ISBN : 2070416216
Éditeur : Gallimard (2002)


Note moyenne : 3.99/5 (sur 202 notes) Ajouter à mes livres
Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand a tué sa femme, ses enfants, ses parents, puis tenté, mais en vain, de se tuer lui-même. L'enquête a révélé qu'il n'était pas médecin comme il le prétendait et, chose plus difficile encore à croire, qu'il n'était rien d'autre. Il me... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 1.00/5
    Par Gregory_Lemarchand, le 08 avril 2012

    Gregory_Lemarchand
    Jean-Claude Romand ment. Emmanuel Carrère ère. le lecteur aurait mieux fait de regarder "Faites entrer l'accuser".
    Car Jean-Claude Romand mérite absolument le 'coup d'oeil paralysant' (tm) et la 'réprimande interrogative' (tm) de Christophe Hondelatte : c'est lui qui a buté toute sa famille (parents, femme, enfants, le chien), pour ne pas avoir à leur avouer que sa vie professionnelle était un mensonge total. Pendant ce temps-là, Emmanuel Carrère faisait de la pâte à pain.
    En ce qui me concerne, j'ai jeté mon dévolu sur ce livre, qui n'est pas plus un roman qu'une enquête, après être tombé sur son adaptation cinématographique (signée Nicole Garcia, avec Daniel Auteuil) alors qu'à des centaines de kilomètres de là Emmanuel Carrère repassait ses chaussettes (les bleues, celles qui font gamin). Cependant, ce n'est pas la qualité du film qui m'a incité à passer au bouquin, mais plutôt son incroyable vacuité, puisqu'il se contentait de raconter platement les faits du point de vue du criminel et se gardait bien d'explorer le seul élément intéressant de cette affaire, à savoir la complicité inconsciente de l'entourage.
    En effet, Jean-Claude Romand n'est ni Frank Abagnale, ni Bernard Madoff, ni Christophe Rocancourt (ni même Emmanuel Carrère, malgré le fait qu'ils aient eu tous les deux pendant des années la même vieille cassette audio de Pow-Wow en train de pourir sous le siège passager de leur voiture). C'est juste un malade mental assez insignifiant. On peut même aller jusqu'à dire que sa seule qualité est d'avoir été absolument nul. Au lieu de vendre trois fois la Tour Eiffel, Romand s'est contenté d'escroquer à peu près tous les vieux qu'il connaissait en leur faisant miroiter un placement suisse délirant, et s'est servi de cette manne pour mener le train de vie aussi bourgeois qu'inintéressant d'un chercheur de l'OMS. Là où les autres ont séduit par leur charisme, lui s'est contenté de faire pitié (il a chopé sa femme en s'inventant un cancer). En fait, Jean-Claude Romand est un peu le pendant absurde de Mme bovary : un intrigant qui se rêve un quotidien chiant (et tant qu'on y est on peut voir ses meurtres comme le reflet inversé du suicide de la cloche à Flaubert). Bref, Romand est tellement effacé qu'à travers lui c'est tout un mode de vie et de pensée qui aurait dû se retrouver en première ligne.
    Mauvaise nouvelle : le livre d'Emmanuel Carrère botte lui aussi en touche sur ce point. Plutôt que de faire des trucs aussi fous que d'enquêter, de poser des questions qui dérangent (ah ben non, c'est un travail de journaliste) voire même d'imaginer des situations (ah ben non, c'est un travail d'écrivain), il emboîte avec entrain le pas de la procédure judiciaire (dont au passage on comprend parfaitement qu'elle ne se soit pas lancée dans une étude sociologique). On ne saura donc jamais comment une bonne douzaine de personnes a pu laisser cours aux mensonges improbables d'un type tant qu'il a été capable de signer des chèques. Pire, Emmanuel Carrère noie le poisson à l'aide d'un sophisme de concours, que je ne peux m'empêcher de retranscrire ici :
    "Il est impossible de penser à cette histoire sans se dire qu'il y a là un mystère et une explication cachée. Mais le mystère, c'est qu'il n'y a pas d'explication et que, si invraisemblable que cela paraisse, cela s'est passé ainsi".
    Comme on le voit, c'est profond. Et puis c'est pratique, aussi.
    Donc, puisqu'il n'a absolument pas cherché à comprendre quoi que ce soit (pas plus le pourquoi que le comment, vu qu'il annihile la question de l'origine de la mythomanie), à quoi l'auteur a-t-il bien pu passer son temps ? A-t-il cherché, plutôt qu'une explication, à retranscrire l'état mental de son sujet, qui passait ses journées, nous dit-il, à se balader en forêt et à lire des magazines ?
    Hé bien non, Carrère se borne à nous signaler, à plusieurs reprises, que c'est trop fou de passer ses journée à se balader en forêt et à lire. Ceci dit, heureusement qu'il élude aussi la psychologie, parce que quand il le fait il balance des énormités telles que :
    "Un mensonge, normalement, sert à recouvrir une vérité, quelque chose de honteux peut-être mais de réel. le sien ne recouvrait rien. Sous le faux docteur Romand il n'y avait pas de vrai Jean-Claude Romand."
    (et c'est ainsi qu'Emmanuel Carrère découvrit la différence entre un menteur et un mythomane)
    Comme il fallait quand même le remplir, ce bouquin, l'auteur nous gratifie de quelques anecdotes rigolotes approuvées par Christophe Hondelatte (tm):
    -Jean-Claude Romand a eu 16 en philo au bac en répondant à la question "la vérité existe-t-elle?"
    -Il s'est inscrit 12 ans d'affilées en deuxième année de médecine.
    -C'est un très mauvais coup au pieu.
    -Il a fait croire à sa maîtresse qu'il était pote avec Bernard Kouchner.
    Mais surtout, Emmanuel Carrère nous propose, en long, en large, et en travers, les états d'âme d'Emmanuel Carrère. En sus il passe son temps à se comparer au criminel, à nous expliquer que lui aussi passe ses journées seul (mais c'est pour écrire), que lui aussi a des enfants (mais il les aime et ne leur fera jamais de mal), que lui aussi a menti durant son adolescence (mais c'était bénin), j'en passe, et pas qu'un peu. En gros, pour chaque minute de la vie de Jean-Claude Romand, Carrère nous raconte un quart d'heure de la sienne, et nous fait part de son émerveillement morbide à se trouver des points communs avec son sujet. En fait, c'est un peu comme s'il faisait de Romand une caution, la preuve formelle qu'il peut se passer quelque chose au sein d'une vie bourgeoise maussade, et que même, ça pourrait très bien être la sienne ; sauf que non, lui il est gentil.
    Inutile de préciser qu'il ne tire aucune conclusion de ces comparaisons, sinon que c'est dingue, quand même, cette histoire, et que dieu seul sait ce qui a pu se passer dans la tête de ce type.
    D'ailleurs il pousse la pathétisme encore plus loin, puisque après avoir passé son livre à se mesurer à Romand, quand arrive le moment des meurtres, il se réfugie dans le point de vue de l'accusation. C'est-à-dire qu'après s'être donné des frissons à se mettre à la place du fou, dès que ça commence à partir en sucette il n'y a plus personne.
    En plus c'est écrit platement.
    Au final, "L'ADVERSAIRE" éponyme n'est pas du tout le Malin qui a poussé Jean-Claude Romand à la mythomanie, mais Emmanuel Carrère, qui éprouve le besoin malsain de parasiter son sujet pour se sentir vivre.

    Lien : http://www.ciao.fr/Adversaire_L__Avis_1292808
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par angelita.manchado, le 21 avril 2012

    angelita.manchado
    Après avoir menti pendant plus de 17 ans à tous, Jean-Claude Romans tue sa femme, ses enfants le 9 janvier 1993 et le lendemain ses parents. Comment un homme, intelligent, qui aurait pu être médecin ou chercheur a-t-il pu passer à l'acte ? Acculé par le manque d'argent, les interdictions bancaires, il sent lui-même que tout est fini et il veut en finir avec tous ceux à qui il a menti.
    Ce livre est au programme des élèves de seconde. Enfin, c'est le professeur de français qui l'a fait étudier à ses élèves. Mademoiselle a énormément apprécié ce livre. Elle a eu d'excellents résultats sur les DS de classe. Elle s'est imprégnée de l'histoire qu'elle a su à merveille restituer dans ses moindres détails. Elle m'a donc demandé de lire ce livre. J'ai mis quand même plus d'un an avant de le lire. Il a fait l'objet de discussions entre nous.
    J'étais au courant de cette histoire sans être trop entrée dans les détails. Hormis le crime horrible de toute sa famille, on se demande ce qui se passe dans la tête d'un assassin et surtout d'un menteur. Car mentir pendant autant d'années, il faut le faire. Mentir 17 ans, c'est énorme. Mais comme l'a analysé ma fille, il ment depuis bien plus longtemps. Puisque dans sa famille on cachait les sentiments. On ne montrait pas l'amour, on ne montrait pas la joie et on ne montrait surtout pas les peines. C'est ce qui arrive dans de nombreuses familles et dont beaucoup vivent à la campagne. Mais si les personnes se renferment, taisent les choses, gardent les secrets, cela n'en fait pas pour autant des menteurs pendant autant d'années. Même fragile, un homme ou une femme ne ment pas forcément et ne devient pas un assassin. Romans a une vie extrêmement cloisonnée. Son “travail” et sa vie de famille. L'une ne doit pas interférer sur l'autre. Il a beaucoup réfléchi pour que cela se passe comme ça. Il a trouvé tous les moyens pour ne pas être pris.
    Outre le fait qu'il ait menti, je trouve que sa relation amoureuse et son mariage sont déjà un mensonge. Y avait-il de l'amour entre eux ? de la tendresse, forcément, à la longue. Mais vraiment de l'amour. Jean-Claude Romans a eu sa femme par le mensonge, en lui annonçant sa maladie. A-t-elle voulu lui épargner ainsi une souffrance psychologique en rompant ?
    Ce livre ne m'a fait ni chaud, ni froid. Oh, bien sûr, j'ai été scandalisée concernant les meurtres. Mais je suis beaucoup plus scandalisée par l'attitude de cet homme. Emmanuel Carrère lui laisse sa part d'humanité. Ce qui est normal. Puisqu'il est en train de payer pour les meurtres commis mais il laisse encore plus d'humanité à tous ceux qui ont souffert pas la faute de Romans, la famille défunte mais aussi tous les amis qui ont souffert à cause de ces crimes, et en particulier les enfants. Et surtout Emmanuel Carrère trouve, par deux fois, que le fils de Romans ressemble à son propre fils. Carrère veut savoir ce qui s'est passé dans la tête de Romans, mais il n'y réussira pas, à moins qu'il n'ait pas tout écrit.
    Pouvoir écrire sur une tragédie n'est pas donné à tout le monde. Il ne faut pas y mettre du sentimental quand on relate les faits. Cet exercice est très bien maîtrisé par Ann Rule. Un peu moins par Emmanuel Carrère.
    Par ailleurs, je me pose également beaucoup de questions. Comment a-t-il pu vivre plus de 20 ans avec cet argent ? Bon, c'est vrai, cela faisait un bon paquet d'argent détourné en Suisse, mais si je fais le compte on n'arrive pas au million de Francs. Et tout ça pendant 17 ans. C'est vrai qu'au départ, ils vivaient dans un petit appartement. Mais ils ont acheté, ont envoyé leurs enfants dans une école privée et surtout il y a ces fameuses dépenses dans des produits de luxe, hôtels et restaurants.
    J'analyse plutôt la vie de Jean-Claude Romans, alors qu'il faudrait que j'analyse Emmanuel Carrère. Il a fallu du temps à l'auteur pour finaliser son projet. Entre les premiers contacts, les premières réponses de Romans, des années ont passé. L'auteur a mis de côté son projet. Même il n'a plus voulu l'écrire, pensant que s'il se rangeait du côté de l'assassin (ce qui n'est pas le cas), il ferait souffrir encore plus ses victimes. Emmanuel Carrère se sent donc honteux d'écrire sur cet homme. Mais un auteur doit faire son travail. Il doit écrire sur les sujets qui le passionnent pour tenter de donner la vérité. Mais ce que livre Emmanuel Carrère est sans concessions. Il y a du travail de journalisme puisqu'il rend compte du procès, des éléments que tout le monde connaît. Mais il rend compte également de la vie de Romans derrière les barreaux. Un homme, qui reconnaît ce qu'il a fait, mais qui reste une énigme pour la psychiatrie. Car il n'a vraiment pas l'air de se rendre compte que tout est fini pour lui. Ah oui, il demande pardon. Mais comme il a été bien éduqué, c'est normal. ll pense qu'il l'obtiendra ce pardon et que ceux qu'il a tué, il les retrouvera dans l'au-delà et qu'ils seront ravis de l'accueillir. On voit également un homme qui a commis ces meurtres de sang-froid. Il n'a pas eu d'arrières pensées, il a exécuté sa famille, l'a laissée mourir et a pris son temps. On aurait pu penser, au départ, qu'il voulait mourir avec eux, mais non. Jean-Claude Romans est un homme égoïste qui ne pense qu'à lui. Il ne pense pas au mal qu'il a fait. S'il “rentrait” en lui-même, il se rendrait compte de toutes les horreurs accomplies. Il se souviendrait de tout et alors là, sa vie est finie. C'est soit la dépression, la démence qui l'attendent avec une possibilité de guérison ou le suicide. D'un autre côté, il voulait que ces crimes soient découverts puisqu'il a attendu longtemps avant de mettre le feu à la maison et il a permis aux pompiers de le sauver. Cela lui permettait également de mettre tout à jour. du narcissisme en lui ? Fort possible. Il paie pour des crimes. Mais il paie également pour ses mensonges et ses malversations. Sa vie est donc ainsi brisée pour de bon. Car en définitive que sa belle famille, ses amis, connaissances, sachent les mensonges maintenant, quel intérêt ! Tout est fini pour lui. Il veut peut-être également faire payer tous ceux qui ont réussi et en particulier son plus fidèle ami. le faire payer parce qu'il ne s'est pas assez intéressé à lui. le faire payer parce qu'il ne l'a pas assez questionné. Jean-Claude Romans n'a pas détruit sa vie, même s'il se pose en victime. Il a détruit toutes celles des autres. Il avait la capacité, qu'il possède encore, à faire dévier les conversations. Jean-Claude Romans est une énigme, avant tout, pour lui-même.
    On peut également s'interroger sur les amis. Pourquoi ne sont-ils pas allés plus loin lorsqu'ils avaient des doutes ? La confiance, l'amitié, est-ce que cela fait un tout ?

    Lien : http://angelitamblog.com/2012/04/21/ladversaire-demmanuel-carrere/
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Eric75019, le 29 janvier 2011

    Eric75019
    Avec L'ADVERSAIRE, Emmanuel Carrère s'attaque (une fois de plus et avec brio) à un sujet difficile. Il s'agit d'un fait divers exceptionnel, l'affaire Romand, qu'il se propose de décrypter en évitant l'écueil du sensationnalisme, en restant le plus neutre et le plus objectif possible, donc sans parti pris. Mais comment ne pas prendre parti lorsque les faits racontés culminent dans l'inimaginable, l'horreur et le cynisme ? Comment ne pas faire passer l'assassin pour une victime tragique de son propre mensonge, lorsqu'il cherche des explications à l'inexplicable ? Au procès de Romand, le malaise survient lorsque l'auteur se rend compte qu'aux yeux des vraies victimes, il s'est lui-même placé dans le camp des coupables en se lançant dans la rédaction de ce livre. Car en voulant ne pas juger, ne pas jouer au chroniqueur judiciaire ni au journaliste avide de sensations, en voulant rester extérieur à l'histoire, ne serait-ce que pour préserver son confort mental, et en acceptant l'échange épistolaire avec le meurtrier dans le cadre de son enquête, Emmanuel Carrère accepte les faits dans leur brutalité, semble ménager et presque excuser l'assassin en cherchant à le comprendre, et ne compatit pas à la douleur des victimes. Fort heureusement, l'efficacité et la sincérité de l'écriture lui permettent finalement d'échapper (mais de justesse) à tous ces pièges.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lostinmypal, le 28 mars 2012

    Lostinmypal
    Une histoire incroyable et pourtant bien réelle. Un meurtrier qu'on ne peut s'empêcher de plaindre sous certains aspects (voir fin de mon avis avant de crier au scandale). Une plume, enfin, à la fois factuelle et émouvante. Voilà les ingrédients principaux de ce livre bouleversant, surprenant, mais surtout « inlâchable ».
    Emmanuel Carrère a adopté un style narratif qui, d'office, prend le lecteur à parti : il évoque clairement ses doutes, ses interrogations, ses états d'âme, dans une volonté d'objectivité mais aussi, je pense, de proximité. Il souhaite que le lecteur « voit » la situation avec les yeux de J-Cl Romand tout en gardant une distance nécessaire. L'auteur ne cache pas les « blancs », les choses qu'il ne s'explique pas, il ne cherche pas à nous faire croire qu'il maîtrise l'affaire ; j'ai beaucoup apprécié cette humilité : l'être humain n'est pas entièrement explicable, de même ses actions peuvent être parfois énigmatique. Ce livre m'a semblé tenir plus de l'étude psychologique que du voyeurisme ; il tente de reconstituer un itinéraire invraisemblable a posteriori, mais même le recul ne permet de tout comprendre.
    Ce qui m'a le plus bouleversée (cf début de mon avis), c'est finalement que sans son masque, J. Cl Romand n'existe pas ; que sous sa vie factice, il n'y a rien au lieu d'y avoir une double vie. Sa stratégie d'évitement perpétuée sur le long terme l'a privé de vie tout simplement. Psychologiquement, cela me semble être terrible à assumer. Romand est en quelque sorte un fantôme. Son histoire est le symptôme de sa souffrance.
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    • Livres 5.00/5
    Par Trolly44, le 15 mai 2012

    Trolly44
    J'ai beaucoup aimé ce livre de Carrère basé sur une (horrible) histoire vraie. L'auteur a interrogé un meurtrier, un homme qui a tué sa famille après plusieurs années de mensonge.
    J'ai apprécié le fait que l'auteur ne prenne pas position. Il ne joue pas le rôle d'un avocat qui défendrait cet homme ou qui l'accuserait. Sur un ton neutre, Emmanuel Carrere retrace l'histoire de Jean-Claude Romand sans en fournir d'explication, ni d'excuse.
    C'est un livre qui m'a profondément marquée.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par clarinette, le 01 juillet 2008

    "Je suis entré en relation avec lui, j'ai assisté à son procès. j'ai essayé de raconter préciséméent, jour après jour, cette vie de solitude, d'imposture et d'absence. D'imaginer ce qui tournait dans sa tête au long des heures vides, sans projet ni témoin, qu'il était supposé passer à son travail et passait en réalité sur des parkings d'autoroute ou dans les forêts du Jura. De comprendre, enfin, ce qui dans une expérience humaine aussi extrème m'a touché de si près et touche, je crois, chacun d'entre nous."
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  • Par Eric75019, le 22 août 2011

    Seules les parties civiles ne le regardaient pas. Assise juste devant moi, entre ses deux fils, la mère de Florence fixait le plancher comme si elle s'accrochait à un point invisible pour ne pas s'évanouir. Il avait fallu qu'elle se lève ce matin, qu'elle prenne un petit déjeuner, qu'elle choisisse des vêtements, qu'elle fasse depuis Annecy le trajet en voiture et à présent elle était là, elle écoutait la lecture des 24 pages de l'acte d'accusation. Quand on est arrivé à l'autopsie de sa fille et de ses petits-enfants, la main crispée qui serrait devant sa bouche un mouchoir roulé en boule s'est mise à trembler un peu. J'aurais pu, en tendant le bras, toucher son épaule, mais un abîme me séparait d'elle, qui n'était pas seulement l'intolérable intensité de sa souffrance. Ce n'est pas à elle et aux siens qui j'avais écrit, mais à celui qui avait détruit leurs vies. C'est à lui que je croyais devoir des égards parce que, voulant raconter cette histoire, je la considérais comme "son" histoire. C'est avec son avocat que je déjeunais. J'étais de l'autre côté.
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  • Par mandarine43, le 29 juillet 2011

    [ Incipit ]

    Le matin du samedi 9 janvier 1993, pendant que Jean-Claude Romand tuait sa femme et ses enfants, j'assistais avec les miens à une réunion pédagogique à l'école de Gabriel, notre fils aîné.Il avait cinq ans, l'âge d'Antoine Romand. Nous sommes allés ensuite chez mes parents et Romand chez les siens, qu'il a tués après le repas.
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  • Par nina2loin, le 18 janvier 2012

    Paris , le 21 novembre 1996

    Cher Jean-Claude Romand ,

    Il y a maintenant trois mois que j'ai commencé à écrire . Mon problème n'est
    pas , comme je le pensais au début , l'information . Il est de trouver ma
    place face à votre histoire .
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  • Par keatty, le 24 décembre 2011

    comment se serait-il douté qu'il y avait pire que d'être rapidement demasqué, c'était de ne pas l'être, et que ce mensonge puéril lui ferait dix-huit ans plus tard massacrer ses parents, Florence et les enfants qu'il n'avait pas encore?
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