Ne vous y méprenez pas, tout ceci n'est que pure fiction… ou presque. le 21 mars 2001, un incident survient sans que cela affole les médias. D'ailleurs l'affaire est rapidement classée malgré l'obstination du lieutenant Hélène Carvelle, une jeune femme qui rêve d'entrer à la brigade criminelle. Une jeune femme est passée par un œil de bœuf situé sous les toits de l'habitation d'une personnalité importante, lors d'une réception. Les R.G. sous le commandement de Jacques Lerois qui surveillaient la bâtisse n'ont rien vu, ne pouvant que constater la présence du corps sur la terrasse. Suicide, accident ? de toute façon ce n'est pas leur affaire. Hélène Carvelle relie cette affaire à l'assassinat d'un manouche dans un camp situé sous l'autoroute. le meurtrier présumé s'est fait la belle mais dans sa roulotte sont découvertes plusieurs photos dont celle de la morte. Mais ce n'est pas ces bricoles qui préoccupent Jacques Lerois. Il doit organiser avec la collaboration de Goodwhile, un obscur agent étranger, l'opération Nemrod. le président est sur des charbons ardents, sous les regards acérés de juges intègres qui aimeraient le traduire en justice. Seule solution possible pour échapper à la justice, être réélu et en reprendre pour cinq ans à l'Elysée. Un cabinet de consulting, composé en tout et pour tout de trois hommes, est chargé de faire monter la pression auprès des médias, notamment sur l'insécurité, et de prévoir le maximum de candidats afin de contrarier les projets du Challenger face au Champion. Dans les journaux, nationaux ou provinciaux, les gros titres ne manquent pas, se rapportant à des préoccupations diverses, selon les sensibilités des lecteurs concernés. Il faut que peu à peu les faits relatifs à l'insécurité prennent le pas sur ses infos et deviennent un leitmotiv de plus en plus alarmant. La radio et la télévision sont également visées et doivent jouer un rôle dans la propagation des infos. Afin de mieux enfoncer le clou, Lerois et Goodwhile de leur côté recherchent dans le cadre de l'opération Nemrod le personnage susceptible de réaliser un événement qui marquera les esprits. Leur choix se porte sur un sinistre petit entrepreneur de rénovation, acculé à la ruine et amoureux des armes à feu, Victor Courcaillet. La machine est en marche, il ne reste plus qu'à attendre les résultats des élections, l'année suivante.
Jean-Hugues Oppel réalise avec ce roman un véritable tour de force : intégrer le réel au virtuel, insérer une histoire policière et une intrigue politique dans un contexte que tous ont vécu dans la douleur, sans avoir vraiment compris tout ce qui pouvait se passer en amont, ou aurait pu se dérouler. La frange entre imagination et vérité s'avère extrêmement mince, et c'est ce qui fait la force de l'anticipation politique, sauf que dans le cas présent l'anticipation est une visite uchronique d'une cassure de l'histoire, le “ et si ça s'était déroulé comme ça ”, avec toutefois du “ et ça c'est vraiment passé comme ça ”. Pour vous en convaincre reportez-vous aux manchettes de vos journaux, si vous les avez gardés, et relisez-les. Oppel apporte sa touche que l'on ne pourra pas qualifier de complaisante, car il assène aussi bien ses coups de griffes à gauche comme à droite. Et l'on est en droit de se demander pourquoi le Challenger a accumulé autant de bévues. Lors de la guerre de Cent ans le fils de Jean le Bon lors d'une bataille épique conseillait à son géniteur “ Père, gardez-vous à gauche, père gardez-vous à droite ”. Un conseil que les électeurs devraient méditer. Afin de mieux marquer l'empreinte de cette époque, Oppel indique les différents décès de personnalités qui ont jalonné la période du 21 mars 2001 au 21 avril 2002. Sont ainsi évoqués John Lee Hooker,
Philippe Léotard, Maurice de Bevere plus connu sous le pseudonyme de Morris et bien d'autres sans oublier le crash des avions sur New-York. Quant aux différentes parties de ce livre elles sont scindées par un calendrier révolutionnaire.
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