> France Camus-Pichon (Traducteur)

ISBN : 2070785467
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 3.48/5 (sur 215 notes) Ajouter à mes livres
Présentation de l’éditeur :
«Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible…» Le soir de leur mariage, Edward Mayhew et Florence Ponting... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 30 avril 2010

    caro64
    Un livre court, 178 pages, ciselé en cinq actes. Au début des années 60, la rencontre de deux étudiants, Edouard et Florence, aboutit inévitablement à un mariage, convenances obligent. Problème, la jeune fille, vierge, éprouve un dégoût viscéral à l'idée de la pénétration. le premier acte voit le couple, marié de frais, dîner dans leur chambre qui servira pour leur nuit de noces. Chacun, lui étant puceau, cache son malaise, repousse le moment tant redouté. Puis, rythmé par le ressac incessant de la mer, McEwan fait durer le suspense avec des flashbacks, alternant entre le présent (le dîner) et le passé (leur enfance, leurs études, leur rencontre).
    Une petite phrase anodine résume l'essence du roman : « Voilà, se dit l'un des deux personnages. Voilà comment on peut radicalement changer le cours d'une vie : en ne faisant rien. » Et ce rien est d'une importance capitale. le héros n'a rien fait pour retenir son premier amour et se le reproche ( « il l'aurait pu l'appeler » ce soir-là Sur la plage de Chesil). Il aurait pu « s'élancer pour la rattraper ». Il n'en a rien fait. Que s'était-il passé ? Trois fois rien, si l'on y songe. Une nuit de noces ratée. Une lune de miel qui tourne au fiasco pour cause de maladresse au lit, d'une incapacité à communiquer. Une tragédie en huis clos auquel on assiste, impuissant, désemparé.
    Ian McEwan, en entomologiste raffiné et un brin cynique, explore très finement l'intime et l'angoisse de deux personnes que la pression morale et sociale de l'époque (celle d'avant la révolution sexuelle) a complètement bridé. Leur amour si pur (et si chaste) ne suffit pas. S'aimer ne suffit pas... Edward et Florence vivent en quelque sorte en marge du réel, dans leurs illusions, leurs espoirs et leur candeur. Comme tous les autres personnages du livre, la mère d'Edward hors du monde, « folle », celle de Florence, absorbée dans son travail universitaire, froide et rigide.
    Le texte est fort et touchant. Ecrit avec justesse, psychologiquement admirable, "Sur la plage de Chesil" se lit d'une traite.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par mariech, le 16 avril 2012

    mariech
    Angleterre 1962 , deux jeunes anglais Edward et Florence sont venus passer leur nuit de noces dans un petit hôtel en bord de mer , dès les premières pages , on se rend compte que cette nuit ne se passe pas bien , les deux jeunes gens pourtant d'un milieu assez favorisé n'ont reçu aucune éducation sexeulle et n'arrivent pas à se parler .
    J'avoue que j'ai apprécié très moyennement ce roman , j'étais décue par l'auteur dont j'avais beaucoup aimé Expiation , j'ai eu l'impression que ce roman manquait de nuances .
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par ballad, le 30 janvier 2012

    ballad
    Deux jeunes mariés, Florence et Edward, se retrouvent dans un hôtel pour leur première nuit de noce, et ils sont angoissés, car primo ils sont vierges tous les deux et secundo, Florence ne supporte pas le moindre contact physique. L'auteur fait de son œuvre un beau suspense psychologique. Grâce à des flash-back sur le passé des personnages, leur enfance, leurs relations familiales, l'histoire prend vigueur, nous éloigne de l'hôtel et nous transporte en d'autres temps, en d'autres lieux. Ainsi, nous comprenons un peu leur problématique personnelle. Beau sujet choisi par l'auteur. Cependant, je n'ai pas du tout aimé la toute fin (les trois ou quatre dernières pages), car à mon humble avis, elle est trop sentencieuse et moraliste. Au lieu de donner son avis, l'auteur aurait pu au contraire laisser le lecteur juger par lui-même tout seul comme un grand de cette histoire.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par maevedefrance, le 28 avril 2012

    maevedefrance
    C'est par ce roman que j'ai découvert Ian McEwan. Un roman d'instrospection, d'examen à la loupe d'un couple de jeunes mariés, Florence & Edward, dans le huis-clos amoureux de la nuit de noces. Mais pas tel qu'on pourrait se l'imaginer ! McEwan transforme la nuit d'amour en un véritable cauchemar et se livre là à une virulente satire d'une certaine société anglaise des années soixante. L'auteur est ici très incisif et cruel avec ses personnages, il en fait deux êtres complètement "coincés", très instruits mais complètement ignares des choses de la vie. Florence se remémore les choses qu'elles a lues dans les livres, des mots qui la laissent perplexe et la terrifient. le couple est empêtré dans son embarras, au-delà des mots, jusqu'au malentendu et à la catastrophe finale. Leur vie bascule irrémédiablement. Un vrai gâchis stupide ai-je pensé en refermant le livre. Une démonstration magistrale des effets pervers des "tabous" dans une société.
    J'ai vraiment aimé ce roman mais j'ai eu de la peine pour les personnages (ce ne fut pas le cas dans Expiation ou dans Samedi) ! Les pauvres! Monsieur McEwan, vous êtes terrible !
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Zazette97, le 29 janvier 2012

    Zazette97
    Publié en 2007 et traduit en français en 2008, "Sur la plage de Chesil" est un roman de l'écrivain anglais Ian McEwan, notamment auteur des romans "Expiation", "L'enfant volé", "Délire d'amour" ou encore du recueil "Psychopolis et autres nouvelles".
    Angleterre, 1962. A 22 ans, Edward et Florence s'apprêtent tous deux à perdre leur virginité au cours de leur nuit de noces.
    Mais à l'issue du repas, alors que le jeune marié trépigne d'impatience à l'idée de consommer son mariage, Florence, elle, commence à réaliser tout ce qu'implique un engagement "corps et âme"...
    Au commencement de ce roman, je me suis demandée si cette union ne flairait pas simplement le mariage arrangé.
    Or il apparaît que ces deux jeunes gens tiennent l'un à l'autre, malgré un manque évident d'intérêts communs.
    Tandis qu'Edward fréquente assidûment les pubs et la bibliothèque du British Museum, toujours fourré dans ses livres d'histoire, Florence ne jure que par les réunions entre copines mais surtout par la musique et les concerts donnés au Wigmore Hall, nourrissant l'ambition tenace d'apparaître un jour sur cette scène en tant que première violoncelliste.
    Ce qui réunit ces deux jeunes mariés réside sans doute plus dans cette vision idyllique de l'amour comme dans cette même envie de quitter le monde de l'enfance pour rentrer de plein pied dans cette promesse de liberté que représente pour eux la vie adulte.
    Malheureusement, leur manque de communication et leur naïveté maladroite vont quelque peu entraver leur vision du bonheur conjugal.
    Le silence pèse dans cette chambre d'hôtel, véritable carcan à l'image d'une société conventionnelle qui emprisonne la jeunesse plus qu'elle ne contribue à son épanouissement. Bientôt la tension et la frustration augmentent chez l'un comme chez l'autre.
    Si elle aime sincèrement Edward, Florence n'ose pas lui faire part de sa répulsion physique vis-à-vis de tout ce qui touche à la sexualité.
    Par peur de le décevoir et de ne pas répondre au devoir conjugal, elle essaie de sauver les apparences comme elle peut jusqu'à ce qu'arrive l'inévitable accident qui les conduira tous deux sur la plage de Chésil, où pour la première fois ils se parleront à coeur ouvert.
    Véritable huis-clos prenant place dans une Angleterre encore rigide et vierge de toute révolution sexuelle, "Sur la plage de Chesil" est un roman prenant de par la tension palpable qui y règne d'un bout à l'autre.
    Ian McEwan parvient admirablement bien à se glisser tour à tour dans la peau de ses personnages qui de nos jours feraient davantage penser à des adolescents qu'à des adultes éclairés.
    Abordant de front les sujets de l'intimité impossible, de la désillusion, de la culpabilité, de la pression et du manque de liberté exercés par une époque où l'on se marie sans vraiment se connaître, où le sexe demeure tabou et envisageable qu'à l'issue d'un bon mariage, il signe ici un roman psychologique amer, désespéré, et par ailleurs fort réussi.
    Une lecture qui m'a réconciliée avec l'auteur !

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2012/01/sur-la-plage-de-chesil-ian..
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 05 novembre 2011

    [ Incipit ]

    Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible. Mais ce n’est jamais facile. Ils venaient de s’installer pour dîner dans un minuscule salon au premier étage d’une auberge de style géorgien. Dans la pièce voisine, visible par la porte ouverte, se trouvait un lit à baldaquin assez étroit, dont la courtepointe d’un blanc pur s’étendait, incroyablement lisse, comme si aucune main humaine ne l’avait touchée. Edward n’avoua pas qu’il n’était encore jamais allé à l’hôtel, alors que Florence, après ses nombreux voyages avec son père dans son enfance, était une habituée. En apparence, tout leur souriait. Leur mariage à l’église St Mary d’Oxford s’était bien passé : la cérémonie religieuse avait été sans fausse note, la réception, festive, les adieux de leurs copains de fac et de lycée, aussi bruyants que chaleureux. Contrairement à ce qu’ils redoutaient tous les deux, les parents de Florence n’avaient pas regardé les siens de haut, et sa mère à lui n’avait commis aucun impair ni complètement oublié la signification de cette journée. Les mariés avaient pris la route dans une petite voiture appartenant à la mère de Florence, et ils étaient arrivés en début de soirée à leur hôtel sur la côte du Dorset, par un temps indigne de la mi-juillet et de l’occasion, mais parfaitement convenable : s’il ne pleuvait pas, il ne faisait pas non plus assez chaud, selon Florence, pour manger sur la terrasse comme ils l’avaient espéré. Edward pensait que si, mais, poli à l’extrême, jamais il n’aurait osé la contredire un soir pareil.

    Ils dînaient donc dans leur suite, devant la porte-fenêtre ouvrant sur le balcon d’où l’on apercevait la Manche, et la plage de Chesil avec ses galets à perte de vue. Deux jeunes gens en veste noire et nœud papillon assuraient le service à partir d’une table roulante installée dans le couloir, et leurs allées et venues, dans ce qu’on appelait communément la suite nuptiale, produisaient sur les lattes en chêne du parquet bien ciré des couinements amusants qui rompaient le silence. Fier et protecteur, le jeune homme suivait des yeux chacun de leurs gestes ou expressions, à l’affût de la moindre trace de sarcasme. Il n’aurait pas toléré l’ombre d’une moquerie. Mais ces adolescents d’un village voisin s’acquittaient de leur tâche le dos courbé, le visage fermé, l’air hésitant et les mains tremblantes dès qu’ils posaient quelque chose sur la nappe en lin amidonné. Eux aussi avaient le trac.
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  • Par bacoltrane, le 24 décembre 2008

    Voilà comment on peut radicalement changer le cours d'une vie : en ne faisant rien. Sur la plage de Chesil il aurait pu appeler Florence, s'élancer pour la rattraper. Il ne pouvait pas, ou ne voulait pas savoir qu'au moment ou elle s'enfuyait, sûre dans sa détresse qu'elle allait le perdre, jamais elle ne l'avait aimé plus fort, plus désespérément, et entendre le son de sa voix aurait été pour elle une délivrance, et elle serait revenue sur ses pas. Au lieu de quoi il était resté là, glacial et muet, sûr de son bon droit, dans ce crépuscule estival, à la regarder fuir le long de la grève, tandis que le bruit de sa course laborieuse se perdait dans celui du ressac, jusqu'à ce qu'il ne reste pus d'elle qu'un point flou, toujours plus petit, sur l'immense route de galets, droite et luisante dans la lumière blafarde.
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  • Par missmolko1, le 22 février 2011

    De ces hauteurs nouvelles ils voyaient loin, sans toutefois pouvoir partager certains sentiments contradictoires : chacun de son côté, ils s'inquiétaient du moment, peu après le dîner, où leur maturité toute neuve serait mise à l'épreuve, où ils s'allongeraient ensemble sur le lit à baldaquin et se révèleraient pleinement l'un à l'autre. Depuis plus d'un an, Edward était obsédé par ce soir précis de juillet où la partie la plus sensible de son anatomie résiderait, même brièvement, à l'intérieur d'une cavité naturelle du corps de cette jolie femme rieuse et formidablement intelligente.
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  • Par caro64, le 30 avril 2010

    C'était encore l'époque où le fait d'être jeune représentait un handicap social, une preuve d'insignifiance, une maladie vaguement honteuse dont le mariage était le premier remède.
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  • Par Lybertaire, le 11 mai 2012

    Ils étaient trop polis, trop coincés, trop timorés, ils se tournaient autour à pas de loup, murmurant, chuchotant, s’en remettant l’un à l’autre, s’approuvant mutuellement. Ils se connaissaient à peine, et ne pourraient jamais se connaître, à cause de ce manteau de silence complice, rarement interrompu, qui étouffait leurs différences et les aveuglait tout autant qu’il les unissait.
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