J'ai vu l'adaptation d'Ivory (avec Hugh Grant tout jeunot mit pilosité faciale) il y a quelques années et comme toujours j'ai mis pas mal de temps avant de lire l'original.
Maurice, jeune homme issue de la bourgeoisie de la City londonienne rencontre Clive, jeune propriétaire terrien, à Cambridge. Les deux jeunes gens se rapprochent et entame une relation amoureuse, ce qui est franchement mal vu à l'époque. Car
Maurice, s'il a été publié en 1970, après la mort de Forster, a été écrit en 1913. Et ce qui m'a marquée, c'est sa modernité, malgré le fait qu'il date de presque un siècle. Modernité car il présente une histoire d'amour entre deux hommes (chaste il est vrai) à une époque où la chose était tabou et considérée comme une perversion ou une maladie. Forster aborde aussi la société de classes et notamment la déliquescence de la landed gentry à travers l'état de délabrement du domaine de Clive et son mariage si respectueux des convenances mais sans amour. Si Clive semble plus ouvert au début du roman, son attitude par la suite m'a surprise et déçue : Pouf, je vais en Grèce et je découvre qu'en fait, je ne suis pas homo, donc je t'abandonne comme une vieille chaussette. Je me suis d'ailleurs demandée si c'est à cause de la pression sociale que Clive réprime sa vraie nature ou alors s'il n'abordait l'homosexualité que d'un point de vue intellectuel, influencé par les classiques grecs. Bref, vaste débat. Reste que le style est sublime et que les sentiments et les états d'âme de
Maurice sont magnifiquement dépeints.