> Maud Sissung (Traducteur)

ISBN : 2290053937
Éditeur : J'ai Lu (2000)


Note moyenne : 4.29/5 (sur 56 notes) Ajouter à mes livres
" Sous la lune et les étoiles, seul avec son fils, Omoro procéda au dernier rite de l'imposition du nom. Il marcha jusqu'aux confins du village, et là, élevant le petit en lui tournant le visage vers le ciel, il murmura tout doucement : " Regarde, cela seul est plus gra... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 23 mars 2012

    litolff
    La lecture d' Autant en emporte le vent quand on est adolescente, prépare assez peu à la réalité de l'esclavage…( !!!) Et je me rappelle l'incrédulité avec laquelle j'ai lu Racines à sa parution en 1993 : récit magistral issu de la tradition orale qui s'est perpétuée grâce aux aïeux de l'auteur, Racines est un chef d'œuvre qui décrit avec force l'insoutenable institution esclavagiste
    Lorsque Alex Haley était enfant, sa grand-mère lui racontait des histoires sur sa famille, des histoires qui remontaient à travers les générations jusqu'à « l'Africain ». Elle disait que cet homme avait vécu de l'autre côté de l'océan et qu'il avait été arraché à son village natal pour être traîné jusqu'à un bateau d'esclaves en partance pour l'Amérique.
    Il a ainsi reconstitué l'histoire de sa famille, depuis le village natal de Djouffouré en Gambie et ce jour de 1767 où son ancêtre fut débarqué sur le quai d'Annapolis : deux siècles et six générations d'hommes, des esclaves et des affranchis, des fermiers et des forgerons, des avocats et des architectes et enfin un écrivain.
    Le résultat : un livre puissant qui raconte de façon poignante l'inhumanité du commerce triangulaire -le récit du voyage à travers l'Atlantique est épouvantable, et les ventes aux enchères humiliantes et dégradantes
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par iarsenea, le 14 août 2011

    iarsenea
    Je découvre- tardivement, il est vrai (mais vaut mieux tard que jamais, n'est-ce-pas ?), ce roman basé sur des faits vécus qui fut un succès dans les années 80. Force est de constater que Racines a toujours autant d'impact. Dire que j'ai adoré, ce serait peu dire. J'ai trouvé cela captivant, étonnant et magistral !
    Racines, c'est le récit de sept générations d'une famille noire des États-Unis, depuis la capture par un toubab de Kounta Kinté, un Gambien fort admirable au XVIIIe siècle, puis transporté jusqu'en Amérique par un négrier dans des conditions effroyables, jusqu'à l'auteur qui, poussé par les histoires de sa grand-mère sur ses ancêtres esclaves, a entrepris des recherches poussées dans le but de vérifier la véracité de certaines histoires transmises de générations en générations par la tradition orale.
    Alex Haley nous transporte tout d'abord dans le petit village de Djouffouré en Gambie où naît Kounta Kinté, son ancêtre. La rigueur de la recherche de l'auteur transparaît dans chaque page, alors qu'il nous fait découvrir petit à petit la culture et les traditions du peuple Mandingue à l'époque des captures d'esclaves. J'ai retrouvé avec bonheur et stupéfaction certains éléments de mon récent voyage en Afrique de l'Ouest : les calebasses, les petites huttes de terre cuite, la religion musulmane ainsi que de délicieux fruits que j'ai eu le bonheur de déguster au Togo. Comme quoi la vie en Afrique n'évolue pas aussi vite qu'en Amérique ! Je me suis attachée aux personnages de Kouta Kinté, d'Omoro son père, de Binta sa mère et de ses trois frères. J'ai ressenti l'attachement de ces personnages pour leur terre, leur respect des traditions aussi profondément que cela est possible pour l'occidentale que je suis. J'ai assisté avec beaucoup de douleur et de fierté à l'initiation de Kinté au monde des adultes. Puis, j'ai eu le coeur brisé lorsqu'il s'est fait capturer par un toubab et lorsque son long calvaire a commencé. Et ce, même si je savais pertinemment ce qui s'en venait. Je crois que mon voyage au Togo m'a beaucoup aidée à comprendre l'attachement des Africains pour leur terre, et j'ai eu doublement de la peine lorsque Kounta Kinté l'a quittée pour ne plus jamais revenir.
    Cependant, j'ai fini par revenir de ma déception de quitter la Gambie pour éprouver des émotions plus fortes encore en accompagnant Kounta sur le bateau qui l'a mené aux États-Unis. Quelle honte que la façon dont les noirs étaient traités ! J'étais totalement révoltée. Comment pouvait-on les traiter comme du vulgaire bétail ?!?! C'est impardonnable.
    On assiste ensuite à la vente, aux tentatives d'évasion, puis à la revente de notre personnages principal. Et ce, toujours avec beaucoup d'affliction. Puis, les choses prennent une tournure plus optimiste avec son mariage avec Bell, la cuisinière de la grande maison, et avec la naissance de leur fille Kizzy. le récit devient presque facile en comparaison avec ce qu'on a lu auparavant, lorsque PAF ! le malheur frappe à nouveau. À ma plus grande déception, nous quittons alors Kounta Kinté pour découvrir les destinées de son enfant, des ses petits-enfants, arrière-petits-enfants, etc., jusqu'à l'auteur. Une fois passée cette petite déception, j'ai su accrocher à la vie de tous ces descendants, toujours avec un intérêt renouvelé.
    Puis finalement, la fin. Découvrir comment Alex Haley a découvert toutes ces parcelles de son histoire m'a fascinée et m'a aussi beaucoup émue. Tellement que je regrette presque de ne pas avoir d'ancêtres africains pour pouvoir découvrir mes origines sur cette terre ! En tout cas j'ai maintenant bien envie de découvrir mes origines, et je regrette énormément que chez nous, la tradition orale n'ait pas la même importance que dans les pays africains.


    Lien : http://lecturesdisabelle.blogspot.com/2011/08/racines.html
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par steppe, le 22 mars 2012

    steppe
    Je m'étonne qu'il y ait si peu de critiques concernant cette oeuvre magistrale et ô combien nécessaire....
    En démarrant ma lecture je n'avais qu'un vague souvenir de l'adaptation télé...
    Le travail d'enquête effectué par Alex Haley est colossal et donne toute sa valeur à cette plongée dans l'histoire des esclaves Africains.
    Toute la première partie du livre nous détaille les mœurs et coutumes de ces peuples de Gambie, principalement cultivateurs et éleveurs... Leur mode de vie, leurs rites, leurs croyances, leur quotidien.
    Un vrai travail d'ethnologue et d'anthropologue....
    Puis vient l'enlèvement.... Et avec lui l'horreur et la désolation d'un pan de l'histoire des États-Unis.
    L'écriture est fluide, la langue simple mais l'émotion nous étreint à chaque ligne, chaque détail des tortures subies nous soulève le coeur, tout comme chaque petit moment de bonheur grappillé par les protagonistes nous emplit de joie. On ne lit pas Racines, on le dévore... Parce qu'on veut savoir si ce Kounta Kinté, ancêtre d'Alex Haley, va finalement parvenir à retourner chez lui bien qu'au fond de soi on connaisse déjà la triste réponse... Et à mesure qu'on a la certitude du dénouement, la gorge se noue et la lecture devient embuée de larmes.
    L'auteur, entre témoignage et roman, livre une saga terriblement crédible.
    Et puis, au delà de l'Histoire, du document et de l'hommage, il y a cette résonance universelle de la quête de nos origines, nos Racines... Qui n'a pas pensé un jour à aller chercher à la source d'où il vient et pourquoi il est là, aujourd'hui, ici et depuis quand ? Pour beaucoup d'entre nous ça ne reste qu'une vague interrogation, une quête jamais entamée mais pour Alex Haley, et pour notre plus grand plaisir,ce fut l'œuvre de sa vie....
    A lire absolument....
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par SACAGAWEA, le 13 mai 2012

    SACAGAWEA
    racines, c'est un chef-d'œuvre. Ce livre vous fait ressentir des émotions d'une force impressionnante. J'ai pleuré, j'ai ri, j'ai été révoltée et en colère, j'ai eu peur, j'ai éprouvé une honte immense et un dégoût très pesant envers l'être humain, je crois bien que j'ai fait toute la gamme des émotions.
    L'écriture est simple et sincère, et dès les premières pages l'auteur nous plonge dans les coutumes et le mode de vie d'un village en Gambie en 1750 d'une manière tellement riche de détails et émouvante que l'on s'attache immédiatement à son ancêtre Kounta. Avant de nous plonger ensuite dans l'horreur de l'esclavagisme lorsqu'il fut arraché à sa famille et à sa terre par l'homme blanc.
    C'est fascinant de remonter sur six générations grâce à la tradition orale, Alex Haley nous a délivré la mémoire de ses ancêtres, de son peuple, c'est un magnifique témoignage et un inestimable cadeau qu'il a fait à ses lecteurs. Merci à lui.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Hindy, le 18 décembre 2010

    Hindy
    De l'Afrique à l'Amérique de l'esclavage, Alex Haley a retracé au prix d'une enquête minutieuse le parcours de ses ancêtres sur sept génération. Une formidable et dramatique saga. Jamais la question de l'esclavage n'avait autant prix vie.
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Citations et extraits

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  • Par NotaBene, le 16 mai 2012

    Aussi mal que puissent aller les choses, Nyo Boto se souvenait toujours d'un moment où ç'avait été encore pire.
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  • Par iarsenea, le 14 août 2011

    Je me représentais- ou plutôt je « voyais », comme une brumeuse projection- cette déportation de millions de nos ancêtres dont j'avais lu les descriptions. Des milliers d'entre eux avaient été enlevés individuellement, comme Kounta, mais il y avait eu aussi pour des milliers d'autres l'horrible réveil nocturne, les hurlements, le tumulte et la terreur des villages attaqués, souvent livrés aux flammes. Les survivants valides étaient alors encordés par le cou en longs «convois» - s'étirant parfois sur un mille. Et je les voyais, ces chaînes de captifs, dans leur torturante marche vers la mer. Combien étaient morts en chemin ou, pire encore, avaient été abandonnés, à bout de forces ? Quel sort, pourtant, attendrait ceux qui atteignaient la côte ! Rasés, frottés d'huile, inspectés jusque dans leurs plus intimes orifices, souvent marqués au fer rouge, ils étaient enfournés dans les grands canots sous le cinglement des fouets. Certains résistaient en hurlant, enfonçaient leurs ongles dans le sable de la plage, s'en emplissaient la bouche, essayant désespérément de rester encore un instant accrochés à leur sol natal. Je voyais les captifs roués de coups, jetés dans les cales puantes et ténébreuses des vaisseaux négriers, enchaînés sur des planches, souvent si à l'étroit qu'ils devaient se tenir étendus sur le côté...
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  • Par iarsenea, le 14 août 2011

    Je repris l'avion à Dakar. Et ce fut pendant ce vol de retour que je décidai d'écrire un livre. L'histoire de mes ancêtres serait, symboliquement, le geste de tous les descendants d'Africains- tous issus, comme nous de Kounta, d'un homme ou d'une femme né dans un village d'Afrique noire et puis un jour capturé et enchaîné au fond d'un de ces vaisseaux négriers qui l'avait emmené de l'autre côté de l'Océan. Ces descendants d'Africains pour qui, après la succession des plantations, était venue la lutte pour l'émancipation.
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  • Par iarsenea, le 14 août 2011

    Et ils m'apprirent alors quelque chose dont je n'aurais jamais osé rêver : dans les villages les plus reculés, on trouvait encore des hommes de très grand âge, les griots, qui étaient véritablement des archives vivantes de la tradition orale. Le griot émérite, celui que l'on sollicitait dans les grandes occasions pour raconter l'histoire séculaire des villages, des clans, des familles, des héros, avait largement dépassé la soixantaine; en dessous de lui venaient des griots dont le savoir décroissait avec l'âge, jusqu'aux garçons débutants- ainsi était-ce après avoir entendu répéter les mêmes récits pendant quarante à cinquante ans que l'on devenait griot émérite. Dans toute l'Afrique noire, des chroniques orales s'étaient transmises depuis les ancêtres. Quelques griots légendaires avaient emmagasiné un tel trésor d'événements historiques qu'ils pouvaient littéralement parler trois jours dans s'arrêter- et sans jamais se répéter.
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  • Par iarsenea, le 03 août 2011

    « Fa, disait-il, ces Noirs ne sont pas comme nous. Leurs os, leur sang, leur force, leurs mains, leurs pieds ne leur appartiennent pas. Ils ne vivent et ne respirent que pour les toubabs, et non pour eux-mêmes. Ils ne possèdent rien- leurs propres enfants ne sont pas à eux. Ils sont nourris et élevés afin de servir encore d'autres toubabs, et non d'aider leurs parents.
    « Mère, disait-il encore, ces femmes s'enroulent la tête d'une étoffe, mais elles ne savent pas la nouer; elles cuisinent peu de plats où n'entre la chair ou la graisse de l'immonde porceau; et beaucoup d'entre elles ont été dans la couche des toubabs, car leurs enfants ont la maudite couleur des mulâtres.
    Et il discutait avec ses frères, Lamine, Souwadou et Madi, essayant de bien leur expliquer que, dans toute leur sagesse, les anciens ne parviendraient pas à leur inculquer que le plus féroce animal de la forêt est encore moitié moins dangereux que le toubab.
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