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ISBN : 2070370488
Éditeur : Gallimard (1978)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 254 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Jacques Rainier, 59 ans, industriel, est aux prises avec des difficultés dans ses affaires au moment même où sa liaison avec Laura, une jeune Brésilienne, lui fait vivre ses jours les plus heureux. Un matin, à Venise, les confidences cyniques et angoissées d'un homme de... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par zwyns, le 31 mai 2015

    zwyns
    Un des meilleurs romans de Gary,parce qu'au-delà,de l'ironie,de la crudité des mots,de la virilité,signe de puissance se précise le déclin sexuel du mâle,de l'homme dont je suis,et où il est temps de ne plus voir en la femme un seul objet de conquête et de satisfaction égoîste,mais notre moitié, l'autre face de l'amour,l'amour pur,l'unique.
    Au fil de son amitié avec Jim Dooley,play-boy notoire,mais vieillissant,Jacques Rainier va connaître les affres et la peur de l'impuissance qui vont se répercuter sur sa propre vie sentimentale.
    Paradoxalement,dans le parcours de Jim Dooley, (mais je crois que c'est celui de tout homme),il va remplacer sa puissance sexuelle déclinante par celle de la réussite,sociale, financière,il faut combler le manque,mais à terme une quête sans succès,une sorte de mythe de Sysiphe.
    Pour moi,ce roman est un peu une sorte de testament de Gary, face à la vieillesse,lui qui a connu tous les succès,les honneurs,les conquêtes féminines et autres.
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    • Livres 4.00/5
    Par Piatka, le 23 mai 2013

    Piatka
    C'est l'histoire d'un sexagénaire qui rencontre des difficultés en affaires au moment même où, très amoureux d'une jeune brésilienne, sa virilité commence à faiblir. En résumé : tout fout le camp ! Comment va-t-il s'en sortir ?
    Grâce à son immense talent de narrateur, Gary, sans apitoiement ni complaisance, nous livre à la première personne, une réflexion parfois crue mais très humaine sur le déclin professionnel et physique - il a lui-même la soixantaine en 1975 au moment où paraît le livre.
    Le sujet est certes grave, angoissant, mais servi par le sens des formules percutantes et l'humour de l'auteur, le roman s'achève sur un message d'espoir que je vous laisse le plaisir de découvrir.
    L'histoire est fort bien bâtie, magnifiquement écrite, comme toujours chez Gary ; les réflexions combinées à ce qu'il faut de suspense ont fait de ce roman au sujet difficile un très bon moment de lecture.
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    • Livres 5.00/5
    Par meeva, le 03 avril 2015

    meeva
    Dur, dur, de vieillir, surtout quand on devient mou du zgeg.
    Et qu'on se borne, comme Jacques Rainier, à vouloir vivre, à soixante ans, la même sexualité qu'à vingt ans, avec d'ailleurs une jeune femme qui elle a dans les vingt ans et quelques…
    Tiens ! Gary donnerait-il dans le cliché du vieux beau qui séduit la jeune belle étourdie éperdue d'amour pour… pourquoi d'ailleurs ?

    Au-delà des bornes, il n'y a plus de limite !
    Alors passons dans un au-delà, tout à fait terrestre, celui-là, et laissons-nous effleurer, chatouiller par la plume de Gary.

    Laura est jeune et belle, un peu fantasque, elle maîtrise mal le français, ce qui lui donne un charme indéniable. Mais c'est à peu près tout ce que l'on sait d'elle.
    Gary laisse-t-il ici toute la place qu'il faut pour une identification large au personnage - après tout, sa moitié, on la voit toujours jeune et belle, non ?
    Et quand en plus elle parle mal le français, c'est la garantie, pour Gary, de ne pas tomber dans l'incompréhension réciproque que génère invariablement une langue commune.
    Allons même pour Laura jusqu'à un symbole de fraternité et d'humanité.

    Jacques est un ancien héros de la résistance, sans gloire, comme tant d'autres.
    A la limite, on peut trouver énervant que ce monsieur se préoccupe tant de ses petites affaires.

    Mais Gary le fait sans limite aucune, il ne nous épargne pas ses problèmes de sexe mou, d'urètre et même d'anus.
    « Je demeure sur le bidet glacé un bon moment, renouvelant l'eau. Les coups de rapière sous les couilles s'atténuent et cessent. Mais il reste une lourdeur de pierre entre l'anus et le bas de la verge. Je n'ai pas regardé ma montre mais Laura s'attardait et ça a dû bien durer vingt minutes. Si seulement j'étais arrivé à décharger, ça décongestionne. Je presse le bout de l'urètre : pas trace de sang. Mais la peau de la verge est pas mal irritée par le frottement. Voilà que ça recommence. Ça fait un mal de chien, quelque part au fond de l'anus et vers l'aine, du côté gauche, ma mécanique a pris un sacré coup. Il y a moins de sécrétion qu'autrefois, la quantité de liquide prostatique a diminué, ce n'est plus assez huilé, ça travaille à sec. »

    Et tout cela pour monter par contraste, je crois, et au travers quelques envolées lyriques à quel point cela le désespère de ne plus pouvoir se préoccuper autant qu'il le voudrait de l'objet de son désir et de son amour, Laura, dans un oubli de soi salutaire à satisfaire l'autre, qui ne se limite sûrement pas aux affaires de sexe.
    « Il me semblait qu'avant notre rencontre ma vie ne fut qu'une suite d'esquisses, brouillons de femmes, brouillons de vie, brouillons de toi, Laura. Je n'avais connu que des préfaces. Les mimiques d'amour, la multiplicité, la variété, les coucheries, tous ces au revoir et au plaisir, sont une absence de don authentique qui se réfugie dans le pastiche, dans un « à la manière de » de l'amour. C'est parfois fort bien torché et le métier ne se voit pas trop, le savoir-faire dissimule son habileté, il y a de l'aisance, on peut vivre de moins que rien et pour pas cher, même seulement de plaisir, et d'ailleurs on ne peut pas passer sa vie à attendre qu'elle se révèle capable de génie. La vie s'était montrée capable enfin de génie à mon égard lorsqu'elle m'avait fait rencontrer Laura, mais ce fut seulement dans un moment de cruauté. Ce n'est pas que mon corps automnal refusât de servir, mais il me parlait de plus en plus de moi-même et de moins en moins de Laura. Il s'imposait lourdement à moi dès le début de l'étreinte, tardait à répondre, me rappelait ses limites et, cependant que je brûlais de ferveur impatiente, il exigeait des ménagements, des mises en état et des soins. Tout ce qui avait été chant était devenu murmure… »

    La puissance virile est mise en parallèle à la puissance économique, dans un clin d'oeil qui se veut drôle mais surtout je crois un peu moqueur.
    Prétexte aussi à réflexion sur la puissance occidentale, son déclin, avec regrets d'un homme vieillissant qui pressent qu'il a raté l'avenir en se préoccupant trop du passé.
    « Quand les Américains sont allés sur la lune, on a gueulé que c'est une nouvelle époque qui commence. Mais non : c'était une époque qui finissait. On a oeuvré à réaliser Jules Verne : le dix-neuvième siècle… le vingtième siècle n'a pas préparé le vingt et unième : il s'est épuisé à satisfaire le dix-neuvième. le pétrole comme sine qua non d'une civilisation : tu te rends compte ? Toutes nos sources d'énergie sont chez les autres… C'est l'épuisement… »


    Pour moi pas le meilleur des Gary, pour l'histoire, limite, limite…
    Mais le style est toujours là ! Juste en une phrase :
    « Vous pouvez évidemment vous agenouiller et vous mettre à la lécher, si vous n'êtes pas chevalier de la légion d'honneur, mais alors vous léchez en vaincu, monsieur, vous léchez en débandade, le front s'est écroulé, vous ne savez même plus où sont vos troupes et votre artillerie, vous jouez les utilités, elle voit bien que vous n'existez plus et, pour peu que ses couronnements lui viennent de l'intérieur et que les rôdeurs ne l'intéressent qu'à demi, arrive toujours ce moment pénible entre tous, où elle repousse doucement votre tête, et il y a entre vous un silence de ballon crevé, plein de compréhension réciproque, où chacun essaie de dominer sa frustration et sa rancune par une attitude de détachement civilisé. »


    Dure limite…
    « Est-ce l'envie
    Où est-ce ton corps
    Est-ce notre vie
    Qui fait que ça dure encore
    Est-ce ton bonheur
    Où est-ce mon honneur
    Qui me tient prisonnier
    Ou qui me fait geôlier
    Est-ce l'habitude
    Toujours la même attitude
    Le vide de chaque jour
    Ou le manque d'amour
    Est-ce l'amour,
    Etrange amour
    Est-ce la douceur
    De tes caresses, mon coeur
    Une dure limite, un mur d'amour
    Dure limite, amour pas mûr
    Pas mûr, pas mûr
    […] »
    Extrait de « Dure limite », Téléphone :
    https://www.youtube.com/watch?v=3QGlQiezgmU
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    • Livres 5.00/5
    Par najnaje, le 22 octobre 2013

    najnaje
    J'ai passé un excellent moment avec Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable acheté sur une brocante. Je souhaite remercier les babéliotes qui ont déposé une critique. C'est un roman drôle et triste à la fois malgré que le sujet ne s'y prête pas vraiment en l'occurrence l'andropause, c'est aussi un sujet tabou pour de nombreux hommes jusqu'à aujourd'hui. Ce qui m'a le plus touché c'est que le personnage principal, Jacques a une haute estime des femmes et est un vrai gentleman. Une histoire à lire absolument.
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    • Livres 4.00/5
    Par lecassin, le 21 septembre 2012

    lecassin
    « Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable »… Bien difficile à priori de deviner de quelle limite on parle ici et de quel ticket il s'agit. Il faut dire que le sujet abordé ici par Romain Gary est un brin tabou. Dans un monde – on est en 1975 – encore dominé par un machisme plus ou moins larvé, la question de la perte de la virilité avec l'âge.
    Jacques Rainier borde la soixantaine et ses affaires déclinent, tout un symbole… Une double rencontre va semer le doute en lui : d'abord celle d'une jeune brésilienne, Laura, puis, à Venise, celle d'un ami obsédé par le mythe de la virilité et surtout par le déclin que l'âge ne manquera pas d'apporter…
    Le ver est dans le fruit, qui deviendra quasi obsessionnel pour Jacques. La peur de l'impuissance face à sa jeune conquête, d'abord insidieuse, puis envahissante, obsédante, destructrice aura raison de sa raison…
    Un roman où tour à tour, les différents personnages sont amenés à donner leur avis sur le sexe, le plaisir, le corps, l'amour, enfin… Car il s'agit bien de cela : Laura , peu attirée par l'aspect pratique de la sexualité, aime son Jacques qui lui souhaite débourser - on peut le dire comme ça - de l'argent pour redresser la tour de Pise qui "débande". On aura compris de quelle limite il s'agit… La limite d'âge…
    Comme on le verra plus tard avec d'autres romans, Romain Gary aime aborder les sujets tabous. Il le fait toujours avec une grande maîtrise de la langue : un style d'où l'humour n'est pas absent ; même s'il confine parfois au cynisme.
    Il faut une grande ouverture d'esprit, à cette époque (1975) où la domination masculine est de plus en plus contestée pour admettre de façon implicite que le machisme n'est autre que l'arbre qui cache la forêt de la fragilité et de la vulnérabilité masculine.
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Citations et extraits

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  • Par mademoisellepenelope, le 26 octobre 2010

    Mais dans les bras de Laura, il n'y avait pas d'illusion possible. Jamais je n'avais aimé avec un don si total de moi-même. Je ne me souvenais même plus de mes autres amours, peut-être parce que le bonheur est toujours un crime passionnel : il supprime tous les précédents. Chaque fois que nous étions unis ensemble dans le silence des grandes profondeurs qui laisse les mots à leurs travaux de surface et que, très loin, là haut, les milles hameçons du quotidien flottent en vain avec leurs appâts de menus plaisirs, de devoirs et responsabilités, il se produisait une naissance du monde bien connue de tous ceux qui savent encore cette vérité que le plaisir réussit parfois si bien à nous faire oublier : vivre est une prière que seul l'amour d'une femme peut exaucer.
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  • Par zwyns, le 01 juin 2015

    Peut-être manquais-je de fraternité envers les femmes et que,sans fraternité,l'amour et le bonheur ne sont eux aussi qu'un championnat du monde.Il y a la virilité et il y a l'infection virile,avec ses millénaires de possession,de vanité et de peur de perdre."La mythologie du surbouc...",avait écrit sur un feuillet ,en guise d'explication ,mon ami,le poète Henri Drouille,avant de se tirer une balle dans la tête.Et son amie m'avait crié:" Je ne comprends pas,je ne comprends pas! C'était un si merveilleux amant!"
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  • Par najnaje, le 11 octobre 2013

    Le racisme, c'est quand ça ne compte pas. Quand ils ne comptent pas. Quand on peut faire n'importe quoi avec eux, ça ne compte pas, parce qu'ils ne sont pas comme nous. Tu comprends ? Ils ne sont pas des nôtres. On peut s'en servir sans déchoir. On ne perd pas sa dignité, son "honneur". Ils sont tellement différents de nous qu'il n'ya pas à se gêner, il ne peut y avoir...il ne peut y avoir jugement voilà. On peut leur faire faire n'importe quelle besogne parce que de toute façon, le jugement qu'ils portent sur nous, ça n'existe pas, ça ne peut pas salir...C'est ça, le racisme.
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  • Par voilier, le 17 juin 2014

    - … vous avez la malchance d'avoir une sexualité anormale pour votre âge, excessive, avec des organes qui sont, eux, normaux, et qui font les frais de votre libido. Combien de temps dure en moyenne chaque rapport avec votre partenaire actuelle ?
    - Ce n'est pas une partenaire, c'est une femme que j'aime…
    - Ça ne change rien du point de vue médical. Combien de temps à peu près ?
    - Dix, quinze minutes, la première fois … Je n'en sais rien. Je suis totalement incapable de vous dire.
    - La première fois ? Il y a une deuxième ?
    - Pour elle seulement.

    Il parut ahuri.

    - Qu'est ce que vous voulez dire ?
    - Je veux dire que j'arrive parfois à bander une deuxième fois pour elle mais que je n'arrive plus à jouir.
    - De la folie. De la folie pure et simple. Vous creusez votre tombe. Vous vous rendez compte de ceux qu'ils prennent, votre prostate et vos vaisseaux sanguins, quand vous limez pendant une heure comme une scie mécanique ? Ce sont des méthodes de nazies, monsieur. Et vous vous faites sucer, naturellement.
    - Jamais. Au grand jamais. Je ne me "fais pas sucer". Je ne donne pas d'ordre. Putain de merde, docteur, excusez cette expression, puisque vous êtes un ancien médecin militaire, je n'ai jamais dit à une femme "suce-moi". Jamais.
    - Ouais, ouais, mais quand elle le fait spontanément pour vous forcer à rebander, vous ne refusez pas ?
    - Évidemment que non.
    - Et vous vous rendez un peu compte à quelle épreuve sont mis vos organes pendant l'opération, lorsqu'ils n'en peuvent plus et qu'elle les force ? La fellation peut évidemment être utilisée comme une caresse dans le cours normal de l'étreinte, mais certainement pas comme une méthode de réanimation. Quand je vous dis que vous creusez ainsi votre tombe…
    - La tombe ne me fait pas peur, au contraire, à condition d'y arriver en pleine possession de mes moyens.

    - Et bien sûr, il vous arrive de finir comme ça, oralement. A partir d'un certain âge, la fellation tue deux fois plus vite que l'acte normal. C'est un choc terrible pour le système nerveux et le cerveau, et ses rapports avec les attaques hémiplégie sont bien connus. Vous avez des troubles de la mémoire ?
    - Oui de plus en plus souvent. Je fume trop.
    - Vous fumez peut-être trop, mais vous vous faites trop fumer aussi


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  • Par Storm, le 29 juillet 2009

    …un de ces bouquets de fleurs qui partent toujours à la recherche d’un cœur et ne trouvent qu’un vase.

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