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ISBN : 2290116726
Éditeur : J'ai Lu (2015)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.96/5 (sur 1662 notes)
Résumé :
Dans le Grand Nord sauvage et glacé, un jeune loup apprend à lutter pour la vie. Les premiers hommes qu'il rencontre, des Indiens, le baptisent Croc-Blanc. Auprès d'eux, il connaît la chaleur du feu de camp, mais aussi le goût du sang. Racheté par un Blanc cupide, il est dressé pour le combat et découvre la haine. Un homme pourtant le sauve de cet enfer. Croc-Blanc lui vouera un amour exclusif.
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Critiques, Analyses & Avis (115) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
Gwen2118 août 2015
  • Livres 5.00/5
Alors là, je dois avouer que j'en reste comme deux ronds de flan... Whaou, si on m'avait dit qu'à la lecture d'un roman mettant en scène la vie d'un animal je ressentirais autant d'émotions et que je me fendrais même d'une petite larme, je ne l'aurais jamais cru. Et pourtant... petite nature, va.
La Nature justement, parlons-en. Elle occupe tout le paysage du roman. Le Wild, le Grand Nord, territoire hostile et sauvage, livre ses secrets sous la houlette d'un écrivain de grand talent. L'écriture est simple et précise, elle fait mouche à chaque phrase. Le début du roman, incroyablement fort et angoissant, happe instantanément le lecteur le plus impavide. La suite ne démérite en rien, où l'on suit la croissance puis le parcours de Croc-Blanc, un jeune loup abâtardi de sang canin. Un voyage au royaume des hommes qui donne à réfléchir encore aujourd'hui.
Ma première réaction une fois ma lecture achevée fut l'étonnement. Je suis en effet très surprise que ce roman soit classé en catégorie jeunesse car je le trouve d'une violence terrible et les émotions qu'il fait naître me semblent de nature à fortement impressionner les jeunes lecteurs.
J'aime quand un livre me surprend, surtout en bien. J'avais ouvert "Croc-Blanc" parce qu'il évoquait des souvenirs d'enfance ; j'ai découvert un roman brillant que je ne suis pas prête d'oublier.

Challenge de lecture 2015 - Un livre de votre enfance
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belette2911
belette291130 mai 2013
  • Livres 5.00/5
ATTENTION ! Si vous lisez ce livre dans les transports en commun (genre métro comme moi) assurez-vous d'avoir une bonne âme (mon mari dans mon cas) à vos côtés pour vous signaler que vous arrivez à destination !
Oui, j'étais tellement plongée dans ma lecture que je ne me rendais même pas compte que le métro allait arriver à la station de destination...
C'est vous dire comme il fut prenant ! Pourtant, ce livre n'étant dans ma PAL que depuis deux mois, il n'aurait pas dû être lu aussi tôt.
Bizarrement, j'ai eu une envie folle de le lire, de le découvrir puisque je n'ai jamais vu le film. Pourquoi cet empressement ?
Et bien, le temps étant à la canicule - au moins 11 degrés - (mhouahaha), je me suis dit qu'un peu de fraîcheur serait la bienvenue et me voilà partie pour le Grand Nord, les pieds enfoncés dans la neige, les loups à mes trousses.
Cette première partie avec un traineau tiré par des chiens, poursuivi sans relâche par une meute de loups affamés - dont un viendra manger avec les chiens sans que le musher s'en rende compte tout de suite - était plus que prenante.
Comme dans "Dix petits nègres" et ses invités qui meurent l'un après l'autre, ici, c'est un chien qui disparaissait chaque nuit, dévoré après avoir été entrainé par la louve qui n'a pas peur de l'homme (la mère du futur Croc-Blanc). Elle est à moitié louve, à moitié chien et a grandi parmi les hommes. La ruse, elle connait. Les hommes aussi.
D'emblée, cette entrée en matière avec la course poursuite entre des loups affamés, hurlants et le traineau avec les deux hommes était flippante... Pourtant, c'est considéré comme littérature jeunesse. Nous sommes loin de l'univers de la Bibliothèque Rose, là !
Cet aparté terminé, je dois vous avouer que ce que j'aime dans ces livres de Jack London, c'est que cet auteur a une manière de vous parler du Grand Nord qui fait que, même si vous étiez au bord d'une piscine par 40 degrés à l'ombre, vous vous croiriez dans le blizzard en train de grelotter, le trouillomètre à zéro, la vision du Petit Chaperon Rouge, dévoré, dansant devant vos yeux épouvantés.
Nous sommes dans le Grand Nord, oui, et il ne fait pas de cadeau. Un jeune louveteau va le découvrir très vite, lui qui sera le seul survivant de la nichée. Pas le choix, faut manger si on ne veut pas être mangé. Sa rencontre avec une belette sera décisive, la bête étant vicieuse et vindicative (hem, c'est mon totem).
Les premiers hommes qu'il rencontre seront des Indiens qui le baptiseront Croc-Blanc. Auprès d'eux, il connaîtra la chaleur du feu de camp, mais aussi le goût du sang et la main qui frappe au lieu de caresser.
Sa condition de "plus loup que chien" fera qu'il sera rejeté par les autres chiots, agressé et mis à l'écart. Pas d'amour, pas de tendresse, mais des bagarres. Cela va déjà lui forger le caractère.
Comme dans "L'appel sauvage", cette histoire nous est contée à travers l'animal, ici, Croc-Blanc, ce qui donne au récit une émotion qui vous prendra aux tripes plus que si c'était raconté par un narrateur humain.
Oui, j'ai souffert avec Croc-Blanc, j'ai partagé ses émotions, ses peurs, ses découvertes, ses ruses, j'étais dans sa peau et j'avais envie de mordre les autres chiens qui l'emmerdaient. Oui, j'ai regardé les humains avec un regard de haine brûlante, avec l'envie d'en mordre certain et de leur trancher la jugulaire.
Je n'ai pas l'âme d'une violente, mais le récit atteint une intensité tellement féroce à certains moments que vous ne pouvez vous empêcher de vous dire que l'être humain peut-être une crapule.
Jack London nous dépeint plusieurs facettes de l'homme : l'indien qui deviendra aussi con que l'homme blanc après avoir goûté à l'eau-de-feu et qui vendra Croc-Blanc à l'homme cupide et pleutre qui veut le loup pour se sentir puissant et organiser des combats. Après cette brute et ses airs de truand, viendra le bon.
Mais dressé pour le combat, notre Croc-Blanc a basculé du côté obscur de la Nature et à cause des hommes, il a découvert la haine, il est devenu sauvage, hargneux.
Pas besoin de dictionnaire, il a vite compris ce que voulaient dire "injustice", "cruauté gratuite" et "vraie sauvagerie". Dans la nature, jamais il ne serait parvenu à un seuil pareil, le rendant irrécupérable tant la rage coule dans ses veines, tant il n'a plus confiance en l'homme.
Et pourtant...Tout le monde a droit à une rédemption.
Je remercie Jack London de m'avoir plongé dans cette aventure mi-humaine et mi-animale très bouleversante, sans m'épargner la vision de la cruauté humaine envers l'animal.
Les civilisés ne sont pas ceux que l'on dit. C'étaient les hommes qui hurlaient leur plaisir lors des combats de Croc-Blanc contre des ours, des lynx, un bouledogue... Eux qui voulaient voir le sang couler.
Un roman fort, prenant, dur, violent, sauvage, mais avec de l'espoir et des grands espaces. Tous les hommes ne sont pas des salauds...
Maintenant, je change de registre et je vais aller le dorer la pilule en Afrique du Sud avec le roman "Zulu". C'est l'agence de voyage de Caryl Férey qui m'y emmène.
Avec cet auteur bucolique, ce sera petites fleurs, poésie et douceur au menu. Un peu de douceur dans ce monde de brute. Tiens, pourquoi ceux qui ont lu "Zulu" toussent-ils aussi fort ?

Lien : http://the-cannibal-lecteur...
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araucaria
araucaria04 juillet 2013
  • Livres 4.00/5
Beau livre d'aventure, qualifié de roman pour la jeunesse mais qui peut être lu à tous les âges. Croc Blanc nous entraîne à la découverte du Grand Nord Américain et nous fait connaître les dures lois de la nature où l'animal se bat pour survivre et où le plus fort triomphe toujours du plus faible. L'auteur nous fait faire une incursion intéressante dans la vie des loups et dans celle des chiens à moitié sauvages. Une belle histoire où l'homme et l'animal se rencontrent et tissent des liens. Un roman incontournable, un grand classique.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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Shaitana
Shaitana13 décembre 2010
  • Livres 5.00/5
Pour moi, ce roman est rempli d'émotions. On vit ce que vit Croc-Blanc, ses douleurs, ses joies, ses peurs...
Jack London nous entraîne dans le Grand Nord et nous montre la barbarie, la violence, l'insjustice mais aussi la douceur et l'amour.
Une bête sauvage est dangereuse. Longtemps, le loup était synonyme de monstre. Mais dans le récit de Croc-Blanc, le monstre n'est pas celui que l'on pourrait croire.
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Ellane92
Ellane9203 octobre 2014
  • Livres 5.00/5
Que voilà un beau roman d'aventures dans les grands espaces sauvages qu'il serait dommage de cantonner à un public "jeunesse" !
La première chose que j'ai envie de dire à propos de ma lecture de Croc Blanc, c'est que je n'ai pu m'empêcher de la mettre en parallèle avec le non moins génial Appel de la forêt, qui décrit un cheminement inverse. Dans Croc Blanc, le chien-loup finit, après de multiples épreuves auprès de ses congénères canins et de maitres peu recommandables, à se laisser apprivoiser.
La plume fluide et rude de London nous narre l'histoire et l'évolution de Croc Blanc, sa tristesse, sa rage, sa peur et son amour aveugle pour le Maitre. le lecteur est invité à souffrir avec le héros à quatre pattes du froid et de la faim, des morsures des autres chiens, à lutter pour avoir une place avant d'être vendu pour un peu d'alcool, à être horrifié des mauvais traitements dont il est l'objet. de façon transparente, au travers du regard du chien-loup, l'auteur nous décrit aussi la vie rude et difficile de la fin des années 1890, du temps de la ruée vers l'or du Klondike, ses pionniers coriaces et plein d'espoir, leurs relations avec les amérindiens ou les ingénieurs venus de Californie pour inspecter les mines d'or. Une autre époque, d'autres moeurs, sans doute aussi difficiles pour les hommes que pour ces chiens qui tractaient leurs traineaux, une vie pleine de risques mais aussi de liberté à la recherche de quelques paillettes d'or ! Et puis arrive l'homme, le Maitre, celui qui est juste et va permettre à Croc Blanc de se réconcilier avec la partie la moins sauvage de ce qu'il est. Dès lors qu'il ne sera plus obligé de se battre pour survivre, Croc Blanc peut assumer d'être à la fois chien et loup, et commencer à tisser d'autres liens avec les autres que ceux liés à la haine et à la colère. Une jolie parabole.
Pour ma part, j'ai été sous le charme de ce roman tout au long de sa lecture et en suis ressortie avec l'envie de voir de grands espaces et de parcourir le monde. Je n'ai aucune critique à faire de cette lecture, aucune déception, toutefois… je crois que qu'il y aura toujours en moi un petit faible pour l'Appel de la forêt.
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Citations & extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria06 juillet 2013
Quelle que fût cependant sa force physique et morale, Croc-Blanc souffrait d'une faiblesse de caractère insurmontable. Il ne pouvait supporter de voir rire de lui. Le rire humain était à son idée une chose haïssable. Qu'il plût aux dieux de rire entre eux au sujet de n'importe quoi, peu lui souciait. Mais si le rire se tournait de son côté, s'il sentait qu'il en devenait l'objet, alors il entrait dans une effroyable rage. Calme et digne en sa sombre gravité l'instant d'avant, il en était métamorphosé. On l'outrageait, pensait-il, et la folie frénétique qui s'emparait de lui durait des heures entières.
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OrpheaOrphea08 avril 2010
Les hommes qui adorent les dieux les veulent immatériels, les placent au-dessus des lois naturelles, les font vivre dans un univers inaccessible, où s'effondrent dans un combat imaginaire le Vrai et le Faux, le Beau et le Laid, le Bien et le Mal. S'ils se perdent dans ce dédale, ou si le doute les assaille, ils peuvent briser leurs idoles et les remplacer par d'autres, tout aussi irréelles. Le chien et le loup domestique n'ont pas ce recours, ni cette versatilité. Les dieux qu'ils vénèrent sont des êtres de chair et de sang. Ils les perçoivent avec leurs sens, et partagent avec eux le temps et l'espace d'une existence bien concrète. Ce n'est pas la foi qui les crée, et le doute ne les fait pas disparaître. Ils sont toujours là, debout sur leurs pattes postérieurs, un bâton ou un morceau de viande à la main. Ils peuvent souffrir, saigner, mourir, et même être mangés. Une seule chose leur est impossible : cesser d'être des dieux.
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OrpheaOrphea08 avril 2010
Incipit

Une haute forêt de sapins, sombre et oppressante, disputait son lit au fleuve gelé. Dépouillés de leur linceul de neige par une récente tempête, les arbres se pressaient les uns contre les autres, noirs et menaçants dans la lumière blafarde du crépuscule. Le paysage morne, infiniment désolé, qui s'étendait jusqu'à l'horizon était au-delà de la tristesse humaine. Mais du fond de son effrayante solitude montait un grand rire silencieux, plus terrifiant que le désespoir -- le rire tragique du Sphinx, le rictus glacial de l'hiver, la joie mauvaise, féroce d'une puissance sans limites. Là, l'éternité, dans son immense et insaisissable sagesse, se moquait de la vie et de ses vains efforts. Là s'étendait le Wild, le Wild sauvage, gelé jusqu'aux entrailles, des terres du Grand Nord.
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tbeloeiltbeloeil25 mai 2014
Les marins racontent, dit Bill, que les requins suivent les navires. Les loups sont les requins de la terre. Ils savent bien qu’ils nous auront.
- Ils t’ont déjà bien entamé, mon pauvre Bill, répondit Henry. Tu te laisses aller. C’en est fait d’un homme dès qu’il déclare forfait.
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De sa petitesse et de sa frayeur, il jetait son défi à l’immense univers.
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Conclusion : les choses ne sont pas toujours se qu’elles semblent être, il convient, en dépit de leur apparence, de faire preuve d’une extrême méfiance à leur égard, de ne jamais s’y reposer avant d’en avoir vérifié la réalité.
Page 37 sur 122

C’était la loi de la nature. La viande vivait de la viande, la vie se nourrissait de la vie. Il y avait ceux qui mangeaient et ceux qui étaient mangés. La loi de la nature était la plus cruel : "Mange ou soit mangé." […] Il fallait se battre pour conquérir de la nourriture, il fallait se battre pour ne pas servir de nourriture.
Page 42 sur 122

La tranquille solitude de sa première existence était finie. Ici, l’air lui-même palpitait de la vie, en un incessant murmure dont l’intensité variait brusquement d’un instant à l’autre, et dont les mots diverses lui portaient sur les nerfs et irritaient ses sens.
Page 53 sur 122

Il est toujours plus facile d’appuyer son existence sur une aitre que de vivre seul.
Page 54 sur 122

En somme Beauté était un vrai monstre, ce dont il n’était pas responsable assurément et ne pouvais être blâmé, n’ayant pas moulé lui-même l’argile dont il était pétri.
Page 87 sur 122

Il avait été formé et durci dans la haine, il était devenu un être de fer, de prudence et de ruse. Il lui fallait maintenant se transformer tout entier sous la pression d’une puissance nouvelle qui était l’amour.
Page 100 sur 122
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Gwen21Gwen2110 août 2015
Il regardait se mouvoir et aller et venir dans le camp les animaux-hommes. Il les regardait avec le respect distant que met l'homme entre lui et les dieux qu'il invente. Dans son obscure compréhension ils étaient, comme les dieux pour l'homme, de surprenantes créatures, des êtres de puissance disposant à leur gré de toutes les forces de l'Inconnu. Seigneurs et maîtres de tout ce qui vit et de tout ce qui ne vit pas, forçant à obéir tout ce qui se meut et imprimant le mouvement à ce qui ne se meut pas, ils faisaient jaillir de la mousse et du bois mort la flamme couleur de soleil, la flamme qui vivait et qui mordait.
Ils étaient des faiseurs de feu ! Ils étaient des dieux !
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