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> Nathalie Serval (Traducteur)

ISBN : 2070418073
Éditeur : Gallimard (2001)


Note moyenne : 4.04/5 (sur 617 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l'abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie. Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil... Chaque nuit, les vampires le ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 03 avril 2012

    LiliGalipette
    Barricadé dans sa maison, Robert Neville repousse nuit après nuit les assauts de monstres qui veulent le vider de son sang. « La nuit, ils étaient les plus forts. La nuit leur appartenait. » (p. 21) Mais le jour, Neville les traque et les extermine. Il organise sa survie et ne cesse d'espérer qu'il n'est pas le dernier homme sur terre. « Il y avait l'infime probabilité que des gens pareils à lui subsistent quelque part, tentant eux aussi de survivre, avec l'espoir de se retrouver un jour parmi ceux de son espèce. » (p. 34) L'humanité tout entière semble pourtant s'être éteinte après qu'un terrible virus se soit répandu sur terre. Immunisé contre la maladie, Neville a vu mourir les siens et se transformer en ces horribles vampires qui assiègent sa maison.
    Alors, Robert Neville survit, il lutte. « À quoi bon lutter ? Ils étaient trop forts, les infâmes salauds. » (p. 41) Pourquoi lutter ? Est-ce parce qu'il incarne la vie véritable ? Mais qu'en est-il de cette vie dont il est le dernier représentant ? Malgré les foules hurlantes qui se pressent à sa porte toutes les nuits, Neville vit dans une douloureuse solitude où tous les sentiments s'exacerbent, entre découragement, folie et désir physique presque incontrôlable.
    « Dans un monde où l'horreur constituait la norme, nul salut ne pouvait venir des rêves. Il avait pris son parti de l'horreur, mais sa banalité lui paraissait un obstacle infranchissable. » (p. 146) Les faits, seuls les faits le sauveront de la folie. Robert Neville décide de lutter contre les monstres, de comprendre la maladie qui les frappe et de trouver le remède. Il étudie leur sang et l'action des répulsifs, mais « comment un miroir aurait-il agi sur un bacille ? » (p. 120) Pourquoi les croix, le soleil, l'ail et les pieux tuent-ils les vampires ? Comment se transmet le bacille responsable de la maladie alors qu'il y a eu si peu de morsures ? Autant de questions qui forcent Neville à adopter une rigueur scientifique qui, pendant un temps, lui donne l'illusion qu'il réalise quelque chose d'utile. Puis, à mesure que ses recherches progressent, il fait une terrible découverte. Soudain, les monstres ne sont plus coupables, mais victimes, et leur comportement est légitime. « C'est la majorité qui définit la norme, non les individus isolés. » (p. 228) Et donc, si c'était lui, Robert Neville, le monstre et la terrifiante légende ?
    Ce roman installe dès les premières pages une atmosphère oppressante : on entend courir les vampires sur le toit, on sent leur odeur nauséabonde. Comme Neville, on est pris de fous rires désespérés et inquiétants et on a soudain l'envie de hurler dans le silence. le découragement s'en mêle quand la certitude d'être le dernier homme prend toute la place. Puis, viennent la fin et le retournement de morale. Robert Matheson revisite complètement le mythe de Dracula et invite le lecteur à se placer du côté d'un monstre qui s'ignore. Quel choc avec la prise de conscience ! Tout le roman est à relire ! L'apparence de normalité que Neville tentait de maintenir prend les couleurs de l'horreur et de la déviance. L'auteur nous invite à nous départir de notre jugement anthropocentrique et l'expérience est des plus troublantes.
    L'adaptation cinématographique, avec Will Smith dans le rôle principal, est bien loin des subtilités du roman : ce n'est que le combat sanglant de l'homme (le gentil) contre les vampires (les méchants). Fi de la réflexion humaniste (vampiriste ?), la fin est hollywoodiennement positive, en faveur des hommes, alors que le roman de Matheson est bien plus ambivalent.
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    • Livres 5.00/5
    Par belette2911, le 08 octobre 2012

    belette2911
    Que dire sur ce livre qui n'a pas encore été dit ici ?? Pas évident. Vous dire que, comme bon nombre, j'ai découvert le film bien avant le roman original et que j'ai vite mis de côté les souvenirs que j'avais de Will Smith sillonnant un New-York vide avec son berger allemand ?
    Et bien oui, pour ceux qui débarqueraient de la planète mars (John Carter, si tu me lis...), les deux œuvres ont des points communs mais ne se ressemblent guère.
    Déjà, l'époque (1976 pour le livre), la non-présence de Rex chien flic, si ce n'est un pauvre clébard famélique, et surtout que Robert Neville est blond... et encore des tas d'autres détails. Dont la fin qui est loin d'être Hollywoodienne.
    Ce fut donc une belle découverte ce roman que j'ai commencé ce matin et fini ce soir (mais pourquoi j'ai évité comme la peste les romans de Classiques SF, moi ?).
    Le pitch (Black ?) : Robert Neville est le dernier survivant d'une pandémie. Cette épidémie fut causée par un bacille qui transforma les gens en espèces de vampires (loin des Vampires Bisounours de la mère Meyer) qui, heureusement pour lui, ne survivent pas à la lumière du soleil.
    Robert tient tête, depuis trois ans, à ces vampires, parmi lesquels se retrouvent ses anciens amis et voisins devenus des vampires.
    Vivant dans une maison barricadée et fortifiée afin de résister aux attaques nocturnes de ces noctambules hémoglobinovore, il ne sort que pendant la journée afin de se ravitailler.
    Je me plains parfois du climat Belge, mais notre pauvre "last men" vit dans un climat d'horreur, étouffé par la solitude et les remords. Je me suis attachée à lui.
    Bien qu'il y ait des cadavres à la pelle dans le livre, il n'y a pas de temps mort dans la lecture. Attention, pas de scène de bastons grandiloquentes, pas d'action pure et dure et pourtant, on ne s'emmerde pas en le lisant. Loin de là, le rythme est trépidant et les pages tournent toutes seules.
    C'est un huis-clos puisque, à quelques exceptions près (les souvenirs et les morts-vivants), Neville est seul avec ses pensées qui le hantent.
    Et pour ce qui est des dialogues, les vampires ne sont pas très prolixes !
    Puisque je vous cause des vampires, j'ai aimé l'approche que Richard Matheson fait sur ce mythe. Point de mystère ou de fantastique, mais de la science ! Cela change tout.
    Avec l'ami Will Smith, le film tournait autour d'un combat à mort de l'homme (le gentil) contre les vampires (les méchants). Manichéen à mort et très "simpliste".
    Diable, nous étions bien loin des subtilités que le roman nous offre et que les studios de Hollywood ont laissé de côté. le roman de Matheson est bien plus ambivalent.
    "C'est la majorité qui définit la norme, non les individus isolés". Et tout est dit.
    Lu dans le cadre des challenges "Romans Cultes" de Métaphore et "La littérature fait son cinéma" de Kabaret Kulturel.


    Lien : http://the-cannibal-lecteur.jimdo.com/9-romans-classiques/#20
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    • Livres 4.00/5
    Par sylvaine, le 09 avril 2012

    sylvaine
    Une réelle découverte pour moi que ce livre de Matheson "Je suis une légende"
    Terré dans sa maison, Robert Neville sort le jour , se barricade la nuit pour échapper à ses poursuivants amis et voisins victimes d'une pandémie qui a foudroyé tout la ville .Ces personnes sont depuis transformées en vampires.
    R Neville se bat use de toutes les armes en sa possession les gousses d'ail ,la croix ,les miroirs ,relisant Dracula de Stoker,pour éradiquer ce fléau.
    La journée il prend sa voiture et n'a qu'une idée en tête exterminer morts ou vifs ces vampires.Le reste du temps, il prépare sa retraite, sa survie quotidienne, boire à plus soif manger écouter de la musique et essayer de comprendre ce phénomène qui lui a couté la vie de sa femme et celle de sa fille .Comment fait il pour résister un an , deux ans ,,,,,trois ans..quel motivation lui permet elle d'avancer , de résister?
    Matheson nous donne une dernière explication que je vous laisse découvrir, un superbe retournement de situation qui nous laisse pantois et baba!
    Écrit dans les années 1950(pleine guerre froide , sortie de la 2ème guerre mondiale)ce livre pose me semble t' il la question la loi du plus grand nombre est elle la meilleure ?où commence la folie des hommes et comment l'arrêter?
    Certes roman de science fiction mais accessible à tout un chacun ,j'en suis la preuve!
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    • Livres 5.00/5
    Par Melisende, le 18 février 2012

    Melisende
    J'ai vu la dernière adaptation de cette histoire (avec Will Smith dans le rôle principal) à sa sortie au cinéma, et j'avais aimé (j'avais même été assez émue pour y aller de ma petite larmichette…). J'avais alors entendu dire que ce film n'était absolument pas fidèle, que c'était n'importe quoi et blablabla… Après avoir lu - et dévoré - le texte d'origine de Richard Matheson, je confirme, ce n'est pas fidèle. C'est grandement modernisé et « Hollywoodisé »… mais je garde tout de même un bon souvenir de ce visionnage. Il faudrait maintenant que je revoie cette adaptation de 2007, avec la « vraie » histoire en tête.
    Ceci étant dit, j'ai carrément adoré ma lecture ! J'ai réussi à mettre de côté les souvenirs que j'avais de l'adaptation pour me plonger entièrement dans l'œuvre de Richard Matheson, sans aucun parasitage… et waouh ! Pourquoi est-ce que j'hésite toujours à me lancer dans les classiques de la SF alors que c'est avec ces titres que j'ai mes plus belles émotions (Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes en est le plus bel exemple) ?! Prochaine lecture SF : du Bradbury !
    Si vous pensez tenter cette lecture et y trouver beaucoup d'actions, des batailles avec des morts-vivants et du grand spectacle, je vous arrête tout de suite. Oui il y a de l'action mais Je suis une légende, c'est avant tout l'histoire d'un homme seul qui choisit de survivre coûte que coûte. Je suis une légende c'est aussi l'occasion de revenir sur le concept de la « normalité » et c'est aussi l'occasion d'introduire des vampires différents de ceux que l'on pouvait croiser jusque là.
    En effet, Richard Matheson met en scène des vampires en expliquant cet état par le côté scientifique de la maladie. Une épidémie terrasse le monde en quelques mois et Robert Neville semble être le seul survivant du coin. Il enterre sa femme, sa fille, ses voisins et collègues puis se cloître dans sa maison. Il en sort la journée pour récupérer les produits de première nécessité qu'il peut trouver aux alentours, mais il lui faut toujours aller plus loin et surtout être rentré avant la tombée de la nuit car avec l'apparition de la lune se lèvent les êtres infectés… Alors que l'espoir de rencontrer un être vivant s'amenuise de semaine en semaine, Neville se lève chaque matin et suit sa petite routine. Pourquoi ? Dans quel but ? L'instinct de survie est-il plus fort que tout ? Ne serait-il pas plus simple de les laisser le prendre et le tuer ? Il menace d'abandonner plusieurs fois, se noie dans l'alcool à plusieurs reprises et puis, sous une impulsion, il sort la tête de l'eau. Il entreprend des recherches pour comprendre d'où vient l'épidémie et ce qu'il doit combattre, il fait des expériences qui mènent rarement à un résultat… et après de longs mois à douter de tout, il découvre un chien errant. Seul depuis trop longtemps, cet animal hideux et puant devient un être cher auquel il se raccroche et qu'il veut à tout prix sauver… parce que si un simple chien a réussi à s'en sortir, ça veut forcément dire que d'autres humains sont en vie et se cachent quelque part, non ?
    Attention, je vais spoiler dans les lignes suivantes, au sujet du thème de la « normalité », abordé dans la dernière partie du texte : Après une autre rencontre, le héros ouvre les yeux et comprend qu'il est le dernier être humain vivant. Dès lors, la tendance est inversée, lui qui était la normalité quelques années plus tôt, devient le monstre. Car ce qui fait la normalité, c'est le nombre. (« C'est la majorité qui définit la norme, non les individus isolés. ») Seul et unique survivant, il passe de l'autre côté de la barrière et se rend compte que c'est lui qui fait peur aux autres, c'est lui l'être anormal.
    Je suis une légende a été publié pour la première fois en 1954 et Richard Matheson place les éléments de son histoire au milieu des années 70. Bien sûr, aujourd'hui en 2012, ça remonte un peu (c'est sans doute pourquoi l'adaptation de 2007 a pris le parti de moderniser l'ensemble, en commençant par mettre en scène un héros Black alors que le Neville du livre est du type Viking : grand blond aux yeux bleus…), mais je n'ai pourtant pas ressenti ce côté « vieillot ». Au contraire, j'ai trouvé cette histoire très « actuelle » et très plausible. Qui nous dit que de futures expériences scientifiques n'entraîneront pas une telle épidémie ? le côté scientifique, parlons-en. Il est par moment assez mis en avant : lorsque Neville explique ses expériences avec le sang et l'avancée de ses recherches. C'est parfois un peu barbare avec un vocabulaire assez poussé, mais ça reste compréhensible et n'empiète pas sur le reste ; ça prend juste la place qu'il faut pour apporter un intérêt à l'intrigue.
    Outre l'histoire et les thèmes abordés, j'ai également beaucoup apprécié le seul et unique héros, celui qui porte toute l'intrigue sur ses épaules : Robert Neville. On apprend petit à petit ce qui lui est arrivé (grâce à ses souvenirs) et on s'attache énormément à lui. On est dans sa tête (et là, l'utilisation du « je » est particulièrement pertinente) et on ressent tout ce qu'il ressent. Il y a assez peu de dialogues (ce sont surtout des monologues), mais ça n'en reste pas moins très prenant, particulièrement riche et très fort en émotions. J'ai même versé une larme, ce que je ne fais pour ainsi dire jamais lorsque je lis (la dernière fois étant lors de la lecture Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes… quand je dis que la SF me réussit !).
    Robert Neville, son combat et ses réflexions pendant trois ans, me marqueront pour un très long moment. A ceux qui ont aimé la dernière adaptation, je ne peux que conseiller la lecture du livre d'origine, encore plus fort, plus riche. Aux autres, tentez également ce texte de Richard Matheson, c'est une belle réflexion sur plusieurs points !

    Lien : http://bazar-de-la-litterature.cowblog.fr/je-suis-une-legende-de-ric..
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    • Livres 4.00/5
    Par finitysend, le 08 février 2012

    finitysend
    Je suis une Légende est un roman qui est resté dans les limbes pendant des lustres ...,
    Je suis une Légende DE Richard Matheson folio SF
    L'adaptation au cinéma a sauvé ce petit roman de l'oubli temporaire et récurrent auquel sont voués de nombreux textes de SF ..
    C'est un bon roman de SF populaire très soigné à la saveur très particulière ..
    Une épidémie a emporté la plupart des gens et le personnage principal est cloitré chez lui chaque nuit où il doit être prêt à faire face à toutes les éventualités ..
    Ses nuits sont vouées à une surveillance de chaque instant et ses jours sont dédiés au repos et à la recherche scientifique et documentaire ...
    Sa maison est un véritable camp retranché et l'environnement qui est risqué ressemble plus à un désert des tartares la Dino Buzzati que à un véritable champ de bataille et c'est un des aspects les plus savoureux de ce petit roman réussi ...
    Le personnage principal n'a pas droit à l'erreur et il s'enferme dans des routines qui ont pour but de sécuriser son quotidien ....
    Tous les aspects de sa vie sont paramétrés selon des routines comportementales qui le rassure mais qui contribuent aussi indéniablement et paradoxalement à le fragiliser psychologiquement ..
    Ce personnage est très complexe et c'est un délice de subtilités que de l'accompagner dans ses doutes et ses questionnements autour de sa raison vacillante et de sa vision supposément altérée de la réalité et de son environnement ..
    Les questions sont : pourquoi faire ? ... jusqu'à quand ? et à quoi bon finalement ... ?
    La fin du roman est différente du film et elle est tragique en même temps que très cohérente avec la dynamique du personnage principal ....
    L'univers aussi est subtilement diffèrent du film dans le roman ....
    C'est un excellent texte et ce qui frappe entre autre : c'est l'aspect indubitablement rationnel de la plupart des données qui matérialisent cet univers ..
    Nous sommes donc avec ce texte ancien dans un cadre hyper contemporain et ce n'est pas ce qui est le moins étonnant lorsque l'on aborde ce récit qui est un classique et qui pourtant ne ferait pas honte à 28 jours plus tard par exemple ..

    PS : du même auteur et superbement adapté au cinéma : L'homme qui rétrécis
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Citations et extraits

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  • Par verobleue, le 05 décembre 2010

    Pourtant, en quoi ses habitudes sont-elles plus révoltantes que celles des autres hommes et animaux? Ses crimes sont-ils plus graves que ceux des parents d'enfants qui étouffent la personnalité de leur enfant? Son seul nom provoque des réactions d'effroi. Mais est-il plus monstrueux que les parents d'un gosse névrosé, futur homme politique? Que l'industriel distribuant à des oeuvres l'argent qu'il a amassé en fournissant en bombes et en fusils des terroristes kamikazes? Que le producteur de l'infâme tord-boyaux avec lequel s'abrutissent de pauvres types, déjà incapables d'aligner deux idées à jeun ( 'Mande pardon : je suis en train de dénigrer le sein qui m'abreuve)? Est-il pire, enfin, que le patron du torche-cul qui souille les présentoirs d'un flot de calomnies et d'obscénités? Examinez bien vos consciences, mes petits coeurs, et dites-moi si le vampire est tellement épouvantable.
    Tout ce qu'il fait, c'est boire du sang.
    Pourquoi, dès lors, ce préjugé injuste et absurde à son égard? Pourquoi le vampire ne peut-il vivre là où il a envie? Pourquoi l'obliger à se terrer? Pourquoi chercher à le détruire? Vous avez fait de cet innocent un animal traqué, sans moyen de subsistance ni possibilité d'instruction. Il n'a même pas le droit de vote. Pas étonnant qu'il doive mener l'existence d'un prédateur nocturne.
    Ouais, ouais, bougonna intérieurement Neville.
    Mais vous laisseriez votre soeur en épouser un?
    Là mon vieux, tu m'as cloué le bec...
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  • Par bookaure, le 02 mai 2012

    Pourtant, en quoi ses habitudes sont-elles plus révoltantes que celles des autres hommes et animaux? Ses crimes sont-ils plus graves que ceux des parents qui étouffent la personnalité de leur enfant? Son seul nom provoque des réactions d'effroi. Mais est-il plus monstrueux que les parents d'un gosse névrosé, futur homme politique? Que l'industriel distribuant à des œuvres l'argent qu'il a amassé en fournissant en bombes et en fusils des terroristes kamikazes? Que le producteur de l’infâme tord-boyaux avec lequel s'abrutissent de pauvres types déjà incapables d'aligner deux idées à jeun ("Mande pardon; je suis en train de dénigrer le sein qui m'abreuve)? Est-il pire enfin que le patron du torche-cul qui souille les présentoirs d'un flot de calomnies et d'obscénités. Examinez bien vos consciences, mes petits cœurs, et dites-moi si le vampire est tellement épouvantable.
    Tout ce qu'il fait, c'est boire du sang.
    Pourquoi, dès lors, ce préjugé injuste et absurde à son égard? Pourquoi le vampire ne peut-il vivre là où il en a envie? Pourquoi l'obliger à se terrer? Pourquoi chercher à le détruire? Vous avez fait de ce pauvre innocent un animal traqué, sans moyen de subsistance ni possibilité d'instruction. Il n'a même pas le droit de vote. Pas étonnant qu'il doive mener l’existence d'un prédateur nocturne.
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  • Par gruz, le 25 septembre 2012

    Juste comme il démarrait le moteur, il s'avisa qu'il était garé le long d'un trottoir interdit au stationnement, et qui plus est à contresens. Il parcourut la rue du regard, appelant : "ohé ! Monsieur l'agent !".
    Il rit pendant un bon kilomètre sans pouvoir s’arrêter, en se demandant ce qu'il y avait de si drôle...

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  • Par johnowen9, le 03 avril 2013

    Si je pouvais mourir maintenant, songea-t-il. Doucement, paisiblement, sans peur et sans cris. Si je pouvais la rejoindre. Si au moins je pouvais y croire...
    Ses doigts se crispèrent lentement, sa tête s'inclina vers sa poitrine.
    Virginia. Emmène-moi là où tu es.
    Une larme de cristal roula sur sa main immobile...
    Il n'aurait su dire combien de temps il demeura ainsi. Au bout d'un moment, toutefois, la tristesse la plus noire finit par s'apaiser, le désespoir le plus vif par s'émousser. C'est le sort du flagellant, dit-il, que de devenir insensible même à la morsure du fouet.
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  • Par Erzuli_Capote, le 25 mars 2012

    "Dès qu'elle vit la croix, elle détourna les yeux avec une espèce de râle et son corps se convulsa sur la chaise.
    _ Ca te fait peur? Pourquoi? demanda t-il, surpris de réentendre le son de sa voix après si longtemps.
    Le regard de la femme se posa soudain sur lui, lui arrachant un frisson. Ce feu dans ses prunelles, cette langue qui léchait ses lèvres pourpres, donnant l'illusion que sa bouche était animée d'une vie propre, ce corps qui se cambrait comme pour se rapprocher de lui... Un souffle rauque montait de sa gorge, pareil au grognement d'un chien défendant un os.
    _ La croix, répéta Neville avec une nervosité croissante. Pourquoi en as-tu peur?"
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