ISBN : 2742727736
Éditeur : Actes Sud (2000)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
Rien ne prédestinait Céline Rabouillot à devenir garde-barrière. Elle lit des livres, parle trois langues, comprend les enfants comme personne. Elle accompagne un homme âgé qui a aimé les abeilles, la bonne chère et les grands-crus de Bourgogne. Mais elle est grosse, tr... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par LiliGalipette, le 18 mars 2010

    LiliGalipette
    Roman de Françoise Lefèvre. Livre lu et prêté par Clara.
    Céline Rabouillot est garde-barrière. Mais pour tout le monde, avant tout, elle est grosse. Trop grosse. "Tu as vu La Grosse?" (p. 9) Cent kilos qui dérangent. Son histoire, sa jeunesse à l'Est, son amour pour un vagabond, son enfant disparu, tout le monde s'en moque. Mais la médisance des autres ne l'atteint pas. Digne et royale, elle déborde de joie et d'amour. Elle comprend les enfants, sait se faire aimer d'eux. Elle est l'amie d'Anatolis, un vieillard malade qui lui répète "Tu es ma lumière" (p. 31) Généreuse au-delà du raisonnable et du possible, "[elle est] belle, lumineuse, à cause de cet amour qu'[elle] porte comme une boule de foudre à la place du coeur." (p. 19)
    Poignante histoire! le rejet que subit Céline est violent et sale. Il colle aux mots. Mais, majestueuse et hors norme, Céline est une merveille antique et mythologique, un kaléidoscope de figures féminines. Céline, c'est la femme du Déjeûner sur l'herbe, c'est Léda, c'est La Laitière de Vermeer, c'est un modèle de Courbet. Céline, c'est Marie-Madeleine, rejetée, jugée, lapidée de mots, mais si généreuse devant ses détracteurs. Céline, privée de son enfant, est une mère incarnée, une Vénus callypige faite pour l'amour. Corps d'albâtre et de miel modelé pour la vie, Céline attend le retour de son vagabond, les retrouvailles qui la feront enfin femme aux yeux des autres. Céline rêve de Roland de Roncevaux, d'un chevalier preux qui la sauverait de sa solitude.
    Légèrement décontenancée par l'absence de majuscule sur le premier paragraphe du livre, j'ai toutefois apprécié de plonger immédiatement dans le texte. La dédicace à René Guy Cadou et à sa femme Hélène est joliment reprise au sein du texte, par un hommage que le personnage fait au poète.
    Le texte est poétique, touchant, mais trop court. Ou peut-être trop long, puisque l'on assiste à la pitoyable chute de cette femme sublime, à la déchéance ultime d'une figure dont personne ne veut. J'aurais préféré en savoir un peu moins, finir sur l'image chaude de Céline qui étend son linge en rêvant de voiliers, ne pas participer au lynchage culturel et stéréotypé de cette femme inadaptée. Mais je garderai de cette lecture un beau souvenir. Et je conseille le texte de Françoise Lefèvre aux amoureux des femmes, des vraies.
    Encore un grand merci à Clara qui a fait voyager ce livre jusqu'à moi.

    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/03/18/17278246.html
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    • Livres 4.00/5
    Par antigoneCH, le 13 avril 2009

    antigoneCH
    Céline Rabouillot est devenue garde-barrière. Pour elle, dans cette petite maison de campagne qu'on lui alloue, loin de tout, tout est synonyme de liberté. Enfin, elle a trouvé un lieu où elle peut rêver à son amour perdu, oublier son enfant disparu, et se cacher. Car Céline est grosse, très grosse, si grosse que pour les autres, sa simple vue semble être une offense. Pourtant, Céline est belle, mais peu le voient, seulement ce vieil homme qu'elle entoure de ses soins, Anatolis, et puis aussi Sylvestre et Noémie, dont elle s'occupe si bien.
    Ce petit livre est un poème. Que vous dire de plus ? Nous entrons avec les mots de Françoise Lefèvre dans un univers de sensations qu'on ne refermera qu'à regrets au terme des pages tournées.
    Beaucoup d'images me sont venues à l'esprit pendant ma lecture, très colorées, poétiques ou romanesques. Il y eut même quelques paysages russes, froids, des rues de Paris, l'hiver, l'été, la chaleur, le bruit des oiseaux, le silence... Et puis, j'ai pensé aux personnages de Botero, à leur grâce particulière, et je me suis dit que ce roman c'était ça, ce mélange, et au milieu une femme rousse, belle, grosse, qui sublime le présent et étreint - un peu, beaucoup - le coeur.


    Lien : http://antigonehc.canalblog.com/archives/2009/01/18/12103536.html
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    • Livres 5.00/5
    Par pyrouette, le 27 avril 2011

    pyrouette
    Un livre à ne pas lire si vous êtes déprimé….. La vie de Céline est une véritable tragédie. On a l'impression d'être figé dans le temps, le travail de garde barrière de Céline en donne la sensation, mais on s'aperçoit au fur et à mesure que c'est une histoire actuelle, moderne. Les gens n'acceptent pas Céline comme ils n'accepteraient pas une personne différente d'eux, n'est-ce pas, il faut quelqu'un à détester pour certains sinon ils ne peuvent mettre en évidence leurs exploits ou qualités….Ils ne peuvent tout simplement pas vivre autrement. Céline quand à elle, trouve toujours des joies minuscules dans une journée, elle positive, garde le sourire, joue avec les enfants, accompagne un malade en fin de vie et oui pourtant elle est grosse et elle s'habille mal et elle a les cheveux très long….Quand elle perdra son travail et son ami, elle essaiera encore et encore en positivant. La fin de l'histoire, et bien je vous laisse la découvrir si vous en avez le courage !

    Lien : http://pyrouette.canalblog.com/archives/2011/04/27/20990098.html#com..
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    • Livres 4.00/5
    Par liratouva2, le 05 juillet 2010

    liratouva2
    "et s'il fallait un commencement...'
    Le récit s'ouvre sur une lettre minuscule comme s'il n'y avait pas de début à cette histoire de grosse, de trop grosse, celle de La Grosse Céline Rabouillot que rien ne prédestinait à devenir garde-barrière. et qui vit sans majuscule une vie toute petite, humble avec un physique trop imposant pour tous ceux qui se moquent d'elle au village. Elle traîne son corps comme si elle avait la charge de valises. Elle le cache en jetant sur ses épaules un châle de soie noire à grandes fleurs qui éclatent comme des coquelicots. Alors le boucher et les autres autour la traitent d'excentrique et se moquent d'elle, encore et toujours, quoi qu'elle dise et quoi qu'elle fasse! Ils ne la connaissent pas mais ils savent qu'ils ne l'aiment pas.
    Alors Céline vit dans ses rêves. Elle attend son Roland de Roncevaux, son beau chevalier. Elle court chaque matin vers sa boîte aux lettres mais elle n'y trouve que de la publicité. A perte de vue la route est vide.
    (...)
    C'est une belle histoire tissée dans une écriture faite de rêve et de simplicité.


    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2010/07/la-grosse-de-francoise-lefevr..
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    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 13 février 2010

    claracambry
    Une lecture magnifique toute en puissance.
    Puissance et poésie des mots, ode à la volupté et à l'amour noble. Sensualité de cette chair qui protège et qui comble le vide. Céline Rabouillot est grosse. Reine à la chevelure flamboyante, femme à la peau blanche et laiteuse à l'odeur de miel. Beauté d'un temps passé quand la poitrine généreuse nourrissait l'enfant ou le réconfortait. Son obésité lui attire la méchanceté. Mais, Céline est belle, pleine de cet amour à donner, à partager. Son amour, source de rêves et d'espoirs, lui donne la force de vivre, elle qui a perdu son enfant.
    Submergée d'émotions de la première à la dernière page, j'en ai encore les larmes aux yeux. Une très, très belle lecture et si bouleversante, que je ne peux pas en dire plus…


    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/02/francoise-lefevre-la-grosse.h..
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Citations et extraits

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  • Par liliba, le 28 mai 2010

    Avant toute chose, il y a le coeur gros. Ce coeur qu'il faudrait presque tenir à deux mains tant il est lourd. Douleur pour rien. Douleur sans raison. Apparemment sans raison. Un chagrin peut se réveiller un soir d'été parce qu'on est seule à suivre un vol de corbeaux silencieux s'en revenant des champs. On est seule dans la beauté du monde.
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  • Par pyrouette, le 27 avril 2011

    Celui qui n’a jamais pénétré dans une vieille demeure aux dalles cirées où cuit doucement sur un coin du fourneau la soupe aux poireaux-pommes de terre, un jour d’avril encore froid mais ensoleillé, ne peut comprendre l’émotion de tourner les pages d’un vieux livre de cuisine.
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  • Par zazimuth, le 28 septembre 2010

    Est-ce possible de vivre avec un coeur aussi gonflé d'absence ? Et de convertir ce vide en amour ? Un amour que l'on poursuit à chaque instant du jour et qui donne envie de prendre d'autres enfants dans ses bras, de peindre ses volets en bleu, d'écrire un poème, d'aimer sans rien attendre en retour, puisqu'au fond, c'est toujours ainsi qu'il faudrait aimer. Sans rien attendre. (p.26)
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  • Par pyrouette, le 27 avril 2011

    C’est inouï le nombre de gens qu’il faut chasser de sa route pour qu’ils ne viennent pas piétiner les joies minuscules d’une journée.



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  • Par liratouva2, le 05 juillet 2010

    pour vaincre ce chagrin, Céline essuie les larmes des autres enfants . Elle découpe des nuages dans du papier et va rendre visite à ceux que la vie oublie.
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