Lorsque Aucassin entendit Nicolette dire qu'elle voulait s'en aller dans un autre pays, une profonde affliction envahit son âme :
"Ma très douce amie, fait-il, vous ne partirez pas, car ce serait me tuer. Le premier qui vous verrait et qui en aurait la possibilit... > voir plus
En fait c'est un peu difficile de noter les classiques. Cette oeuvre est recommandée pour sa structure inédite et particulière (la chantefable). Au niveau de l'intrigue, c'est sûr que ce n'est pas du grand suspense. Il y a tout de même une promotion du rôle de la femme à noter.
Dès les premiers vers, on s'interroge sur les deux personnages et sur l'auteur. En effet, ce dernier, parodiant un style épique, annonce au lecteur qu'il emploie ses dernières forces à conter, pour le plaisir des auditeurs, les aventures et les amours de deux jouvenceaux, alors que l'usage était d'instruire et d'édifier. Il précise également qu'il se nomme le vieil Antif, nom du cheval de Roland ! De plus, on découvre que Nicolette, au nom français, est d'origine sarrasine, alors qu'Aucassin, prince chrétien, porte le nom d'un roi maure de Cordoue, Alcazin, qui régna de 1019 à 1021. Une deuxième hypothèse voudrait qu'Aucassin soit le diminutif du provençal "aucassa", dérivé "d'auca", "oie" et qui désignerait donc l'oison un peu niais mais sympathique, tandis que Nicolette viendrait de "Nicola", diminutif de l'occitan "nica", employé dans l'expression populaire "faire la nica", "faire la nique, se moquer, être plus rusé qu'autrui". Il s'agirait donc du personnage fûté.
Aucassin s'est arrêté,
appuyé à l'arçon de sa selle,
et il commence à contempler
cette violente bataille rangée.
Les combattants s'étaient munis
de nombreux fromages frais,
de pommes des bois blettes
et d'énormes champignons des prairies.
Qui trouble le plus l'eau des gués
est proclamé le prince des chevaliers.
Aucassin le vaillant et le noble
commence à les regarder
et se met à rire.