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ISBN : 2070365611
Éditeur : Gallimard (1974)


Note moyenne : 3.84/5 (sur 537 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Peu de livres ont connu un succès aussi constant que Le livre de ma mère. Ce livre bouleversant est l'évocation d'une femme à la fois "quotidienne" et sublime, une mère, aujourd'hui morte, qui n'a vécu que pour son fils et par son fils. Ce livre d'un fils est aussi le l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Lorraine47, le 20 janvier 2013

    Lorraine47
    Le Livre de ma mère a quelque peu écorné dans mon esprit le mythe de la mère juive. Nous avons tous en tête Marthe Villalonga dans "Un éléphant ça trompe énormément" et sa relation avec Guy Bedos empreinte d'un amour phagocytant.
    Par retour d'ascenseur, le fils adulé se révèle plus qu'ingrat face à cette mère quasi abusive.
    Et bien là, le fils adoré nous écrit une ode à la mère disparue et regrettée. Ce livre est un poème en prose dédié à la Mère. Ce dernier pleure les jours perdus qui ne reviendront plus et exprime son ingratitude et son exubérante insouciante non sans refouler d'amers regrets. Ô temps suspends ton vol! Mais inexorablement il fait son deuil conservant en son cœur le sentiment d'un paradis perdu. Une plume admirable au service d'un amour sans bornes!
    Tu t'souviens des jours anciens et tu pleures...
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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 20 mars 2013

    carre
    « Le Livre de ma mère » est considéré pour beaucoup comme un magnifique et poignant hommage à la génitrice adorée. Et bien, je m'incline devant plus fort et érudit que moi, car si le livre d'A. Cohen à de nombreuses qualités, certains passages m'ont pesé pour ne pas dire plus. On est parfois ému devant ce portrait porté par une adulation sans borne du fils pour sa maman, mais désolé certains passages me semble puérils, naïfs proche du ridicule. Et ces moments m'ont empêché d'être en complète empathie avec l'auteur. En tout cas, je l'ai ressenti comme cela. Et puis, pour affirmer encore plus ma mauvaise foi, je me souviens d'une émission de F.O. Giesbert demandant à N. Sarkozy son livre de chevet, devinez sa réponse. Au dessus de mes forces. J'assume.
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    • Livres 5.00/5
    Par patachinha, le 11 avril 2010

    patachinha
    Jamais un livre ne m' a transpercée autant que celui-ci. Il y a ces livres que l' on a adoré découvrir, que l' on a dévoré avec avidité, que l' on a vénéné, parce que l' histoire est belle, les personnages sont drôles et nous paraissent attachants; ajouté à cela la belle plume de l' auteur... tout se conjugue à merveille et nous ensorcelle.
    Le Livre de ma mère est d' un calibre différent, indescriptible, indomptable et somptueux, regorgeant d' un doux humanisme sincère et désintéressé.
    Dans mon souvenir c' est la première fois que j' ai pleuré, les yeux rivés sur quelques lignes, quelques phrases d' un autre, cet inconnu qui a su me toucher au plus profond de moi.
    Albert Cohen y évoque le souvenir douloureux, lancinant, qui l' accompagne jour et nuit dans ses rêves et cauchemars, dans ses songes éveillés : sa douce mère qu' il a perdu trop tôt - hélas toujours trop tôt - car il reste toujours le plus important à dire une fois qu' un être cher est parti. le plus important peut- être, ce dont on accorde parfois peu d' importance l' instant d' avant, ce qui ne se démontre pas facilement par les actions du quotidien, ce qui ne se matérialise pas concrètement, c' est certainement l' amour. L' Amour d' un fils pour une mère. Si pur et pourtant si difficile à évoquer...
    Quel attendrissement de lire sa détresse, ce qu' il n' a pu dire à temps à cette mère qu' il aimait tant. L' auteur invoque son enfance auprès de sa mère aimante, toujours présente pour le choyer dans les limites de ses possibilités matérielles, pour le réconforter, le dorloter indéfiniment sans rien attendre en retour que sa présence. Un enfant, reste toujours un petit enfant aux yeux de sa mère, même lorsqu' elle l' observe impuissante à arrêter le cours du temps, et doit se résigner bien malgré elle à voir son fils partir, grandir, faire de nouvelles rencontres, devenir père à son tour...
    On sent l' émotion jaillir de sa plume sublime, lorsqu' il narre avec quelques regrets le temps où sa mère d' origines orientales, très humble, très simple tente de lui transmettre ses valeurs qu' elle a elle même apprises de ses ancêtres, un héritage culturel et religieux peut- être ridicule et désuet dans la cour des grands de ce monde, mais si riche à ses yeux.
    L' ingénuité, la simplicité, la bonté naturelle de ce personnage la rendent sacrée car elle vivait pour son fils, et par son fils. Rien ne l' importait, ni les médisances, ni son infériorité intellectuelle, ni ses faibles possibilités matérielles. Elle attachait cependant une haute attention à ne pas décevoir son fils, et se sentir digne à ses yeux autant que possible. Ce fils qui tant de fois lui donnait ce plaisir simple et fondamental, secrètement menteur pour le bonheur de sa mère : la reconnaissance d' un bon plat préparé par les soins maternels, d' une belle tenue à vrai dire de qualité douteuse, de sa bonne mine alors qu' elle cheminait inexorablement vers sa fin, de sa belle maison bien entretenue avec des rideaux et des fauteuils pourtant si inesthétiques etc... tellement humaine cette mère, splendide dans sa gaucherie...
    Quoi de plus beau et plus noble? L' abnégation d' une mère pour le bien-être de son enfant chéri.
    Un fils qui se trouvait au croisement d' autres cultures, d' apprentissages savants et incompréhensibles pour une femme d' un autre monde, d' une autre époque et qui ne désire au fond que le meilleur pour son fils : la meilleure vie matérielle et affective possible.
    J' ai trouvé trop de résonnances avec mon histoire, cela m' a choquée quelque part, m' a frappé de plein fouet comme une douloureuse évidence; à la différence que j' ai la chance d' avoir encore ma mère auprès de moi. A la réflexion peut- être que le regard de l' auteur sur la mort m' a fait prendre conscience de beaucoup de choses, quelque part il m' a effrayée, mais mise en garde également, car la mort ne m' a encore jamais touchée véritablement de près pour le moment. Et je mesure aujourd' hui toute ma chance.
    Sa puissance invocatrice est immense, c' est un cri d' amour et de désespoir qui alimente sa solitude, son gouffre.
    Je le comprends quand il dit douter de l' existence de Dieu, ce Dieu que sa mère adorait tant, et qui ne répond pas à ses implorations. C' est triste, un enfant qui pleure sa mère, et ne sait pas avec cette rigueur scientifique qui caractérise son temps, s' il la reverra jamais.
    Toute son oeuvre, laisse comme une traînée de culpabilité, de remord, pour des choses qu' il a si imbécilement dit ou fait subir à sa mère, pas par méchanceté, peut- être parce qu' il ne se rendait pas compte, comme d' autres, que sa mère n' est qu' une simple mortelle. En attendant cet enfant a vieilli, lève pèsement le voile sur son passé, attend sa fin et réalise avec sérénité à quel point la vie est si singulière en même temps qu' identique entre tous :
    " Des années se sont écoulées depuis que j' ai écrit ce chant de mort. J' ai continué à vivre, à aimer. J' ai vécu, j' ai aimé, j' ai eu des heures de bonheur tandis qu' elle gisait, abandonnée en son terrible lieu. J' ai commis le péché de vie, moi aussi, comme les autres. J' ai ri et je rirai encore. Dieu merci, les pécheurs vivants deviennent vite des morts offensés."

    Un témoignage percutant sur l' amour filial, à lire pour la beauté des mots, pour la sincérité du propos...
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    • Livres 3.00/5
    Par Myriam3, le 28 juillet 2014

    Myriam3
    Je le gardais secret, isolé dans ce coin de mon coeur, en réserve, comme une petite chose rassurante, chaude, consolatrice. Je n'en avais jamais entendu que du bien, du touchant, de l'émotionnel.Quand l'envie de le lire a été trop forte, après toutes ces années, je me suis plutôt lancée dans la lecture de Belle du Seigneur pour garder encore Le Livre de ma mère car les grands livres se dévorent avec parcimonie. J'ai lu quelques pages, encore quelques-unes. Je n'ai pas accroché, et vu le pavé, je n'ai pas insisté.
    J'ai donc fini par acheter Le Livre de ma mère, augmenté d'un dossier, dans la collection Folioplus classiques pour pouvoir, ensuite, prolonger mon plaisir.
    Bien sûr, j'en avais déjà lu, et sans doute même étudié, quelques extraits qui m'avaient plu, mais... ils me gênaient.
    J'ai donc, enfin, lu Le Livre de ma mère. Rapidement. J'ai feuilleté le dossier, je l'ai refermé. Rien.
    Ou disons, pas grand chose. Pourtant dieu sait que j'aime ma propre mère, que je suis infiniment proche d'elle, que nos relations sont complexes, et je ne pense pas que le seul fait que je sois sa fille et non son fils y change quelque chose, mais ce livre ne m'a pas touchée comme il aurait dû, ou comme je le désirais, ardemment.
    Pris séparément, les paragraphes qui composent les chapitres sont effectivement émouvants, des petits textes en prose qui se suffisent à eux-mêmes et finalement je préfère cette lecture, au compte-goutte, un peu de temps en temps. Mais tout ensemble, en unité, non! Trop de pathos, trop de petits mots trop gentils, trop puérils. Et cette culpabilité de vivre qui revient, redondante, insistante. j'ai envie de dire: "oui ta petite maman chérie, c'est bon on a compris, on a compris qu'égoïstement tu souffres de manger, boire, vivre, arrête maintenant de t'apitoyer".
    Peut-être ne puis-je pas comprendre tant que je n'ai pas vécu cette situation; pourtant, je pense qu je ne pourrais pas m'exprimer avec tant d'emphase, je m'inscrirais plutôt dans la pudeur, une variation du silence. Bref, je ne m'y retrouve pas, je ne le comprends pas.
    Je regrette, donc, de devoir admettre qu'Albert Cohen n'est pas un auteur pour moi, et j'y perds sans doute de riches lectures. Quelle déception.
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 24 août 2011

    LiliGalipette
    Albert Cohen écrit sur sa mère, à sa mère. Elle est morte. le fils la pleure toujours. « Oui, les mots, ma patrie, les mots, ça console et ça venge. Mais ils ne rendront pas ma mère. » (p. 10) Impuissant et esseulé, l'écrivain fait un constat liminaire triste et fataliste. Dès les premières pages, on ressent toute l'incomplétude d'un homme hanté par un « maternel fantôme » (p. 11) et coupable du péché de vivre.
    Cette femme, cette mère juive, l'auteur en fait une icône, une mater dolorosa. Victime heureuse de l'égoïsme de son fils et de son époux, elle ne voulait pas dévouer sa vie à d'autres êtres qu'eux deux. « Ma vieillissante mère attendait ses deux buts de vie, son fils et son mari. » (p. 16) Cette femme n'attendait même pas d'être reconnue par son fils, mais ce dernier lui offre une reconnaissance post-mortem inscrite dans l'encre et le papier, de celle qui ne s'efface pas facilement. le chant d'amour d'Albert Cohen à cette femme, c'est un Cantique des Cantiques maternel. Cette femme incarne-t-elle le cliché de la mère juive ? Oui, et alors ? C'est une mère avant tout Ici, la mère est reine, déesse, immortelle aux yeux de son fils. « Soudain, elle m'apparaît comme la preuve de Dieu. » (p. 167)
    D'images fugaces en souvenirs bouleversants, l'auteur ouvre un album photo mental, un livre d'images éternel. Comme un enfant relit sans cesse les mêmes livres, Albert Cohen revient sur ses souvenirs et son enfance, tâchant maladroitement et bien vainement de la retenir encore un peu. « Pleurer sa mère, c'est pleurer son enfance. L'homme veut son enfance, veut la ravoir et s'il aime davantage sa mère à mesure qu'il avance en âge, c'est parce que sa mère, c'est son enfance. J'ai été un enfant, je ne le suis plus et je n'en reviens pas. » (p. 33) Ce portrait de la mère est un portrait en creux de d'une enfance et d'un homme en devenir, celui qui désormais écrit cette biographie.
    La mère de l'auteur n'est jamais nommée. Sans prénom, elle est la Mère et c'est davantage qu'une identité. C'est un sacerdoce, une destinée. le texte d'Albert Cohen est puissamment élogieux et c'est pour mieux magnifier la simplicité et les maladresses de sa mère. Cette femme simple, aux idées courtes et aux désirs endormis, méritait un hommage à sa hauteur. « Je ne sais pas pourquoi je raconte la triste de ma mère. C'est peut-être pour la venger. » (p. 59) Cette femme qui n'était pas faite pour le monde dans lequel son fils s'est illustré méritait le respect des plus grands. Le Livre de ma mère rachète tous les manques.
    « Amour de ma mère, à nul autre pareil. Elle perdait tout jugement quand il s'agissait de son fils. Elle acceptait tout de moi, possédée du génie divin qui divinise l'être aimé, le pauvre aimé si peu divin. » (p. 90) Tous les souvenirs décrits sont un prétexte à l'hymne et à la déploration. le souvenir du bonheur passé nourrit la nostalgie du bonheur perdu. L'auteur fait également amende honorable, avec des années de retard. Avec humilité, il présente ses fautes et les égoïsmes qui ont blessé sa mère. Jeune homme demandé, il faisait cher payer le temps qu'il offrait à sa mère. Orphelin, il déploie toute la panoplie des sentiments pour célébrer l'unique personne qui n'attendait rien de lui. « Chérie, ce livre, c'est ma dernière lettre. » (p. 76) Cette lettre, c'est celle qui rattrape celles qu'il aurait dû écrire plus souvent, les messages que sa mère a attendus vainement, rongée d'angoisse et de silence.
    Le Livre de ma mère, au-delà de la simple biographie, est une mise en garde adressée aux hommes qui resteront le fils d'une femme. « Ces paroles que je vous adresse, fils des mères encore vivantes, sont les seules condoléances qu'à moi-même je puisse m'offrir. » (p. 169) La conclusion de son récit, ce long éloge funèbre et ce cri d'amour lancé outre-tombe, est une parole sage. « Aucun fils ne sait vraiment que sa mère mourra et tous les fils se fâchent et s'impatientent contre leurs mères, les fous si tôt punis. » (p. 170)
    J'ai vraiment aimé ce récit qui est de loin la plus belle déclaration d'amour que j'ai lue. Je ne dis pas que l'amour maternel est insurpassable, mais Albert Cohen lui donne des lettres de noblesse qui dépasse la simple tendresse et explose le monde niais dans lequel certains voudraient le cantonner. J'avais tout simplement adoré Belle du Seigneur, et pas seulement pour l'histoire d'amour comme le croient certains. Dans Le Livre de ma mère, Albert Cohen déploie une écriture aussi majestueuse qu'émouvante. Une nouvelle fois séduite, je vous encourage à lire ce texte et à l'offrir à vos mamans.
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Citations et extraits

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  • Par Desmaze, le 25 août 2010

    Amour de ma mère. Jamais plus je n'aurai auprès de moi un être parfaitement bon. Mais pourquoi les hommes sont-ils méchants ? Que je suis étonné sur cette terre. Pourquoi sont-ils si vite haineux, hargneux ? Pourquoi adorent-ils se venger, dire vite du mal de vous, eux qui vont bientôt mourir les pauvres ? Que cette horrible aventure des humains qui arrivent sur cette terre, rient, bougent, puis soudain ne bougent plus, ne les rende pas bons, c'est incroyable. Et pourquoi vous répondent-ils si vite mal, d'une voix de cacatoès, si vous êtes doux avec eux, ce qui leur donne à penser que vous êtes sans importance c'est à dire sans danger ? Ce qui fait que des tendres doivent faire semblant d'être méchants pour qu'on leur fiche la paix, ou même, ce qui est tragique, pour qu'on les aime. Et si on allait se coucher et affreusement dormir ? Chien endormi n'a pas de puces. Oui, allons dormir, le sommeil a les avantages de la mort sans son petit inconvénient. Allons nous installer dans l'agréable cercueil. Comme j'aimerais pouvoir ôter, tel l'édenté son dentier qu'il met dans un verre d'eau près du lit, ôter mon cerveau de sa boîte, ôter mon coeur trop battant, ce pauvre bougre qui fait trop bien son devoir, ôter mon cerveau et mon coeur et les baigner, ces deux pauvres milliardaires, dans des solutions rafraîchissantes, tandis que je dormirais comme un petit enfant que je ne serai jamais plus. Qu'il y a peu d'humains et que soudain le monde est désert
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  • Par Lorraine47, le 20 janvier 2013

    Je la connais la douleur et je sais qu'elle n'est ni noble ni enrichissante mais qu'elle te ratatine et réduit comme tête bouillie et rapetissée de guerrier péruvien, et je sais que les poètes qui souffrent tout en cherchant des rimes et qui chantent l'honneur de souffrir, distingués nabots sur leurs échasses, n'ont jamais connu la douleur qui fait de toi un homme qui fut.

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  • Par Lorraine47, le 22 janvier 2013

    Que cette horrible aventure des humains qui arrivent sur cette terre, rient, bougent puis soudain ne bougent plus, ne les rende pas bons, c'est incroyable. Et pourquoi vous répondent-ils si vite mal, d'une voix de cacatoès, si vous êtes doux avec eux, ce qui leur donne à penser que vous êtes sans importance, c'est-à-dire sans danger? Ce qui fait que des tendres doivent faire semblant d'être méchants, pour qu'on leur fiche la paix, ou même, ce qui est tragique, pour qu'on les aime.
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  • Par Lorraine47, le 26 janvier 2013

    O Dieu, du droit de mon agonie qui est proche, je Te dis qu'elle n'est pas drôle, Ta plaisanterie de nous donner cet effrayant et bel amour de la vie pour nous allonger ensuite, les uns après des autres, et faire de nous des immobiles que de futurs immobiles enfouissent sous terre comme de puantes saletés, des balayures trop répugnantes à regarder, de cireuses immondices, nous qui fûmes des bébés ravis en nos fossettes.
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  • Par namersophie, le 28 novembre 2012

    Petite remarque en passant. SI le pauvre Roméo avait eu tout à coup le nez coupé net par quelque accident, Juliette, le revoyant, aurait fui avec horreur. Trente grammes de viande de moins, et l'âme de Juliette n'éprouve plus de nobles émois. Trente grammes de moins et c'est fini, les sublimes gargarismes au clair de lune, les "ce n'est pas le jour, ce n'est pas l'alouette". Si Hamlet avait, à la suite de quelque trouble hypophysaire, maigri de trente kilos, Ophélie ne l'aimerait plus de toute son âme. L'âme d'Ophélie pour s'élever à de divins sentiments a besoin d'un minimum de soixante kilos de biftecks. Il est vrai que si Laure était devenue soudain cul-de-jatte, Pétrarque lui aurait dédié de moins mystiques poèmes. Et pourtant, la pauvre Laure, son regard serait resté le même et son âme aussi. Seulement, voilà, il lui faut des cuissettes à ce monsieur Pétrarque, pour que son âme adore l'âme de Laure. Pauvres mangeurs de viande que nous sommes, nous, avec nos petites blagues d'âmes.
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