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ISBN : 270731773X
Éditeur : Editions de Minuit (2001)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 228 notes)
Résumé :
Les rechutes en général ne sont pas bénéfiques pour la santé, à l'inverse de celle que connaît Simon Nardis. Cet ancien pianiste de jazz avait renoncé à chauffer l'ambiance des clubs pour se recycler dans le chauffage industriel. Abandonner la musique, c'était échapper aux tentations de la nuit, de l'alcool, de la drogue pour retrouver une forme d'équilibre sous la protection bienveillante de sa femme Suzan... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
Ambages04 novembre 2015
  • Livres 4.00/5
Un club, sur la scène « trois instruments. Piano, basse, batterie. La plus belle formation selon Simon ». Il s'y connait lui dont la « manière de jouer avait pas mal chamboulé la pratique du piano en jazz ». Mais sa vie d'alors avait un tempo particulier : « nuit, jazz, alcool, drogue, femme, jazz, nuit. » Suzanne, sa femme, un soir « a entendu le danger. Elle est allée le chercher. Elle l'a ramené, enfermé, soigné. »
Dix ans qu'il n'a pas touché un piano. Ni un verre d'alcool. Ni même écouter un morceau de jazz. Maintenant c'était « la belle, la grande, la classique, la savante. Il s'y était mis après sa désertion. Le swing lui manquait mais à défaut swing il se gavait de beauté. »
Il devient technicien, s'occupe d'ajuster la température d'une usine, d'un entrepôt. Suite à un incident, avec l'ingénieur, ils travaillent une partie du week-end dans cette entreprise située au bord de mer. Il ne rentrera pas à Paris ce soir. Il ne rentrera pas chez lui. Suzanne attendra.
L'ingénieur souhaite le remercier pour son aide, il l'emmène « un soir au club ». Scène piano jazz alcool... tout y était. Debbie aussi. « Il oublia le clavier. Il jouait pour elle ». Ils ont improvisé un petit blues « pendant au moins 96 mesures en si bémol ».
« Quand Simon m'a raconté cette scène d'amour j'ai trouvé ça charmant, s'agissant d'un homme et d'une femme vieillissants qui sans doute ne connaîtront plus jamais une émotion de cette qualité, aussi intense, aussi belle dans sa fulgurance. »
Un nouveau trio piano, une nouvelle formation entre en scène : Suzanne, Debbie, Simon. Et...
«Softly as a morning sunrise » !
Ce livre swingue tant sur le fond que sur la forme. L'écriture est syncopée, rythmée. Christian Gailly, que je découvre avec ce roman, aime autant la mer que le jazz et le rend à merveille avec ses choix de mots, et ses harmonies. Les phrases parfois écourtées à l'extrême, aspirant le sujet, pour ne laisser que plus de rythme au récit. Ça swinguait !
Une jolie histoire. J'ai beaucoup apprécié cette lecture.
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isabelleisapure
isabelleisapure21 novembre 2014
  • Livres 4.00/5

Simon était jazzman. Pas n'importe quel jazzman : un grand, avec un style reconnaissable entre tous. Mais le jazz, c'était aussi l'alcool et la drogue. Alors Suzanne n'a pas accepté, il a dû choisir. Il est devenu un bon mari et un bon père de famille.
Simon est devenu ingénieur chauffagiste et a oublié tout le reste.
Lors d'un déplacement professionnel dans une station balnéaire sur la Côte Normande, à cause d'un train raté, il rentre par hasard dans un club de jazz et pendant la pause des musiciens il s'assied devant le piano et se met à jouer.
"Il faut imaginer ces mains, au-dessus du clavier, qui tremblent, et Simon qui, toutes les quinze secondes environ, les cache derrière son dos, puis les montre à nouveau, les offre au piano, les lui propose, l'air de lui dire : Je t'ai abandonné mais je reviens »
Une femme a pris le micro pour mêler sa voix à la musique.
« le micro sur les lèvres, reprenant au vol la mélodie, elle chanta tout près de lui : Vous n'avez pas changé. Simon leva le nez, regarda Debbie, puis, sans cesser de jouer, répondit : Vous non plus. Simon ne l'avait jamais vue. »
Le texte de Christian Gailly est magnifique, l'écriture est somptueuse, d'une grande musicalité.
Un texte court mais un grand roman sur le thème de l'éternel retour de la passion et de l'amour.

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zabeth55
zabeth5507 septembre 2015
  • Livres 4.00/5
Quel charmant roman !
Il est très court mais me laisse une forte impression.
C'est sensible, délicat, tout en nuance et en pudeur.
La manière de procéder est intéressante. C'est un ami qui raconte ce qui est arrivé à Simon Nardis, ancienne gloire du jazz. Un ami proche et compatissant, tendre et attentif.
Franchement une belle découverte. Je ne connaissais pas Christian Gailly. Je vais creuser de ce côté là
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Philippe67
Philippe6702 novembre 2012
  • Livres 4.00/5
Un style bref, syncopé et jazzy.
Le narrateur nous raconte une histoire sur un mode oral avec des retour en arrière des évocations du futur... C'est très particulier mais totalement prenant.
L'histoire pourrait être simple : un ancien pianiste de jazz qui est revenu à son ancien métier (chauffagiste) après avoir risqué la mort (alcool, drogue, femmes, jazz) et n'écoute plus que du classique va rentrer dans une boite de jazz parce qu'il a une heure à perdre.... et là tout le passé va revenir.
C'est "un singe en hiver" à la mode jazzy.
Je vous en recommande la lecture surtout si comme moi vous ne connaissez pas cet auteur, c'est un très bo moyen de la découvrir.
Bonne lecture!
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carre
carre19 mai 2012
  • Livres 4.00/5
Quand le destin vous fait un clin d'oeil. Simon Nardis, alors qu'il effectue un dépannage dans une usine en province, rate le train qui doit le ramener vers sa petite vie étriquée auprès de Suzanne. Ancien jazzman, mais aussi ex-alcoolique, Simon pénêtre dans un Club, un petit verre, un seul, et puis une double rencontre, celle de trois jeunes musiciens de jazz et celle d'une femme idéalisée qui reconnait Simon.
Il ne faut pas en savoir plus, nous suivont Nardis, et comme lui une fois la porte de cette boite entrouverte, nous sommes happés, sous le charme de cette ambiance feutrée. le style de Gailly est inimitable, incroyablement musical, chaque mot semble pensé comme une note sur une partition d'une musique qu'il aime et qu'il a pratiqué. Il n'a pas son pareil pour amener l'émotion, à travers un geste, un regard, un silence. Et cet homme qui a remisé sa vie d'avant, va renaitre le temps de cette soirée et redécouvrir les palpitations musicales et affectives qu'il avait abandonné. Un bouquin envoutant qui se lit d'une traite. Gailly travaille comme un artisan, pas d'aspérités, tout est clean, pas de fausses notes. Un vrai coup de coeur.
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Citations & extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages03 novembre 2015
Debbie chantait sans vibrato. Ligne de voix neutre, à la manière de certains saxophonistes de la côte ouest. Simon découvrait le plaisir de jouer seul avec une voix, pour elle. Une voix d'alto, presque sèche. Émouvante dans sa manière de refuser toute concession à la joliesse. Et ça, ça me plaît, pensa Simon.
Et tout en se faisant discret. C'est si délicat d'accompagner une voix. La précéder ou la suivre. Lui répondre. Anticiper l'accent par une question. Il s'appliquait à ce dialogue. La regardant, il ne pouvait pas ne pas voir ce visage. Et, à la longue, ne pouvait manquer d'être frappé, d'une surprise ralentie par le temps, par tout ce temps qu'il fallait retraverser pour y voir clair. Il oublia le clavier. Il jouait pour elle.
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mandarine43mandarine4322 février 2012
Debbie n'était pas à six minutes près. Elle le lui dit. Simon si. C'est important, dit-il, six minutes, on manque son train pour moins que ça, si je vous écoutais je le raterais.

Et puis après ? dit Debbie. Après, après, dit Simon. Ce serait si grave que ça ? dit Debbie. Grave, grave, non, dit Simon, mais. Mais, mais, dit Debbie. Oui, oui, dit Simon. Eh oui, dit Debbie. Bah oui, dit Simon. Eh oui, refit Debbie. Bah oui, refit Simon. Et chacun refit ça un certain nombre de fois, Debbie son ehoui, Simon son bahoui.

Et cet “ ehoui-bahoui ” se révélant swin­guant ils improvisèrent un petit blues. Debbie claquait des doigts pour scander son “ ehoui ”. Simon lui répondait par son “ bahoui ”. Simon me disait qu'ils avaient improvisé comme ça pendant au moins 96 mesures en si bémol. Puis tous deux à bout de souffle ils ont éclaté de rire.
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AmbagesAmbages03 novembre 2015
La ballade en bagnole fut trop brève. C'est vrai, c'est agréable de se laisser conduire comme ça par une femme qu'on aime, même si on ne veut pas, le crâne dans du coton, les yeux pleins de sel, le sel des larmes du sommeil quand on bâille, des larmes pleines de buée, de reflets, de lueurs, des lumières qui surveillent le vide, éclairent le calme, le désert des rues, pas une seule voiture à part celle-ci qui nous promène, engourdi bien callé : Moi je ne bouge plus d'ici, pensa le crâne de Simon.
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AmbagesAmbages04 novembre 2015
Il regardait Debbie. Et quand il la vit revenir vers lui il eut cette pensée stupide, imbécile et incompréhensible : Elle est à moi, puis, encore plus idiot, plus obscur : Elle est pour moi depuis toujours. Il était soûl. Donc lucide. Soûl on voit très clair en soi.
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carrecarre19 mai 2012
Le piano n'était pas le violon d'Ingres de Simon Nardis.C'était bien plus qu'un violon d'Ingres.Le piano était pour lui ce que la peinture était pour Ingres.
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Payot - Marque Page - Christian Gailly - Lily et Braine
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