> Joëlle Dufeuilly (Traducteur)

ISBN : 2070785882
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres

Un garçon de onze ans voit son père partir, encadré par des étrangers. Nous sommes en Roumanie, au milieu des années quatre-vingt, et très vite il devient évident que le père du narrateur a été déport... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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  • Par biblio47, le 19 janvier 2010

    biblio47
    Bien que ce ne soit pas dit explicitement, le récit se déroule en Roumanie dans le milieu des années 80, sous Ceausescu. le narrateur, un garçon de 11/12 ans raconte des épisodes de sa vie quotidienne. Son récit s'ouvre sur l'arrestation de son père, opposant au régime, chez lui, par la police politique. Il sera déporté dans un chantier sur le canal du Danube. Dzsátá, c'est le surnom du garçon, reste seul avec sa mère, une femme magnifique de courage qui s'attache à cacher sa douleur à son fils et qui tente tout ce qu'elle peut pour faire libérer son mari, y compris aller rencontrer chez lui un ancien dignitaire du régime où le garçon volera « Le roi blanc », une pièce d'un jeu d'échecs. Il nous raconte des épisodes de sa vie dans le village où règne une grande violence autant entre les adultes qu'entre les enfants. le jeune garçon rencontre aussi quelquefois son grand-père, un dignitaire du Parti, mis à la retraite après l'arrestation de son fils et qui a toujours refusé de voir sa belle-fille qu'il qualifie de « pute juive hystérique ». La scène finale de l'enterrement du grand-père est bouleversante et terrifiante à la fois.
    J'ai beaucoup, beaucoupaimé ce roman tout à fait hors du commun. L'écriture particulière, presque dénuée de ponctuation, qui restitue la parole d'un enfant ne pose aucune difficulté de lecture. Les chapitres du livre sont une succession d'épisodes de sa vie. Il pose un regard d'une grande lucidité sur les gens qui vivent dans son village et qui sont singulièrement dénués de toute compassion. La peur les rend égoïstes et cruels. Une seule idée l'obsède : revoir son père, au point de se laisser parfois abuser par des hommes sans scrupule. Ce livre nous restitue le climat oppressant d'un pays soumis à une terrifiante dictature. Pourtant des scènes complètement burlesques viennent souvent en contrepoint de la tragédie. Il est à recommander aux grands adolescents sans aucune restriction ! C'est un grand, très grand roman ! Un futur Goncourt des lycéens ?
    note : l'auteur est né en 1973 en Roumanie, dans l'importante minorité hongroise de Transylvanie. Il vit à Budapest depuis 1988 (un an avant la chute de Ceausescu) C'est son deuxième roman mais le premier traduit en français.
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    • Livres 3.00/5
    Par chocobogirl, le 19 septembre 2009

    chocobogirl
    Dzsata, 11 ans, vit dans la Roumanie (qui n'est jamais nommée) des années 80, en compagnie de ses parents. Mais un jour, son père s'en va en compagnie de mystérieux inconnus sous prétexte de travail et promet à son fils de l'emmener voir la mer à son retour. En vérité, il a été arrêté et envoyé aux travaux forcés pour cause d'opposition au pouvoir mais cela, son fils ne le découvrira que plus tard. Dès lors, l'attente de Dzsata se fait longue.
    Récit à la première personne, nous allons découvrir son quotidien dans un pays sous la dictature communiste où la corruption fait rage, où les enfants sont forcés au travail pour le paiement de bonbons pris par obligation, où la guerre naît entre 2 clans d'enfant pour la possession d'un ballon de foot, où les entraineurs dirigent leur jeunes recrues à coup dans les tibias, où la menace nucléiare n'est pas loin... Bref un pays difficile pour un enfant qui cherche sa place.
    Mais il y a aussi les premiers émois amoureux, les expéditions à la recherche d'une salle de projection secrète et coquine, les rencontres avec un grand-père silencieux.
    Dzsata espère toujours le retour de son père que beaucoup croient mort et que lui-même cherche à faire revivre dans ses gestes du quotidien : très belle scène de cueillage illicite de fleurs pour sa mère comme avait coutume de faire son père. Père qui est toujours "Le roi blanc" (pièce d'échec volée dans la maison d'un ambassadeur du parti) qui le protège de la violence du monde.
    Les anecdoctes se succèdent et le roman dresse un portrait noir de cette enfance sous le signe de la violence mais éclairée malgré tout par quelques embellies.
    La succession peut toutefois devenir un peu lassante et donner quelques signes d'ennui et de longueur.
    Le roman reste pourtant poignant, sans pathos et écrit dans une langue enfantine qui correspond parfaitement au narrateur.
    Inspiré par la vie de l'auteur lui-même, hongrois de Roumanie, "Le roi blanc" est un récit très réaliste dans la Roumanie de Ceausescu. Dragoman a quitté la Roumanie avec sa famille pour s'installer à Budapest en 1988 et ce sont les dernières années précédant son départ, les pires du régime, que nous retrouvons ici.
    Un auteur à découvrir !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-36254174.html
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