> Louis Postif (Traducteur)
> Raymond Jean (Préfacier, etc.)
> Léon Trotsky (Préfacier, etc.)

ISBN : 2859408762
Éditeur : Phébus (2003)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 29 notes) Ajouter à mes livres
Trotski considérait Le Talon de fer (1908) comme le seul roman politique réussi de la littérature. Un roman d’anticipation politique, pour être précis : qui prévoyait une guerre mondiale mettant aux prises l’Allemagne et les États-Unis, une révolution d’Octobre (mais à ... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par gill, le 28 février 2012

    gill
    Jack London, écrivain de convictions, nous livre ici un grand roman d'anticipation sociale.
    C'est un livre fort, violent comme les luttes qu'il relate.
    La commune est déclarée en 1917 à Chicago à la suite d'un guerre entre l'Allemagne et les États- Unis, guerre qui se termine en 1912 par une grève générale.
    Le manuscrit qui raconte ces événements est découvert au 24ème siècle. Dans ce roman on a l'impression de rencontrer un peu HG Wells, mais aussi Orwell...
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    • Livres 4.00/5
    Par foret22, le 06 février 2008

    foret22
    Oyez, Oyez bonnes gens
    Voici le livre qui inspira Orwell dans la rédaction de son "1984"
    Loin de l'imagerie de livre pour enfant, London nous donne à voir un futur possible du capitalisme, tel qu'il l'imaginait dès 1900 ...
    Et en plus c'est facile à lire : le style est vif et dépouillé !!!
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    • Livres 2.00/5
    Par louisemiches, le 22 février 2010

    louisemiches
    L'enfer, le Livre de Poche et Chicago
    Un titre inspiré d'un "bon mot" qui m'a fait sourire et que je recopie plus bas, qui résume bien la lecture de Jack London, Le Talon de fer (en 10/18, certes...).
    Ce roman, lu dans le cadre de ma curiosité pour le genre dit des "utopies écrites", suinte le communisme mal dégrossi, très très mal dégrossi, ce qui le sauve finalement, lui donnant un petit cachet kitsch qui parvient parfois à être charmant.

    Lien : http://louisemiches.blogspot.com/2010/02/lenfer-le-livre-de-poche-et..
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Citations et extraits

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  • Par Philou, le 19 avril 2012

    Les portes intérieures de ce cul-de-sac étaient fermées et verrouillées. Nous n'avions pas d'issue, car, à ce moment, la tête de colonne nous dépassait. Ce n'était pas une colonne mais une cohue, un torrent déchaîné qui emplissait la rue ; c'était le "peuple d'en bas" affolé par la boisson et la souffrance, rugissant et se ruant enfin pour boire le sang de ses maîtres. Je l'avais déjà vu, ce peuple de l'Abîme : j'avais traversé ses ghettos, et croyais le connaître ; mais il me semblait aujourd'hui que je le voyais pour la première fois. Sa muette apathie s'était évanouie : il représentait à cette heure une force fascinante et redoutable, un flot qui s'enflait en lames de colère visible, en vagues grondantes et hurlantes, un troupeau d'humains carnivores ivres de l'alcool pillé dans les magasins, ivres de haine, ivres de l'odeur du sang ; hommes en haillons, femmes en guenilles, enfants en loques ; êtres d'une intelligence obscure et féroce, sur les traits desquels s'était effacé tout ce qu'il y a de divin, remplacé par tout ce qu'il y a de démoniaque dans l'homme ; des singes et des tigres ; des poitrinaires émaciés et d'énormes bêtes poilues ; des visages anémiés dont tout le suc avait été pompé par une société vampire, et des figures bouffies de bestialité et de vice ; des mégères flétries et des patriarches barbus à tête de mort ; une jeunesse corrompue et une vieillesse pourrie ; face à des démons, asymétriques et torves, corps déformés par les ravages de la maladie et les affres d'une éternelle famine ; rebut et écume de la vie, hordes vosciférantes, épileptiques, enragées diaboliques !

    Pages 292-293
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  • Par Philou, le 05 avril 2012

    Continuez à prêcher et à gagner votre argent, mais pour l'amour du ciel, laissez la classe ouvrière tranquille !

    Vous n'avez rien de commun avec elle, vous appartenez au camp ennemi. Vos mains sont blanches parce que d'autres travaillent pour vous. Vos estomacs sont gavés et vos ventres ronds. Et vos esprits sont bourrés d'un mortier de doctrines qui sert à cimenter les arcs-boutants de l'ordre établi. Vous êtes des mercenaires, sincères, je vous l'accorde, mais au même titre que l'étaient les hommes de la garde suisse sous l'ancienne monarchie française. Soyez fidèles à ceux qui vous donnent le pain et le sel, et la solde : soutenez de vos prédications les intérêts de vos employeurs. Mais ne descendez pas vers la classe ouvrière pour vous offrir en qualité de faux guides. Vous ne saurez vivre honnêtement dans les deux camps à la fois. La classe ouvrière s'est passée de vous. Croyez-moi, elle continuera à s'en passer. Et, en outre, elle s'en tirera mieux sans vous qu'avec vous !

    pages 36-37
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  • Par gill, le 28 février 2012

    Cependant Ernest racontait comment il s'était élevé dans la société au point d'entrer en contact avec les classes supérieures et de se frotter à des hommes intronisés dans les hautes situations.
    Alors était venue pour lui la désillusion, et il la dépeignit en termes peu flatteurs pour cet auditoire. La nature grossière de leur argile l'avait surpris. Ici la vie ne lui apparaissait plus noble et généreuse. Il était épouvanté de l'égoïsme qu'il rencontrait. Ce qui l'avait étonné encore davantage, c'était l'absence de vitalité intellectuelle. Lui, qui venait de quitter ses amis révolutionnaires, il se sentait choqué par la stupidité de la classe dominante.
    Puis, en dépit de leurs magnifiques églises et de leurs prédicateurs grassement payés, il avait découvert que ces maîtres, hommes et femmes, étaient des êtres grossièrement matériels. Ils babillaient bien sûr leur cher petit idéal et leur chère petite morale, mais en dépit de ce verbiage, la tonique de leur vie était une note matérialiste...
    (extrait du chapitre V "les Philomathes" - mot tiré du grec, signifiant les amis de l'étude -)
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  • Par Philou, le 08 avril 2012

    Les travailleurs des tramways fournissent la main-d'oeuvre. Les actionnaires fournissent le capital. Par l'effort combiné du travail et du capital, de l'argent est gagné. Ils se partagent ce gain. La part du capital s'appelle des dividendes. La part du travail s'appelle des salaires.
    [...]
    Le travailleur, étant égoïste, veut avoir le plus possible dans le partage. Le capitaliste, étant égoïste, veut avoir tout ce qu'il peut prendre. Lorsqu'une chose existe en quantité limitée et que deux hommes veulent en avoir chacun le maximum, il y a conflit d'intérêt. C'est celui qui existe dans le travail et le capital, c'est un conflit irréconciliable. Tant qu'il existera des ouvriers et des capitalistes, ils continueront à se quereller au sujet du partage. Si vous étiez à San Francisco cet après-midi, vous seriez obligé d'aller à pied. Pas un tramway ne circule dans les rues.

    Pages 45-46
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  • Par Philou, le 02 avril 2012

    Léon Trotsky

    Lettre à Joan London (fille de Jack London)

    Coyoacan, 16 octobre 1937


    Chère camarade,

    J'éprouve une certaine confusion à vous avouer que ces derniers jours seulement, c'est-à-dire avec un retard de trente ans, j'ai lu pour la première fois Le Talon de Fer, de Jack London. Ce livre a produit sur moi – je le dis sans exagération – une vive impression. Non pour ses seules qualités artistiques : la forme du roman ne fait ici que servir de cadre à l'analyse et à la prévision sociales. L'auteur est à dessein très économe dans l'usage des moyens artistiques. Ce qui l'intéresse, ce n'est pas le destin individuel de ses héros, mais le destin du genre humain. Par là, je ne veux pourtant absolument pas diminuer la valeur artistique de l'œuvre et surtout de ses derniers chapitres, à partir de la commune de Chicago. Là n'est pas l'essentiel. Le livre m'a frappé par la hardiesse et l'indépendance de ses prévisions dans le domaine de l'histoire.

    pages 15 à 19

    (suite dans le lien ci-dessous)
    Sources :
    http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/litterature/london.htm
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"L'appel de la forêt" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.
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