> Jean-Paul Gratias (Traducteur)

ISBN : 274361806X
Éditeur : Payot et Rivages (2008)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Katherine, la fille de l’inspecteur Frank Elder, est toujours profondément traumatisée par le viol qu’elle a subi de la part d’un criminel que traquait son père. Ce dernier est toujours rongé par la culpabilité.
A Londres, le sergent Maddy Birch se remet difficil... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par nescio667, le 30 mai 2008

    nescio667
    Toujours à la retraite, Frank Elder ne peut s'empêcher de penser régulièrement à la dernière affaire qu'il l'avait temporairement sorti de son repaire des Cornouailles. Appelé à la rescousse par un de ses anciens collègues, il avait participé à la traque d'un détraqué sexuel, traque au cours de laquelle sa propre fille Catherine avait failli perdre la vie (voir ‘De chair et de sang', même éditeur). Depuis cet épisode, cette dernière ne lui adresse d'ailleurs plus la parole et, d'après ce qu'il en sait par son ex-femme, Catherine ayant arrêté ses études et fréquentant assidûment des marginaux, serait sur une bien mauvaise pente.
    C'est l'assassinat d'une de ses anciennes collègues qui va cette fois servir de prétexte à Frank pour quitter sa petite maison sur la côte. Maddy Birch et lui ne se connaissaient pas particulièrement bien. Mais ils avaient failli. Failli avoir une liaison et donc, sa mort violente ne peut que toucher Elder au plus profond. Lorsque son ancien collègue des affaires non résolues lui signale que l'enquête piétine, Elder n'hésite pas longtemps à prendre son billet pour Londres. Là, il sera non seulement confronté à ce crime sordide et aux ramifications insoupçonnées, mais il devra également se résigner à affronter sa fille Catherine. Même si celle-ci refuse toujours de le voir.
    Deuxième épisode du cycle romanesque consacré à Frank Elder (qui devrait en compter trois), ‘De cendre et d'os' marquera incontestablement un tournant dans l'œuvre de John Harvey. Aussi réaliste, dense et complexe que ses autres romans, il se distingue par une fluidité extrême, tant dans l'intrigue elle-même que dans le style adopté pour nous la raconter. Certes, il y a plus de dialogues, mais ils n'ont pas -comme trop souvent dans les gros pavés américains- ce côté superficiel et facile dû à une maîtrise imparfaite du style indirect. Ici, pas un seul mot de trop, pas une seule faute dans le ton adopté : chaque mot, chaque ligne ont leur utilité stricte. Comme dans la précédente enquête d'Elder et comme dans toutes celles de Resnick, Harvey ne néglige ni la psychologie de ses personnages (très nombreux et pourtant tous rapidement identifiables) ni leur cadre social (les années Thatcher n'ont pas encore été digérées). A la limite du roman noir, de l'enquête criminelle pure et du thriller, ‘De cendre et d'os' nous montre un auteur de plus maître de son art.
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    • Livres 4.00/5
    Par bertrandbdx, le 05 décembre 2011

    bertrandbdx
    Franck Elder, jeune retraité de la police s'était finalement résolu a aider ses ex-collègues pour mettre hors d'état de nuire un délinquant sexuel. Mais son engagement s'était payé au prix fort avec le viol de sa fille.
    Nous retrouvons ici le policier, toujours retiré dans un trou perdu d'Angleterre,secoué par 2 nouvelles.
    Tout d'abord la mort d'une jeune enquêtrice nommée Maddy qu'il avait croisé par le passé, lui intime la nécessité d'aider le siens pour débusquer le meurtrier .
    Il devient alors consultant pour la Police grâce à l'intervention de son ancien chef et "ami" Framlingham. Chef qui en profite pour le faire travailler sur un sujet annexe qui aurait pu avoir des incidences sur la mort de Maddy.
    Mais Franck doit aussi aider sa fille, malgré son refus à lui parler, se voit empêtrée dans une affaire de drogue. Mais n'y a t'il pas derrière cela certaines intrigues policières?
    Au final, c'est une triple enquête qui se profile et qui oblige notre "anti-héros" à louvoyer pour ne pas trébucher.
    Plus que le premier, j'ai apprécié ce roman qui ne cherche pas à faire rebondir N fois l'enquête pour tenter de créer la surprise à tout bout de champ.
    Non ici il est plutôt question de doutes sur la voie à prendre, de suspicions qui se confirment parfois, de vies brisées.
    Et dans tout cela un ex-policier qui ne peut s'empêcher de découvrir la vérité, mais qui ne veut pas redevenir le policier qu'il était car il l'a payé à titre personnel au prix fort, le lot de beaucoup de policiers à priori.
    Alors j'espère que le troisième opus sera du même tonneau.
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    • Livres 3.00/5
    Par le_Bison, le 27 février 2012

    le_Bison
    Franck Elder est un flic à la retraite. Mais comme le temps est beaucoup plus long dans les Cornouailles (et plus qu'ailleurs), il se permet quelques piges pour aider ses anciens collègues sur des affaires non résolues ou en panne d'inspiration (Cold Cases, c'est à la mode). Surtout quand l'enquête se trouve en rapport avec le meurtre d'une flic, amante furtive d'un jour de Franck, 20 ans auparavant.
    John Harvey a mis de côté son « inspecteur-gastronome-jazzophile » Resnick le temps d'une trilogie sur ce retraité. Rien de bien original dans ce scénario, meurtres, drogues et règlements de compte, mais l'intrigue est bien tendue et tient en haleine un lecteur captivé par cette ambiance des brumes anglaises. Un polar à l'ancienne, en somme, où l'humain entre en compte beaucoup dans la personnalité des protagonistes. Des inspecteurs au passé douloureux. Des flics au passé douteux. Des complots, de la suspicion, de méchants anglais, mais aussi de l'amour, de la vengeance et des héros avec des faiblesses humaines, des échecs personnels et des dérapages incontrôlables, confrontés à des situations plausibles et réalistes. Je le vends bien ce polar, non ?! Stop à l'hypocrisie et à la démagogie : ce n'est pas non plus le roman noir du siècle, mais ce fut un petit moment sympathique de détente où les flics combattent les voyous, où les voyous s'en prennent aux flics...
    L'odeur des œufs brouillés baignant dans la graisse, du chow mein au poulet, ou du kebab à la sauce pimentée pigmentent les pages de ce polar. Malgré tout, Franck Elder semble avoir une meilleure hygiène de vie que son comparse et compatriote Charlie Resnick et ses fameux sandwiches fourrées à la mayonnaise et aux triglycérides, avec malgré tout un fort penchant pour le whiskey, single malt, écossais ou même irlandais (ça c'est l'Angleterre que j'aime, les pubs, la bière et le whiskey... manque plus que l'écharpe et un billet pour l'Emirates Stadium avec ses canonniers). L'aspect social, thème récurrent cher à l'auteur, reste présent en filigrane, tout comme les problèmes raciaux ou politico-économiques. Et puis il y a les Cornouailles, son climat ardu, ses terres tourbées et ses troupeaux de brebis...

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par Fromtheavenue, le 26 octobre 2010

    Fromtheavenue
    Franck Elder reprend du service sur un nouveau meurtre, celui d'un sergent de police qu'il a connu des années auparavant. On retrouve avec plaisir les personnages qu'on avait laissés dans "De chair et de sang". Ce qui fait la qualité et le talent de Harvey, c'est avant tout son écriture sincère et délicate. Les personnages attachants ont une âme, un coeur, un passé. Comme dans ses autres romans que j'ai pu lire, l'intrigue est plus complexe qu'il n'y paraît. Les histoires s'entrecroisent, le passé ressurgit avec son cortège de boue et de douleurs. La magie s'opère lorsque le sac de noeud se défait, mais des noeuds que l'écrivain prend le temps et un malin plaisir de défaire petit à petit, lentement...


    Lien : http://fromtheavenue.blogspot.com/2010/01/de-cendre-et-dos-de-john-h..
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 27 février 2012

    Au début, Elder s’était demandé s’il s’habituerait un jour au climat de cette partie de la Cornouailles. En général, tel un môme prédélinquant de cinq ans tout au plus, ce fichu climat était incapable de se concentrer plus de cinq minutes à la fois sans se disperser. Le soleil était suivi de violentes averses pratiquement horizontales, puis il brillait de nouveau et pendant tous ces bouleversements, soleil et pluie, le vent, quasi inévitable, soufflait en permanence. « Ça vous fouette le sang », disaient les autochtones - quand ils daignaient ouvrir la bouche - si Elder se plaignait.
    Puis, par une fin d’après-midi des derniers jours d’octobre, alors que la nuit tombait, il prit conscience que pendant trois jours pleins le brouillard venu de l’Atlantique, mêlé à la brume qui voilait les collines, ne s’était pas dissipé un seul instant, noyant tout sous un gris immuable qui traversait une pluie violente, implacable et incessante.
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  • Par le_Bison, le 27 février 2012

    S’il y avait bien une chose propre à donner immanquablement à Elder l’impression qu’il vieillissait, c’était un samedi soir dans un pub de Camden. Les tables, lourdes et carrées, étaient envahies, surchargées de bouteilles vides et de verres, noyées sous un flot de bière et les fanfaronnades des buveurs. Pas un seul siège de libre où que ce soit. Au bar, une mêlée, sur trois rangs. Un téléviseur grand écran diffusant en continu des clips musicaux que personne n’écoutait, que personne ne regardait. La fumée de cigarette où s’insinuait l’odeur immédiatement reconnaissable du cannabis. Des voix qui s’élevaient, tonitruantes, par-dessus un mélange de reggae et une sorte de rock marteau-pilon réduit à sa plus simple expression. Son âge mis à part, ce qui distinguait Elder de la masse, c’était le fait qu’aucune partie de son anatomie n’était percée pour s’orner d’un anneau ou d’un bijou, et qu’il n’était pas vêtu de noir.
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John Harvey : Proie facile
Depuis St Helier à Jersey, Olivier BARROT présente le livre de John HARVEY "Proie facile", édité par Rivages (collection Rivages Noir). Un roman traduit de l'anglais par Jean-Paul GRATIAS. Photos de John HARVEY en banc-titre.








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