> Anne Chareille (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253138010
Éditeur : Le Livre de Poche (1995)


Note moyenne : 4.35/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres
Autrefois, le rossignol ne chantait pas la nuit.
C'est pour avoir manqué de périr, prisonnier de la vigne enroulée autour de lui tandis qu'il dormait, qu'il écoute désormais sa voix afin de rester en éveil. Lorsqu'en 1908 Colette publie ce recueil de textes brefs... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 09 février 2011

    Lune
    Dans l'édition de 1965 du Livre de Poche, les "Vrilles de la Vigne" font suite à "Sido" paru en 1929. Textes que rien parfois ne relie si ce n'est le chant d'une prose poétique vigoureuse. Certains écrits biographiques nous situent Colette et distillent les thèmes désormais récurrents de l'enfance, paradis à jamais perdu, de l'amour, de la nature, des animaux... C'est une Ode à la Vie qui s'ouvre sur ces mots désormais célèbres : "Autrefois, le rossignol ne chantait pas la nuit. Il avait un gentil filet de voix et s'en servait avec adresse du matin au soir, le printemps venu." et se termine avec le non moins révélateur "Je ne connais plus le somme heureux, mais je ne crains plus Les Vrilles de la vigne."
    Apparaît en filigranes, Missy, la bien-aimée de ces années. Dans ce livre poche, pudeur mal placée de l'époque ou coquille? :"Tu me donneras la volupté, penché sur moi..." alors qu'il faut lire : "Tu me donneras la volupté, penchée sur moi..." Les heures heureuses en Baie de Somme, avant le choix de la Bretagne, offrent quelques passages dignes du pinceau du peintre...
    L'apparition d'une figure que l'on retrouvera : l'amie Valentine, prétexte à de savoureux portraits entre une Colette bien terrienne et une jeune femme évaporée, un peu geignarde, représentante d'une catégorie féminine creuse et émouvante.
    Enfin cette rencontre entre Colette et Claudine, leurs similitudes, leurs différences et leur malaise.
    Des paroles qui réchauffent : "Les larmes bienfaisantes... oui, oui, je connais le cliché! Je connais aussi le danger, l'enivrement des larmes solitaires et sans fin; - on pleure parce qu'on vient de pleurer, et on recommence; - on continue par entraînement, jusqu'à la suffocation, jusqu'à l'aboiement nerveux, jusqu'au sommeil d'ivrogne d'où l'on se réveille bouffi, marbré, égaré, honteux de soi, et plus triste qu'avant... Pas de larmes, pas de larmes!"
    Et ces mots : "Attendre la guérison, la fin de l'amour. Vous souffrez beaucoup, mais il y a pis. Il y a le moment, - dans un mois, dans trois mois, je ne sais quand, - où vous commencerez à souffrir par intermittences. ...
    ... - Il y a pis. Il y a le moment où vous ne souffrirez presque plus. Oui! Presque guérie, c'est alors que vous serez "l'âme en peine", celle qui erre, qui cherche elle ne sait quoi, elle ne veut se dire quoi...
    ... - Jusqu'à? ...
    - Jusqu'à la guérison, mon amie, la vraie guérison. Cela vient... mystérieusement. On ne la sent pas tout de suite. Mais c'est comme la récompense progressive de tant de peines... Croyez-moi! cela viendra, je ne sais quand... Une journée douce de printemps, ou bien un matin mouillé d'automne, peut-être une nuit de lune, vous sentirez en votre coeur une chose inexprimable et vivante s'étirer voluptueusement..."

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Citations et extraits

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  • Par Bibalice, le 03 août 2011

    Suis le chemin, et ne t'y couche que pour mourir.
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