La scène représente une cour d'assises dans le royaume de Miramar.
Au fond, et au centre, la chaire surélevée derrière laquelle viendront prendre place le président et les deux assesseurs.
A gauche, la chaire plus petite mais également surélevée de l'avocat général.
A droite, au niveau du plancher, le banc de l'avocat et le box de l'accusé.
A gauche, derrière le taps, invisible par conséquent pour le spectateur, le jury.
Au centre, et devant la chaire du président, la barre des témoins.
Derrière la chaire, au mur, un immense portrait de sa majesté Kolnos II, roi de Miramar. Personnage guerrier et chamarré.
Comme le rideau se lève, le président, suivi de ses deux assesseurs et, à trois pas, de l'avocat général, fait son entrée.
Musique grave. Ils sont tous quatre vêtus de longues robes vertes et portent des perruques à l'anglaise.
Arrivés devant leurs fauteuils respectifs, les magistrats font face au public et s'immobilisent. Physionomies nobles et imposantes. Petite ritournelle et la musique s'arrête.
A ce signal, le premier assesseur qui porte dans le creux du bras un coussin rouge sur lequel repose une tête de mort, la présente lentement au président qui, la prenant dans ses deux mains, la pose, solennellement devant lui sur son pupitre, la face tournée vers le public.
Le second assesseur tend alors au président un voile noir que le président déplie, déploie devant lui, replie et dépose à côté de la tête de mort.
Cette cérémonie, vieille de plusieurs siècles et perpétuée jusqu'à nos jours par l'esprit traditionaliste des Miramais, a pour but d'indiquer que l'accusé est passible de la peine de mort.
L'avocat s'est levé à l'entrée de la cour. Il est vêtu d'une robe blanche. Au moment où la musique s'est tue, le premier juré s'est détaché du jury et s'est avancé presque jusqu'à la barre des témoins. Il a assisté, immobile et presque au garde à vous, à la cérémonie qu'on vient de décrire....
(lever de rideau de "Justice à Miramar" - comédie en trois actes)
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