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> Jean-Luc Piningre (Traducteur)

ISBN : 2266110780
Éditeur : Pocket (2004)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 584 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
En 1875, un chef cheyenne, Little Wolf, se rend à Washington pour demander au président Ulysses S. Grant de lui faire présent de mille femmes blanches, dans le but d'"assurer la sécurité et la prospérité d'un peuple assiég... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Marcelline, le 10 septembre 2012

    Marcelline
    La première chose que j'ai faite lorsque j'ai terminé Mille Femmes blanches, c'est d'aller vérifier la véracité du point de départ de ce récit, à savoir le pacte conclu entre un chef Cheyenne et le président américain Grant, fin 19ème, prévoyant l'échange de 1000 femmes blanches volontaires contre le nombre équivalent en chevaux; les uns y voyaient un moyen d'assurer la paix entre les peuples grâce au mélange des sangs, les autres espéraient aller civiliser les Sauvages en leur inculquant les valeurs des Blancs.
    Difficile d'être fixé mais, finalement, est-ce si important?
    A la réflexion, j'ai l'impression que l'intérêt du récit n'est pas tout à fait là et que cette démarche qui m'est venue spontanément montre plutôt le talent de l'auteur qui a réussi à me faire complètement croire à la réalité de ce qu'il raconte!
    Non, au final, ce qui fait que j'ai beaucoup aimé ce roman, ce sont plutôt tous les portraits de femmes qui y sont tracés et le sentiment d'avoir été entraînée dans une épopée qui m'a emmenée loin, très loin: loin dans l'ouest américain, loin dans le temps et tellement loin de ma culture...
    Si l'opposition un peu simpliste entre les bons Cheyennes, sauvages, et les méchants Américains, civilisés, m'a légèrement agacée par moments, je ne vais pas bouder mon plaisir et j'avoue que j'ai beaucoup aimé ce récit, en particulier le retour à la nature qui permet de retrouver le goût des choses simples, le rythme naturel de l'Homme et le ressenti de ses vrais besoins.
    La façon dont les mentalités des femmes blanches évoluent est très bien rendue, chacune ayant une histoire et des motivations différentes.
    Une écriture fluide, des personnages attachants au caractère bien trempé, une histoire qui oblige à se retourner sur nos propres valeurs: j'ai dévoré ce livre que je ne devrais pas oublier de si tôt!
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    • Livres 4.00/5
    Par Zebra, le 10 mars 2014

    Zebra
    Né en 1950 de mère française et de père américain, Jim Fergus, auteur américain, se passionne dès l'enfance pour la culture Cheyenne. Son premier roman, « One Thousand White Women: The Journals of May Dodd », est l'histoire de femmes blanches livrées aux indiens par le gouvernement américain afin qu'elles partagent leur vie et qu'elles favorisent ainsi l'intégration progressive de ce peuple de sauvages. En fait d'intégration, le gouvernement américain poursuivait un but moins noble : parquer les indiens dans des réserves en leur faisant miroiter les bienfaits de la civilisation blanche américaine et mettre main basse sur des territoires (les Black Hills) que les géologues et prospecteurs de tous poils avaient identifiés comme recélant d'abondantes réserves d'or et autres métaux précieux.
    Publié aux États-Unis en 1998, le livre a rencontré un succès assez moyen (250 000 exemplaires vendus) alors qu'il faisait un tabac en France (en tête des best-sellers pendant 57 semaines, plus de 400 000 exemplaires vendus). Curieusement, les notes sur Babelio s'échelonnent de 1 à 5/5 : comment expliquer que cet ouvrage, qui a valu à Jim Fergus, le prix du Premier roman étranger, ait été si diversement apprécié ?
    Premier point, Jim Fergus nous aurait trompé : il ne s'agirait pas d'un roman historique mais d'une fiction, l'auteur ayant utilisé un vrai-faux journal intime rédigé par son héroïne, May Dodd, pour nous conter une histoire complètement bidon ! Nuançons s'il vous plait. Chez l'éditeur américain, le côté fictionnel de l'ouvrage ne fait aucun doute : « The novel is written as a series of journals chronicling the fictitious adventures of an "J. Will Dodd's" ostensibly real ancestor in an imagined "Brides for Indians" program of the United States government. An introduction by "J. Will Dodd" places the journals in a contemporary context, and lends an air of realism ». de plus, l'ouvrage a reçu en 1999 le « Fiction of the Year Award » décerné par « the Mountains & Plains Booksellers Association ».
    Deuxième point, le côté trop contemporain des réflexions et des propos tenus par les femmes blanches de l'ouvrage, femmes incroyablement libérées, tant dans leurs corps que dans leurs esprits, serait peu crédible, pour ne pas dire inconcevable, à une époque (en 1875) où les citoyens des Etats-Unis étaient extrêmement puritains. Une précision s'impose : en juillet 1848 (soit près de 30 ans avant les faits qui sont relatés), la Convention de Seneca Falls réunissait près de 200 femmes blanches dont des figures marquantes du mouvement féministe américain. Nous ne savons évidemment rien de la nature des propos qu'elles pouvaient échanger et notamment de leur liberté de ton, mais il n'est pas impossible que ces féministes aient été moins coincées que nous ne pourrions le supposer.
    Troisième point, l'ouvrage serait bourré de stéréotypes (du genre, « l'indien est forcément bon sauf quand il a bu l'eau de feu que lui a vendue l'homme blanc » ou « le militaire blanc est très méchant ») et tournerait à la caricature tant il est vrai que Jim Fergus se plait à opposer les bons (qui sont très bons) et les méchants (qui sont forcément très méchants). Je reconnais que ça n'est pas faux, et si on y ajoute le côté surréaliste de quelques scènes (comme celle où une des blanches, hyper-raciste, devient follement amoureuse de son indien de mari), l'étoile de « Mille Femmes blanches » s'en trouve comme ternie.
    Bon, reconnaissons-le, l'ouvrage est un peu long (495 pages) et d'un rythme lent (mais n'est-ce pas le rythme de la nature?). Les dialogues sont parfois surprenants. Les états d'âme de May Dodd peuvent devenir lassants. Bref, ça manque de souffle ! Par contre, ça ne manque pas de violence. Mais est-ce si important ? Quel était au final le but recherché par Jim Fergus ? Nous faire toucher du doigt la réalité et la vérité du génocide indien. Il lui fallait un prétexte : nous montrer la galère d'une femme libre de corps et d'esprit dans une société ou ça suffisait à vous faire interner, puis il nous présente des portraits de femmes attachantes, des femmes confrontées au choc des cultures, nous envoyant du même coup un message de tolérance et d'ouverture à l'autre. En prime, vous parcourez les grands espaces nord-américains et vous vivez l'aventure, comme si vous y étiez, avec émotion et humour. Je souhaiterais mettre 3 étoiles ½ mais ça n'est pas possible : je mets donc quatre étoiles.
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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 22 mars 2012

    le_Bison
    Nom de code : FBI, « Femmes Blanches pour les Indiens ».
    Tel est le nom que porta ce programme secret, décidé entre le président des Etats-Unis d'Amérique Ulysse Grant et le grand chef cheyenne Little Wolf.
    Nous sommes en 1874 dans les grandes plaines de l'Ouest américain encore sauvage. Little Wolf, grand chef cheyenne doit rencontrer le président Grant pour lui proposer cet étrange deal. Little Wolf voit en ce marché le moyen de survivre pour son peuple aux abois. En échange de milles femmes blanches, le chef propose 1000 chevaux, que des pur-sangs bien évidemment, plus quelques broutilles. Little Wolf entend ainsi renouveler son cheptel. Il espère surtout que grâce à l'apport de ces milles femmes, fertiles et fécondes, le peuple cheyenne pourra survivre encore quelques années supplémentaires. Il souhaite également pourvoir se rapprocher du peuple blanc et ainsi mieux se comprendre pour vivre en harmonie avec ces blancs qui se sont déjà incruster sur les terres des Indiens. On pourrait penser qu'un peuple civilisé comme le peuple Blanc soit offusqué d'un tel marché, de voir considérer ses femmes blanches comme de simples marchandises, comme un simple troupeau de femelles américaines. Mais, en secret, dans les coulisses du pouvoir, c'est tout autre chose. Des tractations sont menées et si officiellement le projet est trouvé ridicule, officieusement, l'échange va bien avoir lieu. Les américains veulent agrandir leur territoire et chasser encore plus les indiens de chez-eux dans le but de récupérer le plus rapidement possible leurs terres. Les premiers pionniers ont déjà commencé leur ruée vers l'or, et avec ses sauvages autour le gouvernement préfère éviter le bain de sang, étant dans l'incapacité de protéger tous ces aventuriers. Sauf qu'il fut difficile de « recruter » Mille Femmes blanches pour les envoyer « chez les sauvages ». Alors l'état a puisé dans les prisons et les asiles pour en retenir un premier lot en échange de leur liberté.
    Milles femmes blanches ou les carnets de May Dodd. Il s'agit en fait de retracer la fin d'un peuple à travers une voix, celle de May Dodd, une femme qui a fait partie du premier volet d'échange, une femme injustement internée en asile psychiatrique par ses parents simplement parce qu'elle aimait la mauvaise personne. Tout au long de son périple, elle consignera dans un journal intime ses impressions, ses sentiments, sa nouvelle vie à la fois passionnante, émouvante et d'une profonde tristesse. Elle deviendra réellement amoureuse de son peuple d'adoption et connaissant parfaitement l'âme des Blancs, elle saura très tôt que le peuple indien vit ses derniers moments de liberté et de vie. Elle se rend compte que les plus sauvages et les plus barbares ne sont certainement pas ces indiens, décrits comme un sous-peuple, mais bien son peuple d'origine, les Blancs arrogants et supérieurs.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par zazimuth, le 24 avril 2012

    zazimuth
    J'ai vraiment accroché à cette histoire, ce beau portrait de femme, et l'écriture non dénuée d'humour.
    Vers 1870 aux Etats-Unis, May Dodd est une jeune femme de bonne famille à la nature passionnelle. Elle tombe amoureuse d'un ouvrier de son père avec lequel elle décide de partir vivre et dont elle a deux enfants... mais sa famille cherche par tous les moyens à mettre fin à cette honte et finit par la faire enfermer dans un asile d'aliénés !!!
    Elle trouve un moyen de s'en échapper en acceptant de participer à l'opération « Mille Femme Blanches » par laquelle le président Grant a conclu un marché avec une tribu indienne en guerre en envoyant des femmes « volontaires » vivre à leurs côté et mêler leur sang pour les générations futures.
    Le récit à la première personne émane des carnets que l'héroïne rédige ainsi que quelques lettres. On y découvre la civilisation cheyenne, ses mœurs, sa vie au grand air, ses traditions et croyances. Comment les femmes se sont plus ou moins bien adaptées, la solidarité entre elles et la place qu'elles finissent pas prendre dans la communauté.
    Je ne dévoile pas le reste du déroulement de l'histoire malheureusement triste...
    J'ai vraiment aimé ce livre et plutôt que ce portrait je devrais dire CES portraits de femmes fortes.

    Lien : http://toutzazimuth.eklablog.fr/mille-femmes-blanches-de-jim-fergus-..
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    • Livres 3.00/5
    Par Eric75, le 29 décembre 2011

    Eric75
    En 1873, le chef des Cheyennes du Nord Little Wolf (1820-1904) se rend à Washington et y rencontre le président américain Ulysses S. Grant. La teneur des propos échangés demeure à ce jour inconnue. Fin de la réalité historique. A partir de là, Jim Fergus imagine la trame de Mille Femmes blanches, lesquelles sont réclamées lors d'un improbable troc en échange de mille chevaux, dont « cinq cents bêtes sauvages et cinq cents autres déjà dressées ». le problème de ce roman, primé et adulé par les aficionados (400.000 exemplaires vendus en France, soit presque deux fois plus qu'aux États-Unis, prix du Premier roman étranger en 2000) est qu'il repose sur deux petites malhonnêtetés intellectuelles.
    La première tient entièrement dans l'introduction et le prologue, très bien amenés, mais qui font croire en effet à un scénario bien plus ancré dans la réalité qu'il ne l'est réellement, en mélangeant documents familiaux et rapport officiels, personnages de fiction et personnages réels. La seconde réside dans l'anachronisme des mentalités des protagonistes (notamment des femmes blanches en question) qui, pour sympathiques qu'elles soient, me semblent parfaitement invraisemblables au beau milieu du XIXème siècle. Patience, je m'explique.
    Le premier artifice fait à mon avis s'écrouler tout l'intérêt que l'on pourrait porter au roman. le récit des carnets de May Dodd serait en effet beaucoup plus accrocheur si on lui reconnaissait un semblant de réalité historique, si le programme FBI (Femmes Blanches pour les Indiens) avait été un épisode avéré de l'histoire des Indiens des Plaines. C'est une belle histoire, mais qui reste malheureusement virtuelle, malgré le style « autofiction » du récit. A ranger du côté des contes de fées, hélas.
    Le second artifice est également indispensable à la crédibilité et à la cohérence du récit. Les femmes des années 1870 (les carnets datent de 1875-1876) étaient donc tellement émancipées qu'elles ont accepté sans rechigner de vivre Woodstock un siècle plus tôt. Personne ne peut y croire un instant. On connait le puritanisme ambiant de l'époque. le roman de Jim Fergus surfe de fait sur la vague du succès de « Danse avec les loups » (1990), film ayant, avec quelques autres, réhabilité les indiens d'Amérique du Nord pour leur côté écolo et new âge, et qui sont devenus très tendances depuis.
    La réalité est tout autre. Dressée-avec-le-Poing, personnage du film « Danse avec les loups » est inspirée de Cynthia Ann Parker. Cette femme blanche (une seule femme, donc) a été capturée en 1836 et enlevée à l'âge de neuf ans par des Comanches qui ont massacré, torturé et violé sa famille lors du massacre de fort Parker. Intégrée dans la communauté, elle a été également violée et torturée, tout en étant fortement discriminée par les Comanches. Elle a été adoptée comme épouse du chef comanche Peta Nocona. Elle est restée avec les Comanches pendant 24 ans.
    Dressée-avec-le-Poing et Danse-avec-les-loups, immortalisés au cinéma par Mary McDonnell et Kevin Costner, forment un couple épatant et inoubliable, mais loin de la réalité. May Dodd et Little Wolf pourraient accéder à la même notoriété si le scénario de Mille Femmes blanches était un jour porté à l'écran (Hollywood a acheté les droits et Jim Fergus aurait déjà écrit plusieurs moutures de scénario). Mais ils seront, eux aussi, assez loin de la réalité.
    Pour finir, j'ai trouvé qu'il manquait à Mille Femmes blanches le souffle épique qui aurait convenu à ce genre de roman, et malgré ses louables intentions – faire connaître et faire apprécier la culture des amérindiens, dénoncer le comportement et la traîtrise des hommes blancs – ce roman n'a pas été à la hauteur de mes attentes. N'est pas Michael Blake qui veut.
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Citations et extraits

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  • Par Zebra, le 09 mars 2014

    page 117 [...] Le visage peint de mystérieux motifs, un grand nombre de nos visiteurs étaient vêtus de jambières et de tuniques de cuir resplendissantes, ornées de toutes sortes de parures fantastiques. Certains avaient les jambes et le torse nus, parcourus de curieuses peintures. D'autres, armés de lances décorées de couleurs vives, arboraient des plumes, parfois une coiffe entière. Leurs cheveux tressés étaient embellis de perles et de pièces d'argent frappé, ils portaient des colliers d'os et de dents d'animaux, mais aussi des boutons de cuivre et des clochettes d'argent, de sorte que leur magnifique apparition était accompagnée d'un tintinnabule mélodieux qui ne fit qu'ajouter au sentiment général d'irréalité. [...]
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  • Par kathel, le 19 juillet 2012

    13 avril 1875
    Eh bien, nous voilà enfin à Fort Laramie, l'endroit le plus sale, le plus misérable, le plus perdu que Dieu ait bien voulu nous donner ! Il semble que nous ayons quitté il y a cent ans les prairies de Chicago qu'on dirait luxuriantes, comparées à ce désert poussiéreux de rocaille, Seigneur !
    Logées dans les quartiers militaires, nous dormons sur de petits lits de bois brut – tout ce qu'il y a de primitif, vraiment inconfortables... pourtant je ne devrais pas encore employer ces mots. Dans quel genre d'inconfort devrons-nous vivre dans quelques temps ? Nous allons rester ici une semaine, nous dit-on, ensuite nous serons escortées par un détachement de l'armée jusqu'à Camp Robinson où nous ferons enfin la connaissance de nos maris indiens. Je suis convaincue d'être parfaitement dérangée, comme toutes les autres. Il faut quand même être vraiment folle pour rejoindre de tels lieux de son plein gré, non ? Accepter de vivre chez les sauvages ! Et en épouser un ! Mon Dieu, Harry, comment as-tu pu les laisser m'écarter de toi ?
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  • Par balrog, le 10 octobre 2012

    Plusieurs de nos grands hommes-médecine sont partis hier au fort relever un défis lancé - je me suis sentie honteuse en l'apprenant par le capitaine John G. Bourke et certains de ses collègues. Les Indiens ont surnommé Bourke "Paper Medicine Man ", puisque, étant l'aide de camps de Crook, ils le voient sans cesse griffonner sur ses registres.
    Si nous n'avions pas persisté à éviter le fort, mes amies blanches et moi-même aurions eu vent plus tôt de cette lamentable affaire, et nous y aurions mis un terme sans délais. Je n'en sus d'ailleurs rien jusqu'à ce qu'un garçon coure à la loge de Little Wolf pour lui demander de relever le défi de l'homme blanc et de sa "boîte-à-médecine", faute de quoi le Peuple allait perdre la face puisque aucun des hommes-médecine ne s'était jusque-là montré à la hauteur.
    N'ayant aucune idée de ce dont parlait le petit, j'ai décidé d'accompagner mon mari au fort pour m'en rendre compte par moi-même. Nous arrivâmes à temps pour constater la défaite du dernier de nos prétendants devant la "boîte-à-médecine". Ce n'était rien de plus qu'un vieil accumulateur que des soldats oisifs avaient relié à un grossier interrupteur à main, ce qui permettait de faire subir une bonne décharge électrique au premier naïf qui poserait les mains sur les pôles. A côté de l' accumulateur, les soldats décidément imaginatifs avaient installé un seau d'eau au fond duquel ils avaient placé un dollar. Ils s'amusaient donc beaucoup en défiant qui le voulait de plonger la main dans le seau pour en retirer la pièce d' argent tout en posant, bien entendu, l'autre main sur l'un des pôles de l'accu.
    Nos hommes-médecine, les uns après les autres, ont chanté leurs hymnes sacrés et ont plongé la main dans l'eau pour récupérer le dollar. De leur côté les soldats y sont allés de leur propre chanson-médecine - tout simplement "Pat Malloy"", une scie irlandaise - pendant que l'un d'eux, John Bourke en personne, actionnait à chaque fois l'interrupteur de leur damnée machine. Au moment voulu, il envoyait une bonne décharge aux pauvres sauvages qu'il soumettait ainsi. Et nos hommes-médecine de se retrouver humiliés devant les spectateurs. Certains ont tenté leur chance courageusement une deuxième fois pour reconnaître, bien sûr, leur impuissance.
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  • Par le_Bison, le 22 mars 2012

    J’avais eu beau m’envelopper d’une couverture, je sentis en sortant la morsure du vent sur mes joues. Nous avons monté le camp au détour d’une mince rivière, bordée de hautes plaines nues. Un paysage désolé, sans intérêt ni rien pour stopper le vent dont les rafales fondent des crêtes lointaines pour assaillir notre petit groupe de tentes collées les unes aux autres, si fragiles et si vulnérables. Nous sommes bien minuscules comparés à la puissance des éléments ! Il n’y a rien d’étonnant à ce que ces gens soient si superstitieux face à eux. Ni qu’ils s’efforcent de gagner les bonnes grâces des dieux des quatre points cardinaux, du ciel et de la terre, sans compter les esprits des animaux sauvages et du temps, car nous vivons à leur merci. Dans cette optique, les Blancs bâtissent leurs forts et leurs maisons, leurs entrepôts et leurs églises comme autant de remparts peu convaincants devant l’immensité d’une Terre qu’ils sont incapables d’aimer, d’un vide qu’ils tentent vainement de combler.
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  • Par Eric75, le 29 décembre 2011

    " Ainsi, reprit-il enfin, nos guerriers logeront leur graine de Cheyennes dans le ventre des femmes blanches. Elle s'épanouira dans leurs entrailles et la prochaine génération de nos enfants viendra au jour dans votre tribu pour jouir de tous les privilèges qui y sont associés. "
    A ce moment précis de l'allocation du chef, Julia, l'épouse du président, perdit brusquement connaissance et tomba de sa chaise, évanouie, presque morte, en émettant un long râle comparable à celui d'un bison femelle atteint d'une balle en plein poumon (plus tard, dans ses mémoires, Julia Dent Grant devait affirmer que son évanouissement n'était pas dû à l'idée insupportable que ces sauvages puissent s'accoupler avec de jeunes Blanches, mais à la chaleur étouffante qui régnait ce jour-là dans la pièce).
    Tandis que l'on accourait au secours de la First Lady, le président, empourpré, se leva difficilement. Little Wolf comprit qu'il était ivre, ce qui, vu la solennité de la cérémonie, constituait un sérieux manquement au protocole. (...)
    Titubant, Grant s'était redressé et, rouge comme une écrevisse, il cria : " Outrage ! Outrage ! " en montrant Little Wolf du doigt.
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Jim Fergus - Chrysis, portrait de l'amour .
Jim Fergus - Chrysis, portrait de l'amour aux éditions le Cherche Midi. Traduit de l'anglais par Sophie Aslanides. http://www.mollat.com/livres/fergus-jim-Chrysis-9782749122649.html Notes de Musique : Ella Fitzgerald - 11 Ev'ry Time We Say Goodbye








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