> Jean-Luc Piningre (Traducteur)

ISBN : 2266110780
Éditeur : Pocket (2004)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 180 notes) Ajouter à mes livres
En 1875, un chef cheyenne, Little Wolf, se rend à Washington pour demander au président Ulysses S. Grant de lui faire présent de mille femmes blanches, dans le but d'"assurer la sécurité et la prospérité d'un peuple assiég... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Eric75019, le 29 décembre 2011

    Eric75019
    En 1873, le chef des Cheyennes du Nord Little Wolf (1820-1904) se rend à Washington et y rencontre le président américain Ulysses S. Grant. La teneur des propos échangés demeure à ce jour inconnue. Fin de la réalité historique. A partir de là, Jim Fergus imagine la trame de Mille Femmes blanches, lesquelles sont réclamées lors d'un improbable troc en échange de mille chevaux, dont « cinq cents bêtes sauvages et cinq cents autres déjà dressées ». le problème de ce roman, primé et adulé par les aficionados (400.000 exemplaires vendus en France, soit presque deux fois plus qu'aux États-Unis, prix du Premier roman étranger en 2000) est qu'il repose sur deux petites malhonnêtetés intellectuelles.
    La première tient entièrement dans l'introduction et le prologue, très bien amenés, mais qui font croire en effet à un scénario bien plus ancré dans la réalité qu'il ne l'est réellement, en mélangeant documents familiaux et rapport officiels, personnages de fiction et personnages réels. La seconde réside dans l'anachronisme des mentalités des protagonistes (notamment des femmes blanches en question) qui, pour sympathiques qu'elles soient, me semblent parfaitement invraisemblables au beau milieu du XIXème siècle. Patience, je m'explique.
    Le premier artifice fait à mon avis s'écrouler tout l'intérêt que l'on pourrait porter au roman. le récit des carnets de May Dodd serait en effet beaucoup plus accrocheur si on lui reconnaissait un semblant de réalité historique, si le programme FBI (Femmes Blanches pour les Indiens) avait été un épisode avéré de l'histoire des Indiens des Plaines. C'est une belle histoire, mais qui reste malheureusement virtuelle, malgré le style « autofiction » du récit. A ranger du côté des contes de fées, hélas.
    Le second artifice est également indispensable à la crédibilité et à la cohérence du récit. Les femmes des années 1870 (les carnets datent de 1875-1876) étaient donc tellement émancipées qu'elles ont accepté sans rechigner de vivre Woodstock un siècle plus tôt. Personne ne peut y croire un instant. On connait le puritanisme ambiant de l'époque. le roman de Jim Fergus surfe de fait sur la vague du succès de « Danse avec les loups » (1990), film ayant, avec quelques autres, réhabilité les indiens d'Amérique du Nord pour leur côté écolo et new âge, et qui sont devenus très tendances depuis.
    La réalité est tout autre. Dressée-avec-le-Poing, personnage du film « Danse avec les loups » est inspirée de Cynthia Ann Parker. Cette femme blanche (une seule femme, donc) a été capturée en 1836 et enlevée à l'âge de neuf ans par des Comanches qui ont massacré, torturé et violé sa famille lors du massacre de fort Parker. Intégrée dans la communauté, elle a été également violée et torturée, tout en étant fortement discriminée par les Comanches. Elle a été adoptée comme épouse du chef comanche Peta Nocona. Elle est restée avec les Comanches pendant 24 ans.
    Dressée-avec-le-Poing et Danse-avec-les-loups, immortalisés au cinéma par Mary McDonnell et Kevin Costner, forment un couple épatant et inoubliable, mais loin de la réalité. May Dodd et Little Wolf pourraient accéder à la même notoriété si le scénario de Mille Femmes blanches était un jour porté à l'écran (Hollywood a acheté les droits et Jim Fergus aurait déjà écrit plusieurs moutures de scénario). Mais ils seront, eux aussi, assez loin de la réalité.
    Pour finir, j'ai trouvé qu'il manquait à Mille Femmes blanches le souffle épique qui aurait convenu à ce genre de roman, et malgré ses louables intentions – faire connaître et faire apprécier la culture des amérindiens, dénoncer le comportement et la traîtrise des hommes blancs – ce roman n'a pas été à la hauteur de mes attentes. N'est pas Michael Blake qui veut.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par nanoucz, le 30 novembre 2009

    nanoucz
    Sous-titré "Les carnets de May Dodd", ce roman s'appuie sur un fait réel.
    En 1875, un chef de la tribu des cheyennes proposa au président Grand d'échanger 1000 femmes blanches contre 1000 chevaux, afin de faciliter l'intégration de ses guerriers dans le monde de l'Homme Blanc.
    Dans ces carnets, May Dodd, l'une des femmes volontaires pour ce curieux échange, relate les évènements qui l'ont amenée dans cette aventure. Rejetée par sa famille, en raison d'un comportement en dehors des normes de l'époque, May a été enfermée dans un asile psychiatrique et séparée de ces deux enfants, nés hors mariage. Accepter de participer à cette expérience est le seul moyen pour elle de sortir de cette prison et d'espérer revoir ses enfants, une fois qu'elle aura donné naissance à un enfant cheyenne.
    Nous la suivons dans sa découverte de la vie indienne, au grand air, en compagnie d'autres femmes blanches, où se retrouvent les archétypes de la société de l'époque : vieilles filles aigries ou pleines d'espoir, prostituées, femmes hors normes, malades mentales ou délinquantes, missionnaires prêtes à convertir de nouveaux adeptes.
    Cette histoire est magnifique, racontée par une femme à l'esprit ouvert, qui sait s'adapter aux situations nouvelles, sans préjugés. C'est aussi une femme de passion, qui assume ses choix et ses responsabilités.
    La lecture de ce roman fort apporte un contraste à beaucoup de films qui présentent les Indiens d'Amérique uniquement comme des guerriers sanguinaires et sauvages. Certes, il y en eut mais la conquête de l'Ouest, nous le savons déjà, a fourni aux hommes blancs de tristes occasions d'exercer leur cruauté et leur pouvoir pour exterminer les tribus indigènes.
    J'ai beaucoup aimé ce livre et l'ai lu en quelques jours, ce qui est rare pour moi. Je ne peux que le recommander, si vous avez soif d'aventures et de dépaysement !
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 22 février 2011

    cicou45
    Jim Harrison a dit lui-même de ce livre qu'il s'agissait d' "un roman splendide, puissant et exhaltant".
    Sur ce, je suis tout à fait d'accord avec lui. Même si le sujet de l'histoire est assez révoltant (un chef cheyenne, prénommé Little Wolf, demande au Président Grant de lui échanger mille femmes blanche contre des chevaux, ce qui va effectivement avoir lieu). le sujet peut donc paraître révoltant à premiere vue puisque les femmes sont assimilées à du bétail mais au fil du récit (il s'agit en fait du journal intime de l'une de ces femmes qui ont été "troquées" aux Indiens), on assiste au mélanges de ces deux races, qui, à priori, n'ont rien en commun, et l'on s'attache de plus en plus à ce peuple, qui était jusqu'alors, méconnu, et souvent jugé à tord de barbare et de non civilisé. L'histoire est touchante et captivante. A découvrir !
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par zembla, le 17 juillet 2011

    zembla
    En 1874, au Etats-Unis, Mary Dodd se retrouve dans un asile d'aliéné. Sa faute ? D' aimer et d'avoir donner deux enfants a un homme en dessous de sa condition sociale sans être passé par la case mariage. Résultat, ses parent l'internent sous prétexte de débauches sexuelles. Sa vie va se terminer dans cet endroit parmi les fous où sa raison commence a chanceler. Mais l'Histoire va la sortir de là. le chef indien Little Wolf demande au président Grant a troquer Mille Femmes blanches contre mille chevaux pour faciliter l'intégration du peuple indien. le président accepte mais devant le peu de volontaires il est obliger de vider les prisons et les asiles pour faire le compte. Mary Dodd se retrouve embarquer dans cette aventure où elle va se retrouver la squaw d'un grand guerrier. Elle va assister a la vie quotidienne de ce peuple et s'intégrer peu a peu a eux en devenant l'une des leurs. Mais elle va assister aussi a son agonie.
    Un livre passionnant qui nous entraîne parmi les cheyennes, nous faisant partager leur quotidien sans romantisme. L'auteur ne pare pas les indiens de toutes les qualités et les blancs de tous les défauts même s'il est évident que les indiens ont été victime d'un génocide. C'est sous forme de carnets écrits par Mary Dodd que ce roman est construit de sa sortie de l'asile jusqu'à sa fin. le contexte historique qui sert de toile de fond a ce roman est fidèlement reconstitué et nous fait comprendre comment et pourquoi les blancs ont décidé de la destruction de ce peuple fier mais qui par la faute de ses divisions n'a pu résister que de manière sporadique. Autre point fort de ce roman, les personnages que ce soit les principaux ou les secondaires. Tour a tour drole, touchant, pathétique voir répugnant, l'auteur nous livre une galerie de portraits qui rend ce roman attachant. Je n'oublierai pas avant longtemps la solide Mary Dodd, l'excentrique Helen Elizabeth Flight, , la guerrière Euphémia Washington, la massive Gretchen Fathauer, les soeurs Kelly et j'en passe.
    Roman engagé,émouvant, touchant, puissant et passionnant. Bref, un coup de coeur. Ma note 9/10.
    A noter que ce livre a reçu le prix du premier roman étranger.

    Lien : http://www.desgoutsetdeslivres.fr/
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    • Livres 4.00/5
    Par Nadael, le 27 juin 2011

    Nadael
    Le commencement du roman a de quoi déstabiliser, voire choquer. En effet, à la fin du 19 ème siècle, le chef de la tribu Cheyenne fait une étrange proposition au président des Etats-Unis : l'échange de Mille Femmes blanches contre mille chevaux afin de rétablir la paix entre les deux peuples. Cette demande a réellement été faite par le chef Little Wolf au Président Grant en 1875, ce dernier ayant évidemment refusé. Jim Fergus imagine alors l'acceptation de la proposition par le gouvernement américain, dans le plus grand secret. Ce dernier a alors la lourde tâche de trouver des femmes prêtes à changer de vie en épousant des indiens et leur donner des enfants.
    Et voilà que nous faisons connaissance avec May Dodd ; jeune femme d'origine bourgeoise claquemurée dans un asile psychiatrique, ayant été envoyée dans ce lieu par sa famille pour de mauvaises raisons. Ne supportant plus ses conditions de vie, elle voit dans cette échange la liberté retrouvée.
    C'est le récit de sa nouvelle existence – et celles d'autres femmes – parmi les Cheyennes que le lecteur découvrira à travers ses carnets tombés dans les mains de sa descendance. Elle nous fait partager cette étrange et improbable expérience, le mode de vie des indiens de cette tribu, leur culture, leurs traditions, leur déchéance aussi, avant que les américains les envoie dans des réserves les privant ainsi de leur liberté.
    On éprouve beaucoup d'empathie et d'admiration pour ces femmes confrontées à des conditions de vie si éloignées des leurs, dans les grandes plaines de l'Ouest si vastes et si hostiles, bravant les fortes chaleurs et les grands froids au fil des saisons. Un grand livre qui porte un regard différent sur ce peuple souvent qualifié de sauvage de barbare.

    Lien : http://lesmotsdelafin.over-blog.com/article-mille-femmes-blanches-77..
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Citations et extraits

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  • Par Eric75019, le 29 décembre 2011

    " Ainsi, reprit-il enfin, nos guerriers logeront leur graine de Cheyennes dans le ventre des femmes blanches. Elle s'épanouira dans leurs entrailles et la prochaine génération de nos enfants viendra au jour dans votre tribu pour jouir de tous les privilèges qui y sont associés. "
    A ce moment précis de l'allocation du chef, Julia, l'épouse du président, perdit brusquement connaissance et tomba de sa chaise, évanouie, presque morte, en émettant un long râle comparable à celui d'un bison femelle atteint d'une balle en plein poumon (plus tard, dans ses mémoires, Julia Dent Grant devait affirmer que son évanouissement n'était pas dû à l'idée insupportable que ces sauvages puissent s'accoupler avec de jeunes Blanches, mais à la chaleur étouffante qui régnait ce jour-là dans la pièce).
    Tandis que l'on accourait au secours de la First Lady, le président, empourpré, se leva difficilement. Little Wolf comprit qu'il était ivre, ce qui, vu la solennité de la cérémonie, constituait un sérieux manquement au protocole. (...)
    Titubant, Grant s'était redressé et, rouge comme une écrevisse, il cria : " Outrage ! Outrage ! " en montrant Little Wolf du doigt.
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  • Par tojadi, le 28 février 2011

    Il serait malhonnête de ma part d'affirmer que je ne ressens pas d'inquiétude au sujet de la vie qui nous attend . M. Benton nous a assuré que les clauses de notre contrat ne nous obligent à donner naissance qu'à un enfant seulement , après quoi nous serons libres de partir ou de rester . En cas d'impossibilité de concevoir , nous sommes tenues de demeurer auprès de nos conjoints deux années entières , au terme desquelles nous ferons ce que nous voudrons ...c'est du moins la version des autorités . Il n'a pas manqué de me venir à l'esprit que nos futurs maris n'entendront peut-être pas les choses de cette oreille .
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  • Par Huckleberry, le 19 août 2009

    Et c'est ça qui est bien, d'ailleurs, chez les Indiens, je parle de la façon dont ils vivent, ici tu passes pas ton temps à te demander si tu es heureux ou pas. D'ailleurs, à mon avis, cette histoire de bonheur est une invention ridicule des Blancs à laquelle on attache trop d'importance. C'est exactement comme l'alcool. Pourquoi faudrait-il se poser la question plus qu'un bébé ours, une antilope, un coyote ou n'importe quelle espèce d'oiseau ?
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  • Par soelmaju, le 16 janvier 2009

    Franchement, vu la façon dont j'ai été traitée par les gens dits "civilisés", il me tarde finalement d'aller vivre chez les sauvages.
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  • Par Nadael, le 24 juin 2011

    Seigneur Dieu, nous les avons vu aujourd'hui ! Notre peuple adoptif. Une escouade est venue nous examiner comme on le ferait d'un lot de marchandises...ce que, de fait, nous sommes précisément. Ils m'ont littéralement coupé le souffle. J'ai réussi à distinguer cinquante-trois individus – car autant essayer de compter les grains d'une poignée de sable jetée au vent – tous des hommes, chevauchant des montures dont ils semblaient le prolongement naturel. Ils ont fait irruption comme les membres d'un seul corps, un diable de poussière galopant et tourbillonnant.
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