ISBN : 2253119296
Éditeur : LGF (2007)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 38 notes) Ajouter à mes livres
Mandchourie, an 2113.
La ville de Ha Rebin dresse ses tours de huit kilomètres dans un ciel jaune de toxines. Sous ses fondations grouille la multitude des damnés, tout autour s'étendent les plaines défoliées de la Chine.
Le brillant Cmatic est m... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Diasphine, le 21 juin 2008

    Diasphine
    Histoire d'une adolescente dont l'âme survit dans n corps mort, à l'image du monde où l'homme survit sur une planète moribonde.
    A mon avis l'une des grandes forces de ce roman : la description de ce possible monde futur est une projection lointaine de notre présent et nous renvoie à ses problèmes :
    La nature n'y est plus qu'un souvenir.
    Les hommes survivent dans un monde vertical architecturalement et socialement à la façon des monades urbaines de Silverberg, sauf qu'ici il n'est plus question de surpopulation, mais de fuir l'horreur qui règne au ras du sol et au sous-sol : pollution, contamination, faim, froid, misère et pauvreté.
    Les personnages sont de vrais "Héros" de roman : fantastiques et magnifiques ou terribles. Leurs rapports sont complexes à souhaits et souvent ambigüs.
    Et puis, moi j'aime bien les livres qui nous racontent une histoire : Ici une enquête qui va nous permettre de faire connaissance avec le système économique également pourri de cette pauvre terre : s'y mêlent magouilles politiques et pratiques vaudou, vengeances ethniques et rancoeurs raciales, terrorisme politique et terrorisme économique,
    et toujours l'avidité du pouvoir.
    le dénouement de l'affaire s'il ne présente pas vraiment de rebondissement spectaculaire tient tout à fait la route et n'est en aucun cas décevant.
    Ma seule petite réserve : Quelques passages un peu longs et un certain manque de suspens qui fait que si on accroche bien au livre on n'y est pas scotché : je ne suis pas sûre que l'optique choisie par l'auteur d'annoncer presque tout de suite qu'elle était la destinée de chacun des protagonistes était forcément une bonne idée.
    Mais cela est un détail comparé aux immenses qualités de cet ouvrage. Encore une fois, pour moi, un excellent candidat pour le prix du CC, et de toutes façons un livre à lire absolument.
    Une réflexion sur la vie et le désir d'immortalité résumée par cette phrase : "la vie est une drogue terrible" : on est prêt à tout pour vivre et survivre. Renoncer à la vie, même morne est quasiment impossible et on est prêt à payer le prix fort.
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    • Livres 5.00/5
    Par Walktapus, le 20 décembre 2010

    Walktapus
    Le livre est écrit sous forme de mémoires se déroulant dans le futur. Dès le début du récit, se posent des questions qui n'obtiendront leur réponse qu'à la fin du livre et en forment le ressort principal. Et malgré un mode de narration assez déroutant, indirect, se passant souvent de dialogues, multipliant les digressions apparentes, je suis resté scotché du début à la fin. L'histoire est pourtant très noire.
    Elle se déroule entre Ha Rebin et Tahiti, même si l'opposition entre les tours (les monades, hommage à Silverberg) et monde souterrain est plus significative que les différences géographiques. L'univers décrit voit le déclin de "l'homme blanc" et le background culturel de la narratrice est essentiellement chinois.
    A travers le récit, par petites touches, se dessinent les grandes lignes d'une histoire des trois cents prochaines années, dans ses dimensions sociales, technologiques. Une vision très noire de notre avenir, aussi noire qu'est l'histoire principale. La double distance du récit (la narratrice raconte dans un futur distant des événements qui sont dans son passé et notre futur) permet de porter sur cette époque des jugements qui frappent la nôtre encore plus cruellement par ricochet. Rien de réellement nouveau ou original dans les thèmes abordés. La force du récit est dans la manière de les aborder, de manière intelligente, et avec ce style subjectif sans concession, brillant et personnel, riche en images, en parfaite harmonie avec le sujet.
    A lire.
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    • Livres 4.00/5
    Par TwiTwi, le 06 octobre 2010

    TwiTwi
    En guise de résumé, je vais me permettre de citer le propos écrit par Catherine Dufour sur son site : " En 2304, une vieille dame guindée raconte sa folle jeunesse au début du XXIIe siècle, du temps où on trouvait encore du plastique pétrolier, où les femmes portaient des implants mammaires, où on bronzait à l'air libre... Tout le propos du livre tourne autour d'un seul enjeu : pour vivre éternellement, jusqu'où sommes-nous prêts à aller ? Par exemple, quand il sera possible de faire naître et grandir des doubles de soi-même en prévision du jour où une autogreffe de coeur ou de poumon sera nécessaire, qui hésitera vraiment avant de débiter ses propres clones en morceaux pour vivre un peu plus longtemps ? Et à quoi pourrait bien ressembler une planète dirigée par d'inusables vieillards ?"
    Évidemment, si j'avais lu ceci plus tôt, j'aurais compris pourquoi il était important de commencer par Le goût de l'immortalité avant d'entamer Outrage et rébellion. Oui car dans Outrage et rébellion, on y est, on n'en est plus au stade de la réflexion.
    L'univers du Goût de l'Immortalité est résolument dystopique, à la limite du post-apocalyptique. Susceptiblement, il pourra donner la nausée :
    "Le ciel était noir, ma mère, le voyait jaune sombre, il était en tout cas très bas. Malgré mon casque, ça puait. Les vapeurs délétères avaient creusé dans le métal énorme de fines dentelles pulvérulentes, nos combinaisons piaillaient sous l'overdose de gaz carbonique et d'acide urique."
    Peut-on avoir envie de vivre dans un monde pareil ? La question est de savoir si c'est le futur que Catherine Dufour envisage pour notre humanité. Est-ce une extrapolation, un exorcisme, une mise en garde ?
    La thématique, le pessimisme, la noirceur, le cynisme, l'esthétisme de l'écriture, l'originalité du style, tout se retrouve dans Outrage et rébellion, que j'ai lu avant et qui m'a procuré ma "bonne grosse claque". Point de claque ici donc car je m'attendais quelque peu à ce qui allait me tomber dessus, mais un plaisir renouvelé de lire une auteure française de SF en pleine ascension de son Art.

    Lien : http://ledragongalactique.blogspot.com/2010/10/le-gout-de-limmortali..
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  • Par nabuchodonosor, le 04 décembre 2010

    nabuchodonosor
    premiére lecture d'un genre que je pensais détester et un coup de maitre pour cette oeuvre au noir menée avec maitrise par catherine dufour, auteur découvert par la lecture du monde libertaire.le roman noir, la science fiction, le roman social, tous ces niveaux de lecture accroissent l'interet d'une intrigue passionnante et de personnages attachants.
    Jamais de décrochage de lecture pour invraisemblance, bien au contraire : un ancrage dans une réalité qu'il est possible de croire proche.
    une humanité au fond du non humain encore un peu perceptible
    de l'espoir au fond du désespoir
    que catherine nous offre encore de merveilleuses lectures
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    • Livres 5.00/5
    Par maltese, le 28 septembre 2010

    maltese
    "Il semble que les ritournelles près de finir rêvent de codas symphoniques."
    Un roman de science-fiction formidable par un des auteurs émergeants du genre en France.
    Une histoire sous forme de longue lettre dont on ne connaît la raison qu'à la toute fin du livre.
    Un monde futur sous domination asiatique, dans lequel la technologie tient une place importante. Catherine Dufour parvient à rendre crédible sa vision de notre avenir potentiel, à la structure hiérarchique très marquée, qui voit les pauvres, les exclus vivre au plus près du sol et les nantis dans les hauts étages d'immenses gratte-ciel.
    Quant à l'intrigue, elle est difficile à résumer: disons qu'il est question de magie, d'un dragon rouge à la politique particulière, d'organisations mondiales sans vergogne... et bien sûr d'immortalité mais au goût pour le moins amer.
    Un coup d'essai dans la SF pure et un coup de maître, plusieurs fois récompensé.
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Citations et extraits

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  • Par Walktapus, le 20 décembre 2010

    Cheng vit probablement dans un entresol miteux en compagnie d'un garçon aussi jeune, beau et affamé qu'elle. C'est une grande fille de seize ou dix-huit ans avec un visage en forme de coeur, des yeux sérieux et de longs cheveux brillants. Pour le moment elle est dans sa chambre blanche et vide, assise en tailleur sur un grand lit occidental, un lit bas couvert d'instruments de musique et de bouteilles d'alcool japonais. Insouciante et à demi nue, vêtue de dessous en vrai Coton bleu troués, elle joue de la guitare et de la cithare. Elle compose aussi, de jolies choses imitées de cui jian. Le jour, elle dort ou elle traîne dehors avec les mendiants du quartier, les petites vendeuses d'oxygène, les tontons seigneurs, les trafiquants de greffes frelatées, les dealers de psychotine. Peut-être y a-t-il encore des bouts de vrai ciel jaune au-dessus de sa rue ? Et qu'elle lève de temps en temps les yeux vers eux, tout en préparant deux bols de soupe aux nouillles sur le coin de son évier. La nuit, elle boit de la Bière à la paille parce que ça soûle plus vite et elle se produit dans des bars d'altitude, à l'aise parmi le pétillement des fractals rythmiques qui transforment la salle, les clients faits et refaits et l'écoeurant ballet des fauteuils aérostatiques en ciel étoilé ou en vague déferlante. Elle chante, avec son léger accent du ningbo, des vieilleries pour public inattentif, "à pékin sur la colline du charbon", par exemple. Le rota 8 n'est encore qu'une rumeur.
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  • Par Walktapus, le 20 décembre 2010

    L'urbanisation n'était pas, à son époque, un phénomène récent. Mais la tendance à distinguer les habitants des hauteurs de ceux du sous-sol apparaissait tout juste. Ou disons que les plus riches, avides d'air pur, commençaient à peine à profiter de l'essor des nanotechnologies pour édifier des tours de plus en plus hautes afin de s'installer au sommet, abandonnant le sol au smog et aux déshérités. Les habitants des caves bricolaient leurs propres réseaux d'information. Le génie de dolhen a été de les connecter entre eux, de baptiser le tout "refugee" (du nom d'une barre Chocolatée, pas moins) et de mourir jeune. Les refugees dont je veux vous parler, ceux qui ont accédé à une célébrité douteuse, sont nés un siècle après dolhen. J'ose prétendre qu'ils étaient, d'un point de vue humain, d'une toute autre valeur que dolhen et ses contemporains. Je fais du chronoracisme, d'accord, mais il m'est difficile de voir la fin du millénaire précédent comme autre chose qu'un panier de Crabes enragés, et d'imaginer à ses habitants, sauf exception, un niveau intellectuel au-dessus de la domotique. Quelle affinité voulez-vous avoir avec des gens qui se chaussaient de peaux de Bêtes, se chauffaient à l'uranium, et pêchaient à l'explosif ?
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  • Par Youplala, le 21 janvier 2010

    Shi est le seul protagoniste de cette pitoyable histoire à avoir vraiment choisi. Je veux dire : effectué des choix, à rebrousse-poil du destin qui voulait lui imposer des catastrophes. À plusieurs reprises, je l’ai vu tout brûler sous ses pas pour sauver ce à quoi il avait décidé de tenir. Il a tout donné à une science, tout perdu pour un ami et tout risqué pour une femme. Bien sûr, encore plus que d’une grande âme, ce genre d’attitude procède d’une grande chance. La première chance de shi résidait dans sa capacité innée à vouloir. Vouloir n’est pas donné à tout le monde. Il faut naître avec des yeux qui voient clair, un cerveau qui décide vite et des bras assez puissants pour agir. Par là-dessus, il faut suffisamment de talent pour que ce que vous voulez, que ce soit une femme, une amitié ou un science, veuille aussi de vous. Et il faut encore la dose suffisante d’orgueil pour estimer que cette science, cette amitié ou cette femme vaut la peine qu’on se donne puisqu’elle est choisie par vous. L’ensemble de ces qualités fait de shi une espèce peu commune. Vous comprenez maintenant pourquoi je n’ai pas donné à cet homme le rôle principal de mon histoire : trop de perfection fatigue.
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  • Par TwiTwi, le 30 septembre 2010

    Quant au fond, je peux déjà vous promettre de l'enfant mort, de la femme étranglée, de l'homme assassiné et de la veuve inconsolable, , des cadavres en morceaux, divers poisons, d'horribles trafics humains, une épidémie sanglante, des spectres et des sorcières, plus une quête sans espoir, une putain, deux guerriers magnifiques dont un démon nymphomane et une ... non, deux belles amitiés brisées par un sort funeste, comme si le sort pouvait être autre chose. A défaut de style, j'ai au moins une histoire. En revanche, n'attendez pas une fin édifiante. N'attendez pas non plus, de ma part, ni sincérité, ni impartialité : après tout, j'ai quand même tué ma mère.
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  • Par Bartimeus, le 15 décembre 2010

    Le premier aveu est assez facile : je n'ai pas, comme vous, comme vous croyez le savoir et comme mes données civiles le disent, un petit siècle.
    J'en ai un peu plus.
    Pour le moment, vous n'avez qu'à y voir de la coquetterie.
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