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ISBN : 2070452972
Éditeur : Gallimard (2014)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 329 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Jana est Mapuche, fille d un peuple indigène longtemps tiré à vue dans la pampa argentine. Rescapée de la crise financière de 2001-2002, aujourd hui sculptrice, Jana vit seule à Buenos Aires et, à vingt-huit ans, estime ne plus rien devoir à personne.
Rubén Calde... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par carre, le 23 juillet 2012

    carre
    Je viens de terminer « Mapuche », hé bien quelle gifle. Sans dévoiler l'histoire (vous avez du remarquer, je lis jamais les 4ème de couverture) il y est question d'Argentine, de dictature, d'enlèvements et d'assassinats arbitraires, de grands-mères qui veulent savoir que sont devenus les maris et enfants disparus. Avec deux personnages formidables qui vous hanterons longtemps : Jana la Mapuche et Ruben Calderon le détective.
    Après le remarquable « Zulu » qui m'avait sérieusement impressionné, Caryl Ferey frappe un grand coup, son livre vous happe dès les premières pages, une plongée dans les arcanes du mal qu'il déroule avec une puissance narratrice tout simplement dévastatrice. Une plongée effarante au cœur de la barbarie humaine (une de plus). Jana et Ruben sont des personnages inoubliables. Impossible de le lâcher, les bouffées d'angoisse et d'adrénaline vous secouent durablement. Pas de répit, une course contre la mort maitrisée de bout en bout.
    Pour ceux qui pensent que ce genre de littérature est mineur, il ferait bien de découvrir Caryl Ferey, il vient d'écrire un chef d'œuvre. Tout simplement.
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    • Livres 5.00/5
    Par Dionysos89, le 28 février 2014

    Dionysos89
    Mapuche, un peuple perdu aux confins du Chili et de l'Argentine. Après l'Afrique du Sud de Zulu et les Maori dans Utu et Haka, Caryl Férey nous propose une nouvelle plongée sociale à l'orée d'une peuplade opprimée pour y modeler un thriller complexe sans fausse note.
    Nous alternons ici entre deux personnages forts, à la vie bien remplie, pour leur plus grand malheur ; en effet, ce sont tous deux des rescapés, des survivants. La crise économique et ses conséquences, les régimes autoritaires et leurs carabiniers : les causes douloureuses ne manquent pas. Sombre indienne du fin fond de l'Argentine, Jana côtoie les travestis, a fait le trottoir et tente de lancer sa carrière de sculptrice avec difficulté ; détective au passé douloureux, Ruben Calderon a le goût de l'illégal et du crasseux. Malgré leurs habitudes et leurs modes de vie, ces deux là démarrent, quand ils se rencontrent, une chevauchée meurtrière de haute volée.
    Caryl Férey nous propose trois parties très tranchées : une présentation glauque et flippante des bas-fonds argentins (« Petite sœur »), puis une enquête débridée nous mettant face aux plus grandes barbaries (« le Cahier triste »), et enfin un road-trip mortellement sanglant (« Kulan – la Femme terrible »). C'est non seulement l'occasion de rencontrer une violence à l'état pur avec des descriptions parfois très crues, quelquefois gores aussi, mais également de contempler avec un certain fatalisme l'incroyable prégnance de l'histoire dans notre psychologie, elle circule à fleur à peau de notre existence et influe sur notre réflexion de tous les jours.
    Certains lecteurs n'adhèreront peut-être pas à la quête de liberté et de vérité de ce casting distordu, tout comme ils pourraient tout aussi bien s'étonner de l'insistance faite à la description cabossée de Jana. Or, finalement, les défauts physiques et « moraux » de Jana sont bien peu de choses face à ses réflexes affectifs et instinctifs. Et c'est bien là le fond de cet ouvrage : c'est se raccrocher à des souvenirs perdus, à une famille, à un rêve, à un amour naissant qui nous fait nous construire un peu plus.
    Mapuche est donc un très bon thriller social, nourri de la verve foisonnante de Caryl Férey et de son goût prononcé pour le passé historique récent qui rejaillit inopinément : en effet, au pays du tango, mettez vos Mapuches, il pleut des coups d'État. L'ensemble est porté par des personnages entiers, dont une héroïne singulière ; et c'est cette figure de la femme argentine, bafouée mais battante, qui soutient le récit. Elle est belle, elle est rebelle, elle est Mapuche.
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 04 avril 2013

    lehane-fan
    Bienvenue chez Férey Travel Tour....
    Sa douce balade Maorie vous avait transporté de bonheur .
    Sa bucolique escapade en terre africaine ne vous laissa pas indifférent .
    L'argentine , votre nouvelle destination idyllique , ne saurait , à prestations égales , manquer de combler l'intrépide aventurier assoiffé d'ailleurs qui sommeille en vous !
    Le prix à payer ? Trois fois rien...si ce n'est celui de la rage et du sang !
    Jana , 28 ans , sculptrice , Mapuche et fière de l'être ! Un corps sans aspérités , à l'image de sa Pampa nourricière, et l'esprit aussi aride que le soleil qui la baigne .
    Ruben Calderon . Détective . Particularité : le fait d'avoir échapper à la torture étatique quand son père et sa sœur , eux , ployaient sous les coups mortels de leurs bourreaux toujours plus ingénieux en la matière...
    A ma droite Toro . Son arme , un membre surdimensionné dont il use et abuse à volonté en véritable sodomite brutal qu'il est afin d'extorquer toute info susceptible de satisfaire ses commanditaires .
    A ma gauche , le Picador . Son arme , la banderille qu'il plante judicieusement laissant qui sanguinolent , qui handicapé à vie voire flottant mortellement dans un bain de sang , le sien...
    A priori , aucun point commun , aucune raison de frayer dans le même milieu . N'étaient les disparitions concomitantes d'un travesti , proche de Jana , retrouvé proprement massacré puis éparpillé façon puzzle et celle de Maria Victoria Campalo , fille d'un notable notoire , de par le fait , dont Ruben se faisait désormais fort de retrouver la trace .
    Aaaah , Férey le poète mais aussi Férey la tendresse , Férey le joyeux troubadour...
    Voilà exactement ce que vous ne trouverez pas en découvrant la nouvelle pépite de cet auteur français à l'écriture si prompte à vous étourdir . le contraire eût été étonnant !
    L'auteur poursuit son p'tit tour du monde de l'horreur en décidant de mettre en lumière l'Argentine et son cortège d'exactions douteuses . Perso , à part Maradona , ses chutes du Niagara et sa grande muraille , mes connaissances en la matière frôlaient allègrement un vide abyssal propre à rendre vert de jalousie un JCV d'pourtant gravement aware en la matière .
    Au programme et dans le désordre : vol d'enfants , assassinats , torture , église et pouvoir corrompus . Mixant allègrement Histoire et fiction , Férey dresse le portrait peu flatteur d'un pays en période post coupe du monde del Foutchebol . Bien moins horrifique qu'à son habitude , l'auteur semble avoir atteint une certaine maturité en épurant le propos sans forcément faire dans la démonstration outrancière . Les faits historiques se suffisant largement à eux-mêmes...
    Un cru bien plus instructif qu'à son habitude qui ne saurait laisser indifférent l'amateur avisé de thrillers racés !
    Mapuche : Un dernier tango à...Buenos Aires .
    http://www.youtube.com/watch?v=7siDINqzpUA
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    • Livres 5.00/5
    Par caro64, le 30 mai 2012

    caro64
    Avec Mapuche, Caryl Férey poursuit ses pérégrinations dans l'hémisphère sud et nous invite cette fois-ci en Argentine à la rencontre de personnages profondément humains… jusque dans leur inhumanité.
    Une scène choc ouvre le livre : un paquet jeté dans l'océan depuis un avion, paquet qui ouvre les yeux, vision d'un être humain précipité dans le vide !... On se doute dès lors que le voyage ne sera pas de tout repos. " A deux mille mètres, la mer est un mur de béton". L'histoire se dessine avec les contours de cinq personnages principaux : Jana, Paula, Luz, Ruben, Maria Victoria.
    Jana est indienne, issue du peuple Mapuche qui donne son titre au roman. Elle est venue étudier les Beaux Arts à l'université de Buenos Aires. Faute de ressources – la crise financière de 2001-2002 a provoqué la banqueroute du pays qui s'enfonce dans la misère, les émeutes, les manifestations et les pillages - elle a survécu en se prostituant, dormant dans des parcs, des squats, fréquentant le monde interlope des bars et des boîtes où elle a rencontré Paula, un travesti. Ces deux-là sont devenues amies dans l'adversité. Pendant que Paula partage son temps entre le tapin et la blanchisserie tenue par sa mère à demi folle, Jana se bat avec elle-même dans son atelier, construisant avec rage d'immenses sculptures de fer en hommage à la mémoire de son peuple sur lequel on a tiré à vue dans la pampa - massacre perpétré par les chrétiens qui les ont dépossédés de leurs terres. Un soir, Paula, inquiète, vient trouver Jana. Luz, un ami travesti avec qui elle avait rendez-vous, a disparu. Les voilà parties à sa recherche, errant dans la nuit de Buenos Aires au volant d'une vieille Ford. Dans le quartier du port, des gyrophares les alertent. La police a trouvé un corps flottant dans l'eau au milieu des détritus. le cadavre, émasculé, – " Pénis, testicules, tout avait été sectionné du pubis au scrotum. Il ne restait qu'une plaie noire, malsaine, mêlée à la vase"– est celui de Luz.
    Devant les lenteurs de l'enquête policière, les deux amies, bien conscientes que la mort d'un travesti n'intéresse pas les flics, décident d'avoir recours à un détective privé. L'annuaire et le hasard d'une adresse, proche de la blanchisserie de la mère de Paula, les décident à contacter Ruben Calderon. Lui aussi a vécu une histoire personnelle cruelle puisqu'il est l'un des rares rescapés des arrestations arbitraires qui étaient monnaie courante sous la dictature. Il a érigé une chape de silence sur la mort de sa petite sœur et de son père, poète, qui ne sont jamais ressortis d'un des 340 camps de concentration et d'extermination, où l'on savait torturer de main de maître (l'Argentine, terre d'accueil des criminels de guerre, a su reconvertir anciens nazis et membres de l'OAS en Algérie). Alors que sa mère rejoint le mouvement de résistance pacifiste des Mères de la Place de Mai, Ruben a créé son agence de détectives, non pas pour retrouver des disparus – la plupart ayant été liquidés – mais les responsables qui n'ont jamais été inquiétés. Quand Jana sonne à sa porte, il est déjà sur une affaire : un de ses amis journaliste lui a demandé d'enquêter sur la disparition de Maria Victoria Campallo, photographe, fille d'un riche entrepreneur qui a réussi dans les affaires...
    Les différentes trajectoires des personnages vont progressivement se rejoindre pour composer un grand roman dense et fouillé, à l'écriture maîtrisée, comme une eau-forte qui serait gravée en trois couleurs : la noirceur des abominations humaines, le rouge des blessures de l'Histoire de l'Argentine qui n'en finissent pas de saigner, et le blanc des pics enneigés de l'Aconcagua, " la Sentinelle de Pierre", qui se perdent dans les nuages.
    Un grand roman noir qui nous propose une ouverture sur les maux du monde et témoigne de l'incroyable force propre à l'Homme de continuer à vivre… malgré tout. Mapuche est un coup de maître, de ces livres dont on n'oublie pas les personnages, ni les messages. Un thriller encore plus intense et bouleversant que Zulu.
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    • Livres 5.00/5
    Par Kittiwake, le 26 juillet 2012

    Kittiwake
    Quelle adresse ! Quelle densité ! Quel suspense ! Je reste totalement abasourdie par la lecture de ce roman noir, très noir qui nous entraine en Argentine bien après le coup d'état de 1976 alors que les conséquences des exactions qui ont eu lieu à cette époque sont encore très prégnantes, et meurtrières. Comme le dit Adolfo Esquivel, prix nobel de la paix "Les gouvernements changent, mais le système, toujours aussi pervers, continue à privilégier le capital financier plutôt que le capital humain. Ce système condamne aujourd'hui plus de dix millions d'Argentins, des hommes, des femmes, des jeunes, des personnes âgées et des enfants, à vivre dans la pauvreté et l'indigence."

    Un meurtre à connotation sexuelle, puis la disparition d'une jeune photographe déclenchent chez Ruben Caldéron, privé, la volonté inexpugnable de comprendre. A ses côtés, Jana, une jeune indienne de la tribu Mapuche : elle veut découvrir pourquoi son amie Paula, travesti, a elle aussi disparu. L'enquête les emmène beaucoup plus loin que prévu, entrainant dans son sillage de nombreuses victimes collatérales. Qui veut-on protéger et pourquoi?

    Ces deux-là se reconnaissent immédiatement : leur solitude, les séquelles de leur passé de souffrance n'ont pas besoin de mots pour que des sentiments profonds les unissent inexorablement. Et le lecteur est happé par leur périple ahurissant et mortifère (j'avoue avoir céder à la tentation de jeter un œil à la dernière page....mais chut!) L'écriture est suffisamment habile pour plonger le lecteur dans cette aventure avec l'impression de voir un film (d'action!) ou même d'être carrément présent dans le devoir avérées protagonistes. J'ai eu à plusieurs reprises les jambes en coton, comme Jana.

    L'aspect pédagogique est parfaitement fondu dans le récit : l'auteur a su éviter l'effet Wikipédia copier-coller, écueil que l'on retrouve hélas souvent dans les romans avec une base historique. J'ai appris là quantité d'informations, horriblement affligeantes sur cette période sombre de l'histoire de l'Argentine, dont les conséquences perdurent aujourd'hui. Un avertissement : c'est très violent. À ne pas lire avant de s'endormir, sous peine de ne pas y arriver. Ou alors faire suivre d'une épisode de la Petite Maison dans la Prairie....

    Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2012/07/mapuche.html
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Critiques presse (6)


  • Lhumanite , le 21 janvier 2013
    Avec un talent rare, Férey brosse un tableau hallucinant d’un pays en proie à sa propre histoire, où quelques irréductibles tentent, non sans succès, de faire tomber définitivement le rideau sur les spectres de la barbarie et de ressusciter l’espoir. Une entreprise salutaire.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • LaPresse , le 20 août 2012
    À la fois roman historique et polar hyperviolent, Mapuche se lit comme un thriller. Prenant, choquant, passionnant.
    Lire la critique sur le site : LaPresse
  • Telerama , le 04 juillet 2012
    Une épopée lyrique, portée par une magnifique colère.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LesEchos , le 12 juin 2012
    Fidèle à sa tradition de sérieux, Caryl Férey a longuement enquêté en Argentine sur la période des années de plomb. Peut-être un peu trop, et le roman en porte parfois le poids
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Lexpress , le 01 juin 2012
    Caryl Férey nous entraîne dans une Argentine traumatisée tant par la barbarie des militaires que par le cynisme des profiteurs de la crise économique. D'une plume âpre, inspirée, il signe un polar à la fois poignant et très documenté. Son meilleur livre, assurément.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 24 mai 2012
    Sans aucune fascination pour le mal, mais en serrant le sujet au plus près, Caryl Férey promène ses personnages au milieu d'un champ de ruines: notre monde. […] Le lecteur, lui, est littéralement happé par la puissance évocatrice de ce roman bouleversant. Un chef-d'oeuvre!
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par blandine5674, le 31 juillet 2014

    Rubèn grimpa à l'étage - il y avait un bar à l'air libre et les dorures lui tapaient sur le système - mais ce ne fut pas mieux : deux murs d'enceintes crachaient une techno house tonitruante, chassant les touristes vers les bancs du pont supérieur. Avait-on peur à ce point que les gens s'ennuient ? En croyant remplir les temps morts, on créait des espaces vides.

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  • Par Lilou08, le 10 octobre 2012

    Elle était amoureuse depuis sa précoce puberté : se croyant moche, Anita avait choisi le plus beau, le plus impressionnant, le plus inaccessible des garçons du quartier, Rubén Calderón évidemment, un grand brun à la démarche terriblement sexy qui avait perdu son père et sa sœur durant le Processus : un héros en somme, avec des yeux à fendre l’âme, un naturel impérial et un petit nez aux antipodes du sien. Anita l’avait abordé dans la rue, alors qu’il parlait à une jolie brune en minijupe ; elle s’était plantée devant lui en tendant un paquet soigneusement enveloppé, que le jeune homme de l’époque avait fini par ouvrir avec une curiosité amusée. Il y avait un dessin faussement naïf à l’intérieur — un bateau voguant sur une mer de larmes, Anita en guise de capitaine, qui lui faisait coucou depuis le pont… « Pour t’accompagner dans la vie qu’on ne vivra jamais ensemble », avait légendé la préado de sa plus ronde écriture. Rubén avait laissé tomber la jolie brune et payé une glace italienne à la fraise à Anita, la meilleure de toute sa vie.
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  • Par Lilou08, le 08 octobre 2012

    Participer à des réunions d’étudiants de gauche, à des activités syndicales, avoir critiqué à haute voix les militaires, porter le même nom qu’un suspect, avoir assisté à un enlèvement, être juif, enseigner ou étudier la sociologie, conseiller des pauvres ou des suspects en matière juridique, soigner des suspects ou des pauvres, écrire des poèmes, des romans, des discours, être étranger et « trop bruyant », être réfugié d’un pays sous régime militaire, recherché pour des raisons politiques, exercer le métier de psychologue ou psychanalyste — influencés par des théoriciens juifs —, donner un récital de piano devant des ouvriers ou des paysans, être « trop » passionné d’histoire, être un jeune soldat qui en sait trop ou qui conteste, être « trop » fasciné par l’Occident ou réaliser des films « trop » axés sur des sujets de société ou contrevenant à la « bonne morale », militer dans une association des Droits de l’Homme, avoir un frère, une sœur, un cousin ou un ami proche d’une personne disparue : les militaires et la police enlevaient les gens pour n’importe quelle raison. Était considéré comme subversif quiconque se dressait contre le « mode de vie argentin ».
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  • Par gruz, le 02 janvier 2013

    Ceux-là ne ramassaient pas seulement les cartons, ils vivaient parmi eux. Une famille entière, anonyme, recyclée elle aussi.
    Ils s'étaient construit une barricade, une coquille vide qu'ils refermaient derrière eux la nuit venue pour se protéger du froid, des chiens errants, des paumés ; ils en ressortaient le matin, raides d'un sommeil sans mémoire, tout de guenilles et sales, incapables de dire merci aux rares passants qui leur donnaient la pièce.
    Ils étaient devenus cartons.
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  • Par Roggy, le 22 septembre 2013

    Perdu dans ces réminiscences, Rubén revoyait la scène par flashs au volant de sa voiture, l'enlèvement de Maria Victoria et de celui qu'elle croyait être son frère à la sortie de La Catedral, le travesti qu'on torture devant elle pour la faire parler, les cris, les aveux, leur séparation, Orlando dirigé vers les quais déserts de La Boca, Maria droguée pour le transfert jusqu'à un aérodrome de campagne, la fille du riche industriel réduite à l'était de paquet jeté dans le coffre d'une voiture, un simple numéro à effacer, à faire disparaître, Maria inerte qu'on colle au fond de la carlingue, le survol de la zone de largage, la peau noire de l'océan qui craquelle sous la lune, elle toujours plongée dans ses rêves chimiques, ne sentant ni le vent ni la peur, les eaux voraces et boueuses à l'embouchure tout en bas, et puis Marie Victoria qu'on précipite dans le vide, sa chute, sa chute interminable vers l'océan sous les yeux crevés de la lune... A deux mille mètres, la mer est un mur de béton: les os de Maria avaient explosé sous ses chairs.
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