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sur 231 notes

Critiques filtrées sur 5 étoiles  
"Tes souvenirs se voilent
Ça fait comme une éclipse
Une nuit plein d'étoiles"

"Tu verras, toi aussi tu subiras la loi de Dieu ! Pour nous, les femmes, c'est notre destin de subir."
Gisèle Halimi en a assez de subir, elle entamera une grève de la faim pour ne pas faire les corvées domestiques, Et pourquoi on épargne ses frères?

""Le vent de l'éventail
De ton père Edouard assis
Au Café des délices"
Edouard, le papa aime Gisèle et veut l'aider!

Gisèle argumente (une future avocate?), elle veut étudier. Sa mère ne comprend pas. Pourquoi, puisqu'une fille doit se marier dès qu'elle a ses règles?..

"Et la blancheur des voiles
Des femmes tenant un fils
Et l'odeur du jasmin"

Fritna, la maman, maudit ses enfants et surtout les filles. Elle est aigrie et cantonnée aux tâches ménagères...

"Tes souvenirs se voilent
À l'avant du bateau
Et ce quai qui s'éloigne" Patrick Bruel.
Gisèle part pour Paris, elle a 18 ans...

"Une vie qui s'arrête
Pour un jour qui commence
C'est peut-être une chance."
Il y a un dossier complet à la fin de la BD. Merci à Gisèle Halimi et à Simone Weil, à qui nous devons l'inscription du droit à l'avortement dans notre constitution!
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Gisèle Halimi, nous la connaissons, forcément, pour ses actions et son combat pour le droit des femmes. Mais que savons-nous de sa vie ? Je n'en avais pas pris conscience jusqu'à présent et cet album m'a permis d'entrer à pas feutrés dans sa famille. Fille d'un père berbère, Edouard Taïeb, et d'une mère juive séfarade, Fortunée Mettoudi, (dite Fritna), la petite Zeiza Gisèle Élise n'a pas eu une enfance facile. À cette époque, si l'on n'était pas un garçon, le déshonneur s'invitait dans la famille. Sa mère ne lui porte que peu d'intérêt. Et ce, d'autant plus que Gisèle apprendra vite à se rebeller. A 10 ans, elle fera même une grève de la faim pour ne pas avoir à faire « les corvées des filles ». Pourquoi son frère ne participerait-il pas aux tâches de la maison ? Elle veut passer son temps non pas à faire le repas ou la vaisselle, mais à étudier. Si Fritna ne comprend pas pourquoi, puisqu'une fille doit se marier dès qu'elle a ses règles, Edouard, lui, qui aime sa fille, est un allié de poids.

J'ai adoré cette BD ! Je comprends d'autant plus le combat de cette grande Dame, courageuse à plus d'un titre. J'ai voyagé dans le temps mais aussi dans un autre pays. Les couleurs de cet album sont fabuleuses, de même que les dessins. le petit dossier à la fin nous éclaire d'autant plus sur la vie et le destin de celle qui a toujours mis un point d'honneur à combattre l'injustice. J'aime apprendre, m'enrichir, à travers l'univers de la bande dessinée. Un grand bravo à Danielle Masse pour le scénario et à Sylvain Dorange pour le graphisme !

Merci à NetGalley ainsi qu'aux éditions Delcourt pour cette belle découverte.

Lien : https://promenadesculturelle..
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« Fritna est l'explication de toute ma démarche. J'ai voulu que les femmes ne lui ressemblent pas. »
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Gisèle Halimi (Zeiza Gisèle Élise TAïEB), née en Tunisie de parents juifs en 1927, semble s'être construite en opposition à Fritna, sa mère. Cette femme était le modèle à ne pas suivre : cantonnée aux tâches domestiques, fatiguée et aigrie d'élever tant d'enfants, et par-dessus tout de parfois donner naissance à des filles. Elle les maudit autant qu'elle les plaint d'être vouées au même sort qu'elle : « Tu verras, toi aussi tu subiras la loi de Dieu ! Pour nous, les femmes, c'est notre destin de subir. »
Très tôt, Gisèle s'est opposée (à juste titre), se rebiffant contre les privilèges de ses frères, et a voulu combattre les injustices & les rôles assignés par la société selon le genre, la religion, la 'race'.
Malgré les revenus modestes de la famille, et grâce au soutien d'un papa à l'écoute, Gisèle a pu faire des études, celles envisagées pour le frère aîné que le père destinait à un bel avenir d'avocat.
On ne peut que s'en réjouir, égoïstement : un homme n'aurait pas fait tout cela pour les femmes, en France !
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Ce bel album est aussi instructif qu'agréable à lire - tons chauds aux couleurs du Maghreb, et visages expressifs (regardez sur la 1e de couv' l'air déterminé de la petite fille). Les auteurs nous racontent la jeunesse de cette célèbre avocate, au milieu des événements qui agitèrent la Tunisie (alors protectorat français) et le monde à partir des années 1930.
Les pages dessinées s'arrêtent sur le départ de Gisèle pour Paris ; elle a dix-huit ans. Une postface de quatre pages retrace à grands traits sa vie de femme, ses engagements et combats en tant qu'avocate, son passage en politique aux côtés de Mitterrand...
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Jeunes gens, lisez cette belle biographie illustrée, et retenez que rien n'est jamais acquis dans une société ; les retours en arrière sont possibles, regardez l'actu. Cramponnez-vous ! Descendez avec Môman dans la rue, au lieu de vous moquer d'elle... 😰😉
Et comme le disait madame Halimi en juillet 2020 aux jeunes filles/femmes : « Soyez indépendantes économiquement, c'est une règle de base [...] Ensuite soyez égoïstes ! Rebellez-vous ! Pensez enfin à vous. A ce qui vous plaît. Envoyez balader les conventions, les traditions et le qu'en dira-t-on. Vous êtes importantes. »
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Pour mémoire, quelques unes de ses actions (merci Wiki) :
• À partir de l'année 1960, elle assure la défense de l'activiste et militante Djamila Boupacha, accusée de tentative d'assassinat puis torturée et violée, en détention, par des soldats français. Aux côtés de Simone de Beauvoir, elle médiatise ce procès afin de mettre en lumière les méthodes de l'armée française au moment de la guerre d'Algérie.
• Figure du féminisme en France, elle est la seule avocate signataire du manifeste des 343 de 1971 réunissant des femmes qui déclarent avoir déjà avorté et réclament le libre accès à l'avortement, alors réprimé en France.
• En 1972, lors du procès de Bobigny, son action en tant qu'avocate de femmes accusées d'avortement illégal permet l'acquittement de trois des accusées ainsi qu'un sursis pour la quatrième, et contribue à l'évolution vers la loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse, en 1975.
• Aux côtés de Robert Badinter, en 1981, elle est à l'origine de la loi abrogeant la distinction de la majorité sexuelle pour les rapports homosexuels.
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Merci Mesdames Halimi, Veil, Beauvoir... 😘 ♥
... et merci à Babelio & Delcourt pour ce bel album.
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Comment se construit l'adulte que l'on devient ? "Gisèle Halimi une jeunesse tunisienne" raconte l'enfance de la célèbre avocate, femme libre, militante qui dès son plus jeune âge refuse le sort réservé aux femmes (femme au foyer, attachée aux taches ménagères, mère de nombreux enfants, garçon de préférence etc...). Dans ce contexte, Gisèle Halimi montre très tôt son caractère bien trempé devant un patriarcat édifiant. Pourtant, la jeune fille trouve bizarrement un allié avec son père qui se montre bien plus tolérant que la mère d'Halimi. le roman graphique se lit d'une traite tant le récit est captivant avec en filigrane les évènements tragiques qui se préparent dans ces années 30/40. Soutenu par un dessin agréable, le parcours de cette femme exceptionnelle nous fait passer un très bon moment. Avec entêtement, courage et conviction, on peut renverser des montagnes d'injustice et de stupidité. A faire découvrir à nos adolescents qui voit peut-être un avenir étriqué. Un grand merci à Babelio et à Delcourt (et sa collection Grand Angle) pour cet envoi très agréable à lire.
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Franchement une BD remarquable ! En fait j'avais vu de ci de là des critiques (globalement enthousiastes). J'ai choisi d'acheter cette BD pour l'anniversaire de ma fille cadette. Ca me paraissait le cadeau qui lui conviendrait. Je n'ai pas raté, elle a adoré. Je l'ai ensuite lu. Même sentiment !
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Avant de parler du fond, les dessins. Importants les dessins en BD non ? Là ils sont magnifiques, on identifie bien les personnages, on les voit grandir/vieillir sans problème pour les reconnaître.
Et les couleurs.... Mazette les couleurs ! Superbes, éclatantes ! J'ai pris un bain de soleil tunisien.... Chapeau bas à la personne qui s'en est chargé, c'est un plus indéniable.
L'histoire enfin : les années de jeunesse de Gisèle Halimi, qui l'ont forgée, qui l'ont fait devenir cette avocate engagée, cette femme de tous les combats et surtout de celui des femmes.
Je connaissais certaines histoires (dont sa grève de la faim). Mais j'ai été impressionnée par le fait qu'elle s'est forgée par réaction, par rejet même de sa propre mère. Non en tant que personne mais comme réceptacle des traditions de l'époque qui cantonnent la femme à un rôle tellement subalterne. Peut-être en tant que personne aussi..... Un rejet absolu c'est certain.... C'en est même violent. Gisèle n'est qu'une fille donc elle est repoussée, elle n'est pas aimée par cette mère qui ne voit que son fils. C'est vraiment dur, dérangeant.... mais au final c'est ce qui va pousser la petite Gisèle à devenir cette femme qu'elle sera.
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Une BD remarquable à tous points de vue !
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Voici mon retour de lecture sur la bande dessinée : Gisèle Halimi : Une jeunesse tunisienne.
Très tôt confrontée au racisme et aux inégalités, Gisèle Halimi comprend que seules les études la sauveront d'un destin tout tracé.
Gisèle Halimi : Une jeunesse tunisienne est un ouvrage qui nous fait découvrir l'enfant puis l'adolescente qu'elle était. Il se concentre uniquement sur sa jeunesse, nous ne découvrons pas ensuite la femme qu'elle est devenue. Graphiquement du moins, car il y a à la fin une chronologie retraçant les événements les plus importants de sa vie.
Gisèle Halimi a du faire face aux diktats tant familiaux que politiques ce qui lui a permis de devenir cette femme d'exception qui a toujours lutté contre l'injustice.
J'ai beaucoup aimé découvrir son enfance, ce qui lui a donné cette niaque qui a rythmé sa vie.
Elle a su très tôt qu'elle voulait défendre les autres.
Elle n'a jamais voulu que la chose la plus importante pour elle soit son mari, ses enfants. Il était important pour elle de faire des études, de trouver un travail qui lui convienne.
Et cela ne fût pas évident, notamment par rapport à sa mère qui voulait qu'elle soit une fille, qu'elle se comporte comme tel. Pourquoi faire des études, elle n'est pas un garçon !! Son rôle a elle est de s'occuper de la maison puis ensuite de son mari !
Pour son époque, elle était sacrément en avance et je suis admirative de sa détermination.
Certains passages sont vraiment poignants.
Connaissant mal Gisèle Halimi, j'ai trouvé cet ouvrage captivant ; d'ailleurs j'ai pris plaisir à le lire d'une traite.
Les illustrations sont très réussies, de même que la colorisation.
Nous avons là une bonne bande dessinée, que je recommande à tous et note cinq étoiles.
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Notre enfance et notre éducation façonnent t-ils notre avenir? C'est en me posant cette question que j'ai abordé cette fascinante lecture sur la jeunesse de Gisèle Halimi. D'où tenait-elle cette force de caractère? Quels ont été les événements déterminants qui l'ont poussé à défendre les plus opprimés et plus particulièrement les femmes?
Une enfance qui se révèle jalonnée de meurtrissures, marquée par un rapport conflictuel avec une mère imposant avec véhémence des traditions défavorisant les femmes. Fritna, sa mère sera l'exemple qu'elle se refusera de suivre. Contre toute attente, ce sont les hommes de sa famille qui lui ouvriront l'esprit et le coeur et lui donneront envie malgré eux de voir « grand ». Elle gardera dès lors qu'un objectif, étudier pour défendre les causes nobles sans se soucier des obstacles qui s'érigent devant elle.
Un roman graphique teinté des couleurs de la Tunisie où son histoire est toujours à l'honneur. Elle sera après tout déterminante dans les choix de Gisèle.
Derrière cette femme brillante, une histoire vibrante.
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Gisèle Halimi sait très tôt ce qu'elle veut. Elle le décrit dans son autobiographie le Lait de l'oranger.
Cette BD saisit à merveille sa détermination à devenir l'égale d'un garçon d'abord, puis avocate. Ce qui n'est pas chose aisée dans une famille juive pratiquante dans la Tunisie des années 1940.
C'est l'alliance d'un dessin aux traits clairs et d'une bonne connaissance de son parcours de jeunesse.
Le clan familial est bien représenté : le père désespéré d'avoir une fille, la mère dans l'incompréhension, le grand frère en position de force. Fort heureusement, cette adaptation n'en fait pas des personnages figés. Un seul ne comprendra jamais réellement ni le caractère ni l'ambition de Gisèle Halimi.
Permettre la découverte de personnage inspirants sur de tels support est pour moi la richesse indéniable de notre époque.
Ce parcours est à mettre en lumière avec celui de Simone de Beauvoir et Simone Veil. Gisèle Halimi a brillé en tant qu'avocate, défenseuse du droit à l'avortement grâce à des procès retentissants et à la présidence de son mouvement Choisir. Il s'inscrit dans la volonté d'un siècle qui ne donnait rien aux femmes, pas même le droit d'avorter en cas de viol.
Gisèle Halimi s'est battue pour la liberté de bon nombre d'opprimé.es. Il est de notre devoir de ne pas l'oublier.

Lien : https://litteralfr.webnode.f..
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S'il n'y avait que moi je n'hésiterais pas à panthéoniser Gisèle Halimi car je suis admirative des combats de cette femme depuis longtemps.
C'est parce que je suis allée voir l'excellent spectacle hommage "Gisèle Halimi : Une Farouche Liberté" d'après Annick Cojean, mis en scène par Lena Paugam avec Ariane Ascaride et Philippine Pierre-Brossolette, que j'ai emprunté cette biographie dessinée à la bibliothèque.

"Gisèle Halimi : une jeunesse tunisienne" est une BD de Danièle Masse et Sylvain Dorange centrée sur les dix-huit premières années de la célèbre avocate et complétée par un texte sur les événements essentiels de sa vie.
Son caractère et son sens de l'injustice se sont forgés dans une famille où la place des filles était secondaire et sans amour maternel. Déjà petite fille, elle était déterminée et ce n'est pas un vain mot puisque dès l'âge de dix ans, dans sa Tunisie natale, elle va faire une grève de la faim pour ne plus servir ses frères. Enfant elle était déjà révoltée contre les inégalités de traitement entre les filles et les garçons.
Elle souhaitait s'émanciper grâce à un appétit démesuré de connaissances et une passion pour les livres. Elle a tout fait pour ne pas ressembler à sa mère soumise et sa résistance aux carcans familiaux s'inscrit dans l'histoire d'une Tunisie coloniale qui marche vers l'indépendance.

J'ai beaucoup aimé cette BD. C'est une bonne idée d'avoir détaillé l'enfance et l'adolescence de Gisèle Taïeb car cela permet de mieux comprendre celle qui deviendra Gisèle Halimi, avocate éprise de liberté qui s'est engagée au service de la justice et de la cause des femmes.


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(Je précise que je ne connais pas assez la vie de Gisèle Halimi pour juger de la justesse de ce récit de ses jeunes années.)

Une biographie intéressante, classique mais prenante. Il faut dire que la jeune Gisèle attire la sympathie et l'admiration par ses rebellions précoces et sa prise de conscience des inégalités femmes/hommes. Observant la servitude acceptée par sa mère, elle s'y oppose très jeune et comprend qu'elle n'y échappera que par l'éducation. le quotidien de la famille, son intérêt pour des guerrières ou reines, ses études, les remous politique connus par le pays, font naître ses convictions politiques et son engagement féministe. Une fillette/adolescente/jeune femme déterminée à lutter contre les injustices du patriarcat qui dessine une figure inspirante.
J'ai été frappée par la manière dont Fritna, sa mère, avait intégré sa condition inférieure et accepté une place dévolue aux enfants, à son mari et à l'entretien de la maison, attachant aux traditions, adulant les fils et regrettant les filles. Quoique trouvant des alliés en son grand-père et son père (du moment que ça ne lui coûte rien), c'est surtout en rejetant le destin maternel et les propos résignés de Fritna que Gisèle s'est construite.

Le dessin offre des visages expressifs, des personnages grandissants/vieillissant au fil des années, des cases lumineuses, des couleurs chaleureuses, qui savent néanmoins assombrir tristement l'atmosphère autour de cette mère emprisonnée par les traditions.

Un bel hommage.
Lien : https://oursebibliophile.wor..
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