ISBN : 2070786420
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres

Sur fond d’émeutes de plus en plus incontrôlables dans les banlieues, le Bloc Patriotique, un partid’extrême droite, s’apprête à entrer au gouvernement. La nuit où tout se négocie, deux hommes, Antoine et Stan... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 14 mars 2012

    caro64
    Le Bloc Patriotique, parti d'extrême droite dont le logo est un trident bleu-blanc-rouge, négocie son entrée au gouvernement tandis que de violentes émeutes secouent la France.

    Le livre de Jérôme Leroy est d'une brutalité assez rare, pas tant par les descriptions de scènes de violence et de rixe qui rythment le récit mais bien plus par le sentiment dérangeant, la sensation de malaise qui ne manquera pas vous saisir - et qui vous poursuivra longtemps - après avoir terminé l'ouvrage. Pourquoi ? Parce que vous venez d'être plongé dans l'histoire du premier parti d'extrême droite français, parce que vous venez de partager les 40 années de l'histoire de ce mouvement politique – de sa naissance à son arrivée au second tour de l'élection présidentielle – , parce que vous venez de faire l'expérience des évènements qui conduisent de manière inéluctable à son entrée au gouvernement et parce que ces événements sont ceux de la France des années 2000-2010, notamment les émeutes de 2009. Parce vous vous dites : "cette fois, on y est".
    Jérôme Leroy propose une analyse historique, politique et sociale du climat de cette France-là, capable de porter un parti d'extrême droite au pouvoir, quand l'exigence républicaine n'est plus une priorité et quand les valeurs qu'elle véhicule sont celles de l'individualisme forcené et du culte consumériste. Il nous montre que bien avant les années de la droite "décomplexée", les fissures de l'édifice républicain apparaissent déjà sous la gauche et continuent à se creuser chaque jour, alimentées par le climat de peur et d'insécurité que les médias entretiennent.
    C'est aussi une plongée dans les arcanes de l'extrême droite française et l'histoire de la main mise d'une famille sur le parti. C'est également une immersion dans l'organisation para-militaire du service d'ordre et le récit d'un groupe d'intervention qui, officiellement, n'existe pas.
    Tout cela nous est raconté par deux personnages principaux : Antoine, le mari de la présidente du Bloc, et Stanko, le chef du service d'ordre du parti.
    Car la force du livre tient aussi à sa construction et à la richesse, à la puissance romanesque de ces deux personnages. Ainsi, le livre se déroule en une seule nuit. Les chapitres alternent les deux voix et emploient des pronoms personnels à la première et deuxième personnes comme sujets narratifs, plaçant le lecteur au cœur des ténèbres extrémistes.
    L'intellectuel et l'homme de main, l'écrivain et le cogneur, le bourgeois et le prolo, le livre et l'arme. Deux hommes qu'apparemment tout oppose et qui, pourtant, vont vivre une intense amitié à travers Le Bloc et ses idées. L'un cherche refuge dans le passé, l'autre, un sens à l'existence, unis par cette pulsion de mort qui les habite, frères dans cette violence qu'ils aiment déchaîner. Tous deux finiront néanmoins broyés par nécessité, car, si le parti accueille les chiens fous et les égarés, il n'hésite pas à s'en servir et à les sacrifier.
    Si Le Bloc n'est pas un roman parfait, son auteur a le mérite de s'être hissé à la hauteur du défi qu'il s'était imposé : se mettre dans la peau de deux fascistes. On pourrait reprocher un certain manque de tension, puisqu'il n'y a ni intrigue, ni enquête et que la fin est très prévisible. L'intérêt est ailleurs, me direz-vous. le sujet est traité habilement. Et ces 300 pages ne laissent pas indifférent.
    Et si le roman devenait réalité ? Hypothèse très, très noire… mais on se dit aussi en le refermant que d'autres choix sont possibles et que c'est à nous de réagir (mai 2012 ! mai 2012 !)
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par encoredunoir, le 22 novembre 2011

    encoredunoir
    Depuis le mois d'août les émeutes embrasent la France. le gouvernement de droite, soucieux de montrer qu'il n'entend pas laisser les racailles faire la loi, a lâché la bride aux forces de police. La situation a pourri, les violences ont augmenté et on en est déjà à plus de 750 morts en cette nuit de novembre où Le Bloc Patriotique, le parti d'extrême-droite, apparaît comme l'ultime recours. Pendant que les négociations battent leur plein au pavillon de la Lanterne pour savoir combien de ministères va enfin décrocher Le Bloc, deux hommes attendent.
    Seul dans son appartement, Antoine Maynard, mari d'Agnès Dorgelles, présidente du Bloc, attend de savoir si le service d'ordre du parti a réussi à éliminer Stanko, son chef.
    Seul dans la chambre d'un hôtel borgne, Stanko attend les tueurs à ses trousses.
    Tous les deux se remémorent leurs rencontres respectives avec Le Bloc et leur amitié trahie ce soir. Car au moment d'accéder au pouvoir, le parti doit se refaire une respectabilité et s'acquitter de quelques dettes auprès des hommes en place. Ancien skinhead, exécuteur des basses œuvres du parti et de la famille Dorgelles, Stanko est devenu un poids. Il doit disparaître.

    Avec Le Bloc, Jérôme Leroy frappe un grand coup et nous montre, s'il en était besoin, et n'en déplaise à certains, que l'on ne peut se contenter de diviser le monde entre les bons et les méchants, ni les romans entre ceux que l'on aime et ceux que l'on n'aime pas. Parce que je ne peux pas vraiment dire que j'ai aimé Le Bloc. Parce qu'il m'a emballé mais qu'il m'a aussi mis particulièrement mal à l'aise. En partie justement parce qu'il nous montre tout ce qu'il peut y avoir d'humain chez le grand méchant loup.

    Si l'on reconnaitra plus ou moins Marine et Jean-Marie le Pen, l'affaire Poulet-Dachary, les Mégret, Bruno Gollnisch et bien d'autres encore, Leroy ne se contente pas ici de nous faire une histoire vaguement romancée du Front National mais va, au travers de deux portraits, nous montrer comment l'extrême-droite peut séduire des personnes aussi différentes qu'un héritier de la petite bourgeoisie de province et un enfant des milieux ouvriers sinistrés du Nord.
    Plus encore, Leroy nous glisse dans la peau de l'un de ses personnages. La narration à la deuxième personne attribuée à Antoine Maynard met en effet le lecteur dans la position d'un acteur du livre. Un acteur par ailleurs séduisant. Maynard est un homme cultivé, intelligent, doté d'une certaine forme de courage physique comme moral, un homme auquel peut-être même, on prendrait plaisir à s'identifier n'était sa propension à la violence et, bien entendu, ses idées. Devenu fasciste non pas « à cause d'un sexe de fille » comme l'assène efficacement la première phrase du livre, du moins pas seulement, Maynard est un de ces héros romantiques qui ont poussé le « dandysme mal placé » jusqu'à basculer et devenir les personnages qu'ils se sont fabriqués. Par provocation, par désir de transgression et d'action. Antoine aurait pu devenir communiste, comme son grand-père, ou comme Jérôme Leroy qui a d'évidence mis beaucoup de lui-même dans ce personnage. Il a choisi, au gré des rencontres et des découvertes littéraires, l'autre camp. Tout cela, et l'utilisation de ce « tu » qui nous place dans l'intimité de Maynard, et fait en quelque sorte de nous Maynard, nous amène à l'aimer d'une certaine manière, au moins autant qu'il peut par ailleurs nous répugner.

    Si l'identification à Stanko, bouffé par la haine, avide de revanche, prédateur froid, est moins évidente, son histoire et son indéfectible fidélité à ceux qui sont devenu sa famille par procuration, Maynard et Le Bloc, nous amènent là encore à comprendre ou à chercher à comprendre sur quel terreau peuvent proliférer les idées de l'extrême-droite et sur quels ressorts elles peuvent s'appuyer.
    À travers cette tragédie antique, en évacuant tout discours lénifiant et moralisateur, Jérôme Leroy nous montre comment l'extrême-droite a fait son nid dans une société qui se délite. Un nid de plus en plus douillet aménagé à la fois par les discours guerriers de la droite et une absence coupable de la gauche auprès de ceux qu'elle aurait dû mieux défendre et qu'elle a abandonnés.
    Le Bloc est un beau roman noir ponctué de véritables moments de grâce, un roman politique intelligent. Un livre dérangeant aussi dont la lecture ne fait pas forcément du bien sur le moment mais qui, en murissant en nous, nous permet aussi de regarder la société autrement. de nous regarder autrement.


    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-la-nuit-des-deuxiemes-cout..
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Lizouzou, le 11 janvier 2012

    Lizouzou
    Le Bloc Patriotique est un parti politique d'extrême droite qui s'apprête à entrer au gourvernement.
    Antoine et Stanko appartiennent au parti de manière très différente : Antoine est le mari de la présidente du parti et Stanko est le chef du service d'ordre du parti (en gros une milice quoi !). Pourtant pour l'intérêt du Bloc, l'un deux va mourir...
    Les chapitres alternent les deux histoires : celle d'Antoine et de l'autre celle de Stanko. Ils se connaissent l'un l'autre, sont très proches et pourtant l'auteur a bien insisté à séparer leur histoire respective.
    Le lecteur sait quasiment dès le début lequel des deux va mourir et je me suis posé plusieurs fois la question s'il y allait avoir un retournement de situation ou non... (mais chut je vous laisse le suspense !)
    Alors évidemment la politique en littérature ce n'est pas forcément un sujet qui attire les foules, pourtant je m'y suis intéressée par son aspect très proche de la réalité (surtout en période électorale) et aussi grâce à mon boulot qui me fait parfois découvrir d'autre genre de lecture ! de plus, Miss Alfie en a très bien parlé, je vous laisse donc découvrir sa chronique sur ce livre ici !
    Je ne m'attendais pas à ça, j'ai apprécié et je l'ai trouvé beaucoup plus facile à lire que "L'honorable société" de Manotti et Doa (pour rappel mon avis sur ce livre ici), cependant je ne le classerais pas forcément en polar...


    Lien : http://lespetitslivresdelizouzou.hautetfort.com/archive/2012/01/09/l..
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    • Livres 3.00/5
    Par Lve, le 21 janvier 2012

    Lve
    Une autre histoire du FN. L'histoire du Bloc, parti d'extrême droite au porte du gouvernement. La France est au bord de la guerre civile, des émeutes dans toute le pays. le gouvernement décide de faire appelle au Bloc pour lui des ministères. Durant cette nuit de négociation, on est avec Stanko, le responsable du service d'ordre du bloc, lâché par son parti et Maynard le marie de la chef du Bloc. Tous les deux sont amis, mais leur avenir est opposé, l'un va mordre la poussière, et l'autre monté au gouvernement.
    Un livre mou, sans aucune tension. Un style pour chaque personnage, et notamment les passages avec Maynard se font au tutoiement. Pas de je ou il, mais tu. Surprenant.
    Sinon pour l'histoire, c'est un mélange de réel et de fiction, et des flashback pour nous raconter l'histoire de ce parti à travers ces deux personnages.
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    • Livres 5.00/5
    Par MissAlfie, le 14 décembre 2011

    MissAlfie
    A travers le parcours de deux hommes, évoluant pour l'un dans la sécurité du parti, pour l'autre dans ses sphères décisionnelles, Jérôme Leroy réussit également le pari de nous parler de la montée de l'extrême droite, dans une société déçue par les partis traditionnels, par l'extrême-gauche, depuis une trentaine d'années, jusqu'à devenir "le premier parti ouvrier de France". S'il ne donne aucune réponse ni aucune "leçon de morale", Jérôme Leroy propose un roman que l'on peut très bien lire comme un documentaire, un reportage sur la classe politique française, sur l'évolution de la société, le tout basé sur des faits réels, retravaillés, réaménagés, mais totalement réalistes...
    Lors de cette soirée d'échange, Jérôme Leroy a eu cette phrase que je trouve très pertinente : "Ce roman, c'est cinquante pour cent de recherche et de faits réels consignés et cinquante pour cent de fiction." Nommé pour le prix de Flore, Le Bloc est un roman noir, politique et engagé qu'il convient vraiment de découvrir, loin de tout manichéisme et de toute caricature.

    Lien : http://croqlivres.canalblog.com/archives/2011/11/11/22440637.html
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Critiques presse (3)


  • LeSpectacleduMonde , le 25 janvier 2012
    Bien plus qu’une dénonciation d’un parti, le Bloc se lira comme une imprécation contre le nihilisme.
    Lire la critique sur le site : LeSpectacleduMonde
  • Liberation , le 12 décembre 2011
    L’intrigue et les mèches sont enroulées, le feu est partout, ça prend très bien. On s’y croirait. Jérôme Leroy, 47 ans, 20 livres en bandoulière, prend un pied joyeux et sombre à élaborer cette quasi-France… distante d’un miroir ? [...] Un roman plein d’une humanité dense et dangereuse, un bloc fissuré.
    Lire la critique sur le site : Liberation
  • LeFigaro , le 14 octobre 2011
    Avec Le Bloc, Jérôme Leroy a signé un roman brutal et poignant, l'heureuse rencontre entre Drieu et Sam Peckinpah.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par frikiko, le 24 mars 2012

    Par exemple, depuis combien de temps trouve-t-on normal de voir les gens manger en marchant ? Cela n'a l'air de rien, c'est anodin au possible, mais enfin une jolie fille qui se débat avec un kebab et son téléphone portable, insoucieuse de la sauce blanche qui lui coule sur le menton, c'est typiquement une attitude du monde d'après. Inimaginable dans une rue des années 60 ou 70. Catherine-Isabelle Duport n'aurait jamais mangé un sandwich debout, dans la rue, devant les autres. D'abord, parce qu'elle aurait été gênée , appartenant à une époque où les autres, justement, avaient encore une importance et aussi parce que rien, ni patron, ni horaire, n'aurait justifié une telle aliénation et qu'il y a toujours un moyen de s'installer à une terrasse, de croiser par hasard une copine et de parler des garçons autrement qu'en se connectant à Facebook dans la solitude du soir, dans un appartement cher et petit, à roter le kebab mal digéré du midi.
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  • Par jovidalens, le 11 mars 2012

    Les bobos se lèvent plus tard. Ils ont la gueule de bois après avoir eu de grandes discussions citoyennes dans les bars de la rue Oberkampf. Peut-être ce soir-là ont-ils un peu moins parlé d'eux-mêmes et enfin des événements.On ne les a pas trop vus manifester, par ici, parait-il, ces belles consciences antirascistes. Ils ont quand même les foies, maintenant. Le XIème, c'est tout près de Belleville, et à Belleville c'est la guerres intra-muros. Ne pas voir leurs réactions dans les jours qui vont venir, leurs protestations indignées : je regrette de devoir manquer ce grand moment de comique. ça va piauler et s'indigner sur Facebook. Ils ont toujours été très forts pour s'envoyer du Daily Motion et du You Tube. Mais, sorti de ça, c'est quand même des soucis de copropriètaires, qu'ils ont. Ou de psychanalysés.
    Alors, ça m'étonnerait qu'on les voie en première ligne dans la vie réelle.
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Jérôme Leroy - Librairie Bisey
www.passion-bouquins.com Blog littéraire alternatif Dans le cadre des soirées intimes, Luc Widmaier, responsable de la librairie Bisey à Mulhouse et Hervé Weill du blog Passion Bouquins interviewent Jérôme Leroy. Auteur du roman Le Bloc, publié chez Gallimard, il dialogue avec son public.








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