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ISBN : 2070370488
Éditeur : Gallimard (1978)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 145 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Jacques Rainier, 59 ans, industriel, est aux prises avec des difficultés dans ses affaires au moment même où sa liaison avec Laura, une jeune Brésilienne, lui fait vivre ses jours les plus heureux. Un matin, à Venise, les confidences cyniques et angoissées d'un homme de... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lecassin, le 21 septembre 2012

    lecassin
    « Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable »… Bien difficile à priori de deviner de quelle limite on parle ici et de quel ticket il s'agit. Il faut dire que le sujet abordé ici par Romain Gary est un brin tabou. Dans un monde – on est en 1975 – encore dominé par un machisme plus ou moins larvé, la question de la perte de la virilité avec l'âge.
    Jacques Rainier borde la soixantaine et ses affaires déclinent, tout un symbole… Une double rencontre va semer le doute en lui : d'abord celle d'une jeune brésilienne, Laura, puis, à Venise, celle d'un ami obsédé par le mythe de la virilité et surtout par le déclin que l'âge ne manquera pas d'apporter…
    Le ver est dans le fruit, qui deviendra quasi obsessionnel pour Jacques. La peur de l'impuissance face à sa jeune conquête, d'abord insidieuse, puis envahissante, obsédante, destructrice aura raison de sa raison…
    Un roman où tour à tour, les différents personnages sont amenés à donner leur avis sur le sexe, le plaisir, le corps, l'amour, enfin… Car il s'agit bien de cela : Laura , peu attirée par l'aspect pratique de la sexualité, aime son Jacques qui lui souhaite débourser - on peut le dire comme ça - de l'argent pour redresser la tour de Pise qui "débande". On aura compris de quelle limite il s'agit… La limite d'âge…
    Comme on le verra plus tard avec d'autres romans, Romain Gary aime aborder les sujets tabous. Il le fait toujours avec une grande maîtrise de la langue : un style d'où l'humour n'est pas absent ; même s'il confine parfois au cynisme.
    Il faut une grande ouverture d'esprit, à cette époque (1975) où la domination masculine est de plus en plus contestée pour admettre de façon implicite que le machisme n'est autre que l'arbre qui cache la forêt de la fragilité et de la vulnérabilité masculine.
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    • Livres 2.00/5
    Par Missbouquin, le 06 avril 2013

    Missbouquin
    Conquise par Romain Gary avec La Vie devant soi, L'angoisse du roi salomon, Clair de femme et Gros-Câlin, il fallait bien que ça arrive : le temps d'un roman, 250 pages, j'ai rompu avec Romain.
    Jacques Rainier, 59 ans, industriel, est aux prises avec des difficultés dans ses affaires au moment même où sa liaison avec Laura, une jeune Brésilienne, lui fait vivre ses jours les plus heureux. Un matin, à Venise, les confidences cyniques et angoissées d'un homme de son âge obsédé par le mythe de la virilité et le déclin sexuel éveillent le soupçon en lui-même, sur lui-même. La peur de l'impuissance, d'abord insidieuse, ensuite envahissante, destructrice, ne le quitte plus.
    Rien à redire il est vrai sur l'écriture elle-même : Gary aborde cette question clé – tabou en 1975 – avec l'humour caustique qui est le sien, et une sensibilité exacerbée. Extrait : « Depuis que l'homme rêve, il y a déjà eu tant d'appels au secours, tant de bouteilles jetées à la mer, qu'il est étonnant de voir encore la mer, on ne devrait plus voir que les bouteilles. »
    Malheureusement, même si ma capacité d'identification avec les personnages est forte, ici il m'a été impossible de comprendre, compatir et ressentir avec Jacques Rainier, beaucoup trop préoccupé par son dessous de ceinture, et la perte de sa masculinité. La seule chose que j'ai pu tirer de ce texte, c'est finalement l'angoisse qui y transpire : celle de la perte de virilité, qui va avec la vieillesse et la peur de la mort, ces trois peurs qui étaient si profondément ancrées en Gary qu'il préféra se donner la mort cinq ans après l'écriture de ce roman, à l'âge de 66 ans, avant de les connaître.
    Ce qui m'a finalement étonné, c'est qu'en parallèle, il se transforme en Émile Ajar, plein de vitalité, de verve et d'humour, qui produit La Vie devant soi, un de ses chef d'oeuvre. Étrange Gary, que je ne parviens pas à cerner. Bizarre Romain, que je vais continuer à découvrir pas à pas, malgré cette déception …

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2013/04/04/les-romans-non-chroni..
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    • Livres 3.00/5
    Par chroniquesassidues, le 02 septembre 2011

    chroniquesassidues
    Jacques Rainier est un homme d'affaires en couple depuis six mois avec Laura, une jeune brésilienne. Il est heureux et aime vraiment pour la première fois de sa vie. Seulement, ses affaires vont mal, et surtout, il approche de la soixantaine et s'inquiète de son inévitable déclin sexuel. Parviendra-t-il à continuer à satisfaire sa jeune compagne ? S'engage alors une véritable lutte, dans la douleur, contre son corps qui commence à refuser de lui obéir.
    Autour du couple gravitent d'autres personnages dont Gary fait habilement le portrait : Jean-Pierre, le fils de Jacques, Jim Dooley, un milliardaire américain à peine plus vieux que Jacques, le docteur Trillard, le professeur Mingard et Lili Marlène une ancienne amie maquerelle. Enfin, et surtout, Jacques fait la connaissance d'une jeune voyou espagnol, qu'il appellera Ruiz, et qui l'obsède à tel point qu'il en fait un fantasme, qu'il appelle à l'aide quand il se retrouve dans l'intimité avec Laura.
    "Il m'avait toujours paru que le vieillissement prépare au vieillissement. Il était, me semble-t-il, saisons, étapes, signes annonciateurs du changement : un "peu à peu" qui donne le temps de réfléchir, de se préparer et de prendre ses dispositions et ses distances, se fabriquer une "sagesse", une sérénité. Un jour, on se surprend à penser à tout cela avec détachement, à se souvenir de son corps avec amitié, et se découvrir d'autres intérêts, les croisières, le bridge et des amitiés parmi les antiquaires. Or, je n'avais encore jamais eu de défaillance. Mes sens n'avaient jamais refusé de s'éveiller. Sans doute, depuis longtemps déjà, il n'était plus question pour moi de ces nuits où le corps ne lésine pas jusqu'à l'aube et ne sait même pas compter. Mais tout cela n'avait guère d'importance, car il n'y avait pas d'autre enjeu que de donner à chacun son dû. Il ne s'agissait que d'un échange de bons procédés." (p.38)
    Forcément, à 24 ans, je ne me suis pas vraiment sentie concernée par l'angoisse qui tenaille Jacques du début à la fin du roman. Les problèmes de prostate, ce n'est pas pour moi ! Mais c'est avec beaucoup d'humour (noir) que Gary évoque les difficultés que traversent ces hommes arrivés à un certain âge. Je pense notamment à la comparaison avec la Tour de Pise, que Jim Dooley, devenu pitoyable, a voulu faire redresser, une nuit où il avait trop bu, et au rendez-vous éprouvant que Jacques subit avec son médecin le Dr. Trillard. Alors, on rit parfois, on rit jaune souvent. Car derrière les échecs physiques de Jacques, c'est surtout son regret, son désespoir de ne pas avoir rencontré Laura plus tôt et de ne l'avoir connue qu'au moment où il se sent vieillir, qui m'ont touchée. Ce que j'ai préféré dans ce roman, c'est le portrait de la femme aimée, des moments qu'il partage avec elle. Les paroles que Jacques adresse à Laura sont, sous la plume de Gary, belles et poétiques, merveilleuses et touchantes.
    "Tu effleures mes lèvres du bout des doigts, souris, appuies ta tête contre ma joue et mon cou, et il doit y avoir d'autres façons de vivre, il faut que je me renseigne. de lents voiliers glissent vers des rivages paisibles et je guette leur douce et chaude navigation dans mes veines. Jamais mes bras ne se sentent plus forts que lorsqu'ils crèvent de tendresse autour de tes épaules. Il y a un monde, dit-on, derrière les rideaux, une autre vie, dehors, mais c'est de la science-fiction. le flot de minutes fait un détour et s'en va grignoter ailleurs." (p.43)
    À force de lutter contre son corps et de s'imaginer perdre Laura quand il n'arrivera plus à la satisfaire, il s'éloigne d'elle, jusqu'à vouloir la pousser dans les bras de son fils. Et pourtant, Laura est amoureuse de Jacques, écrasée par le bonheur qu'elle ressent, jusqu'à en avoir peur. Les très belles lettres qu'elle lui écrit sans cesse parsèment le roman et laissent entrevoir cet amour et le désespoir qu'elle ressent à l'idée de le perdre. Finalement, c'est par les femmes que viendra la solution au problème de Jacques : Lili Marlène, qu'il ira voir en dernier recours, et bien sûr, Laura.
    "Je veux continuer à être heureuse avec toi au-delà de tout. Et d'ailleurs, qui te parle de bonheur ? Je te parle seulement d'amour." (p.184).
    J'ai bien aimé ce roman qui aborde des thèmes variés, comme la vieillesse, la relation père/fils, l'amour. C'est un roman au final plein d'espoir, qui montre que la vie d'un homme ne se finit pas à soixante ans avec la diminution de sa virilité, mais que l'amour d'une femme peut tout changer. Ce n'est pas non plus un coup de cœur, je pense que d'autres romans de Romain Gary me correspondront plus.

    Lien : http://leschroniquesassidues.blogspot.com/2011/07/au-dela-de-cette-l..
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    • Livres 5.00/5
    Par Co, le 02 septembre 2008

    Co
    Un très beau livre sur un sujet atypique pour un roman : l'angoisse d'un homme qui, passé la cinquantaine, a une liaison avec une jeune femme d'une trentaine d'années, et craint de ne plus parvenir à la satisfaire au lit. Amour, sexe, fierté masculine, maladresse féminine... Romain Gary analyse parfaitement la situation de ce couple tout en livrant un hymne à l'amour et à la vie à deux. Très bien écrit, très juste.
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    • Livres 4.00/5
    Par vda, le 04 février 2011

    vda
    La narration de ce roman est une machinerie d'horlogerie, le personnage passe de scène en scène, au fur et à mesure de sa pensée, sans que le fil narratif en soit perdu ou brouillé.
    Jacques Rainier, industriel de cinquante-neuf ans, vit une belle histoire d'amour avec une jeune et riche Brésilienne de vingt ans. Tout en se montrant performant, il est soumis aux tracas de l'âge, ne bande plus comme avant, manque de lubrifiant naturel, ce qui lui rend les rapports intenses et trop fréquents douloureux, et autour de lui, des hommes de son âge et de sa classe sociale lui parlent de leurs difficultés sexuelles, écho des siennes, les rendant plus présentes à son esprit, jusqu'à ce qu'elles le dominent ?
    Parallèlement, il songe à se défaire de sa société d'emballage alors que le monde français des affaires ne se porte pas très bien en ce début de présidence de Valéry Giscard d'Etaing.
    Fulgurant que ce roman, non seulement par le portrait qu'il dresse d'un homme auquel tout indique que la vie lui échappe, si ce n'est son amour pour une jeune femme, mais aussi par le portrait de la société française des années soixante-dix qui voit le déclassement de l'Europe, l'émergence d'une conscience de la nature que l'on ne nomme pas encore écologie. A la crudité du sujet répond l'absence de fards du monde contemporain.
    A tout cela s'ajoute la qualité de l'écriture, la beauté textuelle de Romain Gary.
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Citations et extraits

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  • Par Piatka, le 22 mai 2013

    Aimer est une aventure sans carte et sans compas où seule la prudence égare.

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  • Par mademoisellepenelope, le 26 octobre 2010

    Mais dans les bras de Laura, il n'y avait pas d'illusion possible. Jamais je n'avais aimé avec un don si total de moi-même. Je ne me souvenais même plus de mes autres amours, peut-être parce que le bonheur est toujours un crime passionnel : il supprime tous les précédents. Chaque fois que nous étions unis ensemble dans le silence des grandes profondeurs qui laisse les mots à leurs travaux de surface et que, très loin, là haut, les milles hameçons du quotidien flottent en vain avec leurs appâts de menus plaisirs, de devoirs et responsabilités, il se produisait une naissance du monde bien connue de tous ceux qui savent encore cette vérité que le plaisir réussit parfois si bien à nous faire oublier : vivre est une prière que seul l'amour d'une femme peut exaucer.
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  • Par mademoisellepenelope, le 26 octobre 2010

    Je n'ai jamais été un homme de plaisir mais un homme de sanctuaire. Lorsque je te serre très fort dans mes bras, ton corps me donne aide et protection. La vie attend pour me reprendre dans ses tourments que je cesse d'être intouchable. Il y a autour de nous une chrétienté enfin accomplie de tendresse, de pardon et de justice rendue, et ensuite, lorsque nos souffles se séparent et qu'il faut recommencer à vivre coupés en deux, il reste la connaissance heureuse du sanctuaire et une oeuvre immatérielle faite de certitude de retour.
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  • Par Storm, le 29 juillet 2009

    …un de ces bouquets de fleurs qui partent toujours à la recherche d’un cœur et ne trouvent qu’un vase.

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  • Par mademoisellepenelope, le 26 octobre 2010

    Le monde meurt de l'envie de naître. Notre société s'est épuisée à réaliser les rêves du passé. Quand les Américains sont allés sur la lune, on a gueulé que c'est une nouvelle époque qui commence. Mais non : c'était une époque qui finissait. On a oeuvré à réaliser Jules Verne : le dix-neuvième siècle... Le vingtième siècle n'a pas préparé le vingt et unième : il s'est épuisé à satisfaire le dix-neuvième. Le pétrole comme sine qua non d'une civilisation : tu te rends compte ? Toutes nos sources d'énergie sont chez les autres... C'est l'épuisement....
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Extraits d'une conférence prononcée en mai 2009 par mon ami, le philosophe Paul Audi, sur l'oeuvre de Romain Gary, auquel il a consacré un très beau livre, intitulé Je me suis toujours été un autre (Christian Bourgeois, 2007). Où il est en particulier question de La danse de Gengis Cohn, un admirable roman de Gary qui n'est peut-être pas le plus connu et que je vous invite vivement à lire.








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