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ISBN : 2070416216
Éditeur : Gallimard (2002)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 561 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand a tué sa femme, ses enfants, ses parents, puis tenté, mais en vain, de se tuer lui-même. L'enquête a révélé qu'il n'était pas médecin comme il le prétendait et, chose plus difficile encore à croire, qu'il n'était rien d'autre. Il me... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 18 juin 2012

    marina53
    Sachant que ce récit d'Emmanuel Carrère raconte l'histoire vraie de ce Jean-Claude Romand, on ne peut-être que déstabilisé à la fin de cette lecture.
    Carrère relate les faits, sans prendre position, autant que l'on peut l'être.
    Toute la vie de Romand ne s'est construite que sur des mensonges: faux diplômes de médecin, fausse carrière, liaison, cancer, arnaques financières au sein de sa propre famille. le poids de tous ces mensonges l'ont entraîné dans une folie meurtrière puisqu'il assassinera toute sa famille ainsi que ses parents.
    Comment cet homme a-t-il pu tromper ses proches pendant tant d'années? Dans quel intérêt? Pourquoi cette folie soudaine?
    Chacun d'entre nous pourra tenter d'y apporter des réponses, même si la vérité nous échappe.
    Un récit terrible et troublant, voire "fascinant".
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    • Livres 4.00/5
    Par ahasverus, le 26 juin 2013

    ahasverus
    Cette histoire est absurde et terrifiante parce qu'elle est vraie.
    Jean-Claude Romand est un menteur, un homme qui ne pouvait pas décevoir. Il devait, comme disait Céline, présenter toujours comme un petit idéal universel, un surhomme du matin au soir, le sous-homme claudiquant qu'on nous a donné.
    Il s'était inventé très vite une vie brillante dans laquelle il était l'ami de Bernard Kouchner et le patient de Léon Schwartzenberg. Il ramenait de faux souvenirs de ses faux voyages au Japon, échafaudait une fausse carrière prestigieuse et un faux sale cancer contre lequel il luttait courageusement et pudiquement.
    Jean-Claude Romand transpirait beaucoup dans son obstination permanente à berner le vrai monde. Un jour, à 39 ans, il a su que sa concentration suintante n'allait pas suffire à mentir plus avant. Alors cet homme gentil et si modeste a pris la 22LR de rigueur, celle de Dupont de Ligonnès et des drames domestiques. Il a tué Florence, sa femme, et Caroline et Antoine, ses enfants. Puis il a regardé la télévision, fait un peu de rangement, et il est parti déjeuner chez ses parents. Avec la 22LR de rigueur. Puis il a tiré sur sa mère, de face,sur son père, de dos. Il est allé voir sa maîtresse. Il a bien essayé de l'assassiner un peu aussi. Mais il a renoncé et il s'est excusé. Il est retourné à son domicile. A 4 heures du matin, il a mis le feu au grenier, et il a avalé une boite de médicaments. Comme ça coïncidait avec l'heure de passage des éboueurs et comme les médicaments étaient périmés, comme il était à la fenêtre et comme les pompiers sont arrivés très vite, Jean-Claude Romand est le seul membre de la famille Romand qui ait survécu à Jean-Claude Romand. Voila.
    L'Adversaire se rapproche par son traitement sociologique de l'excellent Tout, Tout De Suite de Morgan Sportes. Il nous apporte des éclairages intéressants sur cette histoire, quand bien même on a tout vu, et tout revu : Faites entrer l'accusé, Le Roman d'un Menteur de Gilles Cayatte, ou enfin le film avec Daniel Auteuil inspiré du présent livre.
    Et c'est normal si Carrère nous éclaire de lumières absentes de ces documentaires : un livre s'adresse à un endroit de la réflexion inaccessible à la télévision ou au cinéma, qui ne laissent le temps de réfléchir à rien.
    Au-delà du récit, l'auteur pose les bonnes questions, celles qui nous taraudent. Il explore les origines et les raisons du mensonge, son découpage , sa bascule, sa force. Il nous décrit les moments de sincérité possibles de Romand et nous amène à nous demander si le menteur croyait en ce qu'il avait commencé par feindre.
    Le style de Carrère se prête aux beaux romans et conviendrait aux amateurs de citations ("""L'avocat général écoutait le témoin de la défense avec un sourire de chat qui digère.""" ou encore """Le destin avait voulu qu'il attrape le mensonge et ce n'était pas sa faute s'il l'avait attrapé."""). Cependant à aucun moment il n'en fait trop et l'ouvrage court reste très pudique.
    Ce qui me bouleverse, ce n'est pas que tu aies menti, c'est que désormais je ne pourrais plus te croire, écrivait Nietzsche. Romand est devenu l'Incroyable au grand I. Il est libérable en 2014 et la question de la récidive se posera. Puis celle de sa réinsertion. Quel naïf au grand N est prêt à lui faire confiance ?
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    • Livres 5.00/5
    Par Marcelline, le 24 juin 2012

    Marcelline
    C'est avec un peu d'appréhension que j'ai abordé ce livre: tiré d'un fait divers réel encore récent et dont je me souviens très bien, ce récit n'allait-il pas me rendre un peu voyeur et, selon le parti choisi par l'auteur, n'allait-il pas m'entraîner à défendre le Monstre dont j'ai entendu parler, alors qu'il m'est plus naturel de pleurer les victimes?
    L'ADVERSAIRE raconte l'histoire vraie de Jean-Claude Romand qui, en 1993, a assassiné sa femme, ses deux jeunes enfants et ses deux parents. A cette occasion, ses amis, sa famille et la France entière ont découvert, ébahis, que cet homme avait bâti toute sa vie sur le Mensonge. Chacun le croyait médecin renommé et désintéressé à l'OMS et bon père de famille ayant une vie sociale et familiale épanouie; il n'avait en fait jamais dépassé le stade de la deuxième année de médecine, donc jamais eu son diplôme ni jamais travaillé où que ce soit. Personne dans son entourage ne s'était jamais douté de rien!...
    Au-delà de cette incroyable histoire dans laquelle la vie d'un homme n'est qu'un immense mensonge, ce que j'ai beaucoup aimé dans ce livre, c'est la patte d'Emmanuel Carrère!
    Comme dans Limonov, dont le héros n'inspirait pas non plus de sympathie, l'auteur décortique les rouages de la machine infernale qui a pu aboutir au massacre final et nous fait toucher le drame de l'intérieur. Au fil des pages, il nous dit ses doutes, ses questionnements et, surtout, ne nous apporte pas de réponse toute faite: l'être humain est complexe et n'est pas fait d'un seul bloc. Comme lui, on aimerait pouvoir se raccrocher à une pensée rationnelle pour comprendre (ce serait, par exemple, plus "facile" si le criminel avait agi par appât du gain).
    Il faut cependant bien admettre que si l'on peut essayer de comprendre le "comment", le "pourquoi" peut garder une grande part de mystère...
    A aucun moment, il n'oublie les victimes, qui sont à la fois la famille assassinée mais aussi les amis et la belle-famille, qui ont fait confiance et qui doivent maintenant vivre avec l'absence des êtres chers et avec cette confiance trahie, trahie depuis le début.
    En faisant parfois le parallèle entre des épisodes de sa propre vie et des périodes de bascule dans la vie de Jean-Claude Romand, Emmanuel Carrère nous fait sentir ce que l'on sait déjà et qui, pourtant, en même temps,reste un grand mystère: un petit événement banal dans la vie de n'importe quel quidam peut faire chavirer le destin de quelqu'un: on s'ébahit alors quand cela a permis la réalisation de grandes choses mais on tremble d'effroi quand, comme ici, l'horreur est au rendez-vous!...
    Bref, un livre que j'ai trouvé passionnant par ce qu'il nous dit mais aussi par la réflexion qu'il entraîne sur la complexité de l'être humain!...
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    • Livres 3.00/5
    Par Gustave, le 13 septembre 2014

    Gustave
    Dans la très grande famille des oeuvres littéraires inspirés d'un fait divers réel, l'Adversaire est sans aucun doute un très bon livre, même si je ne peux m'empêcher de penser qu'il est d'une puissance moindre comparé à un Thérèse Desqueyroux ou Madame Bovary (pour ne citer que ceux-là).

    A la décharge d'Emmanuel Carrère, la vie de Jean-Claude Romand lui-même constituait une histoire, ou plutôt un non-histoire dont la transposition romanesque s'avère d'emblée des plus délicates.

    Une des formules les plus frappantes employées par l'auteur est en effet la suivante: "Dehors, il se retrouvait nu. Il retournait à l'absence, au vide, au blanc, qui n'étaient pas un accident de parcours mais l'unique expérience de sa vie."

    Ces quelques lignes résument Romand dans sa totalité: son mensonge ne recouvre aucune autre réalité sur sa vie. Il n'avait pas d'activité ou de vie parallèle (trafiquant de drogue, d'armes, agent d'un service secret, ou même plus prosaïquement un autre travail): ses journées au cours desquelles il prétendait travailler à l'OMS, à Genève s'écoulaient quotidiennement dans une morne oisiveté que l'on a de la peine à concevoir, par sa durée insensée (près de 18 ans) et par le soin qu'il mettait à conserver sa façade illusoire de faux médecin, chercheur de renommée internationale.

    Un des éléments clés dans un récit fondé sur un secret ou un mensonge, c'est l'existence d'une réalité autre qu'il convient de dissimuler. Il en est ainsi de Tendre est la nuit, où c'est la schizophrénie de l'héroïne qui fait l'objet d'un secret, ainsi que dans Jane Eyre où c'est l'existence d'une première épouse chez le personnage principal, Edward Rochester qui est maintenue cachée jusqu'à ce que cette vérité éclate.

    Un autre exemple canonique, cette fois ci dans le cinéma est Lord of War, où l'époux trafiquant d'armes tait son activité illégale à son épouse.

    Or le mensonge de Jean-Claude Romand ne recouvre aucune réalité autre que l'on peut définir de manière positive (au lieu d'être médecin il était trafiquant, par exemple). Son mensonge ne peut être défini que d'une manière négative: il n'était pas médecin; et tout s'arrête ici. Il n'a jamais été autre chose qu'un faux médecin, là où l'immense majorité des autres menteurs ont précisément été autre chose que ce qu'ils prétendaient être. L'on assiste ici au mensonge à l'état pur, où celui-ci se suffit à lui-même.

    Emmanuel Carrère n'avait donc, dans la vie de Jean-Claude Romand qui lui servait de matériau pour son livre, aucun élément qui aurait pu nourrir une intrigue romanesque fondée sur des actions, étant donné qu'il n'en existe quasiment pas. Il m'a paru remarquable à cet égard de constater que quasiment la moitié du roman est constituée par la dernière année avant le drame, où sont longuement relatées les tentatives de J.C. Romand pour préserver un mensonge qu'il n'a plus les moyens financiers de soutenir, étant donné qu'il a puisé dans toutes les économies de son entourage sous divers prétextes.

    A vrai dire, pour les raisons mentionnés ci-dessus, un roman de pure fiction inspiré du cas Romand aurait nécessairement été non pas fondé sur une intrigue mais tout entier sur l'introspection de son personnage principal, cherchant à comprendre la nature des ses actes, à l'image de ce qu'a fait François Mauriac avec Thérèse Desqueyroux. On aurait pu également imaginer un récit dialogué, au cours duquel le retour sur soi-même se fait à travers les propos faits à un confident, à l'image de ce qu'a fait Joseph Conrad avec Lord Jim.

    Ces choix auraient peut-être permis de donner au roman une plus grande force de persuasion qui lui manque un peu par endroits. Il est parfois difficile de se défendre contre l'impression qu'Emmanuel Carrère cherche à se prémunir contre la tentation de s'identifier à Jean-Claude Romand, comme s'il craignait que cela mette son équilibre intérieur en danger.
    Une telle crainte est au demeurant justifiée, si l'on songe au précédent que constitue le cas de Truman Capote, qui a payé de son équilibre la rédaction terriblement éprouvante de son chef d'oeuvre, De sang-froid, dont la genèse est similaire à l'Adversaire: un écrivain rencontrant l'auteur d'un fait divers atroce pour nourrir son prochain livre...
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    • Livres 3.00/5
    Par patachinha, le 25 septembre 2012

    patachinha
    Difficile de trouver les mots face à ce terrible fait divers... On ressent même une certaine gêne de la part de l'auteur à aborder cette histoire.
    Jean-Claude Romand est un bon cas d'étude en psychiatrie/psychologie c'est le sentiment que cette lecture m'a laissé.
    Incroyable de se dire qu'un type ait pu mentir sur sa vie à ses plus proches durant tant d'années sans jamais avoir éveillé le moindre soupçon. le sens de la manipulation il en a usé et abusé, et même après la tragédie, il continue mine de rien à manipuler -ou du moins tenter- l'auteur, les visiteurs qui viennent charitablement en prison lui apporter une présence et une écoute etc... On le sent à travers ses lettres qu'il envoie à l'auteur, sa tristesse, son désespoir et la nouvelle voie qu'il a trouvé à travers la prière me paraissent bien peu sincères.
    Je trouve cette histoire fascinante, effrayante et déconcertante.

    L'auteur pose beaucoup de questions, mais ne semble pas donner de réponses. Bien sûr on ne peut jamais savoir ce qui passe dans la tête d'un homme, mais j'aurai aimé lire des hypothèses plus fouillées de la part de l'auteur. Il se contente mollement de retranscrire le déroulé du drame, en revenant sur le passé nébuleux de ce personnage et en faisant un parallèle totalement hors propos sur sa vie. Quel intérêt de trouver des points communs avec cet assassin en mettant en avant le fait que lui aussi était en famille ce jour fatidique du 3 janvier 93, ou que lui aussi connaissait une vie de solitude lorsqu'il se mettait au travail pour l'écriture de nouveaux livres? Moi aussi je pourrais dire que le 3 janvier 93 j'allais sur mes 6 ans, peut-être étais-je en famille ce samedi la? Ou avec ma nounou ou mon chien? Ai-je passé la journée à faire des dessins ou jouer aux barbies?
    Dommage de retrouver ce genre de propos dans un tel ouvrage qui est très bien écrit soit dit en passant.

    C'est une des histoires vraies des plus difficiles à comprendre. Un homme d'une grande intelligence a cessé de passer ses examens en médecine mais a continué d'étudier fiévreusement année après année. Pourquoi une telle bêtise? Pourquoi ne pas reconnaître un échec et repartir de l'avant? Il a même pu s'entretenir à de nombreuses reprises avec de vrais professionnels qui ne manquaient pas d'éloges devant ses connaissances! Il y a la une grosse blessure narcissique ça ne fait aucun doute, mais ça n'explique pas tout, ça dépasse l'entendement. Il y a parfois de pieux mensonges qui se disent en famille pour ne pas blesser les susceptibilités d'untel ou plus communément parce qu'ils correspondent à des secrets de famille bien enfouillis depuis longtemps. Mais tout de même, baser sa vie sur le mensonge, adopter une personnalité factice, se marier, avoir des enfants, épouser une profession qui n'est pas la sienne pendant des décennies! Seule une personne extrêmement intelligente aurait pu le faire. Il est facile de mentir, plus difficile de s'en souvenir sur le long terme du contenu intégral dudit mensonge, et plus difficile encore de mentir sur plusieurs fronts, simultanément et en toute circonstance sans jamais baisser la garde!

    Une lecture passionnante, qui soulève beaucoup de questions sur notre vie et nos rapports avec ceux qui nous entourent. le danger ne vient pas toujours de l'extérieur...


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Citations et extraits

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  • Par Tempuslegendae, le 09 février 2013

    Dans une fiche descriptive de lecture destinée à des lycéens, j’ai relevé un extrait de note, capital à mon sens concernant «L’Adversaire».
    « “Adversaire” n’est pas un roman. Ni un document, ni un essai, ni un fragment d’autobiographie. C’est le livre dans lequel Emmanuel Carrère a mis le meilleur de tous ses autres livres, comme s’il n’avait écrit jusqu’à présent que pour en arriver enfin là; à ce point de rencontre de l’écriture avec lui-même.
    Du talent, tout le monde savait qu’il en avait.[…] Une belle écriture limpide et nette qui vous entrainait au fond du gouffre comme on va en promenade; une observation aigüe, presque sociologique, de la vie quotidienne et des liens rassurants de l’appartenance sociale que venait brusquement troubler et trouer l’irruption des passions, des pulsions et des angoisses…»
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  • Par Eric75, le 22 août 2011

    Seules les parties civiles ne le regardaient pas. Assise juste devant moi, entre ses deux fils, la mère de Florence fixait le plancher comme si elle s'accrochait à un point invisible pour ne pas s'évanouir. Il avait fallu qu'elle se lève ce matin, qu'elle prenne un petit déjeuner, qu'elle choisisse des vêtements, qu'elle fasse depuis Annecy le trajet en voiture et à présent elle était là, elle écoutait la lecture des 24 pages de l'acte d'accusation. Quand on est arrivé à l'autopsie de sa fille et de ses petits-enfants, la main crispée qui serrait devant sa bouche un mouchoir roulé en boule s'est mise à trembler un peu. J'aurais pu, en tendant le bras, toucher son épaule, mais un abîme me séparait d'elle, qui n'était pas seulement l'intolérable intensité de sa souffrance. Ce n'est pas à elle et aux siens qui j'avais écrit, mais à celui qui avait détruit leurs vies. C'est à lui que je croyais devoir des égards parce que, voulant raconter cette histoire, je la considérais comme "son" histoire. C'est avec son avocat que je déjeunais. J'étais de l'autre côté.
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  • Par WhiteWalkers, le 12 août 2014

    "Vous avez compris, m'a-t-il demandé, ce que son avocat est en train d'essayer ?"
    Je n'avais pas compris.
    "Il veut le faire craquer. Il se rend compte que ça manque de tripes. Mais il ne se rend pas compte que c'est horriblement dangereux de faire ça. Je peux vous le dire, ça fait 40 ans que je trimbale mon carton dans tous les tribunaux de France. Ce type est un très grand malade. Il se contrôle, mais si on se met à le titiller là où il ne peut plus contrôler, il va se fissurer devant tout le monde et je vous assure, ça va être épouvantable. On croit que c'est un homme qu'on a devant nous, mais en fait ça fait longtemps que ce n'est plus un homme. C'est comme un trou noir, et vous allez voir, ça va nous sauter à la gueule. Les gens ne savent pas ce que c'est, la folie. C'est terrible. C'est ce qu'il y a de plus terrible au monde".
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  • Par clarinette, le 01 juillet 2008

    "Je suis entré en relation avec lui, j'ai assisté à son procès. j'ai essayé de raconter précisément, jour après jour, cette vie de solitude, d'imposture et d'absence. D'imaginer ce qui tournait dans sa tête au long des heures vides, sans projet ni témoin, qu'il était supposé passer à son travail et passait en réalité sur des parkings d'autoroute ou dans les forêts du Jura. De comprendre, enfin, ce qui dans une expérience humaine aussi extrême m'a touché de si près et touche, je crois, chacun d'entre nous."
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  • Par marina53, le 19 juin 2012

    Je voulais t'écrire
    un "je ne sais quoi"
    de doux, de paisible
    quelque chose de l'invisible,
    un "je ne sais quoi"
    d'aimable
    d'agréable
    un "je ne sais quoi"
    qui calme
    qui charme
    un "je ne sais quoi"
    qui donne confiance
    même dans le silence
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Le royaumeLe royaume de Emmanuel Carrère aux éditions POL Le royaume raconte l'histoire des débuts de la chrétienté, vers la fin du Ier siècle après Jésus Christ. Il raconte comment...








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