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Marcel Bataillon (Éditeur scientifique)Bernard Sesé (Traducteur)
ISBN : 2080706462
Éditeur : Flammarion (1993)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 58 notes)
Résumé :
En 1554, on publie simultanément à Burgos, Alcalá et Anvers, une courte biographie anonyme La vida de Lazarillo de Tormes : œuvre surprenante qui retrace non les amours d'un berger ou les exploits d'un chevalier, mais la vie d'un va-nu-pieds. Après un triomphe initial, l'ouvrage va figurer sur la liste des livres interdits. Peine perdue, le succès ne s'est pas démenti, jusqu'à nos jours. Lazare, le héros, est un personnage très nouveau, un gueux, un picaro ! Il to... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
olivberne
olivberne25 avril 2013
  • Livres 4.00/5
Un bon souvenir que la lecture de ce court roman espagnol du seizième siècle, qui est devenu un classique du roman picaresque.
Un jeune homme se voit entraîner dans une série d'aventures qu'il ne maîtrise pas, qui vont plus lui apporter des ennuis que du bonheur et qui le rendrons encore plus ruiné qu'il était pauvre. le style est énergique, on ne s'ennuie pas et c'est un bon exemple pour entrer dans ce genre littéraire peu connu en France, qui prend son origine dans le picaro, le jeune homme sus-décrit.
On découvre aussi l'Espagne de cette époque, avec de belles descriptions et des personnages tous peu recommandables et on a un exemple d'anti-héros avant l 'heure.
C'est une lecture profitable et pas seulement pour la culture.
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Herve-Lionel
Herve-Lionel27 mars 2014
  • Livres 4.00/5
N°558 – Mars 2012
La vie de Lazarillo de Tormes - Anonyme.
Ce livre raconte les tribulations d'un orphelin d'une dizaine d'années dans l'Espagne du XVI° siècle entre Salamanque et Tolède. Pour lui la vie a mal commencé et il est confié par sa mère, veuve, à un aveugle avaricieux et vagabond qui subsistait en récitant des prières, en mendiant et en exerçant une activité de pseudo-guérisseur. L'enfant lui servit de guide mais surtout de souffre-douleur. Il en acquit une expérience particulière qui l'amena à être aussi malin que ce maître qu'il finira quitter pour se mettre au service d'un prêtre ladre et dépourvu de toute charité qui le congédie.
Poursuivant sa quête de mieux-être il se mettra au service d'un écuyer impécunieux et malhonnête qui l'abandonnera à son sort, puis il proposera ses services à un moine qui n'avait que peu de goût pour la vie monastique. Après quelques aventures, il entrera au service d'un bulliste, hâbleur et charlatan qui vendait des bulles papales et surtout les indulgences qui allaient avec à un public populaire et crédule. le garçon ne manqua pas de s'apercevoir que ce commerce était avant tout basé sur la naïveté de la clientèle mais aussi sur des manoeuvres où la supercherie et la dévotion religieuse n'étaient pas absentes. le garçon finit par rencontrer un chapelain qui le traita passablement et qui lui permit de s'insérer dans la société en devenant crieur public. Enfin, il croisa la route d'un archiprêtre qui le maria avec sa servante et fit de lui un citoyen honnête, même si la lecture de l'épilogue peut signifier que Lazarillo souhaita faire perdurer sa situation, même au prix d'une complaisance conjugale.
Il s'agit d'un écrit anonyme, publié en 1554 à Burgos, mais le style du texte, la richesse du vocabulaire, le respect de la syntaxe, l'analyse des situations et la pertinence des remarques donnent à penser que l'auteur ne peut être qu'un lettré et qu'un homme cultivé. Ce livre fut bien entendu censuré par l'Inquisition et parut en 1573 sous une version expurgée. Des noms d'auteurs sont avancés notamment comme celui de Diego Hurtado de Mendoza y Pacheco[1503-1575], poète et diplomate espagnol, Lope de Rueda [1510-1565] dramaturge et poète espagnol, de même que celui de Sebastien de Harozco[1510-1580] et même celui d'un moine dominicain et professeur de mathématiques Juan de Ortega [1480-1568]. On a même pensé que l'auteur pouvait être un chrétien espagnol vivant en Flandres, à cause de la parenté de Lazaro avec Till Ulenspiegel. Bien entendu rien n'est confirmé.
C'est, en tout cas l'occasion pour l'auteur de se livrer, sous couvert d'un récit facétieux, à une évocation critique de la société à une période que L Histoire a cependant retenu sous le nom de « Siècle d'Or ». Elle présente Lazarillo comme un jeune garçon sans expérience dont le seul et unique but est de manger mais qui finalement parvient à une certaine aisance matérielle. le texte s'inspire de la tradition orale populaire et s'inscrit dans un contexte satirique mettant en scène le mendiant, le prêtre avare et l'écuyer(variante de l'hidalgo) ridicule et famélique.
A titre personnel, j'ai toujours été extrêmement intéressé par cette période de l'histoire littéraire espagnole.
Quelques mots sur le roman picaresque.
Le roman picaresque est né en Espagne au XVI° siècle. Cela vient du mot espagnol :« picaro » qui signifie misérable, mais aussi futé, malicieux.
D'aucuns en font remonter l'origine à l'Antiquité et plus particulièrement à Apulée, écrivain d'origine berbère né probablement en 123 après JC et mort vers 170. Son oeuvre principale est « L'âne d'or » où le héros, un aristocrate nommé Lucius est transformé par accident en âne et connaît différentes aventures parfois burlesques mais aussi malheureuses.
Le roman picaresque se caractérise par une vision critique de la société et des moeurs de l'époque. Sa construction d'une grande liberté permet à l'auteur de faire se succéder sans grande logique des épisodes différents au sein d'un même récit. En ce sens, il diffère des genres littéraires traditionnels comme la tragédie ou le discours qui répondent à des règles de constructions très précises. La peinture sans complaisance de la société implique en effet une liberté totale d'expression. Il s'oppose également au gongorisme, très en vogue au temps des Habsbourg
Le picaro est toujours d'un rang social très bas, constamment aux prises avec la faim, la souffrance et la malchance. En ce sens, il est l'exact contraire du chevalier à la condition et à l'idéal plus élevés. le picaro est le type même de « l'anti-héros » qui vit en marge et ne recule devant rien pour améliorer sa condition, pourtant il échoue toujours dans cette entreprise. Quoiqu'il fasse, il restera toujours un déshérité !
Pour autant, le picaro qui entre pour survivre au service de différents personnages qui lui sont socialement supérieurs ne manque pas de critiquer son nouveau maître. Il y a donc dans sa démarche une dimension satirique incontestable et même moralisatrice puisque la conduite dévoyée d'un individu se termine souvent soit par un repentir soit par une punition. N'oublions pas non plus que ce genre littéraire s'épanouit à un moment connu pour être « l'âge d'or » de l'Espagne, ce qui en fait un témoignage exceptionnel du point de vue psychologique et sociologique.
Du point de vue style, le texte est souvent rédigé à la première personne ce qui peut faire passer, à tort cependant, le récit pour une autobiographie. Il évoque le parcours aventureux du héros, souvent obligé de changer de maître au gré des nécessités puisque sa seule préoccupation est de survivre, c'est à dire de manger, dans une société dont il semble exclu ou dans la quelle il a le plus grand mal à s 'insérer.
Ce genre littéraire a été illustré notamment par « La vie de Lazarillo deTormes » (1553), récit anonyme, par « Guzman de Alfarache » (publié en deux parties en 1599 et 1604) de Matéo Aleman, par « Las relaciones de la vida y aventuras del escudero Marcos de Obregon » (1618) de Vicente Espinel, par « El buscón » de Francisco de Quevedo. Alain-René Lesage [1668-1747] peut être considéré comme l'héritier français du roman picaresque avec « Gil Blas de Santillane »
© Hervé GAUTIER - Mars 2012.
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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DBC-Anais
DBC-Anais07 avril 2015
  • Livres 4.00/5
La vie de Lazarillo de Tormès est considéré comme l'un des romans fondateurs du genre picaresque. En effet, le narrateur est interne et omniscient, c'est le protagoniste éponyme lui-même qui fait une autobiographie générale de sa vie, la retraçant dans les grands épisodes. Même si les chapitres sont séparés et ne contiennent pas de connecteurs logiques, les petites histoires s'enchaînent avec fluidité et régularité.
Concernant l'auteur de ce roman, il a voulu rester dans l'anonymat. Plusieurs hypothèses circulent concernant ce choix, notamment sur le fait que l'auteur a pût être un juif forcé de se convertir au christianisme par le gouvernement Espagnol. Dans un contexte d'âge d'or de l'Espagne, à l'apogée de son système économique, l'auteur retrace avec tristesse les personnes oubliées, qui ne profitent pas de cette riche ascension, et restent dans la misère la plus totale.
Pour apporter du poids à son récit, le protagoniste Lazarillo est plongé directement, dès sa naissance, dans la plus grande détresse matérielle. En effet, il naît dans un ruisseau, avec un père en prison, et une mère obligée de fréquenter un homme de couleur pour pouvoir survivre. Aucun sentiment ne pointe, ne serait-ce que de l'amour envers son enfant. Bien au contraire, la mère vend Lazarillo à un aveugle, alors même qu'elle travaille dans une auberge où celui-ci loge.
Commence alors une longue aventure mouvementée, où le jeune homme passe de main en main, de maître en maître, et tente au mieux de survivre. Dans cette pauvreté monstre, Lazarillo comporte néanmoins un trésor bien précieux : la ruse. En effet, dès sa première rencontre avec son maître l'aveugle, les tours ne manquent pas. Plus les pages défilent, plus les ruses se multiplient, seul moyen de contrer le manque de nourriture et de pouvoir manger à sa faim.
On voit donc dans ce livre une virulente critique des moeurs espagnoles, notamment de la classe montante, qui en oublie les pauvres. Dans cette classe montante se trouve les hommes d'églises, qui sont montrés de manière négative dans La vie de Lazarillo de Tormès, ils se détournent de leurs droits, ils en deviennent hypocrites et avares. C'est donc une satire anti-cléricale, doublée d'un humour noir sur la condition dégradée et tragique du personnage, qu'a retracé ici l'auteur anonyme.
Un très bon roman, qui se lit facilement, avec la particularité de comporter le texte source en espagnol et sa traduction française par Bernard Sesé. J'ai bien aimé le ton employé, le tracé méthodique de la vie du héros, et le contexte spatio-temporel dans lequel s'écrit ce livre. Etudié en cours de littérature comparée d'espagnol, je ne regrette absolument pas cette découverte.
Lien : http://addictbooks.skyrock.c..
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raton-liseur
raton-liseur11 septembre 2013
Je veux lire ce livre depuis que j'en ai entendu parler pour la première fois, lors de mes cours d'espagnol au collège, mais j'ai toujours remis cette lecture à plus tard, craignant la difficulté de la langue. Quelle ne fut pas ma surprise de voir que c'est en réalité un tout petit opuscule que celui-ci, bien loin des romans fleuves que la France produisait à cette époque et que j'ai du étudier en cours de français, à mon corps défendant.
Cela dit, heureusement qu'il est court, car je me suis vite lassée de l'histoire et du style. J'imagine effectivement que ce livre a pu marquer un tournant dans l'histoire de la littérature et du roman, en introduisant des sujets légers et des personnages populaires. Ce livre fonde le genre que l'on appellera plus tard le roman picaresque, avec son héros qui est plutôt un anti-héros et une satire vigoureuse des moeurs à toutes les échelles de la société.
A lire donc pour son intérêt historique, pour découvrir « autre chose », une lecture légère et souriante, mais qui ne me laissera pas un grand souvenir du fait de son trait exagéré et de ses invraisemblances.
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nathalie_MarketMarcel
nathalie_MarketMarcel31 mai 2015
  • Livres 3.00/5
Le narrateur manie l'ironie sobre, à demi-mot, et l'humour froid, chaque dialogue à voix haute étant doublé par les réflexions personnels de Lazare comme un écho comique. le charme du récit vient d'ailleurs en grande partie de ces apartés, souvent cocasses et moqueuses.
C'est un des premiers romans en forme d'autobiographie où le héros est un personnage mineur (Lazarillo = le petit Lazare), sans aucune importance sociale et se moquant des tares de la société. Il contient de nombreuses sources folkloriques que les éditions critiques détaillent soigneusement. Lazare n'est pas un poète, c'est un esprit positif qui respecte la richesse et le ventre plein. Il se moque de l'honneur espagnol en le tournant en dérision. Ce roman anonyme a immédiatement connu un grand succès et s'est imposé comme un modèle littéraire.
Lien : http://chezmarketmarcel.blog..
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Citations & extraits (5) Ajouter une citation
raton-liseurraton-liseur02 octobre 2013
Mais comme la nécessité est une grande maîtresse et que la faim me tourmentait nuit et jour, je pensai au moyen de me conserver la vie ; et il me semble que pour trouver ces pauvres remèdes, la faim m’était une lumière : aussi bien, dit-on, qu’elle aiguise l’esprit, tandis que la satiété l’émousse, ce que j’éprouvais en moi-même. (p. 42, Chapitre 3, “Comment Lazare se mit au service d’un prêtre et ce qui lui advint étant avec ce maître”).
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel31 mai 2015
Je trouve bon pour ma part que des choses si remarquables, et peut-être jamais entendues ni vues, viennent à la connaissance de beaucoup de gens et ne soient pas enterrées dans la sépulture de l’oubli, car il se pourrait qu’un de ceux qui les lisent y trouve quelque chose à son goût et que ceux qui ne vont pas chercher si loin y trouvent du plaisir.
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misspendergastmisspendergast22 février 2014
Et je commençais à dîner et a mordre mes tripes et mon pain, tout en regardant à la dérobée mon malheureux maître, qui ne détachait pas ses yeux de mes basques qui, en la circonstance, me servaient d'assiette. Dieu ait pour moi autant de compassion que j'en avais pour lui, car j'avais ressenti ce qu'il ressentait, et bien des fois j'avais enduré cela et l'endurais encore.
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KayaKaya21 octobre 2012
« Comment ? Vous avez flairé la saucisse et vous n’avez pas flairé le pilier ? Flairez-le. » Je le laissai entre les mains de beaucoup de gens qui avaient accouru pour l’assister, gagnai d’un trot la porte de la ville, et avant la tombée de la nuit me retrouvai à Torrijos. Je ne sus point ce que Dieu fit de l’aveugle, ni n’eus cure de le savoir.
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DBC-AnaisDBC-Anais28 janvier 2015
Verdad dice éste, que me cumple avivar el ojo y avisar, pues solo soy, y pensar como me sepa valer.
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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