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Jean-Luc Piningre (Traducteur)
ISBN : 2266110780
Éditeur : Pocket (2004)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 1012 notes)
Résumé :
En 1875, un chef cheyenne, Little Wolf, se rend à Washington pour demander au président Ulysses S. Grant de lui faire présent de mille femmes blanches, dans le but d'"assurer la sécurité et la prospérité d'un peuple assiégé de toutes parts". Les volontaires seront recrutées pour la plupart dans les pénitenciers et les asiles de fous. Prenant pour point de départ ce fait historique, Jim Fergus retrace l... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (152) Voir plus Ajouter une critique
Lorraine47
Lorraine4714 septembre 2014
  • Livres 4.00/5
J'ai passé de bien agréables moments en compagnie de femmes blanches ayant accepté de gré et parfois de force à devenir les épouses de Cheyennes par décision présidentielle de Grant en 1874. À partir d'un événement historique, nous suivons le parcours de May Dodd en lisant les écrits qu'elle a laissés, tout droit sortis de la féconde imagination de Jim Fergus. Ce pseudo- journal n'en est pas moins émouvant. Si vous avez aimé "Danse avec les loups" ou "Little Big Man", ce livre vous embarquera direct.
La petite touche originale est ce point de vue féminin qui manque parfois dans les westerns rendant hommage aux Indiens, ils sont si rares encore...
Courage, abnégation, adaptation et respect sont les quatre piliers qui permettront à cette femme de tenir avec brio son rang d'épouse de chef Cheyenne aux côtés de Little Wolf.
Bienvenue en territoire Cheyenne, au coeur des Black Hills.
J'adresse mes hommages à l'auteur qui a eu la générosité de verser une partie des royalties perçues sur les ventes de cet ouvrage au profit d'une école indienne du Montana.
Un beau geste pour une belle cause!
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Marcelline
Marcelline10 septembre 2012
  • Livres 4.00/5
La première chose que j'ai faite lorsque j'ai terminé Mille femmes blanches, c'est d'aller vérifier la véracité du point de départ de ce récit, à savoir le pacte conclu entre un chef Cheyenne et le président américain Grant, fin 19ème, prévoyant l'échange de 1000 femmes blanches volontaires contre le nombre équivalent en chevaux; les uns y voyaient un moyen d'assurer la paix entre les peuples grâce au mélange des sangs, les autres espéraient aller civiliser les Sauvages en leur inculquant les valeurs des Blancs.
Difficile d'être fixé mais, finalement, est-ce si important?
A la réflexion, j'ai l'impression que l'intérêt du récit n'est pas tout à fait là et que cette démarche qui m'est venue spontanément montre plutôt le talent de l'auteur qui a réussi à me faire complètement croire à la réalité de ce qu'il raconte!
Non, au final, ce qui fait que j'ai beaucoup aimé ce roman, ce sont plutôt tous les portraits de femmes qui y sont tracés et le sentiment d'avoir été entraînée dans une épopée qui m'a emmenée loin, très loin: loin dans l'ouest américain, loin dans le temps et tellement loin de ma culture...
Si l'opposition un peu simpliste entre les bons Cheyennes, sauvages, et les méchants Américains, civilisés, m'a légèrement agacée par moments, je ne vais pas bouder mon plaisir et j'avoue que j'ai beaucoup aimé ce récit, en particulier le retour à la nature qui permet de retrouver le goût des choses simples, le rythme naturel de l'Homme et le ressenti de ses vrais besoins.
La façon dont les mentalités des femmes blanches évoluent est très bien rendue, chacune ayant une histoire et des motivations différentes.
Une écriture fluide, des personnages attachants au caractère bien trempé, une histoire qui oblige à se retourner sur nos propres valeurs: j'ai dévoré ce livre que je ne devrais pas oublier de si tôt!
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le_Bison
le_Bison22 mars 2012
  • Livres 5.00/5
Nom de code : FBI, « Femmes Blanches pour les Indiens ».
Tel est le nom que porta ce programme secret, décidé entre le président des Etats-Unis d'Amérique Ulysse Grant et le grand chef cheyenne Little Wolf.
Nous sommes en 1874 dans les grandes plaines de l'Ouest américain encore sauvage. Little Wolf, grand chef cheyenne doit rencontrer le président Grant pour lui proposer cet étrange deal. Little Wolf voit en ce marché le moyen de survivre pour son peuple aux abois. En échange de milles femmes blanches, le chef propose 1000 chevaux, que des pur-sangs bien évidemment, plus quelques broutilles. Little Wolf entend ainsi renouveler son cheptel. Il espère surtout que grâce à l'apport de ces milles femmes, fertiles et fécondes, le peuple cheyenne pourra survivre encore quelques années supplémentaires. Il souhaite également pourvoir se rapprocher du peuple blanc et ainsi mieux se comprendre pour vivre en harmonie avec ces blancs qui se sont déjà incruster sur les terres des Indiens. On pourrait penser qu'un peuple civilisé comme le peuple Blanc soit offusqué d'un tel marché, de voir considérer ses femmes blanches comme de simples marchandises, comme un simple troupeau de femelles américaines. Mais, en secret, dans les coulisses du pouvoir, c'est tout autre chose. Des tractations sont menées et si officiellement le projet est trouvé ridicule, officieusement, l'échange va bien avoir lieu. Les américains veulent agrandir leur territoire et chasser encore plus les indiens de chez-eux dans le but de récupérer le plus rapidement possible leurs terres. Les premiers pionniers ont déjà commencé leur ruée vers l'or, et avec ses sauvages autour le gouvernement préfère éviter le bain de sang, étant dans l'incapacité de protéger tous ces aventuriers. Sauf qu'il fut difficile de « recruter » mille femmes blanches pour les envoyer « chez les sauvages ». Alors l'état a puisé dans les prisons et les asiles pour en retenir un premier lot en échange de leur liberté.
Milles femmes blanches ou les carnets de May Dodd. Il s'agit en fait de retracer la fin d'un peuple à travers une voix, celle de May Dodd, une femme qui a fait partie du premier volet d'échange, une femme injustement internée en asile psychiatrique par ses parents simplement parce qu'elle aimait la mauvaise personne. Tout au long de son périple, elle consignera dans un journal intime ses impressions, ses sentiments, sa nouvelle vie à la fois passionnante, émouvante et d'une profonde tristesse. Elle deviendra réellement amoureuse de son peuple d'adoption et connaissant parfaitement l'âme des Blancs, elle saura très tôt que le peuple indien vit ses derniers moments de liberté et de vie. Elle se rend compte que les plus sauvages et les plus barbares ne sont certainement pas ces indiens, décrits comme un sous-peuple, mais bien son peuple d'origine, les Blancs arrogants et supérieurs.
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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Zebra
Zebra10 mars 2014
  • Livres 4.00/5
Né en 1950 de mère française et de père américain, Jim Fergus, auteur américain, se passionne dès l'enfance pour la culture Cheyenne. Son premier roman, « One Thousand White Women: The Journals of May Dodd », est l'histoire de femmes blanches livrées aux indiens par le gouvernement américain afin qu'elles partagent leur vie et qu'elles favorisent ainsi l'intégration progressive de ce peuple de sauvages. En fait d'intégration, le gouvernement américain poursuivait un but moins noble : parquer les indiens dans des réserves en leur faisant miroiter les bienfaits de la civilisation blanche américaine et mettre main basse sur des territoires (les Black Hills) que les géologues et prospecteurs de tous poils avaient identifiés comme recélant d'abondantes réserves d'or et autres métaux précieux.
Publié aux États-Unis en 1998, le livre a rencontré un succès assez moyen (250 000 exemplaires vendus) alors qu'il faisait un tabac en France (en tête des best-sellers pendant 57 semaines, plus de 400 000 exemplaires vendus). Curieusement, les notes sur Babelio s'échelonnent de 1 à 5/5 : comment expliquer que cet ouvrage, qui a valu à Jim Fergus, le prix du Premier roman étranger, ait été si diversement apprécié ?
Premier point, Jim Fergus nous aurait trompé : il ne s'agirait pas d'un roman historique mais d'une fiction, l'auteur ayant utilisé un vrai-faux journal intime rédigé par son héroïne, May Dodd, pour nous conter une histoire complètement bidon ! Nuançons s'il vous plait. Chez l'éditeur américain, le côté fictionnel de l'ouvrage ne fait aucun doute : « The novel is written as a series of journals chronicling the fictitious adventures of an "J. Will Dodd's" ostensibly real ancestor in an imagined "Brides for Indians" program of the United States government. An introduction by "J. Will Dodd" places the journals in a contemporary context, and lends an air of realism ». de plus, l'ouvrage a reçu en 1999 le « Fiction of the Year Award » décerné par « the Mountains & Plains Booksellers Association ».
Deuxième point, le côté trop contemporain des réflexions et des propos tenus par les femmes blanches de l'ouvrage, femmes incroyablement libérées, tant dans leurs corps que dans leurs esprits, serait peu crédible, pour ne pas dire inconcevable, à une époque (en 1875) où les citoyens des Etats-Unis étaient extrêmement puritains. Une précision s'impose : en juillet 1848 (soit près de 30 ans avant les faits qui sont relatés), la Convention de Seneca Falls réunissait près de 200 femmes blanches dont des figures marquantes du mouvement féministe américain. Nous ne savons évidemment rien de la nature des propos qu'elles pouvaient échanger et notamment de leur liberté de ton, mais il n'est pas impossible que ces féministes aient été moins coincées que nous ne pourrions le supposer.
Troisième point, l'ouvrage serait bourré de stéréotypes (du genre, « l'indien est forcément bon sauf quand il a bu l'eau de feu que lui a vendue l'homme blanc » ou « le militaire blanc est très méchant ») et tournerait à la caricature tant il est vrai que Jim Fergus se plait à opposer les bons (qui sont très bons) et les méchants (qui sont forcément très méchants). Je reconnais que ça n'est pas faux, et si on y ajoute le côté surréaliste de quelques scènes (comme celle où une des blanches, hyper-raciste, devient follement amoureuse de son indien de mari), l'étoile de « Mille femmes blanches » s'en trouve comme ternie.
Bon, reconnaissons-le, l'ouvrage est un peu long (495 pages) et d'un rythme lent (mais n'est-ce pas le rythme de la nature?). Les dialogues sont parfois surprenants. Les états d'âme de May Dodd peuvent devenir lassants. Bref, ça manque de souffle ! Par contre, ça ne manque pas de violence. Mais est-ce si important ? Quel était au final le but recherché par Jim Fergus ? Nous faire toucher du doigt la réalité et la vérité du génocide indien. Il lui fallait un prétexte : nous montrer la galère d'une femme libre de corps et d'esprit dans une société ou ça suffisait à vous faire interner, puis il nous présente des portraits de femmes attachantes, des femmes confrontées au choc des cultures, nous envoyant du même coup un message de tolérance et d'ouverture à l'autre. En prime, vous parcourez les grands espaces nord-américains et vous vivez l'aventure, comme si vous y étiez, avec émotion et humour. Je souhaiterais mettre 3 étoiles ½ mais ça n'est pas possible : je mets donc quatre étoiles.
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missmolko1
missmolko118 juillet 2015
  • Livres 5.00/5
Il y a des romans qui traînent sur une étagère, dans un placard et une fois la lecture achevée, on se demande pourquoi on ne l'a pas lu plutôt. Mille femmes blanches est un roman qui m'a tenu en haleine du début a la fin. J'ai adoré me plonger dans le monde des indiens d'Amérique et je ne peux que recommander cette lecture a tout ceux qui ne l'aurez pas encore lu.
On fait la connaissance de May Dodd, internée dans un asile par sa famille fortunée car elle a eu des enfants hors mariage. Elle s'apprête a prendre part a un curieux projets du gouvernement américain qui consiste a livrer mille femmes blanches dans le but de civiliser "les sauvages" et de les intégrer plus facilement a la civilisation blanche. "Je ne peux m'empêcher de penser une fois de plus que l'homme est bel et bien une créature brutale et imbécile. Est-il une autre espèce sur terre qui tue pour le plaisir ?"
A travers les écrits de May dans ses carnets, on découvre différents portraits de femmes, toutes plus charismatiques et attachantes les unes que les autres, qui viennent toutes de différents milieux : "Franchement, vu la façon dont j'ai été traitée par les gens dits "civilisés", il me tarde finalement d'aller vivre chez les sauvages." Mais surtout, on découvre une autre culture, un autre mode de vie proche de la nature, fait de superstitions et une autre langue. "Les Cheyennes croient que toute chose ayant eu lieu quelque part - chaque naissance, chaque mort - s'y trouve toujours, de sorte que le passé, le présent et l'avenir cohabitent éternellement sur terre."
C'est la première fois que je lis un roman de l'auteur, Jim Fergus, mais certainement pas le dernier tant Mille femmes blanches m'a conquise.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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Citations & extraits (116) Voir plus Ajouter une citation
MeduzanticMeduzantic22 septembre 2016
Nous avons monté le camp au détour d'une mince rivière, bordée de hautes plaines nues. Un paysage désolé, sans intérêt ni rien pour stopper le vent dont les rafales fondent des crêtes lointaines pour assaillir notre petit groupe de tentes collées les unes aux autres, si fragiles et si vulnérables. Nous sommes bien minuscules, comparés à la puissance des éléments ! Il n'y a rien d'étonnant à ce que ces gens soient si superstitieux face à eux. Ni qu'ils s'efforcent de gagner les bonnes grâces des dieux des quatre points cardinaux, du ciel et de la terre, sans compter les esprits des animaux sauvages et du temps, car nous vivons à leur merci. Dans cette optique, les Blancs bâtissent leurs forts et leurs maisons, leurs entrepôts et leurs églises comme autant de remparts peu convaincants devant l'immensité d'une Terre qu'ils sont incapables d'aimer, d'un vide qu'ils tentent vainement de combler.
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cyrielle78cyrielle7821 septembre 2016
Je ne peux m'empêcher de penser une fois de plus que l'homme est bel et bien une créature brutale et imbécile. Est-il une autre espèce sur terre qui tue pour le plaisir ?
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ZebraZebra09 mars 2014
page 117 [...] Le visage peint de mystérieux motifs, un grand nombre de nos visiteurs étaient vêtus de jambières et de tuniques de cuir resplendissantes, ornées de toutes sortes de parures fantastiques. Certains avaient les jambes et le torse nus, parcourus de curieuses peintures. D'autres, armés de lances décorées de couleurs vives, arboraient des plumes, parfois une coiffe entière. Leurs cheveux tressés étaient embellis de perles et de pièces d'argent frappé, ils portaient des colliers d'os et de dents d'animaux, mais aussi des boutons de cuivre et des clochettes d'argent, de sorte que leur magnifique apparition était accompagnée d'un tintinnabule mélodieux qui ne fit qu'ajouter au sentiment général d'irréalité. [...]
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kathelkathel19 juillet 2012
13 avril 1875
Eh bien, nous voilà enfin à Fort Laramie, l'endroit le plus sale, le plus misérable, le plus perdu que Dieu ait bien voulu nous donner ! Il semble que nous ayons quitté il y a cent ans les prairies de Chicago qu'on dirait luxuriantes, comparées à ce désert poussiéreux de rocaille, Seigneur !
Logées dans les quartiers militaires, nous dormons sur de petits lits de bois brut – tout ce qu'il y a de primitif, vraiment inconfortables... pourtant je ne devrais pas encore employer ces mots. Dans quel genre d'inconfort devrons-nous vivre dans quelques temps ? Nous allons rester ici une semaine, nous dit-on, ensuite nous serons escortées par un détachement de l'armée jusqu'à Camp Robinson où nous ferons enfin la connaissance de nos maris indiens. Je suis convaincue d'être parfaitement dérangée, comme toutes les autres. Il faut quand même être vraiment folle pour rejoindre de tels lieux de son plein gré, non ? Accepter de vivre chez les sauvages ! Et en épouser un ! Mon Dieu, Harry, comment as-tu pu les laisser m'écarter de toi ?
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Eric75Eric7529 décembre 2011
" Ainsi, reprit-il enfin, nos guerriers logeront leur graine de Cheyennes dans le ventre des femmes blanches. Elle s'épanouira dans leurs entrailles et la prochaine génération de nos enfants viendra au jour dans votre tribu pour jouir de tous les privilèges qui y sont associés. "
A ce moment précis de l'allocation du chef, Julia, l'épouse du président, perdit brusquement connaissance et tomba de sa chaise, évanouie, presque morte, en émettant un long râle comparable à celui d'un bison femelle atteint d'une balle en plein poumon (plus tard, dans ses mémoires, Julia Dent Grant devait affirmer que son évanouissement n'était pas dû à l'idée insupportable que ces sauvages puissent s'accoupler avec de jeunes Blanches, mais à la chaleur étouffante qui régnait ce jour-là dans la pièce).
Tandis que l'on accourait au secours de la First Lady, le président, empourpré, se leva difficilement. Little Wolf comprit qu'il était ivre, ce qui, vu la solennité de la cérémonie, constituait un sérieux manquement au protocole. (...)
Titubant, Grant s'était redressé et, rouge comme une écrevisse, il cria : " Outrage ! Outrage ! " en montrant Little Wolf du doigt.
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Videos de Jim Fergus (7) Voir plusAjouter une vidéo
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