la-mienn..
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    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Malaura, le 30 avril 2011

    Malaura
    Témoin du tsunami en Décembre 2004, E. Carrère rentre à Paris avec sa compagne Hélène, avec l'intention d'écrire sur le drame. Quelques semaines plus tard, la soeur d'Hélène est emportée par un cancer. Juge spécialisée dans les affaires de surendettement, elle partageait l'expérience de la maladie et la passion de son métier avec son collègue de travail Etienne.Mêlée à celle du tsunami, E. Carrère raconte l'histoire de ces deux juges qui ont passé leur vie à combattre maladie et pauvreté.
    Un récit autobiographique superbe de sobriété, de puissance, de retenue.On en déguste les phrases mesurées, simples et lumineuses, les laissant retentir au plus profond de soi. Livre de l'intime: l'intime des autres, celui de l'auteur et le nôtre car chacun peut y déceler quelque chose qui le renvoit à lui, à ses troubles, ses peurs, sa vie. Livre d'amour, de maladie, de deuil.Livre du tragique...sans pathos. Livre de la vie...sa dureté et parfois sa douceur.Tout simplement beau et poignant.
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par LUKE59, le 01 avril 2012

    LUKE59
    C'est avec une intention indéniablement louable que l' auteur de La Moustache a mis son talent au service du vécu boulversant de personnes durement touchés par le destin.La perte brutale d' un proche, le handicap, la maladie grave avec issue fatale : tous ces thèmes sont traités par le menu, le plus souvent avec justesse, profondeur et sensibilité, mais par moments aussi très crûment, sans tabou, ce qui rend alors ce récit très éprouvant pour le lecteur. Dans ce roman, j' ai surtout apprécié la partie principale, riche d' enseignements, consacrée au combat contre la précarité mené par ces admirables juges "boiteux", et qui esquisse en filigrane la question suivante : l' intimité avec la mort, la souffrance physique et psychique nous rend-t-elle meilleurs?
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Missbouquin, le 03 février 2012

    Missbouquin
    De quoi il parle
    Ce roman autobiographique débute sur le tsunami qui a eu lieu au Sri Lanka en 2004, alors que l'auteur s'y trouve pour des vacances avec sa femme. Sain et sauf, ils côtoient un couple de français dont la petite fille est morte noyée. de retour en France, ils assistent au calvaire des derniers jours de sa belle-sœur, mère de trois petites filles, succombant d'un cancer à 33 ans.
    Je veux commencer cette chronique par les mots mêmes d'Emmanuel Carrère : “Je me suis senti vaguement honteux d'écrire des choses aussi dures. Les gens que je fréquente, cela ne leur pose pas problème qu'un livre soit horrible : beaucoup y voient au contraire un mérite, une preuve d'audace à mettre au crédit de l'auteur. Les lecteurs plus candides, comme la mère de Patrice sont troublés. Ils ne jugent pas que c'est mal d'écrire ça, mais se demandent tout de même pourquoi l'écrire. Ils se disent que le type gentil et bien élevé qui les aide à couper en rondelles les concombres, qui a l'air de sincèrement prendre part au deuil de la famille, que ce type doit tout de même être bien tordu, ou bien malheureux, en tout cas que quelque chose chez lui ne va pas, et le pire, c'est que je ne peux que leur donner raison.”
    Ce que j'en ai pensé
    Il est vrai que le résume ne donne pas très envie, mais j'avoue que je ne lis presque jamais les 4e de couverture lorsqu'il s'agit de livres que l'on me prête : je fais entièrement confiance à la personne. Je n'aime pas commencer des livres avec des a priori, et dans ce cas-là, j'ai très bien fait.
    Encadré par ces deux deuils, celui de parents qui ont perdu une fille; et celui d'enfants et d'un mari qui ont perdu leur mère/ épouse; le roman avance en faisant des aller-retour dans le temps, au fur et à mesure des entretiens de l'auteur avec les amis et membres des familles touchées par le deuil.
    Sans sombrer totalement dans le pathos, Emmanuel Carrère raconte cette période de sa vie, qui l'a profondément transformé. Ces deux morts, parfaitement horribles, le secouent et lui font prendre conscience de la chance qu'il a, d'aimer et d'être aimé. D'un autre côté, il découvre le courage des hommes face à la perte.
    Difficile de dire à quel point ce livre m'a profondément bouleversé. Car au-delà de cette histoire particulière, Emmanuel Carrère touche à l'universel, par le récit de la douleur face à une perte de tout ce qu'on aime. Comme lui, il m'a secoué; et m'a poussé à voir la vie autrement. Et au final, même si je n'ai pu m'empêcher de pleurer à cette lecture, j'en suis sortie fortifiée. En effet, tout au long de ce récit, il insiste sur la force de l'homme, de ceux qui subissent cette perte. Il s'attache, à travers des personnes/personnages comme Etienne ou Patrice, à sortir des idées reçues sur des maladies comme le cancer.
    Par la même occasion, et c'est loin d'être accessoire, il m'a ouvert les yeux sur le monde de la justice, et des procès entre endettés et sociétés de crédit qui les arnaquent régulièrement. Si cela fait très “justicier”, j'ai apprécié la manière dont il a mis en valeur le travail des juges pour pencher en faveur de gens qui n'ont d'autres choix de s'endetter et ne peuvent sortir de cette spirale. Un passionnant tableau, illustré de cas concrets et d'estomaquants décryptages du surendettement et de ses coulisses, d'un monde peu connu. Par exemple, on découvre le surendetté passif :
    “A celui-ci, on ne peut pas faire grief de consommer avec excès et d'user sans discernement du crédit, tout simplement parce qu'il est pauvre, très pauvre, et qu'il n'a d'autre choix qu'emprunter pour remplir son caddie de paquets de nouilles. C'est le RMIste de plus de cinquante ans, ou la femme seule avec des enfants, au chômage, sans qualification, sans autre perspective, dans le meilleur des cas, que de trouver un emploi à temps partiel, précaire et mal payé, avec l'effet pervers classique que travailler, si elle y arrive, sera finalement moins avantageux pour elle que vivoter des aides à quoi elle peut prétendre. ceux-là n'ont que des dettes et rien pour les payer. Leurs dossier se retrouvent en piles sur le bureau du juge d'instance.”
    De quoi donc réfléchir sur la manière dont on gère notre argent, dont on voit notre travail. Et de prendre conscience que tous ces gens qui ne s'en sortent pas, ce n'est pas toujours de la mauvaise volonté ou de la paresse …
    De quoi réfléchir aussi sur l'impact de l'irruption de la catastrophe dans une vie. Et de quoi prendre la vie d'une manière plus optimiste, d'en profiter. On ne sait jamais.
    Finalement, je prends ce roman davantage comme une ode à la vie, par sa forme même; plus que comme une ode au deuil, au désespoir. Il “suffit” de sortir de la spirale du malheur telle qu'il la décrit, pour en tirer une leçon de sagesse plus profonde. En tout cas, c'est ce que j'ai ressenti.
    Un livre à découvrir, mais pas en période de dépression tout de même, il faut s'accrocher. Mais ensuite il se dévore. Et nous laisse rêveurs.
    PS : après avoir lu quelques critiques de-ci de-là sur le web, je me rends compte que les gens ont été touchés parce que c'est une histoire vraie. Mais je crois que j'aurais pleuré même si ça n'avait pas été le cas. C'est l'universalité de ces histoires qui m'a touché. Et je m'en fiche que Carrère raconte sa vie par la même occasion. L'important pour moi est d'avoir appris quelque chose et de me sentir différente après l'avoir refermé.

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/02/03/dautres-vies-que-la-m..
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Minh Tran Huy pour le Magazine Littéraire

    Emmanuel Carrère publie, en mars, aux éditions P.O.L. D'autres vies que la mienne. Le récit de l'amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d'un cancer, tous deux juges, en charge des affaires de surend... > lire la suite

    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par latina, le 24 mai 2012

    Le moment où la vie, là-bas, l’a emporté, où elle a choisi de vivre au lieu de se laisser couler, c’est celui om elle a accepté, en notre absence, de garder Rodrigue. Elle a d’abord pensé : non, m’occuper d’un enfant deux jours après la mort de ma fille, je ne pourrai jamais, mais elle a dit oui, et à partir de cet instant elle a continué, malgré tout, à dire oui.
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  • Par latina, le 24 mai 2012

    Une chose encore qu’il partageait avec Jérôme : ce regard légèrement narquois, sans malveillance, sur les gens qui s’agitent et se stressent et intriguent, qui ont soif de pouvoir et d’ascendant sur leur prochain. Les ambitieux, les petits chefs, les jamais satisfaits.
    Jérôme et lui étaient plutôt de ceux qui font bien leur travail mais une fois ce travail fini, l’argent rentré, en profitent tranquillement au lieu de se charger d’un surcroît de travail pour gagner un surcroît d’argent. Ils avaient ce qu’il faut pour être satisfaits de leur sort, tout le monde n’a pas cette chance, mais ils avaient aussi et surtout la sagesse de s’en satisfaire, d’aimer ce qu’ils avaient, de ne pas désirer plus.
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  • Par latina, le 24 mai 2012

    Si ta petite-fille de quatre ans était morte, ou si tes fils étaient morts, est-ce que tu t’occuperais des pêcheurs de Medaketiya ?
    Moi, reprend Jean-Baptiste, je crois que je m’en foutrais pas mal.
    Après réflexion, je dis que ne pas s’en foutre, c’est soit la preuve d’une générosité extraordinaire soit une stratégie de survie et que je préfère y voir une stratégie de survie. Cela me parait plus humain. A un certain moment, c’est ne penser qu’à soi qui est le plus humain. Se soucier de l’humanité en général quand son enfant est mort, je n’y crois pas, mais je ne crois pas que Philippe et Jérôme se soucient de l’humanité en général, je crois qu’ils se soucient de survivre à la mort de Juliette.
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  • Par latina, le 24 mai 2012

    Même une mauvaise action, je pense qu’il n’en aurait pas honte non plus. Ou bien si, il en aurait honte, mais il jugerait cette honte bonne à dire elle aussi. Il dirait simplement : je l’ai fait, j’en ai honte, cette honte fait partie de moi, je ne vais pas la renier.
    De ce qui le fait humain, pauvre, faillible, magnifique, il ne veut rien retrancher.
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  • Par latina, le 24 mai 2012

    Avec sa carrure, son humeur égale, son ironie sans méchanceté, j’imagine Jérôme comme un compagnon de voyage idéal : laissant venir, pas pressé, pas pris au dépourvu, accueillant les contretemps comme des occasions, les inconnus comme des amis possibles.
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