> Alain Brunet (Préfacier, etc.)

ISBN : 2253005231
Éditeur : Le Livre de Poche (1973)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 48 notes) Ajouter à mes livres
Donner à voir des manuscrits, d'ordinaire inaccessibles, rendre visible le travail d'écriture, en montrant les mouvements d'une plume qui trace, rature, avance, revient, dessine parfois, se glisse entre les lignes ou envahit les marges, tel est le propos de la collectio... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 18 juin 2011

    brigittelascombe
    Sido.
    Cette mère admirée, admirable, mais étouffante et restrictive, ce soleil qui éblouissait un peu trop, c'est Sido.
    Sido, titre de livre qui gomme à lui seul les deux derniers chapitres, celui du père, le capitaine effacé ne vivant que pour sa femme puis par la suite pour sa femme et à travers sa fille; et celui des sauvages :Achille, l'ainé sans rivaux donc jalousé, Juliette, l'étrangère, l'agréable laide donc détestée et Léo qui a échappé à la musique, puis à la pharmacie, puis successivement à tout donc dénigré.
    Sido qui disait:
    -Regarde !
    Regarde le jardin d'essai sous sa terre abrite un trésor, surtout, tu n'y touches pas. Evidemment la petite touchait "grattant à la dérobée le jardin d'essai pour surprendre la griffe ascendante du cotylédon, le viril surgeon que le printemps chassait de sa gaine."
    "Tu ne comprends pas" répliquait sa mère" tu n'es qu'une petite meurtrière de huit... dix... ans...Tu ne comprends rien à ce qui veut vivre."
    -"Ecoute sur Mortiers!"
    elle levait l'index et se tenait debout entre les hortensias,la pompe et le massif de rosiers.
    Et la petite tendait l'oreille vers Mortiers. Et les dernières gouttes de l'averse d'été attestaient de l'infaillibilité de la mère.
    -Sens !
    Sens "la bourrasque d'ouest ! Cours !Ferme les lucarnes du grenier ! " Et la petite "Mousse exalté du navire natal s'élançait enthousiasmée"
    -Ne touche pas!
    Elle savait pourtant que la petite ne résisterait pas à fouiller la terre pour découvrir son secret.
    -Seul le merle, bel oiseau oxydé de vert et de violet, goûte, se gave de cerises, boit le jus, déchiquette la pulpe. Au diable l'épouvantail sussure l'oeil maternel compatissant.
    Alors, bien souvent la petite Gabrielle Colette face à cette devineresse, cette prêtresse clairvoyante du jardin familial, cette piquante qui l'asticotait en la traitant de bête, de miracle de gentillesse et de fadeur, sautait le mur et filait se ressourcer chez Adrienne la voisine.
    Et pourtant, c'est cette Sido là, dont le cordon d'or s'enroulait vingt fois autour d'un rameau de géranium pour l'étayer d'une petite écluse de carton, c'est cette Sido là qui, en faisant frissonner "la petite" , a éveillé par la magie de l'or les résonnances poétiques de celle qui deviendra Colette.
    Colette, une plume qui vit et vibre, encore et toujours, doucement, dans le jardin d'une enfance éblouie.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lune, le 09 février 2011

    Lune
    paru en 1929
    Trois parties dans ce livre qu'on aurait voulu plus long tant on s'y plaît : Sido, le capitaine et les sauvages. Nous entrons dans l'univers de la famille Colette. Univers fondateur qui marquera à jamais la jeune Gabrielle.
    Sido, l'unique, l'incomparable à qui elle consacre, dix-sept ans après sa mort, ces écrits qui nous la montrent, moderne presque d'avant-garde, "tutélaire", personnalité un peu effrayante par son extrême lucidité mais d'un bon sens réaliste qui ne correspond pas aux critères d'une époque où les femmes sont peu libres.
    Le capitaine, le père, doux rêveur qui consacre sa vie à Sido. Écrivain qui n'écrivit pas une ligne, il émeut et on se réjouit pour cet homme lunaire de savoir ce que devint sa fille.
    Les sauvages, comme disait Sido, parlant de ses deux fils et de sa fille aînée. Achille l'aîné aux yeux pers qui ne survécut qu'un an à sa mère adorée; Léo, le "sylphe" musicien, qui mentalement ne quitta jamais l'univers édénique de son enfance; Juliette, la demi-soeur, étrange, méconnue, marginalisée, enfouie depuis l'enfance dans des rêves puis dans le mal être...
    Sans oublier, la Nature omniprésente, déifiée, source de connaissances, de curiosités, d'apprentissages et de ressourcements. La vie s'y enseigne, s'y comprend, s'y respecte.
    Le village et les secrets révélés par les jardins mitoyens, les parties de campagne (!) organisés par le père citadin (à l'étang de la Guillemette qui leur appartenait)...
    Lire ce livre, se promener à Saint-Sauveur et dans les environs, c'est mettre ses pas dans l'histoire, c'est toucher, voir et sentir ce qui constitue Colette dans le plus profond de son esprit. C'est déguster sur place tout ce que sa prose éveille en nos sens éblouis.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par EFar, le 11 septembre 2011

    EFar
    Avec ce recueil, je découvre Colette. Belle découverte, et sacré surprise.
    Bêtement, je m'imaginais une écriture un peu datée, un ton un peu engoncé dans son époque. J'étais complètement à côté : l'écriture de Colette, ses thèmes, ses préoccupations, tout me semble étonnamment contemporain, bien que situé au début du siècle dernier.
    La première partie du recueil, "Sido", tourne autour de sa famille et m'a moins convaincu que La seconde, intitulée "Les Vrilles de la vigne". Dans ce dernier, je trouve qu'elle croque la vie, ses émotions, ses angoisses, ses ressorts avec une vivacité et une poésie prégnante. La première nouvelle des Vrilles, notamment, est incroyable : le texte est en équilibre sur un accord de participe passé.
    Et puis le rapport à la nature qu'elle nous propose, une relation sensuelle et sereine, mais aussi pragmatique, a tout pour me plaire.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par SEcriture, le 24 octobre 2010

    SEcriture
    Patatra...Je n'ai pas réussi à me plonger dans ce roman, pourtant plein de charme et de sensibilité... Aucune action n'a capté mon attention. le style fourni m'a quelque peu embrouillée. L'avant propos, pourtant constructif, était trop long pour m'intéresser vraiment... Vous l'aurez compris : je n'ai pas accroché... dommage.

    En bref : Un livre qui m'a laissé perplexe.

    Lien : http://s.ecriture.over-blog.com/article-sido-les-vrilles-de-la-vigne..
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    • Livres 4.00/5
    Par lnbsi, le 08 juillet 2009

    lnbsi
    Dans ce recueil de trois textes, Colette nous décrit le personnage de sa mère ainsi que le reste de sa famille par l'intermédiaire de ses souvenir d'enfance.
    Ces textes nous permettent d'entrer facilement dans l'univers de Colette et peut-être de mieux la comprendre. Textes emprunts d'une gaité et d'un réalisme dans ses observations sur les caractères des personnages.

    Lien : http://aufildeslivres.over-blog.com
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Citations et extraits

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  • Par brigittelascombe, le 18 juin 2011

    Mousse exalté du navire natal, je m'élançais, claquant des sabots, enthousiasmée si du fond de la mêlée blanche et bleu noir, sifflante, un vif éclair, un bref roulement de foudre, enfants d'Ouest et de Février, comblaient tous les deux un des abîmes du ciel...Je tâchais de trembler, de croire à la fin du monde.
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  • Par brigittelascombe, le 18 juin 2011

    Il ne faut pas que je meure avant lui. Il ne le faut absolument pas! Vois tu que je me laisse mourir, et qu'il se tue, et qu'il se manque? Je le connais...disait elle d'un air de jeune fille.
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  • Par brigittelascombe, le 18 juin 2011

    C'est aux récits de ma mère qu'il me faut remonter, quand il me prend, comme à tous ceux qui vieillissent la hâte, le prurit de posséder les secrets d'un être jamais dissous.
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  • Par brigittelascombe, le 18 juin 2011

    Toi, te voilà comme le pou sur ses pieds de derrière parce que tu as épousé un Parisien. Et quand je dis un Parisien...Les vrais Parisiens d'origine ont moins de caractère dans la physionomie. On dirait que Paris les efface!
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  • Par brigittelascombe, le 18 juin 2011

    Il n'est pas-quel dommage- d'enfant invulnérable. Celui ci, pour vouloir confronter son rêve exact avec une réalité infidèle, m'en revient déchiré, parfois...
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