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ISBN : 207269681X
Éditeur : Gallimard (13/04/2017)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 6 notes)
Résumé :
"À l'étroit dans le ventre de ma mère, alors qu'il ne reste plus que quelques semaines avant mon entrée dans le monde, je veille. J'entends tout. Un complot se trame contre mon père. Ma mère et son amant veulent se débarrasser de lui. La belle, si belle Trudy préfère à mon père, John, poète talentueux en mal de reconnaissance et qui pourtant l'aime à la folie, cet ignare de Claude. Et voilà que j'apprends que Claude n'est autre que mon oncle : le frère de mon père. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Bookycooky
15 avril 2017
Le narrateur du dernier livre de Ian McEwan est... un foetus, à moins d'un mois du terme. Quand au sujet, un remake de Hamlet, donc originalité garantie.
Installé bien au chaud, " par-dessus les bruits de laverie automatique de l'estomac et des intestins" de sa mère, non seulement il perçoit tout mais il semble aussi avoir une connaissance du monde non négligeable. Nous voici embarqués dans une histoire loufoque où l'oreille plaqué contre la paroi utérine gluante, il apprend que sa mère complote de tuer son père avec l'aide de son amant qui n'est autre que son oncle, le demeuré.......
Dans une maison appartenant au père, une ruine de style georgien dans Hamilton Terrace, rue prétentieuse de Londres, notre foetus Sherlock mène l'enquête dans une décrépitude ambiante et une position physiologique des moins agréables, pris entre deux feux, copulation et complot, -"Tout le monde ne sait pas quel effet ça fait, d'avoir le pénis du rival de votre père à quelques centimètres de votre nez....". Quand au père, ironie du sort, evicté de sa propre maison, négocie son retour par le biais de poèmes peu inspirés, cas sans issu........comment intervenir pour éviter le pire ? Foetus Sherlock a du pain sur la planche. Ce n'est que le préambule.
J'ai beaucoup ri, car notre embryon qui joue la carte de l'innocence, un brin intello ( euh, il peut citer Ulysse de Joyce ) et fin connaisseur en vins ( une connaissance des cépages impressionnante), ne manque pas d'humour. Pour relever plus d'indices sur le complot, il réveille sa mère la nuit,en lui donnant des coups de pied, mais manque de pot celle-là ne veut pas déranger son amant. À défaut, elle se plaque sur les oreilles une conférence podcastée et s'adonne à la magie d'Internet. Elle zappe. -"J'ai déjà tout entendu. Élevage d'asticots dans l'Utah. Randonnées sur le plateau irlandais du Burren. L'offensive de la dernière chance pour Hitler dans les Ardennes. Parades amoureuses chez les Yanomamis. Comment Poggio Bracciolini a sauvé Lucrèce de l'oubli. Les lois du tennis.....-", notre embryon écoute et s'instruit à merveille, sauf qu'il commence à réaliser, qu'avoir une conscience dans sa futur vie va être un cadeau empoisonné.
L'imagination de l'auteur est sans borne, pourtant il ne tombe jamais dans l'absurde ni le n'importe quoi. En lisant certains passages on y oublierait presque que le narrateur est un embryon, et quand ce dernier nous rappelle qu'il baigne toujours dans son liquide amniotique, cela paraît presque naturel....... la créativité, l'intelligence de McEwan y brille.
À travers les pérégrinations du foetus Sherlock, l'écrivain touche aussi aux divers dilemmes de la vie et balaie du regard l'actualité politique et sociale nationale et internationale, avec quelques piques à son pays , -"......la commissaire. Je me demande si elle est armée. Trop voyant. Comme pour la reine qui n'a jamais d'argent sur elle. Ce sont les brigadiers et leurs subalternes qui tirent sur les voyous."-
Comme dans "L'intérêt de l'enfant", on penserait que c'est trop, mais non tout est à sa place, juste et précis.
Imagination et humour noir avec un zest de suspens dans une mise en scène originale,
un très bon moment de lecture que je conseille !


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motspourmots
19 avril 2017
Il est comme le bon vin, Ian McEwan, il se bonifie d'année en année. Ce qui ne veut pas dire que son dernier roman est meilleur que les autres mais simplement que l'auteur peut désormais tout se permettre tant sa maîtrise est grande. Comme de rejouer Hamlet par la voix d'un foetus et de nous offrir ainsi une vision du monde aussi féroce que comique en parvenant à mâtiner son pessimisme d'une touche d'ironie. Quitte à faire pleurer autant se moquer...
"Tout le monde ne sait pas quel effet ça fait, d'avoir le pénis du rival de votre père à quelques centimètres de votre nez. Si tard dans la grossesse, ils devraient réfréner leurs élans par égard pour moi. La courtoisie, à défaut de discernement médical, l'exige. Je ferme les yeux, serre les gencives, me recroqueville contre la paroi utérine. Ces turbulences arracheraient les ailes d'un Boeing."
Vous vous souvenez, vous de ces neuf mois passés dans le ventre de votre mère ? Notre héros, qui n'a pas encore de prénom puisqu'il n'est pas encore né semble avoir mis à profit ces quelques mois pour s'enrichir d'une connaissance du monde qui le prépare à une vie plus compliquée qu'il ne l'aurait pensé. Sa mère, Trudy étant une adepte des émissions culturelles, scientifiques et d'actualité à la radio, il en sait déjà beaucoup sur les différents Etats, les inégalités, les menaces climatiques, les guerres, les querelles religieuses et autres réjouissances qui l'attendent. Mais il en a également beaucoup appris sur la nature humaine puisque sa mère trompe son père avec le frère de celui-ci, Claude et que les deux amants projettent d'assassiner le mari afin de mettre la main sur sa seule richesse, une maison certes délabrée mais estimée à plus de sept millions de livres. Ca vous rappelle quelque chose cette histoire ? Imaginez dans quel état se trouve notre héros, témoin des passions violentes qui agitent sa famille, au courant de tout mais sans aucune possibilité d'intervenir. A moins que...
Il s'en donne à coeur joie Ian McEwan. Il a dû étudier avec minutie le comportement d'un foetus au cours des mois, ses positions, les étapes de son développement, les différentes interactions avec le corps nourricier et transmetteur de sa mère. du coup, on y croit sans problème. Et il y a de quoi être horrifié en découvrant la laideur de ce qu'un être encore pas tout à fait né peut percevoir de notre monde. Et qui pourtant tient à prendre la part de vie qui lui est dévolue. Même si c'est moche et que les perspectives sont pires encore.
Tout comme Jonathan Coe l'a fait avec Numéro 11, Ian McEwan n'hésite pas à convoquer le surnaturel ou plutôt à tordre quelque peu le réel pour nous offrir le décalage nécessaire pour une meilleure appréhension du monde. C'est noir, féroce, mordant. C'est brillant, comme d'habitude.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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montmartin
24 avril 2017
Ce nouveau roman d' Ian McEwan est un vrai vaudeville qui respecte les codes du genre avec le mari, la femme et l'amant sauf que le narrateur de cette histoire est un bébé qui est encore niché douillettement dans le ventre de la femme. Un foetus donc, qui comme sa maman adore le vin blanc, particulièrement les grands crus de bourgogne, qui se tient au courant des problèmes du monde et aime les analyser, il lui arrive de philosopher et de s'étonner qu'il n'y ait seulement que deux genres, masculin et féminin mais il a un gros défaut, il adore écouter les conversations. C'est comme cela qu'il apprend que l'amant de sa mère est son oncle et que les deux tourtereaux envisagent d'empoisonner son père. Ce n'est pas courant qu'une enquête soit menée par un enfant à naître. Et ce futur nouveau-né aura le rôle principal dans le dénouement de cette histoire rocambolesque ! Autant dire que ce court roman complètement déjanté, à l'humour noir "so british" est jubilatoire.
Lien : http://notreavis.canalblog.c..
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Les critiques presse (1)
LeMonde13 avril 2017
Le romancier britannique se met à la place d’un bébé à naître plongé dans une intrigue shakespearienne. Et on y croit !
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations & extraits (3) Ajouter une citation
aideraider24 avril 2017
Quand l'amour meurt et que la vie conjugale est un champ de ruines , les premières victimes sont l'honnêteté de la mémoire, l'impartialité et la pudeur des souvenirs. Trop importuns, trop accablants pour le présent, ils sont le spectre d'un bonheur ancien au festin de l'échec et de la désolation.
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motspourmotsmotspourmots19 avril 2017
Tout le monde ne sait pas quel effet ça fait, d'avoir le pénis du rival de votre père à quelques centimètres de votre nez. Si tard dans la grossesse, ils devraient réfréner leurs élans par égard pour moi. La courtoisie, à défaut de discernement médical, l'exige. Je ferme les yeux, serre les gencives, me recroqueville contre la paroi utérine. Ces turbulences arracheraient les ailes d'un Boeing.
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SZRAMOWOSZRAMOWO12 avril 2017
Me voici donc, la tête en bas dans une femme. Les bras patiemment croisés, attendant, attendant et me demandant à l’intérieur de qui je suis, dans quoi je suis embarqué. Mes yeux se ferment avec nostalgie au souvenir de l’époque où je dérivais dans mon enveloppe translucide, où je flottais rêveusement dans la bulle de mes pensées à travers mon océan privé, entre deux sauts périlleux au ralenti, heurtant doucement les limites transparentes de ma réclusion, la membrane révélatrice qui résonnait, tout en les atténuant, des voix de comploteurs unis par un projet ignoble. C’était au temps de ma jeunesse insouciante. Là, entièrement retourné, sans un centimètre à moi, les genoux repliés contre mon ventre, mes pensées comme ma tête sont bien engagées. Je n’ai pas le choix, mon oreille est plaquée jour et nuit contre ces parois sanguinolentes. J’écoute, je prends mentalement des notes, et je suis troublé. Je distingue des confidences funestes sur l’oreiller et je suis terrifié par ce qui m’attend, par ce à quoi je risque d’être mêlé. Je suis immergé dans des abstractions, et seules leurs relations proliférantes créent l’illusion d’un monde connu. Quand j’entends « bleu », que je n’ai jamais vu, j’imagine une sorte d’événement mental assez proche de « vert » — que je n’ai jamais vu. Je me considère comme un innocent sur qui ne pèsent ni allégeances ni obligations, un esprit libre, malgré l’exiguïté de mon séjour. Personne pour me contredire ou me réprimander, pas de nom ni d’ancienne adresse, pas de religion, de dettes, d’ennemis. Sur mon agenda, s’il existait, ne serait notée que ma date de naissance à venir. Je suis, ou j’étais, contrairement à ce que disent aujourd’hui les généticiens, une ardoise vierge. Mais une ardoise glissante, poreuse, dont aucune salle de classe ni aucun toit de cottage n’aurait l’usage, une ardoise qui se couvrirait elle-même de caractères jour après jour, à mesure qu’elle grandirait et deviendrait moins vierge. Je me considère comme un innocent, mais il semble que je sois mêlé à un complot. Ma mère, béni soit son cœur à l’incessant bruit de pompe, semble impliquée.
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Video de Ian McEwan (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ian McEwan
Ian Mc Ewan, Sweet tooth et guerre froide .Ian Mc Ewan parle de son dernier roman, Opération sweet tooth ( éditions Gallimard) , vrai-faux roman d'espionnage, de la guerre froide, du MI5, de la CIA, de George Orwell, de l'amour menteur et du monde comme il va. Entretien Dominique Conil. Vidéo de Nicolas Serve.
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