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ISBN : 2265092053
Éditeur : Fleuve noir (2010)


Note moyenne : 4.43/5 (sur 119 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Vingt ans. Le bel âge ? Pas pour Marianne. En prison. Pour perpète. Pour meurtres. " Ils ne m'ont laissé aucune chance (..:) -Mais j'existe encore (...) Ça leur ferait trop plaisir que je cesse le combat... Je ne leur ferai pas cette joie (...). Alors, nourrir la haine,... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Hahasiah, le 14 mars 2013

    Hahasiah
    20h30. Elle l'attend. Elle imagine déjà ses rouages qui fendent la nuit et caressent les rails. le train, échappatoire à l'enfer dans lequel elle dépérit jour après jour. Il arrive. Lentement, la symphonie rassurante de sa mécanique s'infiltre à travers les barreaux de la cellule 119 et en gomme l'étroitesse. Marianne de Gréville est étendue sur son lit. le train la happe, l'emporte loin d'ici, dehors. Il avale les kilomètres, court comme l'héroïne qui file dans ses veines ; clef vénéneuse qui lui ouvre les portes d'un Ailleurs merveilleux.
    Que dire à son sujet ? Malgré son prénom, Marianne est loin d'être une citoyenne exemplaire. La particule de son nom, quant à elle, est trompeuse…Elle n'a de noble que son obstination à rester debout, en vie et à ne jamais courber l'échine. Meurtrière, camée, violente, ingérable, dangereuse, monstrueuse : voilà ce qu'on dit de cette jeune femme de 21 ans. Les coups durs de la vie et le système l'ont faite « monstre ». Ses parents partis trop tôt, le désamour, l'incompréhension l'ont escortée jusqu'en Délinquance et l'y ont arrimée. Et puis survient le casse de trop ouvrant à Marianne les portes de l'enfer et couvrant à jamais ses mains de sang.
    La gamine prend perpète. Elle n'attend alors plus rien de la vie. Au fil des jours, l'enfermement et la solitude nourrissent la violence qu'elle réprime en son for intérieur et parfois elle explose; fruit de brimades, de rixes entre détenus, des sévices infligés par les matons. Les clopes et la came l'aident à s'évader : meilleurs alliés et pires ennemis.Il faut se procurer la marchandise et faute d'argent Marianne doit faire du troc. Tout est monnayable en taule, même son corps!
    Au-delà de la haine et de l'isolement, il y a pire! Il y a ce que l'on ne peut gérer, ce qui ne se maîtrise pas... La compassion, l'amitié et l'amour. Ces sentiments que Marianne, anesthésiée par ce qu'elle a vécu et ce que lui a manqué, découvre et subit. Les coups ne lui servent plus à rien...L'humanité renaît au sein de la bête qu'elle est devenue. Marianne devient humaine là, dans cette cage. Là où le système pénitentiaire broie et annihile toute humanité. Après tout, peut-être que la vie n'est pas terminée pour elle...Qui sait ce que l'avenir lui réserve...
    Meurtres pour rédemption est un livre qui captive et subjugue par sa noirceur. A l'image de cette Marianne, si troublante et attachante dans sa fragilité, le lecteur est fait comme un rat. Prisonnier de la tension générée par l'écriture et le rythme soutenu imposés par Karine Giébel, il retient son souffle et plonge en apnée dans cette fresque impitoyable sur l'univers carcéral.
    Suffocant, troublant à la limite du supportable dans certains passages, Meurtres pour rédemption ne laisse aucun répit. Un roman époustouflant, une histoire poignante autour d'écorchés vifs, un duel entre une jeune fille et la vie...Entre une jeune fille et la mort...
    Un livre coup de poing aussi entêtant que le fameux quatuor de Schubert :
    http://www.youtube.com/watch?v=AcLg_y4AkB4
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    • Livres 5.00/5
    Par belette2911, le 03 mai 2013

    belette2911
    Ami lecteur/trice, si tu cherches un roman dégoulinant d'amour, de bons sentiments, de guimauve, de joie et de bonheur, rempli de Bisounours, de preux chevaliers, de jolies princesses et tout et tout, et bien, je n'ai qu'un mot à te dire "Casse-toi de ce livre, pauv'lecteur !"©.
    Pour les autres, bienvenue à CARCÉRAL LAND, le pays d'où on ne s'évade qu'avec des rails de coke... le pays de la violence gratuite, l'univers impitoyable des matonnes et de des prisonnières, une jungle où il faut écraser les autres pour ne pas se faire écraser soi-même.
    Ici, une seule loi, celle de la plus forte. Ici, l'omerta règne en maître. Ici les coups pleuvent, la brutalité se promène dans les couloirs et peut vous tomber à tout moment, de manière arbitraire ou pour délit de "ta tête qui ne me reviens pas".
    A Carcéral Land, la devise pourrait être celle qui était gravée sur le fronton des Enfers, dans "La divine comédie" : Lasciate ogne speranza, voi ch'entrate - Vous qui entrez, abandonnez toute espérance.
    Ami lecteur, vous qui entrez dans ce roman noir, attendez-vous à prendre des coups sans possibilité de les rendre, attendez-vous à vous faire remuer les tripes, à les sentir se nouer, à avoir envie de hurler, à avoir vos yeux qui picotent plusieurs fois, à avoir envie de flinguer un tas de gens et à penser jouer le remake de "La grande évasion" pour Marianne.
    Ami lecteur, je vous conseille de respirer un grand coup avant d'entamer votre lecture parce que la plongée sera rude et la remontée laissera des séquelles.
    Ici, c'est du noir de chez noir ! du chocolat à teneur cacao de 90% (© jeranjou). Noirceur, ténèbres, mais de temps en temps, un rayon de soleil viendra vous éclairer... et vos yeux en pleureront. de joie ou de douleur.
    Attendez-vous aussi à avoir, durant votre lecture, un autre avis sur les maisons d'arrêt ! Je vous explique...
    Dans la première partie, nous sommes dans une maison d'arrêt, en compagnie de Marianne. Elle a vingt ans et elle a pris perpète pour plusieurs meurtres.
    "Bien fait pour sa gueule !" criera la société bien pensante, vous et moi avec. Pourtant, ce n'est pas en enfermant un fauve qu'on va réussir à le calmer... La prison ne rend personne meilleur. du moins, les exceptions sont rares.
    Pour le restant de ses jours, Marianne n'aura pour seul horizon que les barreaux de sa cellule. "Bien fait pour sa gueule, l'avait qu'à pas tuer !" criera la société bien pensante, vous et moi avec.
    C'est une meurtrière, elle est indomptable, incontrôlable, violente... Daniel Bachman, le gradé et seul homme de cette maison d'arrêt féminine le sait, lui qui l'a souvent collée au mitard après l'avoir rouée de coups.
    "Bien fait pour sa gueule, faut les mâter, ces délinquantes !" criera la société bien pensante, vous et moi avec.
    Pourtant, Justine, une des matonne, sait que Marianne n'est pas si mauvaise que ça et que si on la traite correctement, elle ne vous mordra pas. de plus, brutaliser quelqu'un, ça n'a jamais fait revenir les morts...
    Le roman vous plonge dans cet univers carcéral plus que dur, plus que noir, plus que violent, où tous les coups bas sont permis (j'me répète, si jamais certains n'avaient pas bien compris) et durant toute ma lecture, j'ai souffert avec Marianne, cette adolescente qui, malgré ses crimes, est attachante. J'ai aimé son caractère frondeur, fier et borderline.
    Fière, mais étant accro aux cigarettes et à l'héroïne, sans un sou en poche, pour obtenir ses deux vices, elle n'aura pas d'autre choix que de s'agenouiller devant le maton Daniel pour fumer son cigare personnel en échange.
    En isolement - à cause de son caractère violent qui a causé la mort d'une surveillante dans la prison précédente -, sans visite, sans amour, méprisée, incomprise, battue et humiliée par une matonne surnommée "La Marquise" (en référence à Sade, c'est vous dire le degré de sadisme), obligée de se prostituer pour obtenir des cigarettes, Marianne a déjà entamé sa descente aux enfers depuis des lustres. On descendra avec elle.
    Heureusement qu'elle a pratiqué les arts martiaux, cela peut vous aider en prison, parce que des coups, elle en donnera, mais elle en recevra plus que son compte. Certains matons abusent un peu trop de leur statut et de leur force. Il est facile de tabasser une personne qui ne peut se défendre car blessée ou entravée par des menottes.
    Durant ma lecture, j'ai pensé à ce qui s'était passé dans des camps, quand les surveillants abusent de leur supériorité sur les détenus et en profitent pour les brutaliser, les avilir, les considérant comme moins que de la merde. le contexte n'est pas le même, mais le résultat final l'est : le fait de traiter des humains pire que des bêtes.
    Vous me direz que les prisonniers des camps étaient innocents, alors que ceux dans les maisons d'arrêt, non. Que les surveillants dans camps étaient des sadiques et que les matons des prisons ne font que leur boulot.
    Et moi je vous dirai "Qu'en savez-vous de qui est innocent et de qui ne l'est pas ?". Je n'ai pas précisé de quels "camps" je parlais... Imaginez que les soldats du pays envahisseur X se retrouvent dans un camps de prisonnier du pays envahi Y...
    Les prisonniers du camp ne sont pas si innocents que cela puisque c'est l'envahisseur. Les autres ont-ils le droit de les battre comme des plâtres et de se comporter comme le fit l'envahisseur ? Non. Sinon, ils se descendront à leur niveau et moi, je refuse de me mettre à ce niveau.
    C'est ce que j'ai compris en lisant le livre. Marianne a mis un peu plus de temps à le comprendre, elle qui reproduira le comportement de ceux qu'elle méprise sur une pauvre prisonnière qui arrivera dans sa cellule.
    Pourtant, Marianne n'a pas toujours été le monstre que la société bien pensante dit. Orpheline élevée par ses grands-parents avares d'amour, elle n'a jamais rêvé que d'intégrer l'équipe nationale de karaté, rêvé de liberté et de voyages en train. C'est tout ce qu'elle voulait, c'est tout ce qu'on lui a refusé.
    Bien qu'elle assume ses crimes, elle les considère comme des accidents ou des dérapages. Et c'est à cause de "La Marquise" que Marianne franchira une fois de plus la ligne rouge. Un accident, un malheureux accident qui ne serait jamais arrivé si La Marquise avait fait son boulot au lieu d'aller provoquer Marianne.
    La vengeance des matons est terrible quand on s'en prend à l'un des leurs. Marianne en avait déjà fait les frais avant. Pourtant, si les deux surveillantes amochées avaient fait leur travail au lieu de lui chercher des poux, rien de tout cela ne serait arrivé.
    Ce que j'ai apprécié, c'est que l'auteur nous présente Marianne tantôt en monstre, tantôt en victime. Pas de dichotomie "elles sont méchantes, les prisonnières, elles sont gentilles, les matonnes".
    Les salauds sont des deux côtés de la barrière, et chacun alterne avec son côté sombre de la Force. Et je peux vous assurer que des salauds, il y en aura à l'extérieur, en totale liberté ! Bien pire que les détenues. En col blanc, eux.
    Marianne, elle est victime de ses failles, de sa soif d'amour, de ce corps qui sait trop bien se battre, de son trop plein de frustration.
    Incapable de ne pas provoquer l'autre, elle sait que son plus grand ennemi n'est autre qu'elle-même. Malgré sa colère et sa haine, elle doit apprendre à se maîtriser, à contrôler ses pulsions meurtrières et vengeresses. Elle est capable d'aimer et d'avoir de l'amitié aussi.
    J'ai aimé son histoire avec Daniel, le surveillant qui, de tortionnaire, va devenir le défenseur de cette enfant sauvage.
    Le seul qui a réussi à la dompter, à canaliser ses peurs, ses provocations. le rayon de soleil de toute cette noirceur.
    Ici, ami lecteur, de l'amour tu trouveras quand même, mais pas à la sauce Harlequin... Ce que tu obtiens, tu le paieras au prix fort et on t'en fera baver. N'oublie pas que tu en Enfer et que tes espérances ont fichu le camp.
    Dans la seconde partie, on offrira à Marianne le moyen de racheter ses crimes... La descente aux enfers sera encore pire dans cette partie là et mon cœur s'est serré de nombreuses fois, ouvrant les vannes des yeux. Après le soleil, c'est la pluie...
    Marianne va souffrir et elle comprendra peu à peu qu'elle est seule responsable de ses actes, qu'elle seule est à l'origine de ce qui lui arrive.
    Un livre qui ne m'a pas laissée indifférente, qui m'a fait réfléchir, pleurer, qui m'a serré les entrailles, me laissant le souffle coupé, le mot "non" bloqué plusieurs fois au fond de ma gorge.
    Un livre coup de poing.
    Ici, tout n'est que béton...
    Pourtant, là-bas, dans un coin, le béton s'est fendu, laissant apparaître de la terre. Terre prête à accueillir une graine qui donnera peut-être une fleur ou mieux, un arbre !
    J'ai terminé cette lecture anéantie, les yeux picotant étrangement, mes tripes nouées, retournées.
    Après une telle lecture, j'ai ouvert un vieux Picsou Magazine. Bizarrement, j'ai trouvé qu'Oncle Picsou était perfide, les Rapetou sordides, que Daisy était cynique, et que Donald était un canard violent...
    Non, après un tel roman, on s'arrête de lire durant quelques jours...
    Bienvenue à Carcéral Land, le pays d'où on ne s'évade jamais tout à fait.
    Et comme le chantait Renaud dans sa "Balade Nord Irlandaise" :
    Je voulais planter un oranger
    Là où la chanson n'en verra jamais
    Il a fleuri et il a donné
    Les fruits sucrés de la liberté


    Lien : http://the-cannibal-lecteur.jimdo.com/4-romans-policiers-contemporai..
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    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 19 juillet 2012

    canel
    --- CHEF-D'OEUVRE : MAGISTRAL, INOUBLIABLE MAIS EPROUVANT !

    Marianne, 20 ans, meurtrière et héroïnomane, est condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de vingt-deux ans. Elle a tué, non par préméditation, mais "en pétant les plombs", et le regrette amèrement. La question "Pourquoi je les ai tués ?" la taraude sans répit... Mais loin de se confondre en excuses et pleurnicheries, elle se forge une carapace de dure à cuire, elle a la rage, refuse de plier face aux menaces, aux brimades. Elle surenchérit même, quitte à rendre ses conditions de détention encore plus abominables. Un unique moyen de sortir un jour s'offre à elle, mais...

    Voilà du lourd, dans tous les sens du terme... de l'intense, du très fort, une lecture particulièrement éprouvante, bouleversante. La violence nous frappe dès les premières pages, ne s'arrête plus. Quelques moments de trêve pour Marianne : ses fixes d'héro, ses clopes, le bruit du train qui passe - la liberté à portée d'oreille -, la douceur d'une des surveillantes, et l'amour, aussi, mais pas tout rose, loin s'en faut.

    Un roman puissant sur la souffrance infinie, le désespoir, le milieu carcéral, ses règles tacites entre détenus, entre gardiens, mais aussi entre matons et prisonniers - règles souvent sauvages, impitoyables, inacceptables, sur lesquelles les autorités ferment les yeux, ce qui arrange (presque) tout le monde, sauf les victimes des sévices...

    Ouvrage très dur, impossible pour moi d'aller au-delà de 200 pages par jour, et pas avant le coucher ! J'ai même failli abandonner à la moitié, écoeurée, lassée de tant de violence et de douleur, gros coup de mou et de blues même.

    Dommage que le récit prenne cette tournure aux deux tiers et s'enfonce plus encore dans le sordide, le non-plausible quant à la résistance hors-norme des protagonistes. Heureusement, la jeune femme est terriblement attachante, les dialogues percutants et souvent jubilatoires grâce au sens de la repartie de la demoiselle... Et la plume de l'auteur est impeccable.
    Roman pavé que j'ai entrecoupé de lectures plus légères...
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    • Livres 5.00/5
    Par sandrine57, le 20 novembre 2012

    sandrine57
    Marianne de Gréville. Un nom à particule pour une enfance dorée mais sans amour. Alors c'est la rébellion, la fuite en avant, les mauvaises fréquentations et le drame. Marianne commet l'irréparable et se retrouve en prison...à perpétuité. A 20 ans à peine, sans plus aucun espoir de retrouver la liberté, Marianne s'évade de cet univers d'une rare violence en voyageant avec le bruit du train qui passe à heure fixe derrière ses barreaux, en écumant la bibliothèque de la prison et en oubliant tout avec l'héroïne. Confrontée à la brutalités des matons et des autres détenues, Marianne se forge une carapace et ne baisse pas les bras malgré sa solitude. Un jour pourtant, tout bascule. Un parloir, une proposition : un meurtre en échange de la liberté. La décision est difficile à prendre mais une lueur d'espoir vient de s'allumer...

    D'abord, il y a la prison, ses règles, ses codes, ses clans, ses caïds et ses matons, ceux qui exercent leur droit de cuissage, ceux qui dealent, ceux qui frappent, ceux qui se défoulent de toutes leurs frustrations sur les détenues.
    Et puis il y a Marianne, si jeune qu'elle n'a pratiquement pas vécu et qui doit se construire dans cet univers en vase clos, dur et violent, où il faut se battre pour survivre, ne montrer aucune faiblesse sous peine d'être broyé. Mais même les situations les plus sombres ont leur part de lumière. Marianne trouvera en prison la solidarité entre femmes, des amitiés sans failles, des surveillants humains et même l'amour, le grand, le vrai, celui qui permet tous les espoirs, tous les projets, tous les rêves.
    Et pour finir, il y a le marché qu'on lui met entre les mains : tuer pour être libre. Mais si Marianne est une meurtrière, elle n'a jamais pour autant tué de sang froid. Pourra-t-elle devenir la "Nikita" qu'on attend d'elle? Saura-t-elle mener sa mission à bien pour quitter la prison, rejoindre celui qui l'attend dehors et commencer une nouvelle vie? Peut-elle avoir confiance en ceux qui l'emploient? Tiendront-ils leurs promesses?
    De l'enfer de la prison aux mensonges d'Etat, le parcours de Marianne est un calvaire semé d'espoirs déçus, de violences physiques et de tourments psychologiques. Marianne, héroïne inoubliable, fragile et forte, plie mais ne rompt pas, portée par sa jeunesse, sa soif de vivre et son instinct de survie.
    Karine GIÉBEL signe là un roman fort, une oeuvre magistrale qui ne laisse pas indemne. On passe de l'émotion à l'espoir, de la révolte aux larmes, on vibre avec Marianne, on lutte, on crie, on pleure, on aime, on souffre avec elle et au final on tourne la dernière page avec un sentiment de perte. Un inoubliable coup de coeur!
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 15 septembre 2012

    caro64
    Condamnée à la perpétuité, une jeune femme se voit offrir une possibilité de sortir de prison. Seule condition, tuer pour gagner cette si chère liberté. Acceptera t-elle de payer le prix fort ? Un roman noir et oppressant qui décrit l'enfer carcéral et la cruauté des hommes.
    Regagner sa liberté a un prix. Marianne de Gréville va l'apprendre à ses dépends. Condamnée à la prison à perpétuité pour plusieurs meurtres alors qu'elle n'a que 20 ans, oubliée des siens, seule et sans espoir, la jeune femme n'a plus rien à perdre. Dans sa prison, livrée à elle-même, elle doit faire face à la cruauté du monde carcéral. L'isolement n'est pas forcément le plus dur à vivre pour elle. Les règlements de compte entre détenues, les humiliations voire les tortures infligées par certains surveillants sont autant d'obstacles à surmonter pour Marianne. 

Seule éclaircie dans cette atmosphère noire, sa relation particulière avec le chef des matons. Une relation qui devient aussi intense que destructrice. Et puis un jour, des policiers en visite lui proposent la liberté. Mais pour cela, il lui faudra tuer. Sa rédemption s'annonce compliquée. 

Marianne est un personnage complexe. Bien que remplie de violence, elle aspire à se racheter et retrouver sa liberté. Une volonté incompatible avec la mission qui lui est confiée : tuer des gens qu'elle ne connaît pas. Pourtant, donner la mort, elle sait ce que c'est. Mais cette fois c'est différent, elle n'a rien à reprocher à ses cibles.
    Karine Giébel, nous plonge une nouvelle fois dans un roman noir, très noir où la cruauté des hommes est dévoilée crûment. A la différence des précédents livres de l'auteur, qui se lisent plus rapidement et dans lesquels l'action rebondit sans cesse, "Meurtre pour rédemption" retient ses effets pour mieux les libérer dans les derniers chapitres. La description du monde carcéral, de ses rouages, des relations entre les détenus et avec les gardiens est extrêmement précise, sans pour autant être ennuyeuse. Cela donne même de l'intensité à l'histoire même si parfois c'est à la limite du soutenable.
    L'ambiance est étouffante mais prenante. le lecteur se laisse embarquer dans cette prison sombre et sale. Il participe, impuissant et avec colère, au calvaire de Marianne, il comprend sa violence, il a envie de l'aider à s'en sortir, de lui rendre justice. C'est tout le talent de Karine Giébel, créer de l'empathie pour cette héroïne jusque dans ses excès de violence. 


    Et puis l'histoire est très bien ficelée, on imagine déjà le film que cela pourrait donner. Pour ceux qui ont déjà lu les précédents romans de l'auteur, ils se laisseront une nouvelle fois surprendre par la fin du roman. Une fin à la Karine Giébel.
    On peut regretter quelques longueurs, des réactions de personnages pas toujours convaincantes et une histoire d'amour parfois trop poussée, mais on ne peut qu'applaudir la performance... un roman très dur, extrêmement violent, dérangeant, poignant et bouleversant dont on ne sort pas indemne.

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Citations et extraits

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  • Par babe83, le 11 mai 2013

    lectrice passionnée et régulière, cela fait un moment que je n'ai lu un tel roman, tellement prenant, dur et émouvant, très difficile à lâcher.

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  • Par nikita, le 11 novembre 2010

    Marianne, vingt ans. Les miradors comme unique perspective, les barreaux pour seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière. Une vie entière à écouter les grilles s'ouvrir puis se refermer. Indomptable, incapable de maîtriser la violence qui est en elle, Marianne refuse de se soumettre, de se laisser briser par l'univers carcéral sans pitié où elle affronte la haine, les coups, les humiliations. Aucun espoir de fuir cet enfer. Ou seulement dans ses rêves les plus fous. Elle qui s'évade parfois, grâce à la drogue, aux livres, au bruit des trains. Grâce à l'amitié et à la passion qui l'atteignent en plein cur de l'enfermement. Pourtant, un jour, l'inimaginable se produit. Une porte s'ouvre. On lui propose une libération… conditionnelle. « La liberté Marianne, tu dois en rêver chaque jour, chaque minute, non ? » Oui. Mais le prix à payer est terrifiant. Pour elle qui n'aspire qu'à la rédemption…
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  • Par canel, le 14 juillet 2012

    En face d'elle, sur le mur décrépi, une citation taguée. Par un prisonnier, il y a longtemps. Ou par un maton. Une phrase qu'elle n'oubliera jamais.
    "Nous ne pouvons juger du degré de civilisation d'une nation qu'en visitant ses prisons." Dostoïevski. (p. 192)

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  • Par boulaycarine, le 07 avril 2012

    « Ils ne m’ont laissé aucune chance … Mais j’existe encore … Ca leur ferait trop plaisir que je cesse le combat … Je ne leur ferai pas cette joie … Alors, nourrir la haine, l’instinct de survie, même si l’on ne désire qu’aimer et être aimée ».

    « Je ne suis pas là par hasard, je ne suis pas innocente. J’ai tué … Tout ce que je sais, c’est que je regrette … Dans le fond, je crois que j’ai seulement manqué d’amour … Le genre de manque qui vous assèche de l’intérieur ».

    « Moi, Marianne, désert d’amour, océan de colère … Je préfère la mort … D’ailleurs, je la provoque, étant trop lâche pour me la donner … Mais elle ne veut pas de moi … même la mort ne veut pas de moi ».
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  • Par canel, le 14 juillet 2012

    Je paye. Pour ceux qui n'ont plus rien. Pour ceux à qui j'ai ôté la vie. Ou l'envie de vivre.
    Elle sentit des tonnes lui dégringoler sur les épaules, tapa du poing contre le mur et s'affronta à nouveau. Ils ne m'ont laissé aucune chance, m'ont rayée de la carte. De leur monde... Mais j'existe encore, je suis Marianne. Personne ne peut me vaincre. Ca leur ferait trop plaisir que je cesse le combat, que je me couche avant la fin ! Non, je ne leur ferai pas cette joie. Ils m'ont enfermée parce qu'ils ont peur de moi, de ce que je suis. Et je continuerai à leur faire peur. Aussi longtemps que je respirerai, je serai une menace, une épine dans leur pied, une maladie incurable. (p.163)
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Karine Giebel - Purgatoire des innocents .
À l'occasion du Salon du Livre de Paris 2013, Karine Giebel vous présente son ouvrage "Purgatoire des innocents" aux éditions Fleuve noir. http://www.mollat.com/livres/karine-giebel-purgatoire-des-innocents-9782265097841.html Notes de Musique : Kalasnjikov - Underground








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