> Marie Ploux (Traducteur)
> Catherine Cheval (Traducteur)

ISBN : 2070782379
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 4/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
Pour Max Mingus, privé de Miami, l'offre est tentante : dix millions de dollars pour mettre la main sur Charlie Carver, fils d'une grande famille haïtienne, introuvable depuis plus de trois ans. Charlie a disparu en Haïti, comme des dizaines d'autres enfants volatilisés... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par yv1, le 26 mars 2011

    yv1
    Nick Stone décrit systématiquement les lieux dans lesquels se trouve Max, les intérieurs et les extérieurs, si bien qu'on les visualise très bien. Et comme il décrit également assez précisément tous les personnages, les scènes deviennent de vraies images. On plonge alors dans une Haïti que Max n'imaginait pas. Pourtant connaisseur des ghettos puants et mal famés de Miami, il est stupéfait de l'état de l'île. Port-au-Prince, la capitale, est coupée en deux entre les beaux quartiers, les belles voitures, les villas magnifiques et les quartiers misérables notamment le bidonville de Cité Soleil dans lequel vivent les haïtiens les plus pauvres dans la misère la plus extrême. Et même en l'écrivant comme cela, en sortant de ce bouquin, j'ai l'impression d'être très en dessous de la réalité. Nick Stone, dans tout le déroulement de son livre nous assène des détails sordides qui font froid dans le dos. A Cité Soleil, certaines maisons sont à peine en carton, les sols ne sont que des excréments et de la boue séchés, les gens les plus pauvres y mangent de la terre et des feuilles, ...
    Néanmoins, Max travaille pour l'homme le plus puissant de l'île et reste donc en observateur. Nous aussi.
    Haïti est aussi le pays de tous les fantasmes concernant le vaudou, les magie blanche et noire, ce que l'auteur se plait à nous rappeler, à nous décrire. Cette véritable religion est au centre du livre, jamais évitée, jamais franchement expliquée non plus, mais qui le pourrait vraiment ? Dans cette croyance, Tonton Clarinette est l'équivalent de notre Croquemitaine.
    Max Mingus enquête donc en terrain inconnu pour lui, sur fond de rhum Barbancourt, de Kompas (musique locale), de magie, de disparitions nombreuses d'enfants. Ajoutez une dose de charme évidemment, incarnée par Chantale, salariée de la famille Carver, chevalière servante -néologisme ?- de Max, et vous obtenez donc un gros, très gros roman policier (679 pages en version folio) dans lequel on ne s'ennuie jamais. Les pistes que suit Max ne mènent pas toujours à la vérité, il se fourvoie parfois, mais retombe sur ses pieds. Et nous, simples spectateurs -ou lecteurs- le suivons dans ses erreurs, sans rien dire, et en en redemandant même une petite louche. Je ne dirai pas grand chose de l'enquête qui avance lentement, rebondit et se résoud dans les dernières pages. Tout y est mêlé : le vaudou, le bidonville, l'argent, les disparitions d'enfants, ...

    Lien : http://lyvres.over-blog.com/article-tonton-clarinette-49230769.html
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    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir, le 06 septembre 2011

    encoredunoir
    « Il avait une vision très claire de son avenir, d'ici un an ou deux. Il habiterait un meublé miteux au papier peint pollué, envahi de hordes de cafards pugnaces, avec, placardée au dos de la porte, une liste de consignes draconiennes en espagnol boiteux, écrites à la main par un proprio à demi illettré ».
    Ancien flic, ancien détective, Max Mingus rentre à Miami après huit de prison pour meurtres à Rikers Island. Max n'a plus rien, pas même sa femme, morte durant sa détention, et ne peut se résoudre à rentrer chez lui pour contempler l'énorme gâchis qu'est sa vie. C'est pourquoi il finit par accepter l'offre d'un millionnaire haïtien qui le harcèle depuis plusieurs mois, jusqu'en prison, pour qu'il retrouve son fils, disparu deux ans auparavant.
    de l'extrême pauvreté aux mutilations les plus horribles en passant par les disparitions d'enfants, Max Mingus va s'enfoncer dans les ténèbres d'Haïti, où se heurtent le monde des morts et celui des vivants, où la vie humaine ne semble pas valoir grand-chose, où le poids de l'histoire pèse comme une chape de plomb et où perdre son âme est une option tout à fait envisageable.
    C'est donc un voyage éprouvant que va faire Max Mingus. Et nous avec. Car suivre ce privé dur à cuire mais aussi désespéré, bourré de contradictions assumées et complètement faillible, n'est pas de tout repos. de cul de sac en fausses pistes, de cérémonies vaudoues en scène saisissantes croquant l'extrême pauvreté de ce pays abandonné du monde avec un réalisme qui nous saute à la figure comme un direct du droit, on s'enfonce avec Max aux frontières de l'humainement supportable et du surnaturel.
    Nick Stone n'est pas tendre avec son héros, ni avec son lecteur. Encore moins envers ceux, des Duvalier et leurs tontons macoutes à Aristide et aux USA et à l'ONU, qui ont fait d'Haïti un des cercles de l'enfer. Éprouvant et pourtant impossible à lâcher dès que le cadre de l'histoire a été posé, Tonton Clarinette est un premier roman magistralement conduit, puissant, implacable.
    le deuxième livre de Nick Stone, Voodoo Land, qui prend place à Miami au début des années 1980 avec un Mingus alors encore policier, est, paraît-il, encore meilleur. On ne demande qu'à voir !


    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-voodoo-child-tonton-clarin..
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    • Livres 4.00/5
    Par Beatrice64, le 25 février 2011

    Beatrice64
    Max Mingus, privé à Miami, tout juste sorti de taule (il a descendu des kidnappeurs), des perspectives d'avenir plutôt sombres, accepte l'offre plus que tentante de la famille Carver : dix millions de dollars pour retrouver (mort ou vif) Charlie (3 ans), disparu depuis plus deux ans.
    Rien de très original jusque là, si ce n'est que l'enfant a disparu en Haïti, où se rend Mingus, et où se déroule tout le livre. Une misère inimaginable, une pauvreté absolue (les gens mangent de la terre), dans un lieu soigneusement ignoré par les médias (autant dire le monde entier). L'enquête, pleine de fausses pistes et de rebondissements, vaut surtout pour le voyage (le livre semble solidement documenté), entre pauvreté sordide, omniprésence des anciens tontons macoutes, rites vaudous, violence des « forces de maintien de la paix » et trafic d'enfants. Bienvenue en enfer.
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    • Livres 5.00/5
    Par Dahlianoir, le 17 janvier 2009

    Dahlianoir
    Nick stone est un bon raconteur d'histoire : l'intrigue est palpitante, les personnages attachants ou repoussants mais jamais là pour rien... Mais surtout ce polar est une formidable découverte d'Haïti, avec tout ce que ce pays traine de souffrance mais d'espérance également... La description de la malheureusement célèbre Cité Soleil est impressionnante ! Pourtant, ça n'est pas non plus un livre misérabiliste ou larmoyant.
    Nick Stone a vécu plusieurs années à Haïti et ça se sent, il aime ce pays et ça se sent aussi...
    A travers un fait divers criminel, c'est surtout l'histoire d'un deuxième crime encore plus grave : celui d'un peuple détruit par la cupidité, la bêtise et l'égoïsme de ses dirigeants... On y apprend beaucoup sur les terribles années Duvalier, puis Papa Doc et enfin Bébé Doc, sur la déforestation, la survie dans les bidonvilles, etc...
    Un des meilleurs polars que j'ai lu depuis plusieurs années. Je mets juste un tout petit bémol sur les toutes dernières pages du roman qui me semble n'être là que pour nous préparer au retour de Max Mingus dans une nouvelle histoire à venir : ce que j'espère très fort !!
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par MIOP, le 09 février 2012

    MIOP
    Un roman très noir qui ressemble à un vrai polar classique avec son détective à la dérive mais aux qualités humaines profondes, son intrigue très bien menée avec son lot de rebondissements et son suspense haletant.
    Mais ce qui fait tout l'intérêt de ce roman policier original et très réussi c'est la description de la situation épouvantable d' Haïti dans les années 90.
    La misère haïtienne n'a jamais été décrite avec autant d'acuité et de réalisme. L'auteur d'origine haïtienne connaît parfaitement l'île et fait, au rythme de l'enquête de son détective, une peinture magistrale et hallucinante de son Histoire, de ses moeurs, et de ses traditions.
    Ce premier roman a remporté de nombreux prix en Angleterre.
    Il paraît dans la collection Série noire de Gallimard : une collection qui édite d' excellents polars et nous fait découvrir un large choix de nouveaux auteurs français ou étrangers
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Citations et extraits

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  • Par Aproposdelivres, le 29 avril 2010

    En émergeant de l'avion, Max fut saisi par la chaleur irrespirable qui se plaqua sur lui telle une couverture, si lourde que la petite brise qui soufflait était impuissante à la déloger ou même à la soulever. A côté de ça, les pires canicules de Floride paraissaient frisquettes.
    Il descendit la passerelle sur les talons de Wendy, son gros sac de voyage à la main, les poumons envahis par ce qui était moins de l'air que de la buée, et se mit aussitôt à transpirer par tous les pores de sa peau.
    Côte à côte, ils emboîtèrent le pas aux autres passagers qui se dirigeaient vers le terminal. Wendy remarqua le visage congestionné de Max et son front luisant de sueur.
    « Félicitez-vous que ça ne soit pas l'été ! lui lança-t-elle. Imaginez-vous en Enfer en manteau de fourrure et vous aurez une idée de ce que c'est ici ! »
    Répartis par groupes de dix sur les pistes, des marines, manches retroussées, chargeaient des caisses et des cartons dans des camions, relax, décontractés, prenant tout leur temps. L'île était à eux pour toute la durée qu'il leur plaisait.

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  • Par Aproposdelivres, le 29 avril 2010

    Vu du ciel, Haïti ressemble à une pince de homard dont on aurait croqué le meilleur – le gros bout charnu. Après Cuba, si verdoyante, et toutes les autres petites Antilles qu'ils avaient survolées, l'île avait quelque chose de totalement incongru. A voir ses paysages arides et comme décapés à l'acide et ses sols couleur rouille rouillée, c'était à se demander s'il y poussait des arbres ou de l'herbe. Lorsque l'avion passa au-dessus de la zone frontalière avec la République dominicaine voisine, le tracé de la ligne frontière entre les deux États sauta aux yeux de Max, aussi net que sur une carte de géographie : d'un côté, un désert sec comme un vieil os, de l'autre, une oasis luxuriante.
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  • Par line70, le 27 juin 2011

    On ne guérit jamais complètement d'une dépendance. Même si on s'en garde toute sa vie, l'envie est toujours présente, elle vous poursuit, vous accompagne et vous guette, prête à vous rattraper au moindre faux pas. Mieux vaut rompre avec une habitude quand les hauts sont plus nombreux que les bas et que le plaisir est encore plus intense que la douleur. De cette façon, on ne conserve que les bons souvenirs et pas de regrets, comme pour les rencontres de vacances.
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  • Par encoredunoir, le 07 septembre 2011

    Il avait une vision très claire de son avenir, d'ici un an ou deux. Il habiterait un meublé miteux au papier peint pollué, envahi de hordes de cafards pugnaces, avec, placardée au dos de la porte, une liste de consignes draconiennes en espagnol boiteux, écrites à la main par un proprio à demi illettré
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