Début août, dans un site montagneux, près d'un lac, deux hommes, un jeune et un vieux, s'ignorent. L'un cherche du travail. L'autre a trouvé une maison pour les vacances, il emménage. Ils ne peuvent donc pas se rencontrer. Sauf si le jeune trouve du travail, c'est la pr... > voir plus
C'est l'histoire de deux hommes, un jeune qui se cherche un job, un plus agé qui est en vacances, leur chemin ne devrait pas se croiser mais Basile trouve du boulot dans une boite d'assainissement et Paul fait appel à ces services. Fan de musique tout les deux, la rencontre sera riche.
Il y a chez Gailly un sens évident de jouer avec les mots comme les jazzmen jouent avec les notes, et cela donne une musicalité incroyable à son texte. Mais Gailly semble plus apaisé dans ce roman que dans ces précédents, moins mélancolique, plus dans la vie et dans l'espoir. Quand le jazz devient une thérapie et que la langue se fait belle, le lecteur se laisse entrainer et apprécie un auteur bigrement original. Travailler la langue comme une partition, peu en sont capable, Gailly le fait. Et ç'est drolement agréable.
Qu'est-ce qui t'est arrivé? dit Fernand.Je me suis coupé, dit Lorettu, s'attendant à ce que Fernand lui demande en quoi faisant. Ça n'a pas loupé.En quoi faisant? dit Fernand, s'attendant à ce que Lorettu lui réponde en me rasant. Ça n'a pas loupé.En me rasant, dit Lorettu."
En passant devant l'église, il regarde la tête navrée des deux saints peints à même le mur de la façade, le mur frontal, le fronton, non, frontispice ?, peu importe, revenons aux saints, s'il te plaît. Si c'est ou si ce sont des saints. Si si mais si ce sont des saints sinon, on ne voit pas pourquoi, il ne voit pas pourquoi on les aurait comme ça fresqués de chaque côté de la porte, le portail. Quoi qu'il en soit, l'air navré des deux saints le fait marrer, ricaner, intérieurement, il se voit lui-même avec la barbe, les cheveux longs, l'air navré.