ISBN : 2070365611
Éditeur : Gallimard (1974)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 169 notes) Ajouter à mes livres
Peu de livres ont connu un succès aussi constant que Le livre de ma mère. Ce livre bouleversant est l'évocation d'une femme à la fois "quotidienne" et sublime, une mère, aujourd'hui morte, qui n'a vécu que pour son fils et par son fils. Ce livre d'un fils est aussi le l... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par grisette, le 16 juin 2010

    grisette
    je viens de le finir, et je ne peux m'empêcher de relire des passages.
    ce livre est un trésor.je ne peux plus me séparer de lui. j'ai pris mon temps pour lire la fin je ne voulais plus le lâcher. une belle surprise.
    Critique de qualité ? (31 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par patachinha, le 11 avril 2010

    patachinha
    Jamais un livre ne m' a transpercée autant que celui-ci. Il y a ces livres que l' on a adoré découvrir, que l' on a dévoré avec avidité, que l' on a vénéné, parce que l' histoire est belle, les personnages sont drôles et nous paraissent attachants; ajouté à cela la belle plume de l' auteur... tout se conjugue à merveille et nous ensorcelle.
    Le Livre de ma mère est d' un calibre différent, indescriptible, indomptable et somptueux, regorgeant d' un doux humanisme sincère et désintéressé.
    Dans mon souvenir c' est la première fois que j' ai pleuré, les yeux rivés sur quelques lignes, quelques phrases d' un autre, cet inconnu qui a su me toucher au plus profond de moi.
    Albert Cohen y évoque le souvenir douloureux, lancinant, qui l' accompagne jour et nuit dans ses rêves et cauchemars, dans ses songes éveillés : sa douce mère qu' il a perdu trop tôt - hélas toujours trop tôt - car il reste toujours le plus important à dire une fois qu' un être cher est parti. le plus important peut- être, ce dont on accorde parfois peu d' importance l' instant d' avant, ce qui ne se démontre pas facilement par les actions du quotidien, ce qui ne se matérialise pas concrètement, c' est certainement l' amour. L' Amour d' un fils pour une mère. Si pur et pourtant si difficile à évoquer...
    Quel attendrissement de lire sa détresse, ce qu' il n' a pu dire à temps à cette mère qu' il aimait tant. L' auteur invoque son enfance auprès de sa mère aimante, toujours présente pour le choyer dans les limites de ses possibilités matérielles, pour le réconforter, le dorloter indéfiniment sans rien attendre en retour que sa présence. Un enfant, reste toujours un petit enfant aux yeux de sa mère, même lorsqu' elle l' observe impuissante à arrêter le cours du temps, et doit se résigner bien malgré elle à voir son fils partir, grandir, faire de nouvelles rencontres, devenir père à son tour...
    On sent l' émotion jaillir de sa plume sublime, lorsqu' il narre avec quelques regrets le temps où sa mère d' origines orientales, très humble, très simple tente de lui transmettre ses valeurs qu' elle a elle même apprises de ses ancêtres, un héritage culturel et religieux peut- être ridicule et désuet dans la cour des grands de ce monde, mais si riche à ses yeux.
    L' ingénuité, la simplicité, la bonté naturelle de ce personnage la rendent sacrée car elle vivait pour son fils, et par son fils. Rien ne l' importait, ni les médisances, ni son infériorité intellectuelle, ni ses faibles possibilités matérielles. Elle attachait cependant une haute attention à ne pas décevoir son fils, et se sentir digne à ses yeux autant que possible. Ce fils qui tant de fois lui donnait ce plaisir simple et fondamental, secrètement menteur pour le bonheur de sa mère : la reconnaissance d' un bon plat préparé par les soins maternels, d' une belle tenue à vrai dire de qualité douteuse, de sa bonne mine alors qu' elle cheminait inexorablement vers sa fin, de sa belle maison bien entretenue avec des rideaux et des fauteuils pourtant si inesthétiques etc... tellement humaine cette mère, splendide dans sa gaucherie...
    Quoi de plus beau et plus noble? L' abnégation d' une mère pour le bien-être de son enfant chéri.
    Un fils qui se trouvait au croisement d' autres cultures, d' apprentissages savants et incompréhensibles pour une femme d' un autre monde, d' une autre époque et qui ne désire au fond que le meilleur pour son fils : la meilleure vie matérielle et affective possible.
    J' ai trouvé trop de résonnances avec mon histoire, cela m' a choquée quelque part, m' a frappé de plein fouet comme une douloureuse évidence; à la différence que j' ai la chance d' avoir encore ma mère auprès de moi. A la réflexion peut- être que le regard de l' auteur sur la mort m' a fait prendre conscience de beaucoup de choses, quelque part il m' a effrayée, mais mise en garde également, car la mort ne m' a encore jamais touchée véritablement de près pour le moment. Et je mesure aujourd' hui toute ma chance.
    Sa puissance invocatrice est immense, c' est un cri d' amour et de désespoir qui alimente sa solitude, son gouffre.
    Je le comprends quand il dit douter de l' existence de Dieu, ce Dieu que sa mère adorait tant, et qui ne répond pas à ses implorations. C' est triste, un enfant qui pleure sa mère, et ne sait pas avec cette rigueur scientifique qui caractérise son temps, s' il la reverra jamais.
    Toute son oeuvre, laisse comme une traînée de culpabilité, de remord, pour des choses qu' il a si imbécilement dit ou fait subir à sa mère, pas par méchanceté, peut- être parce qu' il ne se rendait pas compte, comme d' autres, que sa mère n' est qu' une simple mortelle. En attendant cet enfant a vieilli, lève pèsement le voile sur son passé, attend sa fin et réalise avec sérénité à quel point la vie est si singulière en même temps qu' identique entre tous :
    " Des années se sont écoulées depuis que j' ai écrit ce chant de mort. J' ai continué à vivre, à aimer. J' ai vécu, j' ai aimé, j' ai eu des heures de bonheur tandis qu' elle gisait, abandonnée en son terrible lieu. J' ai commis le péché de vie, moi aussi, comme les autres. J' ai ri et je rirai encore. Dieu merci, les pécheurs vivants deviennent vite des morts offensés."

    Un témoignage percutant sur l' amour filial, à lire pour la beauté des mots, pour la sincérité du propos...
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 24 août 2011

    LiliGalipette
    Albert Cohen écrit sur sa mère, à sa mère. Elle est morte. le fils la pleure toujours. « Oui, les mots, ma patrie, les mots, ça console et ça venge. Mais ils ne rendront pas ma mère. » (p. 10) Impuissant et esseulé, l'écrivain fait un constat liminaire triste et fataliste. Dès les premières pages, on ressent toute l'incomplétude d'un homme hanté par un « maternel fantôme » (p. 11) et coupable du péché de vivre.
    Cette femme, cette mère juive, l'auteur en fait une icône, une mater dolorosa. Victime heureuse de l'égoïsme de son fils et de son époux, elle ne voulait pas dévouer sa vie à d'autres êtres qu'eux deux. « Ma vieillissante mère attendait ses deux buts de vie, son fils et son mari. » (p. 16) Cette femme n'attendait même pas d'être reconnue par son fils, mais ce dernier lui offre une reconnaissance post-mortem inscrite dans l'encre et le papier, de celle qui ne s'efface pas facilement. le chant d'amour d'Albert Cohen à cette femme, c'est un Cantique des Cantiques maternel. Cette femme incarne-t-elle le cliché de la mère juive ? Oui, et alors ? C'est une mère avant tout Ici, la mère est reine, déesse, immortelle aux yeux de son fils. « Soudain, elle m'apparaît comme la preuve de Dieu. » (p. 167)
    D'images fugaces en souvenirs bouleversants, l'auteur ouvre un album photo mental, un livre d'images éternel. Comme un enfant relit sans cesse les mêmes livres, Albert Cohen revient sur ses souvenirs et son enfance, tâchant maladroitement et bien vainement de la retenir encore un peu. « Pleurer sa mère, c'est pleurer son enfance. L'homme veut son enfance, veut la ravoir et s'il aime davantage sa mère à mesure qu'il avance en âge, c'est parce que sa mère, c'est son enfance. J'ai été un enfant, je ne le suis plus et je n'en reviens pas. » (p. 33) Ce portrait de la mère est un portrait en creux de d'une enfance et d'un homme en devenir, celui qui désormais écrit cette biographie.
    La mère de l'auteur n'est jamais nommée. Sans prénom, elle est la Mère et c'est davantage qu'une identité. C'est un sacerdoce, une destinée. le texte d'Albert Cohen est puissamment élogieux et c'est pour mieux magnifier la simplicité et les maladresses de sa mère. Cette femme simple, aux idées courtes et aux désirs endormis, méritait un hommage à sa hauteur. « Je ne sais pas pourquoi je raconte la triste de ma mère. C'est peut-être pour la venger. » (p. 59) Cette femme qui n'était pas faite pour le monde dans lequel son fils s'est illustré méritait le respect des plus grands. Le Livre de ma mère rachète tous les manques.
    « Amour de ma mère, à nul autre pareil. Elle perdait tout jugement quand il s'agissait de son fils. Elle acceptait tout de moi, possédée du génie divin qui divinise l'être aimé, le pauvre aimé si peu divin. » (p. 90) Tous les souvenirs décrits sont un prétexte à l'hymne et à la déploration. le souvenir du bonheur passé nourrit la nostalgie du bonheur perdu. L'auteur fait également amende honorable, avec des années de retard. Avec humilité, il présente ses fautes et les égoïsmes qui ont blessé sa mère. Jeune homme demandé, il faisait cher payer le temps qu'il offrait à sa mère. Orphelin, il déploie toute la panoplie des sentiments pour célébrer l'unique personne qui n'attendait rien de lui. « Chérie, ce livre, c'est ma dernière lettre. » (p. 76) Cette lettre, c'est celle qui rattrape celles qu'il aurait dû écrire plus souvent, les messages que sa mère a attendus vainement, rongée d'angoisse et de silence.
    Le Livre de ma mère, au-delà de la simple biographie, est une mise en garde adressée aux hommes qui resteront le fils d'une femme. « Ces paroles que je vous adresse, fils des mères encore vivantes, sont les seules condoléances qu'à moi-même je puisse m'offrir. » (p. 169) La conclusion de son récit, ce long éloge funèbre et ce cri d'amour lancé outre-tombe, est une parole sage. « Aucun fils ne sait vraiment que sa mère mourra et tous les fils se fâchent et s'impatientent contre leurs mères, les fous si tôt punis. » (p. 170)
    J'ai vraiment aimé ce récit qui est de loin la plus belle déclaration d'amour que j'ai lue. Je ne dis pas que l'amour maternel est insurpassable, mais Albert Cohen lui donne des lettres de noblesse qui dépasse la simple tendresse et explose le monde niais dans lequel certains voudraient le cantonner. J'avais tout simplement adoré Belle du Seigneur, et pas seulement pour l'histoire d'amour comme le croient certains. Dans Le Livre de ma mère, Albert Cohen déploie une écriture aussi majestueuse qu'émouvante. Une nouvelle fois séduite, je vous encourage à lire ce texte et à l'offrir à vos mamans.
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    • Livres 3.00/5
    Par kathy, le 01 décembre 2011

    kathy
    « Est beau ce qui jaillit d'une nécessité intérieure de l'âme », déclarait l'artiste russe Vassily Kandinsky en 1911 (« du spirituel de l'art »).
    En cela, Le Livre de ma mère d'Albert Cohen s'inscrit au mieux dans cette définition de la beauté. Cet élan du cœur qui pousse l'auteur à revisiter l'amour fusionnel qui le lie à celle qui le laisse orphelin. On y trouve un éventail de sentiments tels que le désarroi, la peine, le déchirement, la souffrance, la tendresse, l'amour, la passion, le remord et la honte. La difficulté de l'exil, la culture juive et l'antisémitisme sont également abordés.
    Un texte émouvant de souvenirs sur la figure de la mère de l'auteur. Une traduction littéraire de sentiments qui convie à l'écriture un rôle d'exutoire.
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    • Livres 2.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 01 mars 2011

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Bien loin du bouleversement annoncé, ce livre a plutôt suscité chez moi de l'énervement voire de l'ennui à certains moments. Je n'ai peut-être pas compris le sens de ce livre mais j'ai trouvé ce fils ingrat et pas aussi respectueux de sa mère qu'il voudrait le faire croire.
    Alors évidemment que ses termes sont touchants, elle semble réellement lui manquer mais j'ai ressenti ce manque plutôt comme une culpabilité de ne pas avoir fait ce qu'il aurait du faire tant qu'elle était là.
    Cette mère est attachante mais j'ai eu parfois envie de la bousculer. Son fils est tout pour elle et ce fils ne se gêne absolument pas pour en profiter. J'ai été vraiment dérangée par certains thèmes lorsqu'il parle d'elle, lorsqu'il se moque. Parce que ce sont vraiment des moqueries, il parle de taquinerie, d'ironie mais j'ai trouvé souvent cela blessant. Répétant sans cesse que sa mère est gauche, maladroite et j'en passe. Certains défauts peuvent parfois devenir des éléments touchants mais lorsqu'il en parle, j'ai plutôt ressenti une gêne, comme s'il avait voulu que sa mère soit une autre.
    Passé ce moment où il fait appel à des souvenirs concernant ces petits moments de bonheur passés avec sa mère, sans qu'il ne se rende vraiment compte de la chance qu'il a, l'auteur va alors nous parler du manque de sa mère. Et même là, je n'ai pas été touchée. Je me suis retrouvée face à un narrateur plaintif, ressassant sans cesse que sa mère est morte. Apostrophant le lecteur en lui disant de profiter de sa chance, de sa mère encore vivante.
    En refermant le livre, j'ai vraiment eu l'impression que l'auteur avait écrit ce livre pour lui-même et non en souvenir de sa mère. Ecrire pour essayer d'effacer cette culpabilité, celle d'avoir été un enfant ingrat, de n'avoir pas profité de cette mère qui aurait donné sa vie pour lui et de ne s'en être même pas rendu compte.
    Alors non, je n'ai pas été touchée car pour moi, ce livre est terriblement égoïste, il n'est absolument pas un hommage aux mères mais plutôt un moyen d'apaiser sa conscience.
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Citations et extraits

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  • Par Desmaze, le 25 août 2010

    Amour de ma mère. Jamais plus je n'aurai auprès de moi un être parfaitement bon. Mais pourquoi les hommes sont-ils méchants ? Que je suis étonné sur cette terre. Pourquoi sont-ils si vite haineux, hargneux ? Pourquoi adorent-ils se venger, dire vite du mal de vous, eux qui vont bientôt mourir les pauvres ? Que cette horrible aventure des humains qui arrivent sur cette terre, rient, bougent, puis soudain ne bougent plus, ne les rende pas bons, c'est incroyable. Et pourquoi vous répondent-ils si vite mal, d'une voix de cacatoès, si vous êtes doux avec eux, ce qui leur donne à penser que vous êtes sans importance c'est à dire sans danger ? Ce qui fait que des tendres doivent faire semblant d'être méchants pour qu'on leur fiche la paix, ou même, ce qui est tragique, pour qu'on les aime. Et si on allait se coucher et affreusement dormir ? Chien endormi n'a pas de puces. Oui, allons dormir, le sommeil a les avantages de la mort sans son petit inconvénient. Allons nous installer dans l'agréable cercueil. Comme j'aimerais pouvoir ôter, tel l'édenté son dentier qu'il met dans un verre d'eau près du lit, ôter mon cerveau de sa boîte, ôter mon coeur trop battant, ce pauvre bougre qui fait trop bien son devoir, ôter mon cerveau et mon coeur et les baigner, ces deux pauvres milliardaires, dans des solutions rafraîchissantes, tandis que je dormirais comme un petit enfant que je ne serai jamais plus. Qu'il y a peu d'humains et que soudain le monde est désert
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  • Par kathy, le 10 décembre 2011

    Louange à vous, mères de tous les pays, louange à vous en votre sœur ma mère, en la majesté de ma mère morte. Mères de toute la terre. Nos Dames les mères, je vous salue, vieilles chéries, vous qui nous avez appris à faire les nœuds des lacets de nos souliers, qui nous avez appris à nous moucher, ou, qui nous avez montré qu’il faut souffler dans le mouchoir et y faire feufeu, comme vous disiez, vous mères de tous les pays, vous qui patiemment enfourniez, cuillère après cuillère, la semoule que nous, bébés, faisions tant de chichis pour accepter, vous qui, pour nous encourager à avaler les pruneaux cuits, nous expliquiez que les pruneaux sont de petits nègres qui veulent rentrer dans leur maison et alors le petit crétin, ravi et soudain poète, ouvrait la porte de la maison, vous qui étiez sans cesse à arranger nos mèches bouclées et nos cravates pour que nous fussions jolis avant l’arrivée des visites ou avant notre départ pour l’école, vous qui sans cesse harnachiez et pomponniez vos vilains nigauds petits poneys de fils dont vous étiez les bouleversantes propriétaires, vous qui nettoyiez tout de nous et nos sales genoux terreux et écorchés et nos sales petits nez de marmots morveux, vous qui n’aviez aucun dégoût de nous, vous, toujours si faibles avec nous, indulgentes qui plus tard vous laissiez si facilement embobiner et refaire par vos fils adolescents et leur donniez toutes vos économies, je vous salue, majestés de nos mères. Je vous salue, mères pleines de grâce, saintes sentinelles, courage et bonté, chaleur et regard d’amour, vous aux yeux qui devinent, vous qui savez tout de suite si les méchants nous ont fait de la peine, vous, seuls humains en qui nous puissions avoir confiance et qui jamais, jamais ne nous trahirez, je vous salue, mères qui pensez à nous sans cesse et jusque dans vos sommeils, mères qui pardonnez toujours et caressez nos fronts de vos mains flétries, mères qui nous attendez, mères qui êtes toujours à la fenêtre pour nous regarder partir, mères qui nous trouvez incomparables et uniques, mères qui ne vous lassez jamais de nous servir et de nous couvrir et de nous border au lit même si nous avons quarante ans, qui ne nous aimez pas moins si nous sommes laids, ratés, avilis, faibles ou lâches, mères qui parfois me faites croire en Dieu. (Ch. 29)
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  • Par otakar, le 06 février 2008

    Je ne veux pas qu´elle soit morte. Je veux un espoir, je demande un espoir. Qui me donnera la croyance en une merveilleuse vie ou je retrouverai ma mere? Freres, o mes freres humains, forcez-moi a croire en une vie éternelle, mais apportez-moi de bonnes raisons et non de ces petites blagues qui me donnent la nausée tandis que, honteux de vos yeux convaincus, je réponds oui, oui, d´un air aimable. Ce ciel ou je veux revoir ma mere, je veux qu´il soit vrai et non une invention de mon malheur.
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  • Par Vicky-Lee, le 05 décembre 2010

    Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte. Ce n’est pas une raison pour ne pas se consoler ce soir, dans les bruits finissant de la rue, se consoler, ce soir, avec des mots. Oh, le pauvre perdu qui, devant sa table, se console avec des mots, devant sa table et le téléphone décroché, car il a peur du dehors, et le soir, si le téléphone est décroché, il se sent tout roi et défendu contre les méchants du dehors, si vite méchants, méchants pour rien.
    Quel étrange petit bonheur, triste et boitillant mais doux comme un péché ou une boisson clandestine, quel bonheur tout de même d’écrire en ce moment, seul dans mon royaume et loin des salauds. Qui sont les salauds ? Ce n’est pas moi qui vous le dirai. Je ne veux pas d’histoires avec les gens du dehors. Je ne veux pas qu’on vienne troubler ma fausse paix et m’empêcher d’écrire quelques pages par dizaines ou centaines selon ce que ce cœur de moi qui est mon destin décidera. J’ai résolu notamment de dire à tous les peintres qu’ils ont du génie, sans ça ils vous mordent. Et, d’une manière générale, je dis à chacun que chacun est charmant. Telles sont mes mœurs diurnes. Mais dans mes nuits et mes aubes je n’en pense pas moins.
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  • Par juanico13, le 17 mars 2008

    D'ailleurs, la poétique demoiselle, si j'avais perdu, par quelque mal soudain, ma force ou simplement mes dents, elle aurait dit à sa femme de chambre, en me designant, de balayer cette ordure édentée.Ou, plus noblement, cette musicale donzelle aurait senti, soudain purement senti et eu la spirituelle révélation qu'elle ne m'aimait pluset que ce serait impur de ne pas vivre dans la vérité et de continuer à voir un homme qu'elle n'aimait plus.Son ame se serait envolée à tire-d'aile.Ces nobles personnes aiment les hommes forts, énergiques, affirmatifs, les gorilles, quoi.Edentés ou vieux, forts ou faibles, jeunes ou vieux, nos mères nous aiment.Amour de nos mères, à nul autre pareil.
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Albert Cohen lit un extrait de Belle du Seigneur un extrait d'une ancienne émission d'Apostrophes de 1977 où Bernard Pivot est allé interviewer Albert Cohen chez lui, à Genève. Editions Gallimard et INA.








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