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ISBN : 2253086053
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/2017)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 202 notes)
Résumé :
Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux.
Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l'a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écr... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (100) Voir plus Ajouter une critique
marina53
11 février 2016
★★★★★
★★★★★
Un grand merci à Babelio et aux éditions Denoël...
Argentine. Plateaux de la Patagonie. Une steppe, immense, balayée par les vents glacials. Des sentiers de caillasse brûlés par le vent. Une terre si sèche que les arbres l'ont désertée. Des forêts, au loin, derrière les plateaux rocheux. Des milliers d'hectares où les troupeaux vaquent. Seules les grosses exploitations qui font commerce avec l'Europe survivent. C'est ici, au milieu de rien, que s'élève l'estancia. Une exploitation menée d'une main de fer par la mère et ses quatre fils, les jumeaux, Mauro et Joaquin, Steban et enfin, le petit dernier, Rafaël. La mère, silencieuse, froide, autoritaire, n'ayant pas une once d'amour pour aucun d'eux, leur mène la vie dure, à coup de triques. Endurcie depuis qu'elle leur cache la mort de leur ivrogne de père, battu à mort et le corps plongé dans les marais. Les gamins n'ont d'autre choix que de travailler à longueur de journée, s'occupant des vaches et des moutons. Rafaël, rejeté, banni, détesté, depuis toujours, subit les mauvais coups et les brimades des jumeaux. Seule compte la compagnie de Halley, son cheval, et ses chiens. Seuls réconforts dans cette vie où il faut sans cesse se battre...
Dans ce roman choral d'une noirceur implacable, Sandrine Collette s'immisce au coeur de cette famille haineuse en nous offrant un huis clos étouffant et oppressant, paradoxalement dans d'immenses espaces. Elle nous plonge au coeur de cette nature aride, asséchée, à la fois hostile et sublime. Personnifiée, omniprésente, elle façonne et conditionne les hommes et les femmes. Pas l'ombre d'un espoir. L'amour et l'innocence n'ont guère leur place. Seules la violence et la haine animent cette famille déchirée et fielleuse. L'auteur met un point d'honneur à décrire parfaitement cette nature rude, cette ambiance pesante et malveillante, ces relations familiales inexistantes et les silences assourdissants de la mère. Tout est parfaitement retranscrit et donne du souffle à ce roman. Écoutant tour à tour chacun d'eux, l'on ressent toute cette violence et cette animosité qui transpirent d'eux. Un roman remarquable servie par une écriture parfaitement maîtrisée, d'une grande richesse et précision.
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Commenter  J’apprécie          783
domisylzen
17 novembre 2016
★★★★★
★★★★★
Ils sont quatre, quatre frères : les jumeaux, l'idiot et le petit dernier qui sert de souffre-douleur, Rafael. Tous vivent sous l'autorité dictatoriale de la mère qui dirige une estancia en Patagonie. le climat y est rude, le travail ...omniprésent. Les rapports entre tous ... très conflictuels. le père est parti comme ça un jour ... c'est du moins ce que prétend la mère. Les distractions ne sont pas à l'ordre du jour, une fois par mois, la mère et les jumeaux descendent en ville effectuer les achats de premières nécessités, la mère joue au poker et boit sec, les jumeaux n'ont le droit que de regarder. Tout parait figé dans le temps, pourtant un jour un le cruel édifice va se fissurer.
Un roman très très lent, avec beaucoup de descriptions. L'auteur veut nous plonger au coeur de ce drame familial, elle y réussit, ma foi, fort bien. On ressent : la rudesse du climat, ces milliers de moutons qui ont besoin d'attention quasi 24 heures sur 24, la haine que se voue les frères, la mère complètement désabusée qui traite ses fils comme du bétail, la misère a tous les coins de rues. Une très belle histoire avec un scénario super bien développé.
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Commenter  J’apprécie          721
lehane-fan
25 février 2016
★★★★★
★★★★★
Décidément, il ne fait pas bon s'appeler Rafael en littérature.
A peine plus verni que l'anti-héros de Grégory Mcdonald, celui-ci peine à trouver sa place au sein d'une famille qui n'a que faire du petit dernier.
Ignoré par sa mère, maltraité par ses frères, abandonné par son poivrot de père, voué à une vie de forçat, le gamin a tourné la roue de l'infortune et décroché le jackpot.
Un canasson et un chien pour seuls réconforts, la balance affective reste largement déficitaire.
Perspective d'avenir sur ces terres arides de Patagonie, zéro. D'autant plus que les petits élevages familiaux comme le sien périclitent au profit d'immenses domaines.
Rafael, c'est un p'tit peu le jour de la marmotte version Cosette.
Jusqu'au jour où un facétieux grain de sable viendra bouleverser l'ordre établi, offrant ainsi à notre jeune pousse l'occasion d'échapper à sa condition peu enviable de victime expiatoire.
Collette goûte peu les joies pourtant ineffables du comique troupier.
A ma gauche, une nature féroce. A ma droite, une famille qui l'est tout autant. Dans l'oeil du cyclone, un gamin ballotté par la vie qui ne rêve que d'ailleurs.
L'écriture est sèche, aride, en parfaite adéquation avec le propos.
Le terrible quotidien de cette fratrie sous le joug d'une mère castratrice et plus particulièrement celui du petit dernier ne lasse pas de répandre un sentiment de malaise diffus.
Ni échappatoire ni sortie de secours d'aucune sorte. Un destin tout tracé. Un enfer pavé de mauvaises intentions.
Collette décortique admirablement ce processus visant à mettre sous l'éteignoir, chaque jour que le Dieu de la gaudriole fait, les velléités d'émancipation d'un souffre-douleur adopté à l'unanimité de ses frangins sous le regard indifférent d'une génitrice acariâtre.
L'ambiance est pesante, l'espace géographique est raccord.
Âpre, rude, aussi accablant qu'il est vaste.
Il vous écrase de sa superbe indifférence glacée.
Au-delà d'un tableau familial confus, miséreux et anarchique formidablement dépeint, Collette s'attaque frontalement à la destinée de tout être et sa propension à pouvoir/vouloir y échapper.
Le récit déroule, sordide, cafardeux sans toutefois se fermer à d'éventuels lendemains qui chantent.
Rafael aurait pu se fendre d'une citation de JFK : Il ne faut pas chercher à rajouter des années à sa vie - mais plutôt essayer de rajouter de la vie à ses années. 
A vous de voir désormais s'il aura réussi son pari, celui de trouver la paix de l'âme sans en payer le prix fort.
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cannibalector
06 juin 2016
★★★★★
★★★★★
Le titre porte bien son nom : un simple coup d'aspirateur et il ne reste rien.
Nous sommes à la fin du xIx en Argentine: l'élevage de bovins et d'ovins devient intensif: les grands propriétaires s'approprient les meilleures terres de la pampa et repoussent les petits exploitants vers les steppes de la patagonie.
La mère détient seule une de ces estancias depuis que son beau père est mort et que son mari s'est subitement votalisé en la laissant seule avec ses quatres fils: 2 jumeaux costauds mais "bas du front", le "débile" incapable d'aligner 3 mots et "le petit", personnage principal du roman et souffre douleur de ses grands frères.
La mère est une peau de vache, sournoise, sans aucune tendresse pour ces gossses, alcoolique et orgueilleuse et précipitera la fin de l'estancia.
A part ça: rien: que de la poussière et beaucoup, beaucoup d'ennui.
Mais ce n'est que mon humble avis

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Annette55
24 février 2017
★★★★★
★★★★★
Je ne ferai pas un trop long commentaire car tout a été dit ......
Nous voici plongés au coeur de la Patagonie , ses paysages arides, ses steppes balayées par les vents glacés où seuls les moutons parviennent à survivre!
D'une plume magistrale et percutante, l'auteur décrit minutieusement les paysages et construit son roman" western - nature" en osmose avec un huit- clos pesant " paradoxal" avec les pâturages immenses et secs de la steppe......
Un mari alcoolique et violent vite disparu, une mére " bloc de haine" , renfrognée, taiseuse et menteuse, maussade et dissimulatrice , alcoolique à ses heures et joueuse , inflexible et indifférente, réglant des comptes inutiles, butée, ah ! Qu'elle les deteste et qu'elle les hait ses quatre fils ! ces petits gueux qui ne comprennent rien à rien ! Cette Mère: un personnage minéral comme sculpté dans la roche qui préfére son troupeau à ses enfants!!
Quatre frères dont deux jumeaux abrutis de travail , impitoyables avec le petit dernier , Rafael, ce héros solaire meurtri dès la première page, traqué, malmené, qui souffre le martyre sous leurs coups, aussi durs à la tâche que complétement vides d'émotion!! Et Steban, rendu mutique par le secret partagé avec la mère.
Jusqu'où ira ce déferlement de violence et de haine sans solidarité ni confiance ? Ces relations familiales impossibles ?
Des courses éperdues derrière un océan de brebis à tondre, la cruauté d'une femme mutique, et Rafael, réfugié auprès de son cheval et de son chien , parviendra t- il à desserrer l'étau ?
Une fable rude et prenante, sombre et oppressante, un drame familial exalté, un roman magistral qui nous plonge dans la terreur et la haine .
Un récit intense , captivant dépaysant !
C'est mon premier ouvrage de cet auteur .
Merci à Marie, ma libraire !
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Les critiques presse (2)
Chro16 mars 2016
Il reste la poussière, avec son univers clos, oppresse (...) Alternant les voix de la mère et des frères, sa galerie de portraits s’avère saisissante, pour un tableau fataliste et noir, entre western et tragédie.
Lire la critique sur le site : Chro
Telerama27 janvier 2016
L'auteure parvient à construire un roman des grands espaces tout en installant la sensation du huis clos.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina5311 février 2016
C'est le mot qui l'interpelle, un mot qu'il n'a jamais entendu. Le bonheur.
Souvent, pour maudire le sort, la mère, devant une bête morte, une récolte gâtée par le mauvais temps ou trop de factures à la fois, s'écrie: Malheur! Cela, il connaît. Une patte cassée, malheur. Une charogne tombée dans la réserve d'eau, malheur. Et malheur encore, les fils qui tardent à finir leur ouvrage ou le vent qui couche les clôtures, laissant échapper le bétail. Toute sa vie baigne dans ce mélange de résignation et de poing levé au ciel, s'étrangle de peur devant les éléments déchaînés, de rage face au monde qui n'est ni juste ni beau.
+ Lire la suite
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YdamelcYdamelc16 mai 2016
Lorenza était partie deux jours avant son retour, emmenant son rêve et son fils, puisque c’en était un — elle l’avait mis au monde un mois plus tôt.
[...]
C’était il y a peut-être trente ans et rien ne lui a jamais fait aussi mal depuis, et pourtant il l’a cherché, le sort, jouant à cache-cache avec lui, le narguant du haut des plateaux, sur des chevaux fous, sous les cornes des taureaux. Chaque fois qu’il s’est fait embrocher une main ou une jambe, il a espéré que la douleur le distrairait de celle ancrée au fond de sa poitrine. D’année en année, la brûlure s’est atténuée bien sûr. Mais de mémoire d’homme, pas une fois par la suite il n’a senti un tel feu lui dévorer le cœur et les entrailles, pas une fois, sauf ces jours-ci couché dans la grotte, avec son ventre et sa vie qui se rongent de l’intérieur, et au début cela l’a fait rire, presque joyeux, de voir qu’il existait une souffrance plus grande.
+ Lire la suite
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canelcanel19 mai 2016
L'image de la vieille le tarabuste, et ses cris et ses colères. Parfois avec Mauro, ils regardaient la statuette de la Vierge posée sur le meuble, et aucun d'eux ne croyait qu'elle puisse être de la même essence que la mère, pas la moindre ressemblance, soit on leur avait menti, soit ils s'étaient trompés, mais qu'on n'essaie pas de leur faire gober une parenté hasardeuse, d'un côté cette masse presque aussi large que haute au cheveu épars, aux joues de dogue, qui ne sait que se taire ou brailler, et de l'autre une silhouette fine et souriante, que rien qu'à la toucher on se sentait mieux, non, vraiment, non. Pour Joaquin et Mauro, il y a les femmes, les hommes et la mère.
(p. 104)
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canelcanel20 mai 2016
Longtemps la fille d'un gros éleveur lui avait fait de l'oeil et il aurait pu s'arrêter là. Il se serait fait à cette vie sûrement. On lui aurait donné du 'monsieur' et il aurait appris à ne pas voir les petits sourires moqueurs devant ses mauvaises manières. Il y avait pensé tout un hiver, essayant de s'habituer à poser convenablement le cul sur une chaise quand on ne sait qu'être sur une selle. Vraiment il y avait réfléchi. Mais il n'aimait que les grands espaces, et le vent qui brûle les yeux et la gorge à l'intérieur, et il était reparti le printemps suivant pour la transhumance. Il emmenait le seul être qu'il n'aurait quitté pour rien au monde : son cheval.
(p. 141)
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ladesiderienneladesiderienne04 février 2016
Elle les déteste tout le temps, tous. Mais ça aussi, c'est la vie, elle n'a pas eu le choix. Maintenant qu'ils sont là. Parfois elle se dit qu'elle aurait dû les noyer à la naissance, comme on le réserve aux chatons dont on ne veut pas ; mais voilà, il faut le faire tout de suite. Après, c'est trop tard. Ce n'est pas qu'on s'attache : il n'est plus temps, c'est tout. Après, ils vous regardent. Ils ont les yeux ouverts. Et vraiment la mère y a pensé, mais elle a manqué le coche. Alors les jours où elle ne supporte plus les fils, elle se venge en se rappelant qu'elle aurait pu le faire. (...) En les entendant glousser à table, elle se remémore la naissance à chacun, et les doutes, et les tentations. Se mord la langue pour ne rien dire - bien sûr cela la soulagerait tant, mais cette carte-là, il faut la garder pour un jour exceptionnel, un vrai jour de haine, noir et profond.
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