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ISBN : 2070458199
Éditeur : Gallimard (2014)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.72/5 (sur 1300 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Écrite en 1879 et publiée en 1880, Boule de Suif impose Maupassant comme un maître de la littérature du XIXème siècle: les mots justes, le regard acéré et sans complaisance sur la société de son temps, il réussit cependant le tour de tour de force de décrire finement le... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Gwen21, le 08 mai 2013

    Gwen21
    Ce récit De Maupassant est celui qui m'a le plus bouleversée. Incontestablement, c'est un chef-d'oeuvre !
    Tel un justicier masqué, l'auteur pourfend, avec toute la finesse et l'efficacité propres à son style, la vanité, l'hypocrisie et la fatuité de l'homme. Sa plume, plus acérée qu'un fleuret, égratigne habilement les "bonnes et honnêtes gens" qui, fuyant l'invasion prussienne, quittent Rouen dans la panique et s'entendent "en toute bienséance" à livrer l'agneau au loup...
    Boule-de-Suif est une jeune femme qui exerce le plus vieux métier du monde. Ainsi surnommée en raison de son embonpoint, cette brave fille, simple, sans manières ni malice est déjà une victime de la société avant même d'être claquemurée dans une diligence avec une dizaine d'autres voyageurs. Tout la désigne pour le rôle de l'agneau.
    Le Loup, c'est l'officier prussien, l'envahisseur, auquel Boule-de-Suif sera immolée par ses compagnons de voyage, de beaux loups eux-aussi : deux commerçants, deux bourgeois, deux nobles, deux religieuses et un démocrate.
    Ce que ces onze protagonistes vont vivre le temps d'une escale à l'Auberge du Cygne est un tableau cynique criant de réalisme du comportement d'une société confrontée au péril et à l'insécurité, à la panique et à la défaite... Comme la nature réelle des individus se révèle crûment en de telles périodes !
    L'homme est donc bien un loup pour l'homme...
    Plus qu'une nouvelle, ce récit poignant aurait aussi bien pu être écrit par La Fontaine sous la forme d'une Fable. Critique moralisatrice et réaliste de la nature humaine, il dénonce les apparences et oppose la "morale bourgeoise, religieuse et politique" hypocrite et individualiste à l'abnégation sans calcul de Boule-de-Suif, cette "fille perdue".
    La bonté, la charité et le don de soi ne sont pas là où on les attend.
    L'égoïsme, la cupidité et l'ingratitude ne sont pas là où ils devraient être.
    Le Bien vient de l'être déshonoré et déshonorant ; le Mal vient des parangons d'exemplarité.
    Un portrait cruel de notre société qui résonne hélas encore aujourd'hui comme un écho désespérément immuable et ô combien d'actualité !
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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 06 septembre 2012

    Nastasia-B
    J'hésite à apporter une énième contribution pour cet ouvrage ; ouvrage d'art s'il en est.
    Du Maupassant première époque, donc à mon sens, un peu plus romancier que nouvelliste, ce qui lui permet de développer un peu plus qu'à l'accoutumée ses si belles métaphores et effets stylistiques, qui n'ont l'air de rien à la lecture, mais qui sont justement la marque que le travail a tellement été bien fait qu'on ne se rend même plus compte qu'il y a eu un travail d'écriture, que ça coule, que c'est limpide, que c'est lumineux.
    Boule-de-suif, pour ceux qui ne le sauraient pas, est l'histoire d'une prostituée au sortir de la guerre franco-prussienne de 1870, ou plus précisément l'histoire d'un événement impliquant une prostituée.
    Mais en fait non, ce n'est pas l'histoire d'une prostituée, c'est l'histoire des autres, les bien-pensants, les propres sur eux, les honorables... et vous savez bien que Maupassant ne serait pas Maupassant si les "honnêtes gens" étaient vraiment honnêtes et s'ils brillaient particulièrement par leur morale...
    Alors il ne vous reste plus qu'à monter dans la diligence avec les autres pour les regarder être des honnêtes gens.
    L'une des premières nouvelles de Guy de Maupassant, assurément l'un des plus peaufinée et qui justifie pleinement la notoriété qu'elle assura à l'auteur, du moins c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 22 septembre 2013

    LiliGalipette
    La France a perdu la guerre contre la Prusse. Partout, c'est la débâcle et le Second Empire ne se relèvera pas. En Normandie comme ailleurs, les officiers allemands se sont installés dans les foyers français. « Il y avait […] quelque chose dans l'air, quelque chose de subtil et d'inconnu, une atmosphère étrangère intolérable, comme une odeur répandue, l'odeur de l'invasion. » (p. 19) C'est l'hiver à Rouen et une poignée d'habitants ont obtenu de l'officier allemand en charge de partir à Dieppe en diligence. C'est par une nuit froide que plusieurs bourgeois, deux religieuses et une prostituée partent en voyage. le trajet est long et froid. La faim se fait sentir, mais seule Boule de suif, la prostituée, a prévu des provisions. de bon cœur, elle partage avec les autres voyageurs qui font peu de manières quand il s'agit de se remplir le ventre à bon compte. « On ne pouvait manger les provisions de cette fille sans lui parler. Donc on causa, avec réserve d'abord, puis, comme elle se tenait fort bien, on s'abandonna davantage. » (p. 32)
    Le voyage aurait pu être tout à fait charmant si la diligence n'avait pas fait une étape dans une auberge isolée. Il y réside un officier prussien qui refuse que le convoi reparte tant que Boule de suif ne se sera pas donnée à lui. Mais si la jeune femme mène Une vie de débauche, elle n'en est pas moins patriote et abhorre de tout son être les ennemis qui ont renversé l'empereur. Impossible pour elle de céder au caprice de l'Allemand. Hélas, ses compagnons de voyage se moquent bien de sa pudeur de catin. « Puisque c'est son métier, à cette gueuse, de faire ça avec tous les hommes, je trouve qu'elle n'a pas le droit de refuser l'un plutôt que l'autre. » (p. 51) La belle Boule de suif doit faire fi de ses principes au nom de l'intérêt collectif, mais quand tout est consommé, les voyageurs de la diligence ne font montre d'aucune reconnaissance à l'égard de la prostituée.
    Cruelle histoire que celle de Boule de suif. Alors qu'elle avait généreusement offert ses vivres, sa charité n'est pas reconnue et les bourgeois bien-pensants estiment qu'ils peuvent tout lui demander puisqu'elle leur est inférieure. Comme quoi, le rang social n'est pour rien dans la dignité et la vertu. Boule de suif fait partie d'un recueil, mais je revendique mon droit à ne lire que ce que je veux et je m'en suis tenue à cette nouvelle que j'ai vraiment appréciée.
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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 09 juillet 2013

    lecassin
    « Boule de suif », en fait un recueil de douze « nouvelles de guerre »… et parmi elles la nouvelle éponyme ; probablement une des plus célèbre de l’auteur, et qui lui apporta le succès à sa parution en 1880, dans « Les soirées de Médan ». C’est sa première nouvelle.
    C’est la panique, à Rouen, la débandade (oui, bon, elle est facile), même… Nous sommes à l’hiver 1870-1871 et la ville est occupée par les Prussiens. Il faut fuir ! Aussi, s’entassent dans une diligence à destination de Dieppe, une dizaine de « braves gens » : un couple de commerçants, un couple de bourgeois, un couple de nobles, deux religieuses, un démocrate ; en fait neuf… et Boule de suif, ainsi dénommée à cause de son embonpoint.
    Boule de suif qui partagera son repas avec les autres moins prévoyants devra, à l’arrêt à l’auberge, faire face à un odieux chantage de la part d’un officier Prussien installé dans la place. On imagine sans peine lequel quand on sait que la belle pratique le plus vieux métier du monde… Elle refuse de céder son corps à l’ennemi, même si ce sacrifice permettrait à la diligence de repartir…
    Une nouvelle d’une cinquantaine pages. C’est court me direz-vous. Oui, mais en l’occurrence, sous la plume efficace de Guy de Maupassant, c’est suffisant pour décrire par le menu la cupidité, l’égocentrisme et surtout la bêtise et la bassesse de ces « braves gens » – certes plongés dans une situation qui les dépasse – dans leur relation avec cette « fille perdue »… l’humanité à de ces travers inexcusables que l’adversité ne fait que dévoiler un peu plus…
    Ma nouvelle préférée de l’auteur, sans doute…
    Quant aux autres nouvelles de ce petit recueil, on alterne de manière inégale la longueur et l’intérêt… A lire tout de même si, comme moi, vous êtes amateurs de cette belle prose de la fin du XIX ème siècle.
    Pour mémoire : « Mademoiselle Fifi », libertinage et prostitution, « Deux amis », une partie de pêche qui tourne mal, « Saint-Antoine », un drame de la boisson aux conséquences imprévisibles, « L’aventure de Walter Schnaffs », ou celle d’un soldat pacifiste, « Le père Milon », la vengeance et d’un père et d’un fils, « Tombouctou », une rencontre fortuite et l’évocation des souvenirs de deux soldats, « Un duel », loufoque, le duel, « La mère Sauvage », ou l’histoire d’une famille, « L’horrible », où le Général G. explique la différence entre l’émouvant et l’horrible,« Le lit 29 » où le militaire ne sort pas grandi, et « Mohammed-Fripouille » : Alger, en terrasse, une conversation sous les étoiles.
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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 31 août 2012

    juliette2a
    Décidément, Guy de Maupassant est un auteur talentueux et l'un des plus grands de son siècle ! Boule de Suif en est la preuve. Cette nouvelle nous dépeint la France, ou plutôt la ville de Rouen, en pleine occupation prussienne. Alors que certains habitants acceptent cette règle, d'autres décident de quitter la ville : ainsi, un matin d'hiver où la neige frappe Rouen, dix personnes prennent la diligence qui doit les conduire à Dieppe. Nous rencontrons donc M. et Mme Loiseau, des commerçants enrichis ; M. et Mme. Carré-Lamadon, des bourgeois ; le comte et la comtesse de Bréville, des nobles ; deux religieuses ; Cornudet, un démocrate et enfin Boule de Suif, une jeune femme dont l'embonpoint lui a valu ce surnom. Lorsqu'ils arrivent à Tôtes où se trouve l'auberge qui doit les héberger durant une nuit, ils tombent malheureusement sur un commandant prussien qui les regarde de haut et dont la puissance effraie les plus riches.
    Nous assistons alors à un vrai carnage, un gâchis de la race humaine, par le simple personnage d'Elizabeth Rousset - Boule de Suif, qui doit affronter la vanité, l'égoïsme, la méchanceté, la malveillance et la jalousie de ses voisins pour qui elle accomplira un acte charitable, puisqu'elle va devoir coucher avec l'officier prussien. Gênée, honteuse et pleine de haine envers ses soldats, elle refuse d'abord mais finalement, à force d'être condamnée et réprimandée par les autres voyageurs, elle acceptera.
    J'ai passé un agréable moment en lisant cette nouvelle, dont la morale est touchante, et qui condamne fortement les hommes, ce qui bien évidemment est légitime. Une très jolie histoire !
    A lire !
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°130 - juin 2009 - 1870, les Prussiens envahissent la ville de Rouen. Un groupe de dix personnes grimpe dans une diligence en partance pour Dieppe. Plusieurs classes sociales se côtoient au cours de cette cavalcade : commerçants, grands bourgeois, religieuses, etc. Mais une prostituée, nommée Boule de suif, se distingue des autres personnages. Les voyageurs sont partis précipitamment, nul n'a pris de quoi se nourrir, exceptée Boule de suif, prévoyante, qui déjeune dans son coin. Mais sous le regard concupiscent des autres voyageurs, elle finit par partager avec générosité son repas. La nuit venue, ils font halte dans une auberge malheureusement occupée par des Prussiens. Le lendemain, un des officiers ennemis ne les laissera repartir que s'il peut profiter des charmes de Boule de suif. Li-An revisite Maupassant et propose une superbe description des travers humains : individualisme, hypocrisie, mensonge... Son travail sert parfaitement le texte classique et permet d'aborder un grand auteur de manière ludique. Un humour très corrosif mis en valeur par le dessin coloré et les cases travaillées dans de multiples formats. Une adaptation réussie et un « one shot » qui vient enrichir la collection « Ex-libris ». Agnès Donon

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Citations et extraits

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  • Par Alixone, le 16 août 2013

    Boule de suif resta debout, toute pâle; puis, devenant subitement cramoisie, elle eut un tel étouffement de colère qu'elle ne pouvait plus parler. Enfin elle éclata : "Vous lui direz à cette crapule, à ce saligaud, à cette charogne de Prussien, que jamais je ne voudrai; vous entendez bien, jamais, jamais, jamais!"
    Le gros aubergiste sortit. Alors Boule de suif fut entourée, interrogée, sollicitée par tout le monde de dévoiler le mystère de sa visite. Elle résista d'abord; mais l'exaspération l'emporta bientôt: "Ce qu'il veut?... ce qu'il veut?... Il veut coucher avec moi!" cria-t-elle. Personne ne se choqua du mot, tant l'indignation fut vive. Cornudet brisa sa chope en la reposant violemment sur la table. C'était une clameur de réprobation contre ce soudard ignoble, un souffle de colère, une union de tous pour la résistance, comme si l'on eût demandé à chacun une partie du sacrifice exigé d'elle. Le comte déclara avec dégoût que ces gens-là se conduisaient à la façon des anciens barbares. Les femmes surtout témoignèrent à Boule de suif une commisération énergique et caressante. Les bonnes soeurs, qui ne se montraient qu'aux repas, avaient baissé la tête et ne disaient rien.
    On dîna néanmoins lorsque la première fureur fut apaisée; mais on parla peu: on songeait.
    Les dames se retirèrent de bonne heure, et les hommes, tout en fumant, organisèrent un écarté auquel fut convié M. Follenvie, qu'on avait l'intention d'interroger habilement sur les moyens à employer pour vaincre la résistance de l'officier. Mais il ne songeait qu'à ses cartes, sans rien écouter, sans rien répondre; et il répétait sans cesse: "Au jeu, Messieurs, au jeu." Son attention était si tendue qu'il en oubliait de cracher, ce qui lui mettait parfois des points d'orgue dans la poitrine. Ses poumons sifflants donnaient toute la gamme de l'asthme, depuis les notes graves et profondes jusqu'aux enrouements aigus des jeunes coqs essayant de chanter.
    Il refusa même de monter, quand sa femme, qui tombait de sommeil, vint le chercher. Alors elle partit toute seule, car elle était "du matin", toujours levée avec le soleil, tandis que son homme était "du soir", toujours prêt à passer la nuit avec des amis. Il lui cria: "Tu placeras mon lait de poule devant le feu", et se remit à sa partie. Quand on vit bien qu'on n'en pourrait rien tirer, on déclara qu'il était temps de s'en aller, et chacun gagna son lit.
    On se leva encore d'assez bonne heure le lendemain avec un espoir indéterminé, un désir plus grand de s'en aller, une terreur du jour à passer dans cette horrible petite auberge. Hélas! les chevaux restaient à l'écurie, le cocher demeurait invisible. On alla, par désoeuvrement, tourner autour de la voiture.
    Le déjeuner fut bien triste; et il s'était produit comme un refroidissement vis-à-vis de Boule de suif, car la nuit, qui porte conseil, avait un peu modifié les jugements. On en voulait presque à cette fille, maintenant, de n'avoir pas été trouver secrètement le Prussien, afin de ménager, au réveil, une bonne surprise à ses compagnons. Quoi de plus simple? Qui l'eût su, d'ailleurs? Elle aurait pu sauver les apparences en faisant dire à l'officier qu'elle prenait en pitié leur détresse. Pour elle, ça avait si peu d'importance
    Mais personne n'avouait encore ces pensées.
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  • Par kathel, le 01 décembre 2010

    La femme, une de celles appelées galantes, était célèbre par son embonpoint précoce qui lui avait valu le surnom de Boule de suif. Petite, ronde de partout, grasse à lard, avec des doigts bouffis, étranglés aux phalanges, pareils à des chapelets de courtes saucisses, avec une peau luisante et tendue, une gorge énorme qui saillait sous sa robe, elle restait cependant appétissante et courue, tant sa fraîcheur faisait plaisir à voir. Sa figure était une pomme rouge, un bouton de pivoine prêt à fleurir; et là-dedans s'ouvraient, en haut, deux yeux noirs magnifiques, ombragés de grands cils épais qui mettaient une ombre dedans; en bas, une bouche charmante, étroite, humide pour le baiser, meublée de quenottes luisantes et microscopiques.
    Elle était de plus, disait-on, pleine de qualités inappréciables.
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  • Par Sharon, le 08 décembre 2010

    Alors Cornudet, qui digérait ses oeufs, étendit ses longues jambes sous la banquette d'en face, se renversa, croisa ses bras, sourit comme un homme qui vient de trouver une bonne farce, et se mit à siffloter la Marseillaise .
    Toutes les figures se rembrunirent. Le chant populaire, assurément, ne plaisait point à ses voisins. Ils devinrent nerveux, agacés, et avaient l'air prêts à hurler comme des chiens qui entendent un orgue de barbarie.
    Il s'en aperçut, ne s'arrêta plus. Parfois même il fredonnait les paroles:
    Amour sacré de la patrie,
    Conduis, soutiens, nos bras vengeurs,
    Liberté, liberté chérie,
    Combats avec tes défenseurs!
    On fuyait plus vite, la neige étant plus dure; et jusqu'à Dieppe, pendant les longues heures mornes du voyage, à travers les cahots du chemin, par la nuit tombante, puis dans l'obscurité profonde de la voiture, il continua, avec une obstination féroce, son sifflement vengeur et monotone, contraignant les esprits las et exaspérés à suivre le chant d'un bout à l'autre, à se rappeler chaque parole qu'ils appliquaient sur chaque mesure.
    Et Boule de suif pleurait toujours; et parfois un sanglot, qu'elle n'avait pu retenir, passait, entre deux couplets, dans les ténèbres.
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  • Par claudine42, le 15 septembre 2014

    L'homme à moustache garde son allure et sa finesse en même temps.
    Et que d'aspects variés elles ont, ces moustaches !
    Tantôt elles sont retournées, frisées, coquettes. Celles là semblent aimer les femmes avant tout !
    Tantôt elles sont pointues, aigües comme des aiguilles, menaçantes. Celles là préfèrent le vin, les chevaux et les batailles.
    Tantôt elles sont énormes, tombantes, effroyables. Ces grosses là dissimulent généralement un caractère excellent, une bonté qui touche à la faiblesse et une douceur qui confine à la timidité.
    Et puis, ce que j'adore dans la moustache c'est qu'elle est française, bien française. Elle nous vient de nos pères les Gaulois, et elle est demeurée le signe de notre caractère national enfin.
    Elle est hâbleuse, galante et brave. Elle se mouille gentiment au vin et sait rire avec élégance, tandis que les larges mâchoires barbues sont lourdes en tout ce qu'elles font.
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  • Par kathy, le 22 avril 2011

    J'aimais ce pays infiniment. Il est des coins du monde délicieux qui ont pour les yeux un charme sensuel. On les aime d'un amour physique. Nous gardons, nous autres que séduit la terre, des souvenirs tendres pour certaines sources, certains bois, certains étangs, certaines collines, vus souvent et qui nous ont attendris à la façon d'événements heureux. Quelquefois même la pensée retourne vers un coin de forêt, ou un bout de berge, ou un verger poudré de fleurs, aperçus une seule fois, par un jour gai, et restés en notre coeur comme ces images de femmes rencontrées dans la rue, un matin de printemps, avec une toilette claire et transparente, et qui nous laissent dans l'âme et dans la chair un désir inapaisé, inoubliable, la sensation du bonheur condoyé.
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