AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Marie-Odile Masek (Traducteur)
ISBN : 2752904908
Éditeur : Phébus (06/01/2011)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Nous sommes à Madrid, dans les années vingt. Adriana a six ans et vit dans une famille bourgeoise. Sensible et rêveuse, elle observe le monde des adultes, ces " Géants ", et lui oppose avec opiniâtreté une licorne échappée de la trame d'un tapis, blanche, énigmatique et symbole de l'enfance qui s'enfuit. Afin de lutter contre l'angoisse qui la saisit à voir ses parents se déchirer, elle renforce ses liens avec sa tante Eduarda, féminine, indépendante et amoureuse de... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
paroles
03 novembre 2014
★★★★★
★★★★★
Non, Adri ne veut pas grandir. Son univers peuplé d'ombres, de licornes, de tapis volant, d'armoires hautes comme des montagnes à escalader est un lieu où elle se sent en sécurité. Petite fille seule dans un monde de Géants, mal aimée par sa mère car venue trop tard, ignorée par ses grands frères et soeur, son seul protecteur est son père mais il est très souvent absent. Alors, Adri vit cachée et quasi invisible, elle surprend les conversations des Géants et ce qu'elle apprend du monde des adultes ne la réjouit pas. le seul lieu de chaleur de la maison est la cuisine où Isabel et Tata Maria l'entourent de soins et de paroles affectueuses. Mais Adri s'ennuie et aimerait avoir un ami. Et alors qu'elle est alitée car très malade, elle entend le jappement d'un chien accompagné d'une voix inconnue. La promesse d'une rencontre est proche...
J'ai adoré ce roman dans lequel j'ai plongé à la recherche de l'enfance, peuplé de mondes construits uniquement par l'imagination, dans lequel les mots et les gestes des Géants peuvent être troublants, dévastateurs parfois car incompris. le pays de l'enfance où l'amour et l'amitié se donnent sans arrière pensée, totalement et tracent le chemin de l'adulte en devenir.
Une écriture sensible, poétique qui a profondément touché l'enfant qui est toujours en moi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          330
sandrine57
24 février 2011
★★★★★
★★★★★
Dernière née d'une famille de la bourgeoisie madrilène, Adri n'entre pas dans le moule. Aux convenances et aux hypocrisies des adultes, ces "Géants" qui ne la comprennent pas, elle préfère un monde onirique où les licornes sortent des tableaux pour galoper dans la neige, où les hautes armoires sont autant de villes à explorer.
Rêveuse et décalée, la petite fille fuit le silence et les non-dits de ses parents pour trouver refuge dans la cuisine, coeur de l'appartement, où officient les douces Maria et Isabel. Là, elle sait se rendre invisible pour partager les secrets qui régissent le monde des Géants.
Quand elle fait la connaissance du "fils de la ballerine", sa vie va changer. Gavrila, jeune, beau et russe, va enchanter la vie solitaire d'Adri. Jeux et lectures, confidences et rêves, joies et peines, ils vont tout partager et s'aimer passionnément jusqu'au drame qui va les séparer...

Ce livre plein de tendresse et de poésie est un hymne au monde de l'enfance. On ne peut qu'être touché par une Adri sensible mais volontaire et un Gavrila triste ou joyeux, véritable concentré de l'âme russe. La beauté des mots, l'univers magique m'ont bercée tout au long de ma lecture et j'ai refermé le livre avec un sentiment de perte. Il était si tentant de rester avec Adri dans un monde imaginaire où les soucis et les malheurs de la vie quotidienne passent, au loin, à pas feutrés.
Une belle découverte et un coup de coeur pour moi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
Delivresetdeaufraiche
22 février 2011
« Un jour, quand tu seras grande, tu comprendras... »
Manifestement très douée, la petite Adriana vit dans une famille madrilène bourgeoise déchirée, où l'on ne se touche ni ne se parle. Petite dernière, « arrivée si tard », comme le dit sa mère, Adri déboussole ses parents, qui l'aiment, certes, mais ne parviennent pas à la comprendre, s'interrogeant tant et plus sur cette enfant si différente, qui ne parle pas mais qui s'est recréé tout un univers imaginaire, ce « paradis inhabité » dans lequel les contes prennent vie, les licornes sortent des tableaux la nuit et les cagibis noirs deviennent le lieu d'une évasion propice au rêve…
Adri observe le monde des « Géants » avec le recul d'un enfant qui sait qu'il n'y a pas sa place, pas plus que dans le monde des enfants que lui propose l'école, qu'elle abhorre tout autant pour la bêtise de ses camarades que pour l'incongruité d'une discipline un peu ridicule qui se donne en spectacle.
Alors, en éternel décalage, elle se réfugie auprès des domestiques, les tendres et facondes Tata María et Isabel, qui lui ouvrent leur monde et lui offrent toute la hauteur de vue à laquelle elle aspire sur ce monde qui, sans l'être tout à fait, est pourtant le sien.
Alors que, malade et alitée, elle fait la rencontre de Gavrila, jeune garçon russe qui vit quelques étages au-dessus du sien, elle vit une véritable révélation : ce monde n'est plus seulement le sien, il existe des êtres qui peuvent partager ce paradis, pour tenter d'y habiter. Avec celui qu'elle ne tarde pas à nommer son « siamois », ce seront des rires, des échanges complices, des lectures partagées et une profondeur des sentiments qui, pourtant, ne pourront empêcher Adri de grandir et de se confronter au monde…
La poésie très aboutie de ce livre m'a énormément touchée. le monde imaginaire que se crée Adri est un véritable univers, qui tranche avec la dureté de la vie familiale et le contexte de la guerre civile espagnole, qu'Adri ne perçoit que comme un lointain écho. Il y est beaucoup question d'obscurité, d'enfermement et de déchirement (les thèmes de la maladie, du noir ou de la clé reviennent de façon récurrente) mais ces pages sont pourtant d'une grande luminosité. Les personnages y sont très finement décrits, mais jamais aucun mot n'est de trop. La langue est superbe, et l'on perçoit nettement, au fil des pages, la dimension autobiographique qu'y a instillée Ana María Matute, grande dame des lettres espagnoles qui a aujourd'hui plus de 90 ans. La tendresse de son regard sur le délaissement que vit Adri et la façon dont elle le sublime en créant son propre monde de poésie, dans lequel il ne manquerait plus que des personnages réels pour l'habiter, est bouleversante, nous renvoyant à la façon dont on imagine que la petite fille qu'elle a été s'est elle-même dirigée vers la littérature.
Un vrai coup de coeur pour ce très beau roman sur l'enfance et la création, qui ne manquera pas de rappeler à chacun des bribes de son enfance, loin du monde mystérieux des « Géants ».
Lu dans le cadre du programme "Masse critique" de Babelio: merci pour cette belle découverte !

Lien : http://delivresetdeaufraiche..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Zena14
20 mai 2014
★★★★★
★★★★★
C'est un joli livre sur l'enfance. le contexte est plutôt sombre - une famille bourgeoise désunie et éclatée, une enfant délaissée, un arrière-plan que l'on devine gonflé d'orages à venir (veille de guerre civile en Espagne). Mais la petite héroïne, Adriana dite Adri - la dernière-née de la famille - pour isolée qu'elle soit, ne manque pas totalement de ressources ni de caractère.
Elle est d'abord dotée d'un merveilleux pouvoir d'imagination et peuple sa solitude de ses rêveries, de sa connivence unique avec les lieux et les objets qui l'entourent et qui ne s'animent que pour elle : un paradis où les licornes des tapisseries s'échappent parfois de leur cadre, laissant derrière elles le parfum des feuilles froissées sous leurs pas.
Elle est entourée également de l'attention et de la chaleur d'un duo de femmes, une gouvernante et une cuisinière, qui créent autour d'elle un cocon protecteur et grâce auxquelles elle découvre l'univers, parfois cruel, des adultes, les « géants », comme elle les nomme.
La maladie, suivie d'une longue convalescence, va offrir à Adriana l'occasion d'échapper au monde de l'école qu'elle déteste, mais surtout de rencontrer Gavrila, un jeune voisin lui aussi abandonné, par une mère artiste et voyageuse, à la garde affectueuse d'un serviteur-tuteur.
Cela ressemble à un coup de foudre : ces deux-là sont semblables, se reconnaissent et se lient d'une amitié exclusive et farouche. Il est son jumeau, elle est son double. A l'abri du regard réprobateur des uns et avec la complicité bienveillante des autres, Gavrila et Adri vont partager leur solitude, le même goût de la rêverie et la faculté d'enchanter leur quotidien, la douceur de lire des histoires à l'unisson, allongés sur le tapis du salon… jusqu'au moment où le destin referme la parenthèse.
C'est un beau livre sensible, écrit à hauteur des yeux d'une petite fille, où se mêlent de la douceur, de la cruauté et l'esprit de rébellion de deux enfants. J'en ai aussi beaucoup aimé l'écriture et la fluidité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          32
5Arabella
23 juillet 2016
★★★★★
★★★★★
Le récit d'une enfance. Encore un serait-t-on tenté de dire dans un premier mouvement. Mais il suffit que l'auteur ait un talent suffisant, pour émouvoir et surprendre, même si le sujet au départ ne paraît guère orignal.
Adri est la petite dernière d'une famille espagnole aisée (le père est avocat), et son enfance se passe avant la guerre civile espagnole. Enfance à la fois douloureuse et merveilleuse. Douloureuse, car Adri est une enfant pas vraiment désirée, elle se sent rejetée et brimée par ceux qu'elle appelle Les Géants, dont le monde n'est clairement pas le sien, qui lui se déroule dans une minuscule chambre près des quartiers des domestiques, et dans la cuisine pour l'essentiel. Merveilleuse car Adri a le don d'imaginer, de rêver, de peupler le monde de magie, d'intégrer les contes qu'elle lit au quotidien qu'elle vit. Rejeté par ses camarades à l'école, elle se lie d'une amitié passionnelle avec un voisin, le fils d'une ballerine russe, avec qui elle partage le domaine magique de l'imagination.
Ana Maria Matute a vraiment réussi à merveille à traduire le monde d'Adri d'une façon incomparable, avec subtilité et légèreté, toute sa poésie douloureuse. Grâce sans doute à une écriture fluide, élégante, lyrique, très personnelle. le livre est vraiment très beau et émouvant, et laisse une trace profonde chez le lecteur. Une très belle découverte pour moi, cela faisait longtemps qu'un livre ne m'avait pas touché d'une façon si directe. Et me donne une envie furieuse de lire d'autres livres de son auteur, ce qui risque de n'être pas si facile que ça.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Citations & extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
thisou08thisou0817 février 2017
Nous les enfants ne sommes que de passage
Commenter  J’apprécie          10
thisou08thisou0817 février 2017
C'est ainsi que je mourus pour la première fois
Commenter  J’apprécie          00
Alice_Alice_28 octobre 2014
J'observais Papa et je perçus ce que, au fil des ans, j'ai identifié comme un sentiment de solitude en compagnie. Il avait beau sourire, ses grands yeux noirs semblaient attendre quelque chose. Je me précipitai vers lui, je n'avais qu'une envie le serrer dans mes bras, enfouir mon visage dans son cou, comme je le faisais avec Tata Maria, mais quand je touchai ses genoux, je restai paralysée par une soudaine timidité, proche de la honte, même si je ne savais pas de quoi j'avais honte. Sans doute parce que tous s'étaient tus et me fixaient dans un épais silence. Et, à l'époque, pas plus qu'aujourd'hui, je ne pouvais supporter que l'on me regardât. Que n'aurais-je donné pour avoir à proximité l'une ou l'autre de mes cachettes ou pour disparaître tel un gnome derrière la tige d'une fleur, comme je l'avais lu dans les contes d'Andersen.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
DamepluieDamepluie16 septembre 2011
J'éprouvais un grand besoin d'éprouver cette paix, ce bonheur, ce mot dangereux à ne pas prononcer, ce bonheur qui soudain m'arrivait. Tout ce qui me vint à l'esprit fut de lui serrer la main. Une seule fois. Il serra aussitôt la mienne, deux fois. Ensemble, nous contemplâmes le ciel presque blanc et d'un autre serrement de main je lui dis que je l'aimais. Il me répondit de la même façon. Je crois que jamais, ni avant ni depuis, je n'ai eu avec qui que ce soit une conversation aussi intime, aussi explicite. Ce parc solitaire, cet homme et cette enfant solitaires, cette errance, ce silence.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          71
MllernestineMllernestine26 mai 2016
J avais peur du monde qui m attendait la gueuler grande ouverte, le monde horrible dont j ebtendais dire qu' il grouillait de méchant prêts à mettre le feu, à rouer de coups des êtres aussi bienveillants et attendrissants que Teo. Le monde où des filles comme Margot, aussi expertes à lancer le ballon qu' à décocher une plaisanterie blessantes,faisait la loi dans les collèges.Enfin et surtout, le monde qui nous interdisait à Gavi et à moi de continuer à nous voir dans son appartement sous les toits.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
autres livres classés : littérature espagnoleVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Littérature espagnole au cinéma

Qui est le fameux Capitan Alatriste d'Arturo Pérez-Reverte, dans un film d'Agustín Díaz Yanes sorti en 2006?

Vincent Perez
Olivier Martinez
Viggo Mortensen

10 questions
28 lecteurs ont répondu
Thèmes : cinema , espagne , littérature espagnoleCréer un quiz sur ce livre