ISBN : 2070373738
Éditeur : Gallimard (1982)


Note moyenne : 4.46/5 (sur 65 notes) Ajouter à mes livres
LES CAVALIERS
En Afghanistan, pays grandiose que Joseph Kessel rend aussi vivant qu'un être humain, se situe l'action d'une des aventures romanesques les plus belles et les plus féroces qui aient été contées. Les personnages atteignent une dimen-
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par cinecirque, le 13 mai 2012

    cinecirque
    Que l'on aime ou non les chevaux, et si on les aime, quels que soient les chevaux que l'on aime et quelle que soit la façon dont on les aime, on ne peut que reconnaître les sommets en haut desquels la littérature de Kessel s'aventure dans Les cavaliers, et être aussi fascinés et intimidés que l'est Ouroz quand il affronte les cimes "roides" (mot que Kessel affectionne beaucoup visiblement...) soutenu par Jehol le "Cheval Fou".
    On ne saurait dire quel est le domaine dans lequel Kessel excelle le plus dans ce roman à l'ampleur considérable. Serait-ce dans la description d'un paysage si sauvage et accidenté dont nous, occidentaux, ne pouvons avoir qu'une vague et piètre idée à moins de parcourir les lignes des Cavaliers? Ou bien dans la personnalité des personnages (parmi lesquels on compte, évidemment, Jehol) finement ciselée et si déstabilisante? Ou simplement par une virtuosité littéraire qui nous ménerait par le bout de nez jusqu'au lieux les plus retirés et redoutables? En vérité, je crois que "déstabilisant" est en effet le mot qui colle à la peau de ce roman. Pareils aux paysages qu'ils parcourent et aux embuches qu'ils surmontent, les personnages ici sont imprévisibles et possèdent une humanité exacerbée, avec toutes les failles et la force qui va avec. Ouroz, Mokkhi, Toursène, ... ont toujours un revers inédit à nous présenter sous le coup de l'impulsion, lorsque l'on croit avoir enfin touché la corde sensible qui est la base de leur "âme" profonde. Même Jehol, cet étalon si humain dont le moindre mouvement tourne autour de la loyauté et du sentiment de justice dont il est gorgé, ne cesse de nous surprendre et davantage encore de nous conquérir comme il a conquis les hommes les plus orgueilleux avant nous (et quelle satisfaction de le "voir" remettre à sa place ce pourri gâté d'Ouroz!).
    On voudrait se mêler sans vergogne à la lutte violente et virtuose des bouzkachis, on voudrait poursuivre à ses côtés le combat avec la vie, le combat contre la mort qu'entreprend Ouroz.
    En refermant ce livre, on en est à regretter les steppes étendues, le lac Band-Y-Amir, les parois abruptes de l'Hindou-Kouch ainsi que l'orgueil et la dignité communs aux peuples afghans dans ce livre, davantage encore quand on sait que tout voyageur revenant ou allant en Afghanistan est à présent soupçonné de terrorisme islamiste.
    Les cavaliers, pleins de sueur, gorgés d'orgueil, vifs et habiles, victimes de leurs passions font vivre l'aventure humaine et sauvage de Kessel, une aventure dont on aura, assurément du mal à se défaire.
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    • Livres 5.00/5
    Par zorazur, le 05 avril 2012

    zorazur
    C'est un éblouissement rare, aussi éblouissant que le soleil qui brille sur la steppe ou au sommet des plateaux. Outre la qualité d'écriture exceptionnelle de l'auteur, le récit est une magie de chaque instant, une révélation à chaque ligne, à chaque détail. C'est une lecture que l'on savoure comme une gourmandise, un moment de pur bonheur, et on voudrait que cela ne s'arrête jamais. Les personnages sont inoubliables, pétris dans leurs convictions, leurs traditions, leur orgueil, leur sens démesuré de l'honneur. le talent de l'auteur nous transporte dans des paysages fantastiques qui grandissent autour du lecteur comme une magie intemporelle. L'histoire est pleine d'imprévu, sans que l'on devine à aucun moment jusqu'où leur obstination va mener les héros. Un envoûtement.
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par JPB, le 19 mars 2010

    JPB
    Les personnages de cette magnifique aventure, que Kessel situe en Afghanistan, atteignent une dimension épique : Ouroz et sa longue marche au bout de l'enfer, ignorant superbement sa jambe brisée, son père le Grand Toursène, fidèle à sa légende de tchopendoz toujours victorieux, Mokkhi le fidèle saïs, au destin inversé par la haine et la découverte de la femme, Zéré qui dans l'hulimiation efface les souillures d'une misère qui date de l'origine des temps... Et l'inoubliable Guardi Guedj, le conteur sans âge à qui son peuple a donné le plus beau des noms : "Aïeul de tout le monde"... Enfin, Jehol, le noble étalon, dont la présence tutélaire et quasi humaine plane sur cette chanson de geste. Ils sont de chair les héros des Cavaliers, avec leurs sentiements abrupts et primitifs. Et pourtant le souffle de la fable et du mythe les anime et nourrit ce somptueux roman.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 12 janvier 2011

    litolff
    Un magnifique roman, lu il y a très longtemps, mais dont je me souviens avec force : les images du bouzkachi (redoutable jeu qui demande au cavalier et à sa monture un courage et une force extraordinaire) sont gravées dans ma mémoire, ainsi que la description de ce pays somptueux et de ces hommes, rudes et courageux,
    Un grand classique à ne pas rater !
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    • Livres 4.00/5
    Par feanora, le 17 janvier 2012

    feanora
    C'est avec une grande joie que j'ai relu ce livre car l'épopée se passe en Afghanistan, pays qui est chaque jour sujet d'actualité.
    A sa relecture, on se rend compte qu'il contient tous les ferments qui nourrissent les conflits armés depuis tant d'années .
    .
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Citations et extraits

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  • Par micky05, le 19 mai 2012

    Toursène fit un autre pas, sur ses deux cannes. Il songeait : « Ce n'est point la plus belle de mes courses qui vaudra, avant qu'on l'oublie pour toujours, à ma renommée, quelques années de plus dans la mémoire de la steppe. Mais peut-être l'injustice qui a massacré la figure d'un enfant. »
    Rahim, comme en dansant, dépassa Toursène. Quand celui-ci arriva dans l'antichambre, le batcha tenait inclinée l'aiguière en terre cuite.
    Toursène déposa ses cannes dans un coin, s'appuya contre le mur, fit ses ablutions. Après quoi, il se sentit plus ferme sur ses jambes. « Un bâton, ainsi qu'à l'ordinaire, suffira », se dit-il et s'en réjouit comme d'une haute victoire. Son corps, dont il avait bien cru qu'il refusait les règles du jeu, leur obéissait à nouveau... Dehors, le soleil l'accueillit mieux qu'il ne l'avait jamais fait. Sa lumière était à la peau vêtement d'une chaleur sans pareille. Ses rayons étaient, pour les jointures, pour la moelle, prodigieux élixir. Plus de raideur dans le cou, dans les épaules, les reins, les poignets, les genoux, les chevilles. Le sang coulait bien, le cœur chantait juste. « Que se passe-t-il donc aujourd'hui? » se demanda Toursène. La réponse lui vint tout de suite : le soleil était plus chaud parce que plus haut que d'habitude.
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  • Par zorazur, le 28 mars 2012

    Devant son regard, un plateau s'ouvrait à l'infini. La surface en était poudrée, comme d'une cendre au grain dur et grossier. Sur elle régnait la mort éblouissante des frigides soleils. Lumineuse au point de rendre toute lumière épaisse et aveugle, plus stérile que la nudité des laves noires, plus triste que les larmes des anges et plus belle que la beauté, cette plaine étalée à quinze mille pieds d'altitude n'était plus la terre des hommes.
    Des montagnes bordaient cet univers de steppe astrale. Elle était si près du ciel que seule la ligne des crêtes en dépassait le niveau. A cause de cela, il semblait que des dieux dont aucune religion n'avait jamais conçu la forme ni deviné les noms aient érigé contre le firmament glacé une enceinte à la mesure et à l'image de ce plateau effrayant et sublime. La muraille, il l'avaient pétrie de roche et de lumière. Dans cette substance, ils avaient forgé les repères, les instruments, les signes destinés à des voyageurs fabuleux. Vaisseaux géants de porphyre ancrés dans la neige des âges. Radeaux en corail suspendus sur l'azur. Aiguilles pareilles à des phares démesurés qui avaient pour feux, à l'usage des astres, les rayons du soleil. Parfois des dragons monstrueux et des idoles colossales surgissaient sur une écume rose pétrifiée.


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  • Par zorazur, le 22 mars 2012

    Il n'y avait là que bergers et routiers au sommeil, enveloppés d'étoffes à la vérité lamentables, sales, effilochées, déchirées, guenilleuses, mais que la magie de la pénombre changeait en molles et nobles draperies de même qu'elle suspendait soies et velours aux murs délabrés. Et si, parfois, dans un visage indistinct, se levait une paupière, l'oeil avait la densité d'un bijou obscur.
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  • Par zorazur, le 21 mars 2012

    il savait, le vieux Toursène, que le droit à l'empressement, aux marques de respect, ne signifiait puissance et majesté réelles qu'à une seule condition : pouvoir s'en passer.
    Le même tchapane, le même chameau, le même bélier d'astrakan qui, offert à un riche seigneur, était un hommage, devenait, donné au nécessiteux, une charité, une aumône.
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  • Par litolff, le 12 janvier 2011

    Pour l'étalon, son allure tenait moins de la course que du vol. Suspendu, étendu dans l'air, il ne touchait le sol que pour s'en détacher d'un seul battement. Et Ouroz, le visage contre la crinière flottante, le corps léger, délié, comme fluide, n'avait point d'autre voeu que de flotter ainsi qu'il le faisait au-dessus de la steppe et si près d'elle que cette terre, cette herbe et sa propre essence lui semblait confondues.
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Le Cercle littéraire de la BnF .
Luc Boltanski, Elisabeth de Fontenay, Jacqueline RissetPrésenté par Laure Adler et Bruno RacineEntretien du 18 janvier 2010Chaque mois, trois écrivains récemment publiés dialoguent pendant 50 minutes avec Laure Adler et Bruno Racine, tantôt dans les salons du XVIIIe siècle de la Bibliothèque de l?Arsenal, tantôt sur le site François-Mitterrand. Pour cette troisième édition du Cercle littéraire, sont invités Luc Boltansky pour De la critique (NRF Essais, Gallimard) ; Elisabeth de Fontenay pour L'abstraction du monde (in Regards sur la crise. Réflexions pour comprendre la crise? et en sortir, ouvrage collectif dirigé par Antoine Mercier, Hermann Éditeurs - France Culture) et Jacqueline Risset pour Une Certaine Joie. Essai sur Proust (Hermann Éditeurs).En fin d'émission, Alexis Lacroix , rédacteur en chef adjoint du Magazine Littéraire, nous présente son coup de c?ur du mois : le Temps de l'espérance - Reportages 1919-1929 (Texto, Éditions Tallandier), de Joseph Kessel.En partenariat avec : le Magazine littéraire.Avec le concours de la Fondation Simone et Cino del Duca








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