Pour tout vous dire, ce roman, jamais au grand jamais je ne l'aurais acheté. En effet, je trouve le titre un peu tarte, la couverture vraiment mièvre et le prix (24,50 €), trop élevé.
Je remercie donc l'attaché de presse des éditions Buchet-Chastel, de me l'avoir envoyé après m'avoir adresser un mail pour une rencontre champêtre. En effet, j'ai ouvert ce roman et tous mes préjugés un peu stériles, voire stupides sont tombés.Miel et le Vin est un très bon premier roman d'amour.
Mettons de côté, les scories et autres avanies qu'on trouve nécessairement dans une première oeuvre, car on ne peut se séparer de certaines facilités. Ainsi des personnages sont esquissés au début du roman et resurgissent à la fin, comme un diable de sa boite, et n'apportent aucun intérêt au récit. Ainsi, cette tendance bien fâcheuse à annoncer le futur benoîtement alors que l'histoire ne le réclame vraiment pas.
Donc mettons tout ceci de côté, car ce roman est formidable. Une vraie cavalcade, en dépit de quelques raccourcis historiques, à travers la Dordogne, le Périgord noir et partant, à travers la France.
Un "enfant maudit" nait au chateau du comte d'Epernay. Un bâtard forcément, un enfant du diable ou plutôt diabolisé par des provinciaux férus de traditions puériles et de croyances éculées. Non loin de là, une petite fille est trouvée un beau jour dans une forêt par Guillaume de Salerac, un doux rêveur et génial inventeur. Cette petite fille, Judith est adoptée par la soeur de Guillaume, Louison de Monterlant. Et les années passent, le bâtard écarté devient l'héritier Charles d'Epernay et judith part en pension chez les bonnes soeurs. Puis en 1788, au mariage forcé d'Hélène, Judith et Charles se rencontrent.
Et vous l'avez deviné, la passion dévorante, nécessaire et frustrante s'emparent de nos deux héros.
Cette passion suit les méandres de l'Histoire de France, le début de la Révolution, la prise de la Bastille, la bêtise républicaine, les massacres inutiles de Vendée, des nobles et de Lyon ou d'ailleurs,... Judith épouse un noble bordelais, député "démocrate" et Charles épouse la cause tyrannique et absurde de la Terreur et de Robespierre, comme pour venger son enfance.
Et ça galope dans le Périgord noir. Il n'y a pas de temps mort et ce bon roman estival se lit d'une seule traite, car on veut connaître le dénouement heureux. Oui, c'est pétillant, un brin malicieux. Il y a une bonne maîtrise du récit, un regard lucide et tendre sur la passion. La romancière
Myriam Chirousse est une découverte à ne pas manquer.
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