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Louis Postif (Traducteur)Raymond Jean (Préfacier, etc.)Léon Trotsky (Préfacier, etc.)
ISBN : 2859408762
Éditeur : Phébus (12/01/2003)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 142 notes)
Résumé :
Trotski considérait Le Talon de fer (1908) comme le seul roman politique réussi de la littérature. Un roman d’anticipation politique, pour être précis : qui prévoyait une guerre mondiale mettant aux prises l’Allemagne et les États-Unis, une révolution d’Octobre (mais à Chicago)… et l’avènement d’une dictature d’un genre nouveau (disons fasciste)… pour les trois siècles à venir !

C’est le grand roman « politique » de London. Un genre qui ferait bâiller... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
11 juillet 2015
★★★★★
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Voilà un Jack London pas très connu, c'est étonnant. Peut-être brûle-t-il un peu les doigts, sans doute son propos ne l'a pas aidé en son temps pour avoir la visibilité de « Croc Blanc », et probablement ce propos semble aujourd'hui trop daté pour qu'on s'y intéresse. Et pourtant…

Après « Martin Eden », « le Talon de fer » offre une belle occasion d'observer Jack London dans la mise en pratique de ses convictions socialistes (au sens originel du terme) sous la forme de la rhétorique dans laquelle il excelle, comme on a pu s'en régaler ailleurs comme dans « le Loup de mers ». Les passages dans lesquels Ernest Everhard, en conférences ou en petits comités de notables, assomme de ses thèses marxistes ses adversaires capitalistes ou oligarques sont savoureux.
J'ai particulièrement aimé la perspective qu'offre la mise en abîme dans laquelle est construit le récit (journal d'Avis, la femme d'Ernest retrouvé plusieurs siècles plus tard et abondamment annoté de commentaires historiques), qui m'a permis de mettre de côté les erreurs factuelles de vision historique de l'ami Jack pour me concentrer sur l'intemporalité de sa thèse (celle de Marx ?) dans laquelle l'organisation finira toujours par primer sur la concurrence.
Si j'ajoute à cela l'histoire d'amour qui lie les deux figures solides et résolues du couple Everhard (quel nom !), j'ai le plaisir d'avoir tenu là une nouvelle pépite de Jack London, un auteur que j'aime un peu plus à chaque nouvelle lecture.
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CeCedille
08 octobre 2012
★★★★★
★★★★★
Jack London n'est pas seulement l'écrivain des grandes aventures destinées aux lecteurs adolescents (L'Appel de la forêt ; Croc-Blanc '), ou un grand écrivain de la mer, grâce à son expérience sur la goélette Sophia Sutherland , amateur et propriétaire de bateaux (le sloop Razzle-Dazzle , le Snark, dont il a relaté la croisière autour du monde en 1901) . C'est aussi l'un des rares romancier américain du socialisme, dans un curieux récit d'anticipation paru en 1908 sous le titre « le talon de fer » ( The iron heel).
L'Uchronie est ce genre littéraire particulier qui consiste à réécrire L Histoire à partir de la modification d'un événement du passé. Par exemple à prendre au mot la suggestion de Blaise Pascal ((Pensées, 90) « le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé ».
Jack London imagine donc, dans son roman, que les États-Unis connaissent, au début du XXème siècle, une aggravation de leur situation sociale. La montée des revendications affole le grand capital qui réagit brutalement. Il prive les élus socialistes des sièges conquis régulièrement aux élections, corrompt et débauche les leaders syndicaux, engage une répression féroce et sanglante contre la classe ouvrière, en utilisant une armée de miliciens-mercenaires. le rêve du grand soir tourne au désastre, le prolétariat réduit à l'esclave sous « le talon de fer » (iron heel) de l'oligarchie.
Le procédé narratif est original. Un manuscrit autobiographique est retrouvé en 2368, écrit par Avis Everhard l'épouse d'un leader syndical, Ernest, héros de la classe ouvrière qui raconte à la fois son histoire personnelle et l'histoire des États-Unis, de 1912 à 1932 date à laquelle son mari est tué. Pour donner de la profondeur historique au récit, le texte est publié, accompagné de nombreuses notes, par une historienne du XXIVème siècle. Enchâssé dans sa présentation universitaire, quelquefois un peu chargée, l'imagination de Jack London laisse libre cours au récit horrifique du naufrage sublime et exemplaire de la « théorie du grand soir » et de la mise en place, dans le monde entier, d'une dictature ploutocratique.
Le roman est salué par des nom illustres. En 1923, c'est Anatole France qui préface sa première édition en français. Il analyse « la prophétie de l'Américain, disciple de Marx ». Il évoque, pour les lecteurs français incrédules « l'exemple des journées de Juin et la répression de la Commune de 1870, qui ... rappellent que tout est permis contre les pauvres ». Si Anatole France est plus optimiste que Jack London, et croit qu'en fin de compte, la ploutocratie périra, il sait que ce ne sera pas sans luttes : « Sa dernière guerre sera peut-être longue et aura des fortunes diverses ». « London a raison de nous tendre le miroir prophétique de nos fautes et de nos imprudences » ajoute-t-il, car « il faut que ceux qui ont le don précieux et rare de prévoir, publient les dangers qu'ils pressentent ». En 1932, c'est Paul Vaillant-Couturier qui fait une introduction à l'édition définitive « le livre, dans son ensemble, représente la fresque la plus puissante qui ait jamais été brossée par un écrivain, d'une anticipation révolutionnaire » affirme-t-il. le 16 octobre 1937, c'est Léon Trotski qui écrit à Joan London qu'il considère l'ouvrage de son père comme le seul roman politique réussi de la littérature.
C'est en effet un roman « de classes » au sens où tous les éléments de l'intrigue sont soumis à l'application de loi d'airain de leur lutte mutuelle, selon le schéma du « Manifeste du parti communiste ». Avis Everhard, fille d'un professeur d'université libéral, est chassée, comme son père, de sa classe sociale.comme quiconque adopte la cause du prolétariat, serait-il évêque (l'évêque Morehouse).
On trouve, derrière l'éloquence militante d'Ernest Everhard, redoutable tribun dialecticien, une fidèle transcription des théories de Karl Marx sur l'aliénation, la valeur travail, la plus-value. A la même date Georges Sorel publiait ses thèses sur le mythe de la grève générale, dans ses «Réflexions sur la violence » parues dès 1906 en revue. On devine même, dans « le talon de fer » l'intuition des théories d'Antonio Gramsci sur l'hégémonie culturelle, dans la mise en place par l'oligarchie d'un appareil idéologique de propagande pour susciter le consentement du prolétariat à sa soumission. On y découvre enfin une critique prémonitoire du capitalisme financier générateur de crises.
A l'origine du récit, il y a l'exemple de l'accident du travail emblématique de l'ouvrier Jackson, la bras broyé dans une cardeuse, aussitôt renvoyé sans indemnité et réduit à la misère. C'est le levier de l'indignation et de la dénonciation. Mais on doit se souvenir que, dans le même temps, naissent les dispositifs juridiques pour y remédier : le Chancelier Bismarck fait voter les premières lois sociales dans les années 1880. Les États-Unis suivront, au début du XXème siècle, avant la publication du roman.
Le pire n'étant pas sûr, en tous les cas dans les formes prévues par Jack London, le lecteur peut fermer le livre avec soulagement, à condition d'oublier que deux guerres mondiales et un certain nombres de conflits localisés, dont la liste n'est pas close, auront imposé leur scénario meurtrier (plus de 100 millions de morts) à la place de celui imaginé par l'auteur.
Mais, « c'est une autre histoire », comme dirait un autre romancier, contemporain de London, anglophone et tout aussi apprécié de la jeunesse !
Lien : http://diacritiques.blogspot..
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IreneAdler
17 février 2017
★★★★★
★★★★★
Challenge ABC 2016-2017
11/26
Je ne sais pas trop comment aborder cette chronique. C'est un roman d'anticipation sociale, l'histoire d'une révolution. S'il y a une histoire, il me semble que ce n'est pas le plus important. Ce roman, ces mémoires plutôt, sont écrites par Avis Everhard, épouse d'un des chefs de la révolution et révolutionnaire elle-même, en 1932 et découvertes en 2368, après 3 siècles de domination du talon de fer, système oligarchique où l'argent est tout, le peuple rien et réduit en esclavage. Il n'est pas considéré comme humain. Pour bien le faire comprendre, l'historien de 2368 met des notes de bas de page pour situer les évènements pour ses contemporains. Il s'agit à la fois d'un manifeste politique et de mémoires de lutte.
London a sans doute été inspiré par sa propre expérience dans la classe laborieuse puis par les observations qu'il a pu faire en Amérique du Nord et dans certaines villes européennes. Il a observé les conditions de vie de ceux qu'il appelle "le peuple de l'abîme" (nommé ainsi dans le talon de fer également). Il a mélangé tout cela avec des convictions marxistes (les siennes ?), a extrapolé. C'est l'histoire d'une révolte longue et douloureuse, mais qui portera ses fruits dans le temps long.
Tout au long de ma lecture, j'ai pensé à plusieurs autres ouvrages : Promenades dans Londres de Flora Tristan et Dans la Dèche à Paris et à Londres de Georges Orwell. L'une fut journaliste et l'autre parle de son vécu. Mais aussi La Servante Écarlate de Margaret Atwood pour la forme puisque qu'il s'agit d'un journal découvert des siècles plus tard (mais non pris au sérieux par les historiens) et que dans les 2 cas, une femme en est la narratrice et la protagoniste. Et je crois que c'est suffisamment rare pour être souligné. le talon de fer est un livre politique à bien des égards.
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gill
28 février 2012
★★★★★
★★★★★
Jack London, écrivain de convictions, nous livre ici un grand roman d'anticipation sociale.
C'est un livre fort, violent comme les luttes qu'il relate.
La commune est déclarée en 1917 à Chicago à la suite d'un guerre entre l'Allemagne et les États- Unis, guerre qui se termine en 1912 par une grève générale.
Le manuscrit qui raconte ces événements est découvert au 24ème siècle. Dans ce roman on a l'impression de rencontrer un peu HG Wells, mais aussi Orwell...
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SamuelZiterman
19 février 2017
★★★★★
★★★★★
La chronique de ce livre fait partie des objectifs lectures que je m'étais fixés pour le premier trimestre 2017, au mois de février deux dystopies, dont celle-ci.
Ces objectifs me permettent de réduire ma PAL et de ne pas me laisser emporter par la déferlante de nouveautés.
« le talon de fer » a été publié aux États-Unis en 1908 et a fait l'objet d'une première édition en France en 1923.
Le livre chroniqué est une réédition portée par les éditions Libretto, qui comprend une préface de Raymond Jean et une lettre de Léon Trotski adressé au fils de l'auteur, en guise de préambule.
Le livre étant désormais dans le domaine public, vous pouvez vous le procurer gratuitement en format numérique.
Je ne vais pas m'étaler sur la biographie de l'auteur, je vais me contenter de rappeler qu'il a effectué de multiples métiers/vies, qu'il connaissait donc le monde ouvrier et qu'il a été un fervent défenseur de la politique socialiste, adhérant du Socialist Labour Party, puis du parti socialiste américain Ce qui aux États-Unis n'est pas anodin.
Si vous voulez en savoir plus sur l'auteur, je vous conseille l'excellent documentaire d'Arte : Jack London, une aventure américaine.
Le talon de fer décrit l'émergence d'une puissance politique fasciste capitaliste portée par des oligarques, provoquée par une révolution socialiste de 1914 à 1918 (Les dates sont troublantes).
La lecture est ponctuée de renvoie en bas de pages, par des astérisques, ou un historien vivant sept siècles plus tard, commente le manuscrit (laissé par la femme du héro). J'ai trouvé ce procédé parfois intéressant, mais dans l'ensemble ça alourdi le texte. Il y en a un peu trop à mon goût.
Le récit débute avant le début de cette révolution. Un beau jour, Ernest Everhard un jeune homme fort, charismatique et révolutionnaire débarque dans la vie de la famille Cuningham, issue de la bourgeoisie.
Le père est universitaire et s'intéresse de près aux idées d'extrême gauche de ce militant. Sa fille (Avis), la narratrice du récit, est captivée par les discours de ce jeune homme et par sa stature. Elle deviendra plus tard Madame Everhard. Une des tirades du militant va la faire basculer dans son camp :
« Un jour, lui dit son futur mari, vous comprendrez que la robe que vous porte est tachée de sang, que vos aliments ont le goût du sang, que des poutres du toit qui vous abrite dégoutte du sang de jeunes enfants et d'hommes valides » (remplacez les poutres par smartphones, chaussures et nous sommes bon).
Leur histoire d'amour platonique et pudique sert de fil conducteur tout au long de l'histoire. Une romance simple et un peu désuète. Il est à noté, quand même, la place forte d'Avis Everhard, qui deviendra une rebelle de premier plan. Pour l'époque c'est plutôt novateur.
Le militantisme d'extrême gauche prend de l'ampleur. Des militants brisent des machines, des grèves se forment, la révolution gronde. le prolétariat se soulève contre l'oligarchie.
Le père, la fille et certains proches s'engagent dans la lutte et suivent Ernest.
Mais les oligarques ne vont pas laisser faire, pas longtemps en tout cas. Ils manient habilement les médias et les mouvements politiques, pour au final écraser le peuple de son talon de fer.
La première partie du livre est un peu barbante. le rythme est descriptif, Ernest balance à travers des discussions de salon les idées marxistes et socialistes.
La seconde partie est un peu plus intéressante et tient plus du roman, l'État fasciste est en place et la rébellion aussi. de l'aventure et des drames.
Au final, c'est un livre très engagé ou les idées socialistes et marxistes transpirent des pages (surtout dans la première partie). Mais ce n'est pas une bonne anticipation.
La vision du futur est beaucoup trop étriquée, ce n'est pas réellement une faute de l'auteur, mais le XXe siècle a tellement était complexe que l'histoire joue contre son récit. Complexe dans ce que fera le socialisme de ses révolutions et de ce que deviendra le capitalisme.
Il n'a pas la prétention de rivaliser avec 1984 d'Orwell ou bien Fahrenheit 451 de Bradbury, qui sont, pour leur part, des anticipations dans lesquelles les enjeux et les idées sont intemporels.
Quoi qu'il en soit, c'est un livre audacieux pour son époque qui mérite d'être lu si on s'intéresse à ce genre ou à son thème.
Lien : http://lecture42.blog/talon-..
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Citations & extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
OrpheaOrphea20 février 2017
Jamais il ne pourrait pardonner la manière dont la conscience de son père avait été déformée, les mensonges sordides et les vols mesquins auxquels il avait été réduit pour mettre du pain dans la bouche de ses enfants
— Mon père était un brave homme, me disait un jour Ernest. C'était une âme excellente, qui fut tordue, mutilée, émoussée par la sauvagerie de sa vie. Ses maîtres, les archi-brutes, en firent une bête accablée. Il devrait être encore vivant aujourd'hui, comme votre père. Il était puissamment bâti. Mais il fut pris dans la machine et usé à mort pour produire des bénéfices. Réfléchissez à cela. Pour produire des bénéfices — le sang de ses veines fut transmué en un souper arrosé de vins fins, une marotte de clinquant, ou quelque autre orgie sensuelle pour les riches oisifs et parasites, ses maîtres, les archi-brutes.
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OrpheaOrphea17 février 2017
Puis en dépit de leurs magnifiques églises et de leurs prédicateurs grassement payés, il avait découvert que ces maîtres, hommes et femmes, étaient des êtres grossièrement matériels. Ils babillaient bien sur leur cher petit idéal et leur chère petite morale, mais en dépit de ce verbiage, la tonique de leur vie était une note matérialiste.
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PseudoPseudo19 avril 2012
Les portes intérieures de ce cul-de-sac étaient fermées et verrouillées. Nous n'avions pas d'issue, car, à ce moment, la tête de colonne nous dépassait. Ce n'était pas une colonne mais une cohue, un torrent déchaîné qui emplissait la rue ; c'était le "peuple d'en bas" affolé par la boisson et la souffrance, rugissant et se ruant enfin pour boire le sang de ses maîtres. Je l'avais déjà vu, ce peuple de l'Abîme : j'avais traversé ses ghettos, et croyais le connaître ; mais il me semblait aujourd'hui que je le voyais pour la première fois. Sa muette apathie s'était évanouie : il représentait à cette heure une force fascinante et redoutable, un flot qui s'enflait en lames de colère visible, en vagues grondantes et hurlantes, un troupeau d'humains carnivores ivres de l'alcool pillé dans les magasins, ivres de haine, ivres de l'odeur du sang ; hommes en haillons, femmes en guenilles, enfants en loques ; êtres d'une intelligence obscure et féroce, sur les traits desquels s'était effacé tout ce qu'il y a de divin, remplacé par tout ce qu'il y a de démoniaque dans l'homme ; des singes et des tigres ; des poitrinaires émaciés et d'énormes bêtes poilues ; des visages anémiés dont tout le suc avait été pompé par une société vampire, et des figures bouffies de bestialité et de vice ; des mégères flétries et des patriarches barbus à tête de mort ; une jeunesse corrompue et une vieillesse pourrie ; face à des démons, asymétriques et torves, corps déformés par les ravages de la maladie et les affres d'une éternelle famine ; rebut et écume de la vie, hordes vosciférantes, épileptiques, enragées diaboliques !

Pages 292-293
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PiertyMPiertyM15 décembre 2014
Nous sommes tombés d’accord que l’homme est égoïste, l’homme ordinaire, tel qu’il est. Vous vous lancez en l’air pour établir une distinction entre cet homme-là et les hommes tels qu’ils devraient être, mais qu’ils ne sont pas. Revenons sur terre ; le travailleur étant égoïste, veut avoir le plus possible dans le partage. Le capitaliste, étant égoïste, veut avoir tout ce qu’il peut prendre. Lorsqu’une chose existe en quantité limitée et que deux hommes veulent en avoir chacun le maximum, il y a conflit d’intérêts. C’est celui qui existe entre le travail et le capital, et c’est un conflit irréconciliable. Tant qu’il existera des ouvriers et des capitalistes, ils continueront à se quereller au sujet du partage.
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PseudoPseudo05 avril 2012
Continuez à prêcher et à gagner votre argent, mais pour l'amour du ciel, laissez la classe ouvrière tranquille !

Vous n'avez rien de commun avec elle, vous appartenez au camp ennemi. Vos mains sont blanches parce que d'autres travaillent pour vous. Vos estomacs sont gavés et vos ventres ronds. Et vos esprits sont bourrés d'un mortier de doctrines qui sert à cimenter les arcs-boutants de l'ordre établi. Vous êtes des mercenaires, sincères, je vous l'accorde, mais au même titre que l'étaient les hommes de la garde suisse sous l'ancienne monarchie française. Soyez fidèles à ceux qui vous donnent le pain et le sel, et la solde : soutenez de vos prédications les intérêts de vos employeurs. Mais ne descendez pas vers la classe ouvrière pour vous offrir en qualité de faux guides. Vous ne saurez vivre honnêtement dans les deux camps à la fois. La classe ouvrière s'est passée de vous. Croyez-moi, elle continuera à s'en passer. Et, en outre, elle s'en tirera mieux sans vous qu'avec vous !

pages 36-37
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