ISBN : 2234064821
Éditeur : Stock (2010)


Note moyenne : 4.24/5 (sur 99 notes) Ajouter à mes livres
La ballade de Lila K, c’est d’abord une voix : celle d’une jeune femme sensible et caustique, fragile et volontaire, qui raconte son histoire depuis le jour où des hommes en noir l’ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nadael, le 26 septembre 2011

    Nadael
    Un siècle s'est écoulé. Nous voici donc plongés dans les années 2100, accompagnant Lila dans son périple initiatique et sa quête de vérité.
    Je suis habituellement peu attirée par les romans d'anticipation mais celui-ci va bien au-delà de l'aspect technologique, de mesures sécuritaires ou encore de l'importance de l'hygiène. Une seule génération nous sépare de l'époque de Lila, ainsi l'univers aseptisé dans lequel elle évolue ne nous est – malheureusement – pas totalement étranger ; les tablettes électroniques, les livres numériques, la chirurgie esthétique, les différences sociales de plus en plus marquées, les caméras de surveillance...
    On fait la connaissance de Lila dans un centre – un lieu ambivalent : mi-hôpital, mi-école. Elle y a été admise après avoir, apparemment, subie des actes de maltraitance par sa mère, celle-ci ayant été d'ailleurs déchue de ses droits maternels. C'est dans cet endroit qu'elle va se reconstruire physiquement, moralement et se construire intellectuellement grâce au soutien de Monsieur Kauffman, son mentor. Ce dernier lui ouvrira la voie qui la conduira à lever les nombreuses interrogations concernant sa mère.
    À dix-huit ans, elle partira donc sur les traces de sa petite enfance avec quelques images en tête : un placard, la chaude odeur de sa mère, des hommes en noirs, le bon goût de pâté... Au fur et à mesure de son enquête, elle sera amenée à cotoyer de nombreux personnages haut en couleur, aussi intéressants que surprenants.
    J'ai aimé ce personnage de Lila, jeune fille à la recherche de son identité, dôtée d'une incroyable intelligence, d'une jolie sensibilité, terrorisée par la foule et le bruit, infiniment discrète et posée ( elle demande un jour à son tuteur pourquoi elle a le sentiment que les gens ne cessent de la dévisager alors qu'elle fait tout pour se fondre dans le paysage... mais c'est parce que tu es très belle lui dit-il!).
    Ce roman est un vrai coup de cœur. J'ai aimé l'histoire, l'écriture fluide de l'auteure, les personnages qu'elle a su croquer merveilleusement, la savant dosage entre un côté sombre, dramatique, et un autre plus humaniste et drôle. du suspens, une réflexion sur la liberté et les possibles dérives de la société, une histoire d'amour, une quête identitaire, de la poésie, de la manipulation, de l'innommable à la grande bonté... La ballade de Lila K est un roman époustoufflant et profondémment émouvant.


    Lien : http://lesmotsdelafin.over-blog.com/article-la-ballade-de-lila-k-848..
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  • Par MIOP, le 09 février 2012

    MIOP
    L'histoire se déroule en 2100. Blandine le Callet imagine un futur sous haute surveillance. Tout est sous contrôle : les émotions, la santé, l'intimité. Les livres sont interdits ; les désirs contrôlés et les chats arc-en-ciel changent de couleurs. Ce roman nous renvoie à nos inquiétudes face à un avenir privé de liberté, mais aussi à notre soumission au confort du monde moderne et à l'autorité.
    Lila K vient de la zone extra-muros où les autorités n'ont pas encore pu exercer leur pouvoir. Arrachée à sa mère pour maltraitance, elle sera soignée dans un centre puis éduquée selon des principes rigoureux. La chance va lui octroyer un médecin psychiatre aux idées subversives. Il sèmera dans ce jeune esprit déjà brillant des graines de révolte.
    Lila K n'a qu'un seul but : retrouver sa mère. Enfant polytraumatisée, de terribles souvenirs vont surgir au fil de ses recherches. Un deuxième roman sur l'enfance tout aussi prenant que le précédent sur un registre différent.
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    • Livres 5.00/5
    Par Mariebib, le 13 octobre 2010

    Mariebib
    Je l'ai lu d'une triate, en une journée jusqu'à une heure et demie du matin...
    Une jeune fille traumatisée par ce qui lui a fait sa mère et son arrestation (des hommes en noir qui l'arrachent de son lit et l'enlèvent sous le rgard effrayé de la petite). Lila K. a fait semblent toute sa vie d'avoir l'air normale pour accéder à des informations bien cachées sur sa mère. Prise en charge dans un Centre pour enfants traumatisés jusqu'à la majorité, deux tuteurs s'occuperont d'elle et l'aideront à découvrir qui était vraiment sa mère et pourquoi on a retrouvé son corps (le corps de la petite) blessé, dans un placard, les mains collés par des brûlures graves.
    A lire absolument, car c'est une histoire racontée de l'intérieur, simplement, comme si c'était un témoignage réel.
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    • Livres 5.00/5
    Par liliba, le 04 décembre 2011

    liliba
    Cette ballade que nous propose Blandine le Callet n'est pas une promenade d'agrément, loin s'en faut, mais plutôt le chemin de vie de Lila, une jeune femme volontaire mais fragile que l'on va voir grandir tout au long du roman.
    Il faut dire que cette vie n'est pas anodine, comme ne l'est pas non plus ce monde futuriste (mais proche) dans lequel se déroule l'histoire. Lila raconte, donc. Elle se souvient de sa mère, dont elle a été séparée violement alors qu'elle était très jeune, et du Centre dans lequel elle a ensuite été admise (internée, plutôt), une espèce de pensionnat où les pensionnaires n'avaient pas le droit de sortir.
    Toute la vie de Lila tourne autour d'une seule idée, une obsession même : retrouver cette maman qu'on lui a arrachée et également ses souvenirs, puisqu'elle n'arrive pas à se remémorer tout un pan de son enfance, ni pourquoi on a enlevé sa mère et placée dans ce Centre. Lila est une enfant traumatisée. Elle ne supporte au départ pas les contacts physiques, qui la répugnent, ni même la communication avec autrui et longtemps, même quand elle sera « guérie », le fond de son placard où elle va se terrer sera le seul endroit où elle se sente en sécurité.
    Elle vit dans un monde où les livres sont interdits, remplacés par des liseuses électroniques, bien pratiques au pouvoir en place pour faire figurer dans les textes sa propagande ou effectuer des coupes sombres sur les passages non conformes à l'ère du temps. Mais Lila pourra malgré tout avoir le droit de lire. C'est la patience et la douceur, l'opiniâtreté aussi de quelques éducateurs et surtout du directeur du Centre qui l'aideront à sortir d'elle-même, pour être un jour capable de mener une vie normale, à l'extérieur. Elle va ainsi peu à peu s'ouvrir au monde, sortir de sa léthargie psychologique, et enfin utiliser son intelligence supérieure pour parvenir à son but : partir à la recherche de sa mère.
    Il y a du suspense dans ce roman, de l'amour aussi, et une tendresse immense que j'ai éprouvée pour cette fille paumée et fragile qui va tout faire pour sortir de ce monde étrange, cette société totalitaire étouffante, oppressante, dans laquelle les hommes sont surveillés sans relâche, même chez eux. Lila voudrait savoir ce qu'il se passe dans « la Zone », ce pays interdit, au-delà des murailles de la ville, cette soi-disant jungle où rodent violence et horreurs diverses mais où on est libre. Elle pense que c'est là-bas que sa mère aurait pu survivre, se cacher. C'est là aussi qu'on peut arriver -peut-être- à vivre si on ne veut pas se laisser dévorer par cette société qui fait des humains des machines (et même des animaux) et dirige leurs faits et gestes et leurs pensées, leur vie sociale comme leur vie intime.
    C'est donc un chemin de courage que cette ballade de Lila. Un beau chemin de vie, grave, mais où souffle malgré tout le vent de l'espoir d'une vie meilleure, d'un autre monde, le rêve de relations normales avec les gens, d'amitié et d'amour. Une ballade que je ne peux que vous conseiller de lire, car elle est magnifique.


    Lien : http://liliba.canalblog.com/archives/2011/11/22/index.html
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    • Livres 5.00/5
    Par SD49, le 09 septembre 2010

    SD49
    Lila est très jeune lorsqu'on la sépare de sa mère et le livre commence très fort par cette séparation et l'ultime regard d'amour de cette mère pour son enfant. Ce passage qui débute le livre est très émouvant et je me suis retrouvée le coeur serré dès la première page.
    Elle est emmenée dans un centre dans lequel elle est rééduquée, opérée, instruite. On découvre ainsi que sa petite enfance n'a pas été toute rose. Et pourtant ..... Toute sa vie elle voudra retrouver sa mère et savoir ce qui lui est arrivé, Lila est volontaire, courageuse et patiente. Sa vie dans le centre est très détaillée et très intéressante, ses éducateurs seront patients et respectueux.
    J'ai beaucoup aimé la façon dont est racontée cette histoire et dont les sentiments sont retransmis "Je souffrais encore plus qu'avant, lorsque je n'avais qu'un deuil au coeur. Maintenant qu'ils étaient deux, je me demandais si j'arriverais à les porter ensemble. Ca commençait à être vraiment lourd, toutes ces larmes qui se déversaient en moi, sans faire le moindre bruit."
    Lila ne supporte pas les contacts physiques mais va devoir faire des efforts surhumains pour y arriver et pouvoir sortir de ce centre "Si je voulais avoir une chance de quitter le Centre un jour pour retrouver ma mère, il faudrait en passer par là : les contacts poisseux, les haleines douteuses, la tiédeur malsaine, tout ce frotti-frotta répugnant qu'implique forcément la vie en société. Comment imaginer pouvoir y échapper."
    C'est une histoire très réaliste même si on se rend compte progressivement qu'elle se passe à une autre époque que la notre, dans quelques dizaines d'années. Et horreur ! les livres sont proscrits, il faut mettre un masque et des gants pour les manipuler. Mais Lila tombe amoureuse des livres grâce à l'un de ses éducateurs qui a un esprit subversif et elle ne lâche plus les livres. "Je me moquais un peu du contenu des livres. Ce que je recherchais, surtout, c'est le pouvoir qu'ils m'accordaient. J'arrivais grâce à eux à m'abstraire de ma vie. J'oubliais le Centre, sa routine et son lot de contraintes épuisantes. J'oubliais qu'on m'avait confisqué ma maman. J'étais ailleurs, loin du monde, loin de moi. C'est parfois reposant de se perdre de vue."
    Et après des années passées au Centre, Lila sort enfin, trouve un travail et fait des efforts incroyables pour côtoyer du monde. Mais ce n'est pas simple, dans cette société les gens sont sous surveillance presque constante, et ce n'est donc pas facile de faire des recherches sur sa mère dans ces conditions.
    D'autant plus que Lila habite intra-muros et qu'à l'extérieur de ces murs se trouve "la Zone" où il semble que ce soit la jungle et où personne n'est en sécurité. Mais Lila est obstinée, elle prend son temps mais elle veut y arriver et elle va y arriver.
    J'aime beaucoup la façon d'écrire de Blandine le Callet, j'ai plongé dans cette histoire pour n'en ressortir qu'à la fin après des passages très forts en émotion. On suit Lila d'année en année, sans se lasser un seul instant, en souhaitant qu'elle s'en sorte, c'est un personnage assez extraordinaire avec une grande ténacité et une volonté à toute épreuve.


    Lien : http://pages.de.lecture.de.sandrine.over-blog.com
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Alexis Brocas pour le Magazine Littéraire

    En France, la science-fiction connaît un curieux phénomène. Hier, reine des littératures de l'imaginaire, elle semble aujourd'hui supplantée sur son terrain par la fantasy. Mais renaît, surtout en cette rentrée,... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par pyrostha, le 01 février 2011

    des hommes casqués,tout en noir ,(qui ) ont défoncé la porte pour se ruer dans la chambre...(..) Elle (la maman) n'essayait plus de résister .Elle me regardait fixement.J'ai compris ce qu'elle voulait me dire.Au revoir mon bébé.Plusieurs fois elle a cligné des yeux.Chaque battement de paupières etait comme un baiser.Je t'aime.Je t'aime.Je t'aime.Et elle m'a souri derrière le baillon.

    Il s'est mis à me réciter des poèmes,chaque matin.Toutes sortes de vers,libres ou réguliers-il n'était pas sectaire.Je devais fermer les yeux-M.Kauffmann assurait qu'on entend mieux les yeux fermés .Lorqu'il avait fini,je lui disais souvent

    -je n'ai pas tout compris

    -Encore heureux ,fillette!Allez maintenant tu m'apprends ça par coeur.

    Je ne voyais pas trop l'intérêt,mais Monsieur Kauffmnn avait l'air d'y tenir: On ne sait jamais ,cela pourrait servir à l'occasion.Alors j'obéissais :chaque jour ,j'apprenais un poème ,parfois deux.Ça ne me demandait aucun effort.Je retenais sans peine.J'ai toujours été spongieuse.

    J'ai soudain vu le livre s'ouvrir entre ses mains,éclater en feuillets ,minces,souples et mobiles.Cétait comme une fleur brutalement éclose ,un oiseau qui déploie ses ailes.

    Ça ne peut pas s'effacer?

    Non,c'est inamovible.Indélébile.Là réside tout l'intérêt :Avec le livre,tu possèdes le texte.Tu le possèdes vraiment.Il reste avec toi sans que personne ne puisse le modifier à ton insu.Par les temps qui courent,ce n'est pas un mince avantage ,crois moi, a t il ajouté à voix basse .Ex libris veritas ,fillette .La vérité sort des livres.Souviens toi de ça:Ex libris veritas

    On passe sa vie à construire des barrières au delà desquelles on s'interdit d'aller:derrière ,il y a tous les monstres que l'on s'est créés.On les croit terribles,invincibles,mais ce n'est pas vrai.Dès qu'on trouve le courage de les affronter ,ils se révèlent bien plus faibles qu'on ne l'imaginait.Ils perdent consistance ,s'évaporent peu à peu.Au point qu'on se demande parfois ,pour finir,s'ils existaient vraiment.


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  • Par jostein, le 30 novembre 2010

    On passe sa vie à construire des barrières ua-delà desquelles on s'interdit d'aller: derrière, il y a tous les monstres que l'on s'est créés. On les croit terribles, invincibles mais ce n'est pas vrai. dès qu'on trouve le courage de les affronter, ils se révèlent bien plus faibles qu'on ne l'imaginait. Ils perdent consistance, s'évaporent peu à peu. au point qu'on se demande, pour finir, s'ils existaient vraiment.
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  • Par peneloppe277, le 11 février 2011

    page 62
    Quand j'ai eu terminé tous les livres contenus dans la caisse - des contes, des romans, des albums illustrés, plusieurs essais d'histoire et de sociologie, des poèmes en latin, et un traité d'architecture -, M. Kauffmann les a remportés, et m'en a prêté d'autres. Je les ai dévorés avec le même plaisir, la même frénésie. ils n'avaient pas tous à mes yeux un égal intérêt, mais au fond, c'était sans importante. je me moquais un peu de contenu des livres. Ce que je recherchais, surtout, c'est le pouvoir qu'ils m'accordaient. J'arrivais grâce à eux à m'abstraire de ma vie. J'oubliais le Centre, sa routine et son lot de contraintes épuisantes. J'oubliais qu'on m'avait confisqué ma maman. j'étais ailleurs, loin du monde, loin de moi. C'est parfois reposant de se perdre de vue.
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  • Par kathel, le 09 décembre 2010

    Après le dîner, je restais seule dans ma chambre. Plusieurs fois, ils m'avaient proposé de rejoindre les autres, pour passer un moment avec eux avant d'aller dormir, mais j'avais refusé. Les autres me faisaient peur. Chaque jour, je les observais, depuis la salle de rééducation. Le nez contre la vitre, je les regardais jouer dans la cour principale, au pied du bâtiment. Et malgré la triple épaisseur de verre qui atténuait leur clameur, malgré les trente étages qui nous séparaient, eux et moi, je ne pouvais m'empêcher de frissonner. Je le savais, j'en étais sûre : je n'arriverais pas à vivre au milieu d'eux ; j'étais trop différente, et surtout, incapable de supporter les bruits dont résonnait l'espace, ces cris, ces rires, ces pleurs lointains, ces chuchotements la nuit, dans le couloir, tout ce monde vivant qui grouillait à ma porte. C'était trop effrayant. Jamais je ne réussirais à m'y habituer.
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  • Par liliba, le 04 décembre 2011

    Viens donc voir, fillette ! Je me suis approchée.
    - On appelle ça des livres. Tu vas voir, tu n’en reviendras pas. J’ai levé un sourcil sceptique. Il avait beau dire, ça ne payait pas de mine. Mais lui semblait très excité. Il s’est emparé d’un volume, puis il l’a soulevé à hauteur de mes yeux.
    - Regarde bien Lila. J’ai soudain vu le livre s’ouvrir entre ses mains, éclater en feuillets, minces, souples et mobiles. C’était comme une fleur brutalement éclose, un oiseau qui déploie ses ailes.
    - Ça t’en bouche une coin, n’est-ce pas ? Je n’ai pas répondu. Je regardais ses gros doigts qui feuilletaient les pages couvertes de signes noirs et de taches colorées.
    - Et bien, tu as perdu ta langue ? _- Comment dites-vous que ça s’appelle ?
    - Un livre. C’est ce qu’on avait, avant les grammabooks.
    - Et… qu’est ce qu’il y a écrit là-dedans ?
    - ça dépend du livre. J’ai ouvert des yeux ronds. Je n’y comprenais rien.
    - Laisse moi t’expliquer : tu vois, avec un grammabook, on n’a qu’un écran vierge sur lequel vient s’inscrire le texte de ton choix. Un livre, lui, est composé de pages imprimées. Une fois que le texte est là, on ne peut plus rien changer. Les mots sont incrustés à la surface. Tiens, touche. J’ai posé ma main sur la feuille. J’ai palpé, puis j’ai gratté les lettres, légèrement, de l’index. M. Kauffmann disait vrai : elles étaient comme prises dans la matière.
    - ça ne peut pas s’effacer ?
    - Non, c’est inamovible. Indélébile. Là réside tout l’intérêt : avec un livre, tu possède le texte. Tu le possèdes vraiment. Il reste avec toi, sans que personne ne puisse la modifier à ton insu. Par les temps qui courent, ce n’est pas un mince avantage, crois-moi, a-t-il ajouté à voix basse. Ex libris veritas, fillette. La vérité sort des livres. Souviens-toi de ça : Ex libris veritas."
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Blandine Le Callet nous parle de son deuxième livre La ballade de Lila K (Éditions Stock) dans l'émission Dialogues littéraires, réalisation : Ronan Loup.








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