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ISBN : 2290054224
Éditeur : J'ai Lu (2012)


Note moyenne : 3.72/5 (sur 775 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Boule de Suif, première nouvelle de cet ouvrage, "c'est l'effondrement de toutes les valeurs prônées, avant que le souci de conservation personnelle devienne le seul qui compte : manger les provisions de la prostituée et la jeter dans les bras de l'officier allemand". <... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 06 septembre 2012

    NastasiaBuergo
    J'hésite à apporter une énième contribution pour cet ouvrage ; ouvrage d'art s'il en est.
    Du Maupassant première époque, donc à mon sens, un peu plus romancier que nouvelliste, ce qui lui permet de développer un peu plus qu'à l'accoutumée ses si belles métaphores et effets stylistiques, qui n'ont l'air de rien à la lecture, mais qui sont justement la marque que le travail a tellement été bien fait qu'on ne se rend même plus compte qu'il y a eu un travail d'écriture, que ça coule, que c'est limpide, que c'est lumineux.
    Boule-de-suif, pour ceux qui ne le sauraient pas, est l'histoire d'une prostituée au sortir de la guerre franco-prussienne de 1870, ou plus précisément l'histoire d'un événement impliquant une prostituée.
    Mais en fait non, ce n'est pas l'histoire d'une prostituée, c'est l'histoire des autres, les bien-pensants, les propres sur eux, les honorables... et vous savez bien que Maupassant ne serait pas Maupassant si les "honnêtes gens" étaient vraiment honnêtes et s'ils brillaient particulièrement par leur morale...
    Alors il ne vous reste plus qu'à monter dans la diligence avec les autres pour les regarder être des honnêtes gens.
    L'une des premières nouvelles de Guy de Maupassant, assurément l'un des plus peaufinée et qui justifie pleinement la notoriété qu'elle assura à l'auteur, du moins c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par Gwen21, le 08 mai 2013

    Gwen21
    Ce récit De Maupassant est celui qui m'a le plus bouleversée. Incontestablement, c'est un chef-d'oeuvre !
    Tel un justicier masqué, l'auteur pourfend, avec toute la finesse et l'efficacité propres à son style, la vanité, l'hypocrisie et la fatuité de l'homme. Sa plume, plus acérée qu'un fleuret, égratigne habilement les "bonnes et honnêtes gens" qui, fuyant l'invasion prussienne, quittent Rouen dans la panique et s'entendent "en toute bienséance" à livrer l'agneau au loup...
    Boule-de-Suif est une jeune femme qui exerce le plus vieux métier du monde. Ainsi surnommée en raison de son embonpoint, cette brave fille, simple, sans manières ni malice est déjà une victime de la société avant même d'être claquemurée dans une diligence avec une dizaine d'autres voyageurs. Tout la désigne pour le rôle de l'agneau.
    Le Loup, c'est l'officier prussien, l'envahisseur, auquel Boule-de-Suif sera immolée par ses compagnons de voyage, de beaux loups eux-aussi : deux commerçants, deux bourgeois, deux nobles, deux religieuses et un démocrate.
    Ce que ces onze protagonistes vont vivre le temps d'une escale à l'Auberge du Cygne est un tableau cynique criant de réalisme du comportement d'une société confrontée au péril et à l'insécurité, à la panique et à la défaite... Comme la nature réelle des individus se révèle crûment en de telles périodes !
    L'homme est donc bien un loup pour l'homme...
    Plus qu'une nouvelle, ce récit poignant aurait aussi bien pu être écrit par La Fontaine sous la forme d'une Fable. Critique moralisatrice et réaliste de la nature humaine, il dénonce les apparences et oppose la "morale bourgeoise, religieuse et politique" hypocrite et individualiste à l'abnégation sans calcul de Boule-de-Suif, cette "fille perdue".
    La bonté, la charité et le don de soi ne sont pas là où on les attend.
    L'égoïsme, la cupidité et l'ingratitude ne sont pas là où ils devraient être.
    Le Bien vient de l'être déshonoré et déshonorant ; le Mal vient des parangons d'exemplarité.
    Un portrait cruel de notre société qui résonne hélas encore aujourd'hui comme un écho désespérément immuable et ô combien d'actualité !
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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 31 août 2012

    juliette2a
    Décidément, Guy de Maupassant est un auteur talentueux et l'un des plus grands de son siècle ! Boule de Suif en est la preuve. Cette nouvelle nous dépeint la France, ou plutôt la ville de Rouen, en pleine occupation prussienne. Alors que certains habitants acceptent cette règle, d'autres décident de quitter la ville : ainsi, un matin d'hiver où la neige frappe Rouen, dix personnes prennent la diligence qui doit les conduire à Dieppe. Nous rencontrons donc M. et Mme Loiseau, des commerçants enrichis ; M. et Mme. Carré-Lamadon, des bourgeois ; le comte et la comtesse de Bréville, des nobles ; deux religieuses ; Cornudet, un démocrate et enfin Boule de Suif, une jeune femme dont l'embonpoint lui a valu ce surnom. Lorsqu'ils arrivent à Tôtes où se trouve l'auberge qui doit les héberger durant une nuit, ils tombent malheureusement sur un commandant prussien qui les regarde de haut et dont la puissance effraie les plus riches.
    Nous assistons alors à un vrai carnage, un gâchis de la race humaine, par le simple personnage d'Elizabeth Rousset - Boule de Suif, qui doit affronter la vanité, l'égoïsme, la méchanceté, la malveillance et la jalousie de ses voisins pour qui elle accomplira un acte charitable, puisqu'elle va devoir coucher avec l'officier prussien. Gênée, honteuse et pleine de haine envers ses soldats, elle refuse d'abord mais finalement, à force d'être condamnée et réprimandée par les autres voyageurs, elle acceptera.
    J'ai passé un agréable moment en lisant cette nouvelle, dont la morale est touchante, et qui condamne fortement les hommes, ce qui bien évidemment est légitime. Une très jolie histoire !
    A lire !
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    • Livres 4.00/5
    Par mellah, le 22 mars 2013

    mellah
    J'ai beaucoup aimé cette nouvelle De Maupassant qui traite des sujets qui sont toujours d'actualité .
    Après l'invasion prussienne de Rouen et dans des conditions climatiques sibériennes , une diligente composée d'un couple de commerçants, un couple de bourgeois ,un démocrate , un couple de nobles ,deux religieuses et enfin Boule de Suif (une prostituée appelée ainsi a cause de son embonpoint )prend la route pour le havre. Durant le voyage Boule de Suif partage son repas généreusement avec ses riches compagnons qui ont oublié de s'approvisionner et à défaut de restaurants en période de guerre .
    Le soir, la diligence s'arrête à l'auberge de Tôtes pour y passer le nuit , celle-ci est occupée par les prussiens .L'officier retient la diligence de partir tant que Boule de Suif ne lui partage quelques minutes de jouissance, offre déclinée par la bonapartiste .Avec l'aide des deux religieuses ces compagnons lui font changer d'avis ce qui a permis a la diligente de passer , toutefois tout le monde la regardait avec mépris a cause de son geste (coucher avec l'ennemi) !. Chemin faisant , chaqu'un se met a régaler son estomac sauf elle qui a oublié de s'approvisionner et qui pleurait son sort et sa faim sans partage.
    On a deux catégories de gens dans la diligente ;des bourgois ,des nobles et les deux religieuses qui représentent la haute société ou bien le pouvoir et ses annexes ,et la personne principale qui est sans statut, pire que ça une prostituée , donc une personne sans appuis , méprisée , délaissée, donc elle représente la base ou bien le peuple . . Maupassant met en scène l'égoïsme du pouvoir qui méprise et manipule la base pour ses intérêts . C'est toujours elle(la base) qui porte le fardeau , qui se fait massacrer , alors que se sont les gens d'en haut qui en tirent les profits et qui se font décorer sans se monter reconnaissant envers elle . Ce qui plaisant dans cette nouvelle c'est la machination bénie par les religieuses , ça nous rappelle la propagande électorale et la propagande de guerre ou l'on fait appel aux religieux pour y consentir le citoyen.
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    • Livres 5.00/5
    Par ibon, le 18 janvier 2013

    ibon
    C'est un recueil de nouvelles fortes en émotions qui présente des détails colorés, horribles ou savoureux sur la guerre de 1870 en France.
    Maupassant a vécu cette guerre, à 20 ans. Affecté à l'intendance, il n'a peut-être pas vu de combats mais, peu après l'armistice, il a collecté des faits divers de cette guerre dont il veut "insulter la mémoire".
    Je ne sais laquelle resortir du lot car elles ont toutes un point d'orgue, un temps de réflexion à l'issu duquel il faut laisser une sorte de digestion se faire pour apprécier la suivante. Cette réflexion porte souvent sur l'intégrité souillée par la guerre.
    Flaubert a conseillé Maupassant au moins sur "Boule de Suif", quand les génies se rencontrent...
    Et quel style!
    "Paris était bloqué, affamé et râlant. Les moineaux se faisaient bien rares sur les toits, et les égoûts se dépeuplaient. On mangeait n'importe quoi."
    En trois phrases, le décor est planté et l'histoire des deux amis peut commencer.
    Et c'est comme ça, splendide à chaque histoire.






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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°130 - juin 2009 - 1870, les Prussiens envahissent la ville de Rouen. Un groupe de dix personnes grimpe dans une diligence en partance pour Dieppe. Plusieurs classes sociales se côtoient au cours de cette cavalcade : commerçants, grands bourgeois, religieuses, etc. Mais une prostituée, nommée Boule de suif, se distingue des autres personnages. Les voyageurs sont partis précipitamment, nul n'a pris de quoi se nourrir, exceptée Boule de suif, prévoyante, qui déjeune dans son coin. Mais sous le regard concupiscent des autres voyageurs, elle finit par partager avec générosité son repas. La nuit venue, ils font halte dans une auberge malheureusement occupée par des Prussiens. Le lendemain, un des officiers ennemis ne les laissera repartir que s'il peut profiter des charmes de Boule de suif. Li-An revisite Maupassant et propose une superbe description des travers humains : individualisme, hypocrisie, mensonge... Son travail sert parfaitement le texte classique et permet d'aborder un grand auteur de manière ludique. Un humour très corrosif mis en valeur par le dessin coloré et les cases travaillées dans de multiples formats. Une adaptation réussie et un « one shot » qui vient enrichir la collection « Ex-libris ». Agnès Donon

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Citations et extraits

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  • Par Sharon, le 08 décembre 2010

    Alors Cornudet, qui digérait ses oeufs, étendit ses longues jambes sous la banquette d'en face, se renversa, croisa ses bras, sourit comme un homme qui vient de trouver une bonne farce, et se mit à siffloter la Marseillaise .
    Toutes les figures se rembrunirent. Le chant populaire, assurément, ne plaisait point à ses voisins. Ils devinrent nerveux, agacés, et avaient l'air prêts à hurler comme des chiens qui entendent un orgue de barbarie.
    Il s'en aperçut, ne s'arrêta plus. Parfois même il fredonnait les paroles:
    Amour sacré de la patrie,
    Conduis, soutiens, nos bras vengeurs,
    Liberté, liberté chérie,
    Combats avec tes défenseurs!
    On fuyait plus vite, la neige étant plus dure; et jusqu'à Dieppe, pendant les longues heures mornes du voyage, à travers les cahots du chemin, par la nuit tombante, puis dans l'obscurité profonde de la voiture, il continua, avec une obstination féroce, son sifflement vengeur et monotone, contraignant les esprits las et exaspérés à suivre le chant d'un bout à l'autre, à se rappeler chaque parole qu'ils appliquaient sur chaque mesure.
    Et Boule de suif pleurait toujours; et parfois un sanglot, qu'elle n'avait pu retenir, passait, entre deux couplets, dans les ténèbres.
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  • Par kathel, le 01 décembre 2010

    La femme, une de celles appelées galantes, était célèbre par son embonpoint précoce qui lui avait valu le surnom de Boule de suif. Petite, ronde de partout, grasse à lard, avec des doigts bouffis, étranglés aux phalanges, pareils à des chapelets de courtes saucisses, avec une peau luisante et tendue, une gorge énorme qui saillait sous sa robe, elle restait cependant appétissante et courue, tant sa fraîcheur faisait plaisir à voir. Sa figure était une pomme rouge, un bouton de pivoine prêt à fleurir; et là-dedans s'ouvraient, en haut, deux yeux noirs magnifiques, ombragés de grands cils épais qui mettaient une ombre dedans; en bas, une bouche charmante, étroite, humide pour le baiser, meublée de quenottes luisantes et microscopiques.
    Elle était de plus, disait-on, pleine de qualités inappréciables.
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  • Par youcantget, le 28 mars 2011

    Lorsque le court repas fut fini, j'allai m'asseoir devant la porte, le cœur serré par la mélancolie du morne paysage, étreint par cette détresse qui prend parfois les voyageurs en certains soirs tristes, en certains lieux désolés.

    Il semble que tout soit près de finir, l'existence et l'univers.

    On perçoit brusquement l'affreuse misère de la vie, l'isolement de tous, le néant de tout, et la noire solitude du cœur qui se berce et se trompe lui-même par des rêves jusqu'à la mort.
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  • Par diborde, le 05 juillet 2011

    Les femmes se serrèrent, le ton de la voix fut baissé, et la discussion devint générale, chacun donnant son avis. C'était fort convenable du reste. Ces dames surtout trouvaient des délicatesses de tournures, des subtilités d'expression charmantes, pour dire les choses les plus scabreuses. Un étranger n'aurait rien compris tant les précautions du langage étaient observées. Mais la légère tranche de pudeur dont est bardée toute femme du monde ne recouvrant que la surface, elles s'épanouissaient dans cette aventure polissonne, s'amusaient follement au fond, se sentant dans leur élément, tripotant de l'amour avec la sensualité d'un cuisinier gourmand qui prépare le souper d'un autre.
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  • Par kathy, le 22 avril 2011

    J'aimais ce pays infiniment. Il est des coins du monde délicieux qui ont pour les yeux un charme sensuel. On les aime d'un amour physique. Nous gardons, nous autres que séduit la terre, des souvenirs tendres pour certaines sources, certains bois, certains étangs, certaines collines, vus souvent et qui nous ont attendris à la façon d'événements heureux. Quelquefois même la pensée retourne vers un coin de forêt, ou un bout de berge, ou un verger poudré de fleurs, aperçus une seule fois, par un jour gai, et restés en notre coeur comme ces images de femmes rencontrées dans la rue, un matin de printemps, avec une toilette claire et transparente, et qui nous laissent dans l'âme et dans la chair un désir inapaisé, inoubliable, la sensation du bonheur condoyé.
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Bande annonce de l'adaptation cinématographique de Bel Ami avec Robert Pattinson et Uma Thurman.








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