"Le dimanche, on lit sur son transat passque le soleil fait cadeau de sa présence".
Je n'ai pas pour habitude de vous parler d'un bouquin avant de l'avoir fini, mais là il le faut. Comme si en parler était absolument nécessaire pour moi, un besoin de partager ça avec vous.
Karine Giébel est un nom qui ne me disait absolument rien, je vous l'avoue. Pourtant elle n'est pas novice. Elle a écrit plusieurs livres, reçu plein de prix, et certains de ses livres sont en cours d'adaptation au petit ou au grand écran. Pas n'importe qui, je vous le dis...
Directement, le résumé de "
Meurtres pour rédemption" m'a donné une folle envie de le lire : une sorte de Nikita revisité.
Jugez plutôt : " Marianne, vingt ans. Les miradors comme unique perspective, les barreaux pour seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière. Une vie entière à écouter les grilles s'ouvrir puis se refermer. Indomptable, incapable de maîtriser la violence qui est en elle, Marianne refuse de se soumettre, de se laisser briser par l'univers carcéral sans pitié où elle affronte la haine, les coups, les humiliations. Aucun espoir de fuir cet enfer. Ou seulement dans ses rêves les plus fous. Elle qui s'évade parfois, grâce à la drogue, aux livres, au bruit des trains. Grâce à l'amitié et à la passion qui l'atteignent en plein coeur de l'enfermement. Pourtant, un jour, l'inimaginable se produit. Une porte s'ouvre. On lui propose une libération... conditionnelle. « La liberté Marianne, tu dois en rêver chaque jour, chaque minute, non ? » Oui. Mais le prix à payer est terrifiant. Pour elle qui n'aspire qu'à la rédemption..."
Nikita je vous dis... Nikita... du moins... jusqu'à la lecture de cette brique, qui révèle une histoire encore "plus beaucoup mieux". Oui, une brique : 767 pages, 824 grammes (ben oui je l'ai pesé, ça vous arrive jamais de peser vos livres ? Moi oui... nan je rigole, c'est une première), une petite écriture sur des pages presque aussi fines que celles de la bible. Des heures de lecture en perspective. Des heures de passion, en fait, car une fois la lecture entammée, la vie de Marianne, qui se limite pourtant à sa cellule, aux promenades, aux douches et à la violence carcérale, m'a captivée de façon incroyable. Une vie de souffrance, de violence et de solitude intense (et tout ça rime, bien malheureusement). Et dans la souffrance, l'amitié, la tendresse, par bribes, par étincelles. Totalement passionnant. Et je me surprends à aimer Marianne, à l'aimer follement, à vouloir qu'elle s'en sorte, à vouloir pour elle l'amour qu'il mérite... pour elle... cette meurtrière.
Bon, je vous le disais, je n'en suis qu'à la moitié, mais ce livre est tellement extraordinaire que je me devais de vous en parler avant la fin. Bien sûr, je reviendrai après l'avoir totalement lu, ça me sera sans doute indispensable... Mais je me devais de venir ici vous dire de le lire, ce n'est pas un thriller, ce n'est pas un roman d'amour, ce n'est pas un témoignage sur la vie carcérale, c'est tout ça à la fois, incroyablement.
Et moi, je m'en vais mettre dans mon panier Amazon tous les autres livres de
Karine Giébel... puis continuer ma lecture, et tant pis si les billets que je dois vous préparer prennent du retard, mon livre passe avant vous, je l'avoue (frappez pas, frappez pas). 767 pages, et pas une seule seconde d'ennui...
2 semaines plus tard :
Je vous avais dit que je reviendrais sur ce livre, dont je vous ai déjà parlé il y a deux semaines.
Ce fut un peu long, because mes vacances et les 767 pages qu'il comprend.
Mais me revoici derrière mon pc, à peine la dernière page lue. Pleurant à gros sanglots. A gros bouillons, comme disait Brel. Les larmes que je n'ai pas versées pour La petite fille de Monsieur Linh, sans doute. Pleurant. Et tremblant comme une feuille en automne. Trop d'émotions, sans doute. Je pleurais si bruyamment que j'ai craint un instant que mes voisins ne m'envoient la police ou le service psychiatrique.
767 pages, c'est comme un bout de vie, en fin de compte. Quasi comme une vie entière. Des heures, des jours, des mois d'une vie, au point que Marianne, l'héroïne de ce livre, qui n'en est pourtant pas une, d'héroïne, même si elle est fan de la drogue du même nom, j'ai l'impression de la connaître. de l'aimer, presque, malgré sa quasi monstruosité. Et je tremble. Je tremble. Je tremble. le froid de cet été indien avec soleil mais sans chaleur sans doute. Drôle d'été.
J'ai donc terminé
Meurtres pour rédemption. Quand je vous en ai parlé anticipativement, je me suis dit que c'était risqué : et si t'aimes pas la fin Anaïs, que feras-tu ? T'auras dit que tu es totalement captivée, envoûtée, en adoration devant ce livre, et puis patatras, la cata.
Mais j'ai aimé la fin. Peut-être plus que le début. Non, impossible. Tout autant. Ou différemment.
Différemment, car
Meurtres pour rédemption, c'est, en un seul ouvrage pourtant bien homogène qui se lit d'une traite (attention cependant aux crampes, 767 pages, ça fait lourd), un condensé de plein de choses. de la romance, oui, malgré le synopsis. Point de romance guimauve gnangnan cucul. de la romance qui peut faire mal, parfois. Mais du vrai amour, vrai de vrai, brut de décoffrage, celui que j'aimerais vivre un jour. Puis du livre policier. Avec une trame aussi bien ficelée qu'un gigot de porc. Et également du thriller. Celui qui fait monter l'angoisse, lentement mais sûrement, au point qu'on se ronge les ongles et qu'il n'est plus question de décrocher le téléphone avant le mot fin, c'est compris ? Et du drame aussi. Pas du gros drame lourd qui arrache des larmes et fait pleurer dans les chaumières, mais du drame subtil, inattendu, savamment distillé, qui touche là, en plein coeur, et arrache des larmes.
Un livre qui donne envie de rencontrer son auteur. Chais pas pourquoi, mais c'est ainsi.
Un bijou. Une perle. Sans doute un des meilleurs livres que j'aie jamais lus. J'allais dire "un des meilleurs livres policiers", mais ce serait si réducteur, ce livre est bien plus qu'un livre policier, il est un livre, point barre, pas besoin de le mettre dans une case.
Dans la vie, y'a les livres qu'on aime. Ceux qu'on adore. Puis ceux qui resteront à tout jamais dans la cervelle, dans le coeur et dans les tripes.
Meurtres pour rédemption fait partie de cette dernière catégorie.
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