ISBN : 2070370488
Éditeur : Gallimard (1978)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 75 notes) Ajouter à mes livres
Jacques Rainier, 59 ans, industriel, est aux prises avec des difficultés dans ses affaires au moment même où sa liaison avec Laura, une jeune Brésilienne, lui fait vivre ses jours les plus heureux. Un matin, à Venise, les confidences cyniques et angoissées d'un homme de... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par chroniquesassidues, le 02 septembre 2011

    chroniquesassidues
    Jacques Rainier est un homme d'affaires en couple depuis six mois avec Laura, une jeune brésilienne. Il est heureux et aime vraiment pour la première fois de sa vie. Seulement, ses affaires vont mal, et surtout, il approche de la soixantaine et s'inquiète de son inévitable déclin sexuel. Parviendra-t-il à continuer à satisfaire sa jeune compagne ? S'engage alors une véritable lutte, dans la douleur, contre son corps qui commence à refuser de lui obéir.
    Autour du couple gravitent d'autres personnages dont Gary fait habilement le portrait : Jean-Pierre, le fils de Jacques, Jim Dooley, un milliardaire américain à peine plus vieux que Jacques, le docteur Trillard, le professeur Mingard et Lili Marlène une ancienne amie maquerelle. Enfin, et surtout, Jacques fait la connaissance d'une jeune voyou espagnol, qu'il appellera Ruiz, et qui l'obsède à tel point qu'il en fait un fantasme, qu'il appelle à l'aide quand il se retrouve dans l'intimité avec Laura.
    "Il m'avait toujours paru que le vieillissement prépare au vieillissement. Il était, me semble-t-il, saisons, étapes, signes annonciateurs du changement : un "peu à peu" qui donne le temps de réfléchir, de se préparer et de prendre ses dispositions et ses distances, se fabriquer une "sagesse", une sérénité. Un jour, on se surprend à penser à tout cela avec détachement, à se souvenir de son corps avec amitié, et se découvrir d'autres intérêts, les croisières, le bridge et des amitiés parmi les antiquaires. Or, je n'avais encore jamais eu de défaillance. Mes sens n'avaient jamais refusé de s'éveiller. Sans doute, depuis longtemps déjà, il n'était plus question pour moi de ces nuits où le corps ne lésine pas jusqu'à l'aube et ne sait même pas compter. Mais tout cela n'avait guère d'importance, car il n'y avait pas d'autre enjeu que de donner à chacun son dû. Il ne s'agissait que d'un échange de bons procédés." (p.38)
    Forcément, à 24 ans, je ne me suis pas vraiment sentie concernée par l'angoisse qui tenaille Jacques du début à la fin du roman. Les problèmes de prostate, ce n'est pas pour moi ! Mais c'est avec beaucoup d'humour (noir) que Gary évoque les difficultés que traversent ces hommes arrivés à un certain âge. Je pense notamment à la comparaison avec la Tour de Pise, que Jim Dooley, devenu pitoyable, a voulu faire redresser, une nuit où il avait trop bu, et au rendez-vous éprouvant que Jacques subit avec son médecin le Dr. Trillard. Alors, on rit parfois, on rit jaune souvent. Car derrière les échecs physiques de Jacques, c'est surtout son regret, son désespoir de ne pas avoir rencontré Laura plus tôt et de ne l'avoir connue qu'au moment où il se sent vieillir, qui m'ont touchée. Ce que j'ai préféré dans ce roman, c'est le portrait de la femme aimée, des moments qu'il partage avec elle. Les paroles que Jacques adresse à Laura sont, sous la plume de Gary, belles et poétiques, merveilleuses et touchantes.
    "Tu effleures mes lèvres du bout des doigts, souris, appuies ta tête contre ma joue et mon cou, et il doit y avoir d'autres façons de vivre, il faut que je me renseigne. de lents voiliers glissent vers des rivages paisibles et je guette leur douce et chaude navigation dans mes veines. Jamais mes bras ne se sentent plus forts que lorsqu'ils crèvent de tendresse autour de tes épaules. Il y a un monde, dit-on, derrière les rideaux, une autre vie, dehors, mais c'est de la science-fiction. le flot de minutes fait un détour et s'en va grignoter ailleurs." (p.43)
    À force de lutter contre son corps et de s'imaginer perdre Laura quand il n'arrivera plus à la satisfaire, il s'éloigne d'elle, jusqu'à vouloir la pousser dans les bras de son fils. Et pourtant, Laura est amoureuse de Jacques, écrasée par le bonheur qu'elle ressent, jusqu'à en avoir peur. Les très belles lettres qu'elle lui écrit sans cesse parsèment le roman et laissent entrevoir cet amour et le désespoir qu'elle ressent à l'idée de le perdre. Finalement, c'est par les femmes que viendra la solution au problème de Jacques : Lili Marlène, qu'il ira voir en dernier recours, et bien sûr, Laura.
    "Je veux continuer à être heureuse avec toi au-delà de tout. Et d'ailleurs, qui te parle de bonheur ? Je te parle seulement d'amour." (p.184).
    J'ai bien aimé ce roman qui aborde des thèmes variés, comme la vieillesse, la relation père/fils, l'amour. C'est un roman au final plein d'espoir, qui montre que la vie d'un homme ne se finit pas à soixante ans avec la diminution de sa virilité, mais que l'amour d'une femme peut tout changer. Ce n'est pas non plus un coup de cœur, je pense que d'autres romans de Romain Gary me correspondront plus.

    Lien : http://leschroniquesassidues.blogspot.com/2011/07/au-dela-de-cette-l..
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    • Livres 5.00/5
    Par Co, le 02 septembre 2008

    Co
    Un très beau livre sur un sujet atypique pour un roman : l'angoisse d'un homme qui, passé la cinquantaine, a une liaison avec une jeune femme d'une trentaine d'années, et craint de ne plus parvenir à la satisfaire au lit. Amour, sexe, fierté masculine, maladresse féminine... Romain Gary analyse parfaitement la situation de ce couple tout en livrant un hymne à l'amour et à la vie à deux. Très bien écrit, très juste.
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    • Livres 4.00/5
    Par vda, le 04 février 2011

    vda
    La narration de ce roman est une machinerie d'horlogerie, le personnage passe de scène en scène, au fur et à mesure de sa pensée, sans que le fil narratif en soit perdu ou brouillé.
    Jacques Rainier, industriel de cinquante-neuf ans, vit une belle histoire d'amour avec une jeune et riche Brésilienne de vingt ans. Tout en se montrant performant, il est soumis aux tracas de l'âge, ne bande plus comme avant, manque de lubrifiant naturel, ce qui lui rend les rapports intenses et trop fréquents douloureux, et autour de lui, des hommes de son âge et de sa classe sociale lui parlent de leurs difficultés sexuelles, écho des siennes, les rendant plus présentes à son esprit, jusqu'à ce qu'elles le dominent ?
    Parallèlement, il songe à se défaire de sa société d'emballage alors que le monde français des affaires ne se porte pas très bien en ce début de présidence de Valéry Giscard d'Etaing.
    Fulgurant que ce roman, non seulement par le portrait qu'il dresse d'un homme auquel tout indique que la vie lui échappe, si ce n'est son amour pour une jeune femme, mais aussi par le portrait de la société française des années soixante-dix qui voit le déclassement de l'Europe, l'émergence d'une conscience de la nature que l'on ne nomme pas encore écologie. A la crudité du sujet répond l'absence de fards du monde contemporain.
    A tout cela s'ajoute la qualité de l'écriture, la beauté textuelle de Romain Gary.
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    • Livres 4.00/5
    Par Yuko, le 10 novembre 2011

    Yuko
    Romain Gary fait partie de ces plumes aisément perceptibles par le coeur parce qu'elles s'abreuvent de nos âmes pour faire jaillir sur le papier les plus douces poésies. Ce roman n'échappe pas à la règle et livre au lecteur, pâle observateur de la destruction humaine, l'immixtion d'une idée qui conduit le narrateur à risquer sa vie, l'amour, l'espoir... par peur. Celle de soi, qui ne s'explique pas, qui nous échappe à tous et fait de nos corps des morceaux de papier au prise avec le temps...
    Rien ne laissait présager cette auto-destruction si ce n'est ce sentiment terriblement humain de la perte des repères et du sentiment que le bonheur ne nous est jamais donné pour toujours.
    Au-delà de cette limite, votre ticket n'est plus valable... est donc en tout point une réussite. de celle qui font les grands romans, des instants éphémères gravés sur l'horizon des incertitudes...

    Lien : http://art-enciel.over-blog.com/article-au-dela-de-cette-limite-votr..
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  • Par titialie, le 21 mars 2010

    titialie
    Les angoisses d'un homme qui se voit vieillir.
    Un livre courageux, sans artifices.
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Citations et extraits

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  • Par carolanuts, le 02 février 2012

    A ceux qui ont depuis longtemps depasse le smic sexuel ,a la portee de toutes les bourses,la fortune offre une variete de voluptes qui egalisent,en quelque sorte,leurs chances de bonheur avec celles des travailleurs africains.
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  • Par mademoisellepenelope, le 26 octobre 2010

    Mais dans les bras de Laura, il n'y avait pas d'illusion possible. Jamais je n'avais aimé avec un don si total de moi-même. Je ne me souvenais même plus de mes autres amours, peut-être parce que le bonheur est toujours un crime passionnel : il supprime tous les précédents. Chaque fois que nous étions unis ensemble dans le silence des grandes profondeurs qui laisse les mots à leurs travaux de surface et que, très loin, là haut, les milles hameçons du quotidien flottent en vain avec leurs appâts de menus plaisirs, de devoirs et responsabilités, il se produisait une naissance du monde bien connue de tous ceux qui savent encore cette vérité que le plaisir réussit parfois si bien à nous faire oublier : vivre est une prière que seul l'amour d'une femme peut exaucer.
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  • Par mademoisellepenelope, le 26 octobre 2010

    Je n'ai jamais été un homme de plaisir mais un homme de sanctuaire. Lorsque je te serre très fort dans mes bras, ton corps me donne aide et protection. La vie attend pour me reprendre dans ses tourments que je cesse d'être intouchable. Il y a autour de nous une chrétienté enfin accomplie de tendresse, de pardon et de justice rendue, et ensuite, lorsque nos souffles se séparent et qu'il faut recommencer à vivre coupés en deux, il reste la connaissance heureuse du sanctuaire et une oeuvre immatérielle faite de certitude de retour.
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  • Par sophie, le 11 août 2007

    "Il ne s'agit pas d'un plaidoyer, dans ces pages. Ce n'est pas non plus un appel au secours et je ne me mettrai pas ce manusccript dans une bouteille pour le jeter à la mer. Depuis que le monde rêve, il y a déjà eu tant d'appels au secours, tant de bouteilles jetées à la mer, qu'il est étonnant de voir encore la mer, on ne devrait plus voir que les bouteilles."
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  • Par mademoisellepenelope, le 26 octobre 2010

    Le monde meurt de l'envie de naître. Notre société s'est épuisée à réaliser les rêves du passé. Quand les Américains sont allés sur la lune, on a gueulé que c'est une nouvelle époque qui commence. Mais non : c'était une époque qui finissait. On a oeuvré à réaliser Jules Verne : le dix-neuvième siècle... Le vingtième siècle n'a pas préparé le vingt et unième : il s'est épuisé à satisfaire le dix-neuvième. Le pétrole comme sine qua non d'une civilisation : tu te rends compte ? Toutes nos sources d'énergie sont chez les autres... C'est l'épuisement....
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Vidéo de Romain Gary

Lecture de textes de Romain Gary et de Eric Moreau à l'occasion d'une soirée hommage de l'écrivain Romain Gary. Filmé à l'hôtel de ville de Paris.








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