> Camille Loivier (Traducteur)
> Jean-Luc Domenach (Préfacier, etc.)

ISBN : 2843042593
Éditeur : Zulma (2003)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres

" Je suis né dans une famille pauvreLa première moitié de ma vie était déjà passée, traversée de mille expériences tragiques, lorsqu'une Chine nouvelle apparut. J'espérais que l'autre moitié de ma vie ser... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par Franck_naturellement, le 25 mai 2008

    Franck_naturellement
    http://naturellement.typepad.fr/franck_naturellement/2005/08/les_nuages_noir.html
    Ce livre est une autobiographie d'un Chinois, né en 1908, décédé en 1996. Il a donc quasiment traversé le siècle.
    Comme il le remarque dans les 1ères lignes, il est né sous l'Empire, et est devenu en 1912 "citoyen de la République".
    Chen Ming est né dans une famille pauvre, où il n'a pas toujours mangé à sa faim. Ses descriptions de certains de ses Jours de l'An, où il n'y avait rien à manger chez lui, quand tous les voisins faisaient la fête, sont proprement bouleversantes. Gamin, il va jusqu'à faire les poubelles pour survivre, et pour, coûte que coûte, sortir de la misère grâce à l'école.
    Car, malgré les guerres civiles, puis l'invasion japonaise, la République de Chine a néanmoins conservé de la période impériale le système du mandarinat, à savoir que l'ensemble des postes importants étaient Chen
    pourvus par concours.
    C'est ainsi que Chen Ming gravit un à un les échellons scolaires puis universitaires, pour devenir enseignant-chercheur en histoire européenne moderne.
    Grâce à une bourse, il va étudier à Londres, où il survit pendant deux ans, et se convertit au christianisme.
    S'il n'est pas progressiste à proprement parler, Chen Ming n'est pas pour autant réactionnaire. Il est de ces intellectuels éclairés, qui essaient de survivre tant bien que mal pendant l'occupation japonaise, mais qui ne suivent pas les troupes du parti nationaliste à Taïwan quand Mao prend le pouvoir sur la Chine continentale.
    Il est même, en 1949, soulagé qu'une période de paix s'ouvre, et est disposé à devenir enseignant dans la Chine communiste.
    Mais le nouveau pouvoir ne l'entend pas ainsi, et il fait partie des 1ères purges. En 1951, il est enfermé dans un lao-gai (le goulag chinois) pour 5 ans.
    Au grè des fluctutions idéologiques du pouvoir communiste, il vit ensuite dans une liberté plus que restreinte. Il assiste à la campagne des 100 Fleurs en 1957-1958, qu'il voit comme un guet-apens pour "débusquer les éléments droitiers". Il analyse cette campagne comme un moyen pour l'appareil communiste, 8 ans après la prise de pouvoir, de supplanter l'ancienne classe intellectuelle dirigeante, tout en supprimant toute opposition possible. Selon lui, à la fin de la campagne des 100 Fleurs, 95% des intellectuels furent considérés comme "droitiers", et donc pourchassés, avant d'être "réhabilités" en 1962... pour faire partie des "Quatre Catégories" (de mauvais éléments) qui n'avaient aucun droit, et étaient considérés comme "des chiens qu'il faut écraser et tuer car une vermine de moins permet de nourrir une personne honnête de plus". C'est insulté, battu, humilié qu'il vivra le "Grand Bon en Avant" et la "Révolution Culturelle".
    Il sera finalement réhabilité (définitivement) en 1978...
    Ce livre donne un éclairage bien trop rare sur la Chine d'aujourd'hui. On ne comprend rien à la passivité relative du peuple chinois sans se retourner sur l'histoire récente, sur la dureté de l'appareil répressif toujours en place.
    Bien plus qu'en URSS, toute société civile a été radicalement détruite en Chine populaire. Chacune des grandes campagnes étaient l'occasion de démanteler tout ce qui était potentiellement apte à inquiéter le régime.
    Alors, certes, des coups de boutoirs ont surpris les "Fils du Ciel" (c'est ainsi que l'on nomme les dirigeants en Chine), le mouvement étudiant en 1989 puis le mouvement Falungong. Mais, dans les deux cas, la répression a été féroce, comme elle l'est contre les mouvements ouvriers, de plus en plus nombreux, ou encore écologistes.
    Et nul n'ignore que le système des lao-gai, toujours en place, est au coeur du fantastique bon en avant économique de la Chine populaire. Pensez, des millions de travailleurs forcés réduits en esclavage...
    Malgré cette vie terrible, Chen Ming n'exprime dans son livre aucune acrymonie envers le régime, comme il ne disait rien de l'occupation japonaise ou de la République de Chine. Il aurait sans doute aimé être neutre, vivre pour la recherche et l'enseignement, tout simplement.
    C'est la grande force des démocraties - et des situations de paix - que de permettre une telle neutralité. A la découverte de Chen Ming, on en apprécie d'autant plus de vivre dans une Europe de paix et démocratique.
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Chen Ming : Les nuages noirs s'amoncellent
Chine, rue Fang Bang à ShanghaÏ, Olivier BARROT, nous présente le livre autobiographique du Chinois CHEN MING "Les nuages noirs s'amoncellent" , témoignage sur le goulag et le totalitarisme chinois . le journaliste nous raconte l'histoire de ce livre











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