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Par joedi, le 05/01/2012
Contes à mi-voix de
Jean-Pierre Chabrol
Chaque matin, je lui apporte son petit déjeuner au lit, puis je le laisse. Un moment après, j'entends sa guitare. C'est un joli moment pour notre maisonnée ...
L'été, sa fenêtre reste ouverte. Les passants ralentissent et s'arrêtent de parler dès qu'ils perçoivent les premières notes, puis ils étouffent leurs pas, puis ils retiennent leur respiration. Sous la fenêtre, les plus hardis s'arrêtent un peu, puis ils repartent comme des voleurs avec ce petit morceau de guitare qui ne leur a rien coûté. Ils ne reprennent un pas normal, ils ne recommencent la conversation que longtemps après avoir dépassé la maison.
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Par lecassin, le 30/12/2011
Les fous de dieu de
Jean-Pierre Chabrol
Sur la Nationale 106 (Nîmes - Le Puy), 29 kilomètres après Alès, à la sortie du village de Chamborigaud, le chemin vicinal 218 conduit au hameau de Pont-deRastel (canton de Génolhac). Au bord de ce chemin, isolé, à quelque deux ou trois cents mètres du hameau, se dresse Le Gravas, qui apparaissait, il y a quelques années encore, comme le mas cévenol typique, haute et puissante bâtisse, aux murs de vieux granit qui semble "couver" ses dépendances.
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Par lecassin, le 02/01/2012
Le Canon fraternité de
Jean-Pierre Chabrol
L'aventure commence demain, tout à l'heure ; la voiture est chargée dans la cour, il ne reste plus qu'à glisser Bijou entre les brancards, pauvre vieux ! je l'entends racler ses fers dans l'écurie qu'il va quitter pour longtemps, toujours peut-être - à son âge ! - il n'arrive pas à dormir lui non plus.
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Par joedi, le 05/01/2012
Contes à mi-voix de
Jean-Pierre Chabrol
Ces casse-pieds pouvaient tout se permettre. Le cousin Palamède par exemple. Un vieux célibataire exigeant. La famille ne pouvait l'abandonner à lui-même, alors, elle se l'était réparti : trois mois chez l'un, trois mois chez l'autre. Il fallait voir le Palamède s'asseoir à table, jamais content. Quand la soupe était trop épaisse, il grognait : "Béton ! Béton !" Quand elle était trop claire, il grinçait : "La Garonne ..." Après le café, Palamède regardait le cousin quitter la cuisine pour aller donner aux bêtes, la cousine faire la vaisselle, il réclamait sa pipe et son tabac, s'étalait, soupirait béatement : "On est bien, quand on est célibataire, je ne comprends pas que vous vous mariiez, vous autres ..."
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Par lecassin, le 02/01/2012
Je t'aimerai sans vergogne de
Jean-Pierre Chabrol
Les Palomi étaient bien-pensants, ils étaient même catholiques et romains à la mode corse, c'est-à-dire que la femme ne manque pas la messe où elle prie pour deux pendant que l'homme fait le beau sur le cours en attendant l'heure de l'apéro.
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Par lecassin, le 06/01/2012
Le Bonheur du manchot de
Jean-Pierre Chabrol
Quand je repense à mon père, je pense d'abord au mal que je lui ai fait, à cette condamnation, ces dix années sans remise de peine. Quand il en est enfin sorti, il ne lui restait que deux ans à vivre.
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Par lecassin, le 02/01/2012
Les chevaux l'aimaient de
Jean-Pierre Chabrol
On était quatre. Y avait moi, y avait le gros Jules, y avait le grand Lucien, tu sais; le Biscuit, qui fait fossoyeur maintenant,, et y avait un Pellous, du mas Cargat, qu'on lui disait "la Lèbro"...
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Par lecassin, le 02/01/2012
L'illustre fauteuil et autres récits de
Jean-Pierre Chabrol
Le matin du jeudi 21 février 1963, le nommé Viel, prénommé Enjolras, traversait machinalement, comme il le faisait tous les jours ouvrables à la même heure, la rue Croix-des-Petits-Champs afin d'entrer à la Comédie Française avant le neuvième coup de neuf heures.
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Par lecassin, le 06/01/2012
Le Bonheur du manchot de
Jean-Pierre Chabrol
Il n'ambitionnait pas d'être quelqu'un, il était quelqu'un.
Il ne s'épuisait pas pour arriver, il était là.