ISBN : 2081227541
Éditeur : Flammarion (2011)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Des vies différentes dans des villes différentes, et une même femme.
Deux histoires entrelacées. L'une, picaresque, nous fait voyager en compagnie de l'héroïne, qui traverse mille et une épreuves, de Téhéran au golfe Persique, de Dubaï aux rives du Bosphore. Et l... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 02 novembre 2011

    kathel
    En 1994, une jeune femme d'origine iranienne, Donya, prend rendez-vous avec un psychanalyste après une tentative de suicide. Elle vit à Paris depuis quelques années, commence à maîtriser le français et ne sait que faire de cette vie qu'elle a choisie et où elle se sent si mal. En 1990, en Iran, dans la ville étudiante de Bandar Abbas, deux jeunes gens se rencontrent dans le plus grand secret : Armand et une jeune fille dont on comprend qu'il s'agit aussi de Donya. L'auteur alterne ces deux facettes de la même jeune femme, et chacun des chapitres passés sur le divan, ou dans le fauteuil du psy, éclaire un chapitre relatant son passé en Iran, et vice versa.
    Le thème principal est celui de la condition des femmes en Iran, qu'elles soient enfants, jeunes filles ou jeunes femmes, et on ne peut y rester insensible. Donya a une personnalité qui n'est pas du genre à s'effacer et elle rencontre encore plus de difficultés que d'autres à se conformer aux dictats du régime, et elle en subira des conséquences très dures. Partir, quitter l'Iran devient pour elle le seul but à atteindre, même si elle songe à un moment à attaquer de l'intérieur ce régime des ayatollahs qui restreint la vie des femmes à moins que rien. Mais son enfance marquée de scènes tragiques, sa jeunesse aventureuse la poursuivent jusqu'à Paris et elle cherche un apaisement à ses cauchemars au travers de la psychanalyse.
    Je retrouve Chahdortt Djavann découverte et appréciée il y a quelques années avec Comment peut-on être français ?, dans un registre un peu moins léger, beaucoup plus intime, mais avec un personnage toujours touchant et qu'on a envie de suivre davantage. D'ailleurs ce roman est intitulé Psychanalyse I et sera donc suivi d'au moins un autre. Malgré ses plus de cinq cent pages, je n'ai pas trouvé de longueurs, mis à part quelques pages à peine un peu didactiques sur la psychanalyse ou la condition des femmes en Iran. Les pages qui se passent dans le cabinet ne sont pas longues, tant les personnalités de Donya s'y succèdent, car cette jeune femme souffre entre autres de se sentir partagée entre différentes individualités. Quant à la vie privée du psy, elle constitue quelques petites pauses rafraîchissantes et teintées d'humour qui sont les bienvenues.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-chahdortt-djavann-je-ne-..
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    • Livres 5.00/5
    Par ancoline, le 23 février 2012

    ancoline
    Ce roman se déroule la vie de deux femmes dont une s'est démultipliée en 3.
    La plus âgée est à Paris et avec son petit salaire au noir, tient quand même à suivre une psychothérapie. On découvre ainsi ce qu'elle a subit dans sa jeunesse iranienne, ce qu'on lui a volé comme bonheurs, insouciance parce qu'elle n'était qu'une femme, qu'elle n'a qu'une demi valeur devant un homme.
    La plus jeune à Donya est iranienne et supporte de moins en moins cette pression de soumission que les femmes subissent. Elle est intelligente plus que ceux qui la soumettent à des règles de honte d'être une femme. Elle pense se sortir de ce pays en se mariant avec un anglais, mais elle ne peut se résoudre à épouser quelqu'un qu'elle sait qu'elle n'aimera jamais. Elle se laisse entrainer dans des aventures que ses amis trouvent dangereuses, guidées plus par de l'insouciance que par la raison.
    Ce livre est troublant, si troublant que l'auteur a éprouvé le besoin de rappeler qu'un roman n'est pas une autobiographie. Elle apporte des événements dérangeants pour nous les femmes dans le monde occidental et pourquoi certaines femmes ne peuvent que subir dès leur plus jeune âge (5 ans) cette vie de pestiférée, de demi-valeur par rapport à un homme.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Nadael, le 28 octobre 2011

    Nadael
    Avec intelligence, l'auteure tisse l'histoire d'une femme iranienne, nommée Donya, en alternant deux récits : des séances de psychanalyse à Paris, où cette dernière tente de délivrer les mots enfermées en elle et de faire la lumière sur l'indicible, et le déroulement de sa vie en Iran dans les années 1980-90 (sous le régime de Khomeini) ; une existence emplie d'épreuves souvent douloureuses.
    Chahddortt Djavann a réussi à entrelacer l'intérieur, l'intime, la profondeur des sentiments de son personnage - une quête de la vérité éprouvante mais nécessaire pour poursuivre son existence-, et son périple géographique, humain, social dans un pays brisé où la femme doit s'effacer : elle n'a plus de corps (dissimulée sous un voile) plus de voix, peu de droit, aucune action possible, elle est totalement aussujettie au régime et aux hommes qui le dirigent.
    Mais, Donya est rebelle. Eprise de liberté, elle tente par tous les moyens de résister à la fatalité implacable qui touche les femmes en leurs imposant d'insoutenables conditions. A maintes reprises, elle se brûles les ailes et se heurte à des murs. Son corps est mis à mal tout comme son esprit. Elle sera emprisonnée, abusée sexuellement, connaîtra la prostitution, la torture, éprouvera un sentiment d'impuissance et de la solitude...Malgré la violence et le désespoir, elle restera debout.
    Les séances de psychanalyse qu'elle débute quelques temps après son exil sont extrêmement pénibles pour elle, mais sa réconciliation avec la vie passe par cette introspection. Elle va très vite être confrontée à une difficulté de taille : la langue. Comment exprimer un passé aussi douloureux alors qu'on ne maîtrise pas la langue ? Comment faire sortir toute la souffrance qui est en elle à travers des mots qu'elle ne connaît pas ?
    Ce roman m'a bouleversée. Il m'est arrivée de fermer le livre soudainement lors d'épisodes trop durs tellement la réalité y était crue. On entre de plein pied dans l'innommable que tant de femmes, aujourd'hui encore, subisse. Mais, j'ai poursuivi ma lecture jusqu'au bout parce qu'il ne faut pas fermer les yeux, jamais... J'ai hâte de retrouver Donya la révoltée, dans un second tome (en préparation), son désir ardent de liberté, sa fougue, sa détermination envers et contre tout.

    Lien : http://lesmotsdelafin.over-blog.com/article-je-ne-suis-pas-celle-que..
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    • Livres 5.00/5
    Par patouch, le 26 novembre 2011

    patouch
    Ce roman décrit avec violence et émotion la vie de cette femme qui n'a pas choisi de naître à l'endroit et à l'instant où elle est née. On ne choisit pas son destin même si on fait des choix pour vivre.

    L'alternance entre les séances chez le psychanaliste et les flash-back en Iran permet de "digérer" la dureté de l'existence de l'héroïne.

    Ce livre dévoile aussi toute la tragédie des migrants qui n'ont pas d'autre choix que de quitter leur terre pour survivre sur celle des "autres"; ils ont tant rêver à cette nouvelle terre sans s'imaginer qu'ils doivent désormais s'adapter à une culture si opposée à la leur et penser dans une langue qui ne leur appartient pas.

    J'ai beaucoup aimé la construction du texte qui met en scène plusieurs narrateurs.
    Vite la suite!!
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    • Livres 3.00/5
    Par solange, le 06 novembre 2011

    solange
    L'auteur nous raconte la vie d'une femme iranienne au travers de deux périodes de sa vie : l'une pendant la période traumatisante de l'après Shah d'Iran et l'autre, pendant sa psychanalyse, suite à cette douloureuse expérience de vie.
    Livre très fort de réalité vécue en Iran et de moments dédiés à son introspection et en même temps à une analyse.
    La construction du livre qui se décompose en un court chapitre sur la période iranienne suivie par un court chapitre de séance de psychanalyse apporte une densité à la lecture qui procure une intensité supplémentaire à l'histoire.
    Dans l'épilogue, l'auteur nous explique qu'il s'agit du "premier volume d'une histoire à suivre", j'attends avec impatience la suite.
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Critiques presse (2)


  • Bibliobs , le 14 septembre 2011
    Dans son nouveau roman-psychanalyse, «Je ne suis pas celle que je suis», elle raconte l’histoire de Donya, jeune Iranienne, qui étouffe dans l’Iran des mollahs, puis réussit à partir et à s’installer en France.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • Lexpress , le 13 septembre 2011
    Avec Je ne suis pas celle que je suis, vrai faux roman, c'est en effet sa vie qu'elle déroule sous les yeux effarés de ses lecteurs après avoir, des années durant, essayé les confidences sur le divan.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par ancoline, le 23 février 2012

    Je crois que tu juges les autres seulement d'après tes critères et que tu projettes tes élans révolutionnaires sur eux. Elle est invraissemblable et délirante, ton idée. Tu sais très bien que ces jeunes sont aux ordres des grands trafiquants qui, eux, sont de mèche avec le pouvoir. Ils se surveillent les uns les autres. Et puis, outre deux comités dans cette ville il y a plein d'agents sans uniformes, des civils méconnaissables, au service du ministère du Renseignement.
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  • Par csapin, le 08 août 2011

    Il existe des moments dans une vie qui s'éternisent, gravent la mémoire à jamais, emplissent les yeux où qu'ils se portent, écrasent le réel de leur présence et constituent le temps impérissable, architectural, qui bâtit la charpente d'un être humain. Des moments dans une vie qui nous font devenir, malgré nous, ce que nous serons une fois adultes. Des moments qui nous créent à notre insu.
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  • Par ancoline, le 23 février 2012

    Les femmes ensevelies sous le noir enseignent l'émancipation par le voile aux écolières; elles leur expliquent que c'est dans le but de sauver les jeunes âmes musulmanes que l'islam leur demande de porter le voile, expression même de la pure foi; ce voile qui leur procure une identité digne d'une femme qui se respecte et qui est respectée, puisqu'elle n'est pas salie par les regards impurs et concupiscents. Les fillettes appartenant aux familles religieuses traditionnelles, en règle générale, intègrent ces dogmes comme s'ils leur étaient intrinsèques, et celles qui ne sont pas d'un milieu religieux vivent dès l'enfance dans une atmosphère d'insécurité qui leur inspire la méfiance. Elles sont ballotées entre le dénigrement de soi et le rejet des autres, entre la crainte et la suspicion, la dissimulation et la délation.
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  • Par patouch, le 24 novembre 2011

    "Les femmes recrutées au service de cette idéologie, qui ne laissent ni un seul cheveu, ni un fragment de leur peau apparaître aux regards des hommes, inculquent aux jeunes écolières que les Occidentales sont soumises au diktat de la beauté pour être utilisées comme de vulgaires produits de la publicité, qu'elles sont devenues des objets salaces en Occudent, dont l'influence menace les valeurs de la religion. Les femmes ensevelies sous le noir enseignent l'émancipation par le voile aux écolières ; elles leur expliquent que c'est dans le but de sauver les jeunes âmes musulmanes que l'islam leur demande de porter le voile, expression même de la pure foi ; ce voile qui leur procure une identité digne d'une femme qui se respecte, puisqu'elle n'est pas salie par les regards impurs et concupiscents."
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  • Par csapin, le 08 août 2011

    On a autant de préjugés et d'idées reçues sur soi-même que sur les autres. On croit se connaître, mais on se trompe souvent. Les situations extrêmes et extraordinaires nous révèlent, au grand dam de nous-mêmes, notre vraie nature, notre courage ou notre lâcheté. Seuls nos actes, dans des circonstances exceptionnelles, nos choix face aux dilemmes nous prouvent qui nous sommes vraiment.
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Vidéo de Chahdortt Djavann


La chronique de Gérard Collard - Je ne suis pas celle que je suis
"Je ne suis pas celle que je suis" de Chahdortt Djavann aux éditions Flammarion La présentation du livre "Je ne suis pas celle que je suis" par l'éditeur : Des vies différentes dans des villes différentes, et une même femme. Deux histoires entrelacées. L'une, picaresque, nous fait voyager en compagnie de l'héroïne, qui traverse mille et une épreuves, de Téhéran au golfe Persique, de Dubaï aux rives du Bosphore. Et l'autre, intime, à Paris, se construit dans le cabinet d'un psy. Pour la première fois une psychanalyse nous est dépeinte, séance par séance, comme un tableau impressionniste. le rapport au père, à la mère, aux hommes, la prison, la torture, le viol, la prostitution, la solitude, l'exil et la langue française dont il faut s'emparer pour faire le récit d'une vie, pour se réconcilier avec la vie sont les thèmes de ce livre. Vous pouvez commander "Je ne suis pas celle que je suis" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com








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